Tout le monde parle de la dette publique depuis que F Bayrou a agité le spectre d’une faillite de l’Etat et en a imputé la responsabilité aux français …
Certains commentateurs médiatisés évoquent notre modèle social notamment pour affirmer que, non finalement, il ne coute pas si cher que ça et qu’il faut donc continuer ; certains même (comme Th Piketty) estiment que l’on peut encore augmenter la dépense publique !
D’autres affirment que la dette française serait due aux réductions d’impôts consenties par E Macron aux entreprises et aux ménages aisés. Autrement dit, la dette est due en raison des cadeaux faits aux riches !
Ce vieux débat autour de la dépense publique voit deux camps s’opposer :
-ceux (à gauche) pour qui la dépense publique est bonne, quel que soit son montant. C’est une vision keynésienne avec l’utilisation de la notion de multiplicateur keynésien qui prétend qu’un € de dépense publique génère 2€ d’activité économique. On connait aussi leur argument imparable : Si vous diminuez la dépense publique ce sera des hôpitaux en moins, des enseignants en moins, des policiers en moins. Pour les gens de gauche, la dépense publique n’est jamais excessive donc la question de la dette est un faux problème …
-ceux (libéraux) pour qui la dépense publique n’est bonne que si elle reste limitée, que l’emprunt n’est bon que pour des dépenses d’investissement, et qu’elle est toxique si elle devient excessive ; parce que les dépenses publiques en plus ce sont toujours des impôts … en plus.
Que croire et qui croire ?
L’argument des cadeaux fiscaux indus est évidemment un argument choc de gauche destiné à frapper l’opinion. Il qui pourrait être recevable s’il était exact … malheureusement, les 1.000 Mds€ de dette accumulée depuis 2017 ne proviennent pas de cette cause. Il s’agit essentiellement d’un argument simpliste qui aura l’heur de plaire au bon peuple …et qui a l’avantage de désigner un coupable voire un bouc émissaire alors qu’il s’agit d’une vulgaire manipulation idéologique destinée à abuser une population mal informée.
Formulée autrement, avec ce type de raisonnement, on pourrait dire que si la France est surendettée c’est parce qu’on n’a pas assez volé aux riches …
Attention, entendons-nous bien …sur les mots et les concepts.
Dans une France dominée par une idéologie communiste héritée des « idées » de la Libération et du Conseil National de la Résistance, totalement phagocyté par un parti communiste tout puissant et à l’époque premier parti de France, le riche désigne l’autre, le voisin, celui qui a une plus belle voiture, celui qui a une plus belle maison … avec le paradoxe que, si l’on en a (officiellement) que pour les pauvres, personne ne veut l’être tandis que tout le monde s’attaque aux riches mais tout le monde … veut l’être !
On n’en est donc pas à une contradiction près !
La réalité est que dans un pays où les impôts représentent 45% du PIB, la fiscalité tabasse tout le monde et aussi les riches. Il n’y a pas besoin de gagner beaucoup pour payer beaucoup d’impôts avec une fiscalité sur le patrimoine et sur la mort (droits de succession) la plus lourde de l’Union Européenne !
Nous vivons dans un système hyper fiscalisé de la naissance à la mort : tout le monde passe à la caisse !
En outre, dans un pays où 57% des gens ne paient pas d’impôt sur le revenu qui est payé à hauteur de 70% par seulement 10% des contribuables, et où la dépense publique représente 57% du Pib, il est évident que l’argument d’une dette générée par des cadeaux aux riches est faux hormis certaines niches fiscales dont le but est d’alléger un impôt confiscatoire et de favoriser certains secteurs (économie dans les DOM TOM, immobilier ancien, le marché locatif …) !
En fait, les dettes proviennent d’un faisceau de dépenses que l’on peut résumer par cette formule : la France vit au-dessus de ses moyens, elle dépense plus qu’elle ne gagne ; ce qui est confirmé par les statistiques de l’INSEE, selon lesquelles la France dépense 44% de plus que ses recettes fiscales, ou dit autrement, quand l’Etat collecte 2€ il en dépense 3 !
Voilà l’explication brute !
Un examen plus approfondi des causes nous montre une véritable gabegie financière :
-les effets directs et indirects des décisions prises par le pouvoir (socialiste essentiellement) avec la retraite à 60 ans (au mépris des données démographiques), les 35 heures, les RTT, la 5ème semaine de congés et toutes ces « avancées sociales » qui ont couté très cher et ont durablement, si ce n’est définitivement, obéré la compétitivité française. Pour dire les choses autrement, le pouvoir a tiré des chèques sans provision sur l’avenir.
-trop de subventions à des secteurs non rentables (éolien, voltaïque, hydrogène, énergies renouvelables, véhicules électriques sponsorisés, giga factories de batteries en faillite …) au nom d’une transition énergétique aussi ruineuse qu’inutile !
-une sur administration avec trop de fonctionnaires dont le régime de retraite est en outre déficitaire de 60 à 80 Mds€ par an (l’incertitude tient à l’opacité du système). Un examen objectif de la comptabilité permet de constater que, sur les 1000 Mds€ de dette supplémentaire accumulée entre 2017 et 2024, 490 Mds€ (soit 50%) ont servi à financer les retraites de la Fonction Publique et des régimes spéciaux déficitaires ; ce qui est évidemment intenable ! Or, rien n’a été fait à ce propos hormis une tentative de hold-up sur les réserves des caisses du privé lors de la réforme avortée des retraites alors que désormais il y a plus de fonctionnaire à la retraite que de fonctionnaires en activité !
Un exemple : Le nombre d’agriculteurs en France est passé de 1.2 million en 1980 à 400.000 en 2024 (-66%) pendant que, dans le même temps, et alors que l’agriculture française est en plein déclin, le nombre de fonctionnaires du ministère de l’Agriculture est passé de 18.000 à 36.000 (+100%). En 1980 il y avait 1 fonctionnaire pour 66 agriculteurs, en 2024, 1 fonctionnaire pour 11 agriculteurs et, à ces fonctionnaires du ministère de l’Agriculture s’ajoutent ceux du ministère de l’Environnement, qui agissent aussi sur l’agriculture, mais aussi tous les fonctionnaires des structures administratives rattachées aux régions et aux départements. Il en résulte un véritable harcèlement administratif dont on a du mal à percevoir la finalité !
-de nombreux organismes publics extrêmement couteux mais parfaitement inutiles (Radio-télévision publique, l’Arcom, le CESE, de nombreuses agences aux effectifs surabondants pour un service à peu près nul … mais qui permettent de recaser les copains) avec un coût astronomique de 150 Mds€ par an !
-trop d’aides sociales et trop de personnes sans emploi vivant exclusivement des aides sociales, parce qu’elles ne trouvent pas d’emploi, sont inemployables ou parce qu’elles ont tout simplement renoncé. Toutefois, on en arrive parfois à de véritables distorsions avec des personnes qui perçoivent plus de revenus grâce aux aides sociales que par le biais du travail. Trop peu de gens qui travaillent et trop de gens qui profitent du système.
-une haute fonction publique qui profite d’avantages indus par le biais de salaires confortables et de nombreux avantages en nature ainsi qu’une retraite calculée au meilleur taux sans aucune contrepartie et qui, bien évidemment, ne contribue pas à la hauteur de ses revenus à l’effort national demandé !
-une dette massive qui coute de plus en plus cher (60 Mds€ d’intérêts par an en augmentation constante),
-un système de santé administré mal géré, de plus en plus couteux tout en étant de plus en plus inefficace, gangréné de surcroit par de nombreuses fraudes
-un système de retraite par répartition dont on sait qu’il va dans le mur ; subventionné par l’impôt ou à défaut par l’emprunt parce qu’il n’y a plus assez de cotisants,.
-une distribution insensée, irresponsable et inutile d’argent issu de la création monétaire dans le cadre du kouakilenkoute macroniste lors de la pandémie de Covid.
Le seul constat qu’on en tire est que le gaspillage de l’Etat est sans fin !
Traduits en chiffres, ces considérations permettent d’expliquer que de 1980 à 2023, les dépenses publiques françaises ont explosé de 680 % en tenant compte de l’inflation alors que, sur la même période, le Pib français en valeur (également augmenté de l’inflation) n’a progressé que de 550 %.
Les dépenses publiques ont donc augmenté et continuent d’augmenter beaucoup plus vite que le Pib (130 points d’écart) !
Alors, on peut agiter toutes les comparaisons possibles et notamment que nous avons des dépenses similaires à l’Allemagne et que donc tout va bien de ce côté-là … Seulement, il faut comparer ce qui est comparable car, en y regardant de plus près, on voit que la richesse accumulée n’est pas la même, que la production de richesses n’est pas la même et que les déficits et dettes ne sont pas les mêmes …
Quand l’Allemagne a 200 Mds€ d’excédents commerciaux nous avons -80 Mds€ de déficits, l’Allemagne a encore une industrie, nous n’en n’avons plus, et enfin la dette allemande s’établit à 60% du PIB avec un budget à peu près à l’équilibre, alors que notre dette est de 115% du PIB et le déficit a plongé à -6% !
Les chiffres du Pib par tête, en US$ courants, montrent sans ambiguïté qu’en 1980, notre niveau de vie était comparable à l’Allemagne et à la Suisse alors qu’aujourd’hui notre niveau de vie réel, sans aides sociales, est désormais très inférieur.
| 1980 | 2000 | 2017 | 2021 | Multiplicateur | |
| Espagne | 6.141 | 14.556 | 28.356 | 30.103 | 4,9 |
| Suisse | 18.879 | 37.937 | 80.101 | 91.990 | 4,9 |
| Danemark | 13.881 | 30.734 | 57.533 | 68.007 | 4,9 |
| Allemagne | 12.091 | 23.929 | 44.976 | 51.200 | 4,2 |
| Pays-Bas | 13.794 | 20.148 | 48.754 | 57.767 | 4,2 |
| France | 12.669 | 22.161 | 38.415 | 43.659 | 3,4 |
L’explication est très simple : la France, du fait d’un excès de dépense publique, fait du surplace pendant que les autres avancent. Trop de charges, trop d’impôts font que l’essentiel de la plus-value potentielle générée par le secteur privé est confisquée par l’Etat dans le cadre d’un système collectiviste dispendieux et du coup la seule croissance que l’on constate est celle de l’Etat !
Première conclusion : La hausse constante du poids de l’Etat dans l’économie, financée par une dette devenant de plus en plus importante amène inéluctablement à une baisse structurelle du taux de croissance. En 2024, nous sommes arrivés péniblement à 1.2% de croissance avec 6% de déficit. Converti en données monétaires, cela veut dire qu’il a fallu dépenser 180 Mds€ (montant du déficit sur un Pib de 2.921 Mds €) pour générer 35 Mds€ de croissance !
La dette publique entre 2019 et 2025 a augmenté de 958 Mds€ tandis que le Pib n’a augmenté que de 500 Mds€ c’est à dire qu’on a creusé un trou colossal de 458 Mds€ sans aucune contrepartie !
En fait, contrairement à ce qui est prétendu, il n’y a pas d’effet multiplicateur keynésien et plus la dépense publique est élevée plus les performances économiques sont faibles. Ce multiplicateur keynésien n’est en fin de compte qu’une utopie si ce n’est une tromperie pour justifier des dépenses … injustifiables !
Deuxième conclusion : Plus l’Etat s’endette, plus nous nous appauvrissons. Car, avec une dépense publique à 57% du Pib, un taux de redistribution le plus élevé de l’Union Européenne, une pression fiscale la plus élevée de l’Union Européenne tout le monde devrait avoir des revenus confortables ?
Or, ce n’est pas le cas puisque nous venons d’apprendre que le taux de pauvreté vient de battre un record à 15.4% de la population !!!
D’ailleurs, si la dette était si bonne, il n’y aurait pas de tensions sur le marché de la dette alors que les taux à 30 ans viennent d’atteindre un plus haut historique (4.5%)
Troisième conclusion : l’Etat est un mauvais gestionnaire parce que d’une part, pour lui, l’argent est gratuit et qu’il le dépense sans compter et d’autre part il obéit à des impératifs politiques qui sont évidemment contraires à toute bonne gestion.
Quatrième conclusion : nous dépensons trop par rapport à notre niveau de richesse accumulée et produite et cela en raison de l’accumulation de mauvaises décisions qui de surcroit ont donné de mauvaises habitudes aux français qui ne veulent pas renoncer à leurs petits avantages !
Or, tout le monde sait que la meilleure façon de réduire ses dettes c’est de réduire ses dépenses … Or, l’Etat, et ses élites, refusent de baisser ses dépenses alors que le constat d’impose de plus en plus d’un gaspillage généralisé qui, néanmoins, profite quand même à quelques-uns.
Cinquième conclusion : Le modèle social français mal géré par une administration pléthorique et incompétente est effectivement au bout du rouleau !
Le problème est d’en convaincre les français alors que leurs élites sont les premières convaincues du caractère inépuisable et « bénéfique » (surtout pour elles) de la dépense publique sans limites !
Bien cordialement à tous !
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