Je suis né le 2 Août 1944.
Autant dire que je ne suis pas un gamin, je ne suis porteur d'aucun conseil, d'aucune directive, votre vie vous appartient je ne me risquerai pas à en franchir le seuil.
Par contre, à ceux qui pensent que l'expérience des ainés, donc leur vision de la vie et de son déroulement, peut être un apport, je garantis que ce qu'ils peuvent lire de ma plume est sincère, désintéressé, et porté par une expérience multiple à tous les niveaux de notre société.
Amicalement à vous. H. Dumas
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je ne sais pas si vous vous souvenez de moi, j’étais venue à Paris et vous aviez tourné une vidéo. Je m’appelle Madame Saléha BENNI, et j’étais salariée et associée dans une sarl dans le 10eme à Paris, une discothèque, le gérant était mon compagnon et il est décédé en 2010. J’ai été condamné en 1992 et le jugement a été confirmé en 1994 par le tribunal administratif. J’ai un travail mi-temps de 20h et j’ai 60 ans et je touche 700 € et le fisc depuis un an me prend 80€. ils ont pris meubles, véhicule, j’avais un terrain à la Réunion nu que j’ai vendu et l’argent leur a été remis. Pour la troisième fois j’ai demandé une remise gracieuse, car ils me réclament encore 182.000 euros. En effet, il me reste ma maison dans laquelle je vis depuis juin 1990. La réponse vient d’arriver et sans appel, la direction des finances publiques de Bobigny m’a dit qu’ils avaient mis une deuxième hypothèque, la première arrivant a échéance en 2005. Ils m’ont demandé de vendre mon bien au plus vite car une vente judiciaire interviendra prochainement.
j’ai reçu le courrier le 7 février 2019 suite a ma demande du 17 septembre 2018.
Je ne sais plus quoi faire ni où je vais aller, il y a des travaux à faire dans ma maison je suis sur Aulnay sous bois. Pourriez vous me conseiller et si ils peuvent faire cela et de combien de combien de temps je peux disposer.
Toutes ces années de souffrance depuis le contrôle en 1989. Tous mes comptes ont été épluchés et je suis tenue solidaire du paiement des impôts société pour dissimulation.
J’avais eu vos coordonnées et malheureusement je ne les ai plus,
cordialement
Mme BENNI Saléha”
Tout cela est insupportable. Trop c’est trop.
Voilà une personne qui comme des milliers d’épouses a fait confiance à son compagnon et a accepté d’être intégrée à une société commerciale.
Indélicat peut-être, le compagnon a négligé sa fiscalité et subi un contrôle fiscal qui s’est mal terminé. Puis il est décédé.
Depuis 26 ans sa compagne, qui n’est pas responsable de cette situation, est harcelée par le fisc, ruinée, interdite de vivre, d’élever correctement son enfant.
Il s’agit de la part du fisc du plus odieux des chantages, d’une prise d’otage familiale qu’il pratique à longueur de journées au titre du foyer fiscal.
Nous rencontrons très régulièrement ce type de situation qui consiste à attenter à la vie d’innocents au motif qu’un proche aurait fauté. Cela touche principalement les compagnes ou épouses de redressés fiscaux. C’est l’acte le plus barbare qui soit, auquel les familles des truands ou assassins les plus ultimes ne sont pas soumises.
Existe-t-il dans ce pays un avocat qui accepterait de citer au pénal les agents du fisc qui pratiquent ces méthodes pour délit de mise en danger de la vie d’autrui ?
Nous serions heureux de le rencontrer, qu’il se fasse connaître.
L’Assemblée Nationale a inclus dans Loi de finances pour 2019, n° 2018-1317 du 28 décembre 2018, un article 109 qui modifie l’Article L 64 A du livre des Procédures Fiscales comme suit :
“Afin d’en restituer le véritable caractère et sous réserve de l’application de l’article 205 A du code général des impôts, l’administration est en droit d’écarter, comme ne lui étant pas opposables, les actes qui, recherchant le bénéfice d’une application littérale des textes ou de décisions à l’encontre des objectifs poursuivis par leurs auteurs, ont pour motif principal d’éluder ou d’atténuer les charges fiscales que l’intéressé, si ces actes n’avaient pas été passés ou réalisés, aurait normalement supportées eu égard à sa situation ou à ses activités réelles.” (Il faut le lire avec attention, ça vaut son pesant de cacahuète…)
A travers cette modification le législateur entend pouvoir poursuivre et condamner toute personne qui à l’aide des textes fiscaux, donc parfaitement légalement, parvient à obtenir un avantage par rapport à l’impôt que sa comptabilité aurait dû normalement générer sans cette utilisation légale des textes fiscaux.
Deux conclusions s’imposent
La première
Le Livre des Procédures Fiscales est si touffu que les Services Fiscaux eux-mêmes soupçonnent qu’il puisse s’y trouver des articles dont l’utilisation parfaitement légale permettrait de ne pas payer l’impôt que cette administration envisage de lever.
Il faut reconnaître que cet aveu est le comble de l’absurdité et de la nullité. Aussi que la solution mise en œuvre pour palier à cette bêtise est une porte légale ouverte à l’arbitraire par le législateur. Arbitraire en réalité préexistant, que nous connaissons tous à l’occasion de nos contrôles fiscaux, qui juste devient aujourd’hui légal.
La deuxième
Cette modification de la loi est d’un grand intérêt dans sa définition et dans sa condamnation de l’optimisation fiscale.
Le débat s’éclaircit. L’optimisation fiscale devient une fraude fiscale, un délit fiscal en quelque sorte, qui aura à affronter les tribunaux pénaux au-delà de 100.000 €, comme tous les délits fiscaux dorénavant.
Or l’optimisation fiscale dans un pays de droit ne peut pas n’avoir qu’un sens. L’égalité devant la loi est valable pour tous.
Si donc il est délictuel d’utiliser les textes fiscaux pour diminuer l’impôt que l’on aurait payé sans cette utilisation, pareillement il est délictuel d’utiliser les textes fiscaux pour augmenter l’impôt que l’on aurait payé sans cette utilisation.
Pour être tout à fait clair, l’optimisation fiscale ne peut pas être délictuelle lorsqu’elle vise une diminution de l’impôt sans être pareillement délictuelle lorsqu’elle vise une augmentation de l’impôt.
Le législateur, en ayant le souci du juste impôt “d’en restituer son véritable caractère”, en allant au-delà de la condamnation de la seule fraude fiscale et en poursuivant l’optimisation fiscale, fait de facto chuter une grande partie des contrôles fiscaux notamment lorsqu’ils interprètent la loi à l’avantage du fisc, lorsque donc ils créent une optimisation fiscale au détriment du contribuable au profit du fisc.
Enfin une voie autre que la concussion s’ouvre aux contribuables pour dénoncer et pénaliser l’optimisation fiscale de Bercy à leur détriment.
Je suis sûr que nombreux sont les lecteurs qui vont immédiatement comprendre qu’ils peuvent — ou auraient pu – à partir de cette loi poursuivre leur contrôleur pour optimisation fiscale au profit de l’Etat.
Il faut souhaiter qu’une multitude de procédures soient engagées dans ce cadre contre Bercy. Elles feront comprendre à la justice pénale la malhonnêteté des contrôles fiscaux, leur utilisation abusive de textes ésotériques pour le contribuable ordinaire visant une optimisation fiscale pour Bercy au détriment de ceux-ci.
N’oublions pas aussi que la saisine de la justice civile modifie la zone de non droit actuelle où le contrôleur édite la sanction et réalise son exécution avant toute présentation de celui qu’il accuse devant un juge libre en audience publique. Cela ne pourra plus être le cas devant la justice pénale où le contrôleur devra attendre le jugement, qui est le privilège du juge.
Acceptons l’idée que le contrôlé ne sera plus considéré comme un présumé coupable mais bien comme un présumé innocent, de la même façon que tout accusé de droit commun.
Nous allons peut-être sortir de la comptabilité fiscale quantique.
Vous savez qu’en mathématique quantique deux et deux ne font pas quatre mais ont simplement une probabilité de faire quatre.
Que l’observation modifie les particules qui composent l’univers ce qui rendrait sa compréhension beaucoup plus compliquée que ce que l’on croyait jusque-là.
La comptabilité d’une entreprise est quantique, tout le monde est conscient que ses chiffres n’ouvrent que des probabilités qui sont différentes selon l’observateur. Le banquier, le chef d’entreprise, le fisc, le public, autant de regards qui modifient considérablement la perception des chiffres d’une entreprise.
Notez que mes compétences sont ici à leur limite maximum et il n’est pas impossible que ce que je raconte soit absurde, mais pas plus que la fiscalité de notre pays, qui est si stupide qu’elle ne peut que se transformer ou nous tuer.
Je pense à ma journée et je me dis : “Qu’aurais-je aimé faire aujourd’hui qui eut été décidé par le “peuple souverain” ?
Il pourrait fixer l’heure de mon réveil. Je me doute que tous ces français qui se lèvent à des heures non définies bousculent les transports en commun, la consommation d’électricité, que des horaires planifiés seraient bon pour la planète. Mais, je n’aimerais pas.
Il pourrait déterminer la composition de mon petit déjeuner, là aussi je suppose que la trop grande variété de petits déjeuners augmente exponentiellement les produits à présenter en magasin et à transporter, au détriment du réchauffement climatique qui est directement proportionnel aux petites choses qui me rendent heureux. Mais, Je n’aimerais pas.
Il pourrait m’imposer mon type de voiture. Il n’est pas besoin d’être grand économiste pour imaginer toutes ces sommes perdues par les constructeurs pour me séduire, alors qu’une simple caisse à roulette suffirait à me déplacer. Mais, je n’aimerais pas.
Il pourrait choisir mon activité professionnelle à partir de mes compétences, préalablement définies par lui. Alors que j’ai tendance à être attiré par ce que je ne sais pas faire, par les défis, par la nouveauté, bien que j’en conviens tout cela a un surcoût. Mais, je n’aimerais pas.
Il pourrait choisir mon lieu de travail, mes compagnons de besogne, mes chefs ou mes subordonnés, alors que tant de gens m’insupportent et que je suis si attaché à mes partenaires de travail, que je choisis avec précaution. Mais, je n’aimerais pas.
Il pourrait choisir ma cantine du midi. Envisager un menu rationnel pour tous, justement nutritif tout en étant équilibré et avantageux pour les producteurs et l’environnement, arguant du fait que la cuisine est une passion inutile. Mais, je n’aimerais pas.
Il pourrait suivre tous mes déplacements physiques ou virtuels, écouter mes conversations téléphoniques, ouvrir mon courrier, puis limiter tout cela selon ses rationalités. J’imagine que la planète et la société pourrait y gagner. Mais, je n’aimerais pas.
Le soir quand je reviens chez moi je me dis qu’il pourrait être propriétaire de ma maison et décider de celle qui me faut et de son emplacement. Mais, je n’aimerais pas.
Quand je fais mes comptes à la veillée, je me dis qu’il pourrait imposer à tous le même salaire, ou encore chacun recevrait selon ses besoins en donnant selon ses moyens. Ma compétence serait offerte aux autres, leur incompétence me serait imposée, je serais une âme pure. Mais, je n’aimerais pas.
Il pourrait choisir ma compagne de façon rationnelle pour façonner un monde d’amour et d’entente le plus parfait possible et éviter tous ces divorces si couteux. Mais, je n’aimerais pas.
Il pourrait intervenir dans la procréation de ma descendance en choisissant pour moi le meilleur moment, pour eux la meilleure éducation qu’il prendrait totalement en main. Mais, je n’aimerais pas.
Il pourrait décider du lieu de mes vacances, qui objectivement sont anormalement couteuses. Mais, je n’aimerais pas.
Il pourrait décider de mes lectures, de mes films et autres spectacles. Mais, je n’aimerais pas.
Il pourrait intervenir dans mes soins et ma retraite. Oups, c’est déjà le cas. Mais, je n’aime pas.
Il pourraitaussi me lâcher la grappe et au contraire protéger ma liberté et mes biens, mais il n’en prend pas le chemin le peuple souverain.
Moi qui croyais que les Gilets Jaunes, armés d’un courage hors du commun, occupaient les ronds-points pour défendre les libertés individuelles, pour terrasser la bureaucratie, l’alliance du pouvoir technocratique et politique qui les prend pour de la piétaille, pour exister autrement que par un simple numéro ou comme des sans dent, je tombe de haut.
Les Gilets Jaunes rejoignent contre toute attente la CGT, les fonctionnaires, ceux-la même qui les soumettent, ceux qui se font passer pour le peuple souverain, qui partout dans le monde pillent et brutalisent ce peuple souverain.
Quelle pantalonnade !!!
Nos amis les Gilets Jaunes, ou ce qu’il en reste, devraient penser à la révolution qui comme eux ne vécut qu’un instant. En Août 1789 c’était fini.
L’intelligence qui portait la liberté contre l’oppression s’est exprimée à travers la Déclaration de Droits de l’Homme à l’occasion du chahut lié à la révolte des Gilets Jaunes de l’époque qui ont rasé les octrois et ouvert un espace de liberté.
Puis rapidement le Peuple souverain a pris le pouvoir et les massacres ont suivi, etc…
M. Castaner ose prétendre que la violence de ses gros bras serait légitime et que celle des Gilets Jaunes ne le serait pas. C’est un menteur.
Lorsque l’on est victime d’une violente agression que rien ne peut arrêter à laquelle il est donc naturel d’opposer une violence égale ou supérieure, cette dernière est légitime. A juste titre, on l’appelle la légitime défense.
Or l’Etat, à travers Bercy, soumet les français à une violence de tous les instants, dont l’intensité et le volume sont insupportables, destructeurs, pour tous.
L’Etat dépouille les français de façon constante, tous les français y compris les plus pauvres, avec des méthodes qui ont toutes un point commun : la dissimulation.
C’est par des milliers de taxes — dont la plupart sont invisibles, qui prises une par une paraissent modestes mais dont le cumul dépasse ce qui est supportable — que l’Etat détruit la vie de tous les français.
C’est ce prélèvement qui casse le pouvoir d’achat. Les Gilets Jaunes se révoltent contre cela. Le plus grand nombre d’entre eux n’en n’a pas conscience, ils sont victimes de l’écran de fumée consistant à leur faire croire que l’impôt abusif participerait à une redistribution, ne viserait que les riches, serait établi à leur profit. Cela est faux.
Ceux qui colportent ce sophisme portent une lourde responsabilité, ce sont des incendiaires, des tueurs par destination.
Pour imager mon propos, voici un exemple ordinaire parmi tant d’autres de ce pillage dissimulé.
Nous sommes dans l’île de Ré, bout de territoire pauvre et banal, qui pour des raisons inexplicables est un haut lieu du tourisme. Moralité le tourisme est la seule activité qui vaille sur place.
De ce fait des milliers de remises ou maisonnettes dédiées sont à la location l’été. Ce type de location classé en meublé est passible d’une taxe dite de séjour partout en France. Une taxe de l’ordre de 1€ par personne et par nuit.
En ce qui me concerne je devais cette taxe pour quelques meublés dans l’île de Ré, je m’en acquittais chaque année, accompagnée d’un tableau des présences dans ces meublés.
Il y avait donc une corrélation entre cette taxe et la fréquentation des meublés.
Mais, en 2016, Bercy a inventé la taxe de séjour forfaitaire. C’est-à-dire que le meublé soit ou non occupé, il faut payer la taxe de séjour. Il ne s’agit donc plus d’une taxe, mais d’un nouvel impôt.
L’explication donnée est que le vacancier qui occupe le meublé ne paie pas de taxe d’habitation, il est donc légitime qu’il paie une taxe de séjour. Sauf que pendant qu’il est là il n’est pas chez lui et qu’il n’est pas prévu de lui rembourser la taxe d’habitation de son logement principal qu’il n’habite pas l’été, ce qui justifierait qu’il paie pour son lieu d’habitation estival. Passons…
Cela étant, la taxe devenant forfaitaire le vacancier n’est plus un élément du calcul, il ne s’agit donc plus d’une taxe de séjour mais tout bêtement d’un nouvel impôt foncier qui ne dit pas son nom.
L’assise de cet impôt est le temps de mise en location, que les meublés soient ou non occupés. Le temps de mise en location est forfaitaire, six mois.
La réalité locative est plutôt de deux mois, Juillet et Août, le montant de la nouvelle taxe a quadruplé par rapport à la réalité de l’ancien calcul à l’occupation. Il s’agit bien d’un impôt qui n’a plus rien à voir avec la taxe de séjour.
Le loueur peut déclarer non pas sa période de location, mais sa période de fermeture par rapport aux six mois administrativement imposés. Il doit le faire chaque année en Février.
J’ai naïvement pensé que l’ayant fait la première année, mes périodes de fermeture seraient reportées les années suivantes. Cela a marché les deux premières années mais pas en 2018.
Je reçois donc pour 2018 une taxe délirante ne correspondant pas à ma réalité locative.
Je ne m’inquiète pas, je pense qu’une simple explication va régler le problème. Qui imaginerait qu’une erreur involontaire, au début d’un système mal foutu et récent, pourrait justifier la levée d’une taxe qui ne correspond à rien, qui vient juste sanctionner une erreur même pas certaine puisqu’il est impossible de retrouver sa propre déclaration sur le site en ligne ?
Qui pourrait imaginer un impôt sur erreur involontaire, pire erreur provoquée par un système déclaratif merdique ?
Tout cela est dans la droite ligne du gendarme planqué à un endroit où la limitation de vitesse est exagérément basse.
Oui l’Etat est bien un escroc, il n’y a aucun doute à ce sujet.
Mais alors, dénonçons cela en justice. C’est fait pour ça la justice, pour punir les escrocs. Oui mais voilà, la justice c’est l’Etat…
C’est donc sans espoir, nous sommes volés, trompés, trahis, ruinés par l’Etat sans recours.
Dans l’exemple donné, la transformation illégale d’une taxe en impôt ? Rien d’anormal dira la justice. Un site déclaratif piégeur volontairement ? Rien d’anormal. Condamner quelqu’un à 3.000€ pour erreur marginale de déclaration, erreur de plume ? Rien d’anormal.
La seule solution, tout casser… les français sont en état de légitime défense, n’en déplaise à M. Castaner
Pour parfaire la démonstration ci-dessous la réponse de ces gens
Bien à vous. H. Dumas
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J’ai déjà expliqué que les Gilets jaunes ne sont pas un début mais une fin. Il est donc illusoire d’imaginer qu’ils vont proposer quelque chose, alors qu’ils ne sont que les marqueurs d’un événement abouti.
Ceux qui attendent la suite de l’aventure, acteurs ou spectateurs, vont être déçus. Il me parait préférable d’apprécier l’action des Gilets Jaunes, de les en remercier, de ne rien attendre de plus mais d’essayer de comprendre le mouvement sociétal sous-jacent qu’ils symbolisent.
Ce n’est pas si facile.
Pas plus que l’étincelle qui met le feu à une masse de gaz n’est la responsable de l’explosion, l’augmentation du prix du fuel automobile n’est responsable de la déflagration GJ. Non plus le pouvoir d’achat ou la représentativité démocratique, encore moins la fiscalité abusive ou les dépenses inconsidérées de l’Etat.
La chose est plus profonde, moins visible.
J’émets l’hypothèse que la situation explosive de notre société génératrice de l’événement est l’incompatibilité qui existe entre la bureaucratie et l’avènement d’internet. C’est le mélange de ces deux sociétés que tout oppose qui explose sous notre nez.
La bureaucratie
C’est une organisation sociale collective qui a des appellations diverses au cours du temps. Par exemple : catholicisme, islam, communisme, fascisme, nazisme, Etat providence, Chavisme, etc…
Ce sont de ses méfaits que Sakharov souhaitait nous alerter, tant il avait compris qu’elle se cachait sous le sobriquet de “dictature du prolétariat”.
Il s’agit au départ d’une croyance à laquelle tous doivent adhérer, accompagnée d’une uniformité de pensée. D’un renfermement sur soi et d’un prosélytisme à visée mondiale du fait que son épanouissement découle d’une acceptation de son principe par tous, sans exception.
L’individu disparaît, ainsi que les attributs qui le caractérisent : la liberté de penser et de posséder.
Le groupe référent accepte des chefs qui se prétendent initiés et la pyramide dominante se construit à partir de la cooptation. Cela induit le culte du secret et l’activisme corporatiste qui va avec et capte l’économie.
Les équilibres qui se forment se neutralisent jusqu’à l’immobilisme chacun s’observant, la délation étant le moteur de l’ensemble assis sur la potentielle trahison de tous à la croyance officielle, ossature du système.
Écrasé l’individu n’est plus un moteur mais un simple rouage, dont l’intérêt personnel va être porté par sa faculté à ne pas apparaître en tant qu’entité individuelle. Les plus prudents évitant de coller aux tendances ponctuelles dont les revirements sont spectaculaires, liés aux intérêts personnels des chefs en place.
La responsabilité est largement déconsidérée, elle est accusée du risque de déviationnisme qui pourrait nuire au dogme, elle est suspecte.
L’intérêt et l’ambition personnels sont naturellement bannis, totalement. Ils ne sont acceptables qu’au service apparent de la croyance.
L’avènement d’internet
Il s’agit d’un territoire non encore défini, semblable à des terres vierges dans son organisation sociale. L’individu est prédominant, sanctifié, au moins dans les prétentions.
Internet est une capacité de stockage et une rapidité d’interaction qui dépasse tout ce qui était imaginable il y a peu, qui permet des interconnections individuelles illimitées, libres et anonymes.
C’est le règne de l’individualité réelle ou rêvée, de la compétition, de l’exhibition physique ou intellectuelle, où chacun tente le dépassement à moindre frais.
Toutes les connections sont possibles, toutes les hypothèses ou croyances ont libre cours. Le troupeau s’évade, nul cow-boy ne peut le regrouper.
La parole y est libre, tout peut être dit ou écrit, le pire et le meilleur se côtoient.
Les générations qui arrivent s’élèvent elles-mêmes à cet espace, à ce rythme, à ces possibilités, à cette liberté, à cette ode à l’individualisme.
L’insulte y est monnaie courante, mais elle n’est finalement que l’acceptation de la pensée de l’autre, donc utile. Les croyances se neutralisent tant elles sont nombreuses et virulentes sur le net.
Tous se retrouvent à égalité, meneurs ou suiveurs, riches ou pauvres, intelligents ou débiles, escrocs ou intègres, sont sur le même pied, au même niveau. Personne ne peut prétendre, mentir, sans être immédiatement contesté, contré.
Drôle d’espace, qui ne peut pas être sans modifier les comportements. On s’adapte ou on ne s’adapte pas, c’est simple. L’exclusion devient banale, naturelle, irréversible ; la compétition constante, la responsabilité immédiate.
C’est le choc, l’explosion.
Aucune cohabitation n’est possible entre ces deux sociétés, celle de la bureaucratie et celle d’internet.
Tout les sépare irréversiblement. Imaginez un jeune adulte biberonné à internet qui débarque pour son premier emploi dans un bureau de la mairie de Vesoul.
Il va falloir qu’une des deux organisations sociales s’impose. Il est peu probable que la bureaucratie gagne ce combat, et pourtant c’est elle qui est au pouvoir.
La situation est d’autant plus explosive que la bureaucratie a ignoré internet au point de lui laisser une avance irrattrapable.
C’est dans cette atmosphère explosive saturée que l’étincelle GJ a provoqué une déflagration. Nous sommes loin du prix du fuel, des avanies de quelques élus malchanceux, du pouvoir d’achat, nous sommes à la veille d’une transformation radicale de la société, dont toute la partie actuellement au pouvoir va perdre le contrôle.
Nous sommes en pré-révolution, la révolution est pour demain, qui la conduira et comment ?
Mystère, les leaders existent probablement, hélas non seulement nous ne les connaissons pas mais nous ne savons même pas quelle sera leur feuille de route, elle est à construire. Ça ne va pas être facile….
La violence s’est emparée de notre société, ses champions sont sur le ring. Chaque camp a choisi le sien.
D’un côté Christophe Castaner, ancien voyou, motive les flics garants du système en place, de l’autre Eric Drouet, qui n’est pas un bisounours mais dont on connait encore peu de choses, motive les révoltés prétendant aspirer à un autre système.
Les deux ne sont pas très regardants sur leurs troupes. Qui demande un CV à ceux dont il a besoin pour faire le coup de poing ? La majorité des flics aiment la castagne face visible du pouvoir, il en est de même de la majorité des gens qui manifestent dans la rue, les autres restent chez eux.
Flic ou voyou, l’alternance n’est pas une question de morale, c’est avant tout une résultante structurelle de l’organisation sociale qui se soucie relativement peu de la morale, qui est faite de conquêtes de pouvoir peu regardantes.
Mais me direz-vous pourquoi soudain la violence ?
Remontons un peu dans l’histoire.
Louis XIV, dit le roi soleil, fut un roi superficiel aux besoins financiers délirants qui malheureusement exerça le pouvoir fort longtemps et laissa le pays dans une ruine totale. Pour satisfaire ses besoins il installa une société d’initiés complices avec qui il partagea le gout du secret et l’indifférence face à l’abus de pouvoir et à l’injustice, dont les lettres de cachet étaient un des symboles.
La souffrance générée par ce roi ne mit pas immédiatement en danger la royauté, la population conditionnée et tenue à l’écart de la réalité par le secret subissait sans révolte significative.
Il fallut 75 ans et le poids de la misère par la ruine fiscale pour que la population descende dans la rue et casse tout, après que les intellectuels dits des lumières aient démystifié le secret, cassé la croyance divine dans le roi et conquis une minorité agissante. La majorité restant dans l’ignorance et la soumission la plus totale.
Revenons à nos soucis
Notre classe politique depuis les années 1970 est prise d’une folie initiatique et dépensière tout à fait équivalente à celle de Louis XIV, où elle et ses initiés se vautrent dans le pouvoir au mépris de toutes prudences financières et morales.
Elle cultive le secret, elle est indifférente à l’injustice, tout en affectant le contraire.
Malgré cela la majorité du pays lui fait encore largement confiance, mais la misère générée fait le lit d’une violence qui cherche à s’exprimer sans but précis ou constructif.
L’outil de Louis XIV était l’aristocratie ses prébendes et ses obligés, celui de notre classe politique est Bercy.
Bercy à elle seule regroupe toutes les tares d’un pouvoir en folie.
D’abord le secret et les lettres de cachet. Aucune information non maîtrisée n’émane de Bercy. Le secret y est la règle, ses employés le respectent tous, on peut supposer que dans le cas contraire ils savent que les sanctions encourues seraient pour eux insoutenables.
Les lettres de cachet sont les notifications fiscales qui suivent ou non un contrôle fiscal et qui sont un arrêt de mort sans possibilité de contestation, inconnues du public, elles aussi sont effectivement secrètes.
Bercy est l’outil qui prélève la dîme au profit des dirigeants sur l’énergie de la population. Sous couvert d’une répartition, dont personne ne voit la couleur, tous ceux qui travaillent perdent 80% de la valeur qu’ils créent, détournée par Bercy.
Bercy met les fonds ainsi volés à la population à la disposition de la classe politique pour conforter son pouvoir ou s’amuser au Monopoly mondial des affaires pour lequel elle est particulièrement peu douée.
Tout cela marchait très bien jusqu’à l’avènement d’internet.
L’ignorance entretenue par le secret, la délation accusant les acteurs économiques du vol en lieu et place de Bercy, permirent ce pillage à grande échelle sans que la population perçoive la réalité. Elle souffrait en silence, persuadée que c’est son destin.
Ceux qui percevaient la vérité étaient dévalorisés, ridiculisés par la justice, décrédibilisés par la propagande, jusqu’au jour ou internet s’est placé en observateur global pour tous.
L’intrusion sans précédent d’internet dans la vie publique et privée a mis au jour beaucoup choses, dont par exemple :
– que l’exception française si vantée n’a pas que des qualités mais plutôt que des défauts,
– que les favorisés de la république ont une vie sans aucun rapport avec les autres.
– que le poids extrême de la fiscalité n’est pas une fatalité, d’autres y échappent.
– que l’inversion des avantages liés à l’inactivité par rapport à ceux liés au travail n’est pas une règle mondiale.
– Que des services publics en panne, des municipalités obèses, une justice aux abonnés absents n’est pas la marque d’une société moderne.
– Que des hôpitaux à la ramasse, une population médicale en vrac payée au prix de l’ouvrier spécialisé après quinze ans d’étude ce n’est pas le fait du hasard.
– Qu’une éducation nationale qui fabrique principalement des illettrés, au sens large du mot, n’est pas respectable.
– Que le monopole d’Etat sert principalement les employés de l’Etat, au détriment des assujettis.
– Qu’une fiscalité délirante ruine les forces vives qui partent ailleurs.
– Que la propagande ne remplace qu’un temps la réalité, qui a tendance à revenir au galop.
– Que la propriété privée est l’ossature de notre société, la massacrer déstructure gravement la société, le lien social, l’objectif social, sans compensation crédible.
Ces constats et bien d’autres ont dans un premier temps découragé les français, brouillé leurs repères, les ont mis en état de sidération laissant la porte ouverte à tous les sectarismes, aux prédicateurs de malheur, aux complotistes et autres dérangés du cerveau.
De cette pagaille générée par Bercy sort aujourd’hui une violence qui n’a rien d’autre à proposer qu’elle-même.
Pendant ce temps Bercy, comme Louis XVI, se planque, fait semblant de mollir alors qu’il n’en est rien, n’imagine pas un seul instant revenir en arrière, s’excuser, rendre d’une façon ou d’une autre ce qu’elle a pris.
Bercy laisse la violence s’installer, se réjouit à l’idée que celle-ci, aveugle comme il se doit, finira par se mettre à son service, tant Bercy s’imagine le centre royal de tout, la légitimité divine, l’ordre et l’égalité, le droit, la légitimité.
Bercy ne mérite pas plus que Louis XVI, mais pas moins.
Bercy est la responsable de nos malheurs, de nos discordes, des violences actuelles, Bercy se cache, mais Internet voit Bercy, Bercy devra payer.
L’observation est la force qui modifie l’ordre des choses, Bercy est observée par le net, Bercy sera modifiée. Aujourd’hui ou demain, qu’importe ses jours sont comptés, M. Castaner n’y peut rien et M. Drouet pas grand-chose.
Bien à vous. H. Dumas
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La violence est à nos portes, la grande violence. Est-ce nouveau ?
Il est clair que non. La violence est la compagne de l’homme depuis toujours, qu’il la crée ou qu’il la subisse. Je crains d’être bien présomptueux en voulant en parler, tant de célébrités intellectuelles l’ont déjà fait. Je commence donc par exiger, violemment, votre tolérance sur ce point….
Cela dit je classerai les violences en trois catégories :
– 1 – Les violences n’impliquant pas de décision humaine. Les tremblements de terre, les éruptions volcaniques, la plupart des morts, la maladie, le climat, etc… On remarquera que toutes ces causes sont à la foi génératrices de violence mais aussi alternativement de calme, de paix. Cette particularité restera constante à toutes les violences. Le fait de violence n’est ni linéaire ni irréversible.
– 2 – Les violences impliquant une décision humaine initiale, faites au nom d’un objectif licite ou non.
– 3 – Les violences en réaction, considérées par leurs auteurs comme une légitime défense.
La première catégorie de violence déchaine la compassion évidemment, mais aussi les pires charlatanismes. La foule de ceux qui prétendent connaitre la solution pour influer sur ces violences est longue comme un jour sans pain. Depuis le sorcier, en passant par l’officiant religieux jusqu’aux scientifiques d’hier et d’aujourd’hui, la liste est impressionnante des prétendants à la maîtrise de ces violences naturelles et à leurs adorateurs. Tous des faussaires, des escrocs. Pas un pour excuser l’autre, il faut les fuir sans réfléchir.
Les deux autres catégories sont moins fédératrices, aussi bien en termes de solutions proposées, que de compassion. Qui plus est, elles ont tendances à s’autoalimenter, une synergie malsaine s’empare très souvent d’elles. La réponse à la question qu’elles posent — “qui a commencé ?”– est rarement unanime, même avec le recul du temps et le secours de l’histoire.
Je propose que nous ayons tout cela en tête chaque fois que nous parlerons de violence, je crois hélas que les occasions ne vont pas nous manquer.
Aujourd’hui, la violence routière
J’entendais hier, sur une quelconque radio au service de l’Etat, Madame Chantal Perrichon, présidente de la ligue contre la violence routière, très sure d’elle, asséner que la cause des accidents routiers est la vitesse, que donc la vitesse serait une violence routière. En conséquence tous ceux qui militeraient pour plus de liberté de choix concernant la vitesse seraient des violents, voire des assassins en puissance. Et subséquemment la réduction de la vitesse règlerait tous les problèmes routiers. Il suffirait de revenir au moyen âge, avec une vitesse moyenne de déplacement de 10 km/h, pour supprimer accidents et violence routière.
Avec un minimum d’objectivité et d’honnêteté, Mme Perrichon pourrait modifier son propos en le ramenant aux seules fois où l’accident est dû à une perte de contrôle du véhicule à cause d’une vitesse excessive. Ce ne serait pas tous les accidents routiers, loin sans faut.
Pendant qu’avec sa théorie elle pourrait aussi soutenir que les dégâts d’un accident d’avion étant liés à la vitesse à laquelle il percute la planète, il suffirait qu’il ralentisse ou qu’il ne décolle pas en roulant à 30 km/h pour qu’il n’y ait plus d’accident d’avion.
Soyons objectifs, il est un point sur lequel Mme Perrichon a raison, la violence s’est emparée de la circulation routière mais pas de la façon dont elle l’assène, imprudemment pour son image intellectuelle.
Plusieurs paramètres s’imbriquent dans la circulation routière, la qualité des routes, des véhicules, la compétence des conducteurs, leur attention, les situations extérieures climatiques ou autres parfois imprévisibles, les règles de circulation, les coutumes, etc…
Dès que tout cela concourt à un accident la vitesse finalise évidemment l’addition, rien ne se passe à l’arrêt.
En définitive c’est une juste harmonie de tous les paramètres ci-dessus qui permettrait une circulation apaisée et une accidentologie nulle.
La violence naît de l’introduction d’un point dur à un niveau quelconque de cette harmonie. La vitesse effectivement peut en être un, mais elle n’est pas le seul possible.
Voici une liste – non exhaustive — de points durs engendrant la violence accidentogène :
– Les rétrécissements volontaires de chaussées, souvent mal signalés, particulièrement dangereux la nuit ou par temps de pluie et de brouillard.
– Les dos d’ânes, dont certains ont des hauteurs invraisemblables, qui surprennent et cassent les véhicules.
– Les STOP inversés qui barrent la voie principale au profit d’une venelle.
– Les bas-côtés de routes non entretenus
– Les arbres de bordures qui vont pratiquement jusqu’au milieu de la route.
– Les routes dont l’étroitesse volontaire et dangereuse générale se perçoit aux traces de pneus laissées sur les bordures de rétrécissement.
– Les limitations de vitesse injustifiées et ridicules sur certains tronçons de voies.
– Les passages piétons non ou insuffisamment éclairés.
– Les flics et leurs radars planqués aux points les plus rentables, pas forcément les plus dangereux.
– Les îlots directionnels non éclairés et bruts de béton…
Tous ces pièges volontaires, décidés en toute connaissance de cause dans des bureaux de la voirie, dont le but avoué est d’emmerder l’automobiliste pour le faire ralentir, voire le persuader de passer ailleurs, sont de la violence pure et accidentogène.
En ne les évoquant pas Mme Perrichon perd tout son crédit.
Un conducteur est rarement à cent pour cent de concentration, sans quoi ce serait un pilote de rallye. Lui tendre des pièges au risque de surprendre sa vigilance est un acte de violence, il est fomenté par les pouvoirs publics. C’est ce que ne dit pas Mme Perrichon.
Or, ces agressions répétées sont aujourd’hui la principale introduction de la violence routière. Une fois introduite, elle se répand et pourrit la vie de tous en participant à l’accidentologie.
Nous sommes le 24 Janvier 2019. J’amène ma petite fille à son pensionnat de Montpellier, il est 7h du matin. Comme d’habitude nous mettrons une heure et quart, trois quart d’heure de trajet et une demi-heure de bouchons.
Les choses se gâtent très rapidement, les GJ bloquent un rond-point à cinq km du départ. Qu’à cela ne tienne, nous n’allons pas en faire un fromage, demi-tour on passe ailleurs, on arrive à l’heure en s’activant un peu.
Immédiatement après l’avoir déposée c’est le retour.
Là je me dis, inutile d’aller encombrer les GJ, je vais prendre un chemin détourné, une petite route de plage, peu utilisée l’hiver, qui contourne la nationale coupée, ça devrait le faire.
Non, ça ne le fait pas.
Effectivement la petite route est bien déserte, mais il se trouve que quatre motards de la police montée sont là, probablement en poste pour surveiller les mouvements de GJ, car je constaterai que leur radio sont allumées à fond et débitent des informations, justement sur les GJ.
Voici la vidéo des faits à partir de ma caméra embarquée.
Donc je suis sur cette petite route à une allure objectivement raisonnable de 80 Km/h. Il est vrai que cette route est limitée à 70 Km/h, ce qui probablement se justifie lorsqu’elle est saturée en été, mais pas là.
J’arrive sur un rond-point qui se passe à 30 ou 40 Km/h, je vais être à 70 et même moins dans quelques mètres.
Mais deux flics sont au milieu du rond-point radar de poche en mains, ils m’arrêtent.
Allons bon.
“Monsieur, vous roulez à 80 Km/h”, ce sont eux qui le disent c’est pourquoi je vous l’ai répété, je roule raisonnablement, je ne saurais dire à quelle vitesse exacte, mais je suis certain de n’être un danger pour personne.
Mais ce n’est pas tout. “Pourquoi roulez-vous à gauche ?” me disent-ils. Là je ne réponds pas, je me demande juste s’ils n’ont pas fumé la moquette. Mais ils ajoutent que cela me coûtera 22 € de plus… Je ne dis toujours rien…
Forcé à me garer sur un terre-plein, je suis obligé de descendre de voiture pour aller chercher les papiers de la voiture dans mon sac dans le coffre, il fait 5°, je suis en chemise au volant. Je remonte un peu frigorifié et là “En stationnement vous devez éteindre votre moteur, il s’agit d’une nouvelle loi pour protéger l’environnement, c’est 135 €”. J’argue du fait que je ne suis pas stationné mais simplement arrêté et je pense au fond de moi que ce n’est pas de mon fait mais du leur. Je souris benoîtement et nous en restons sur ce bon mot “volaillé”, sur ce point qui ne me sera pas comptabilisé.
Alors quand même
J’ai donc appris que si par cas nous sommes arrêtés dans un bouchon, l’hiver nous n’avons pas droit au chauffage et l’été à la clim, sacré climat.
Mais surtout, nul n’est à l’abri des flics en maraude. Ici, ils sont en poste pour je ne sais trop quoi, et vlan ils sortent le radar de poche comme les enfants de cœur la corbeille de la quête, et hop le premier qui passe c’est plus de 100 balles.
On ne peut pas dire qu’ils agissent dans le cadre de l’insécurité routière, ils font simplement de la prédation par opportunité, et je tombe dessus.
Ils sont habillés comme des martiens et moi je dois couper mon moteur et me les geler en leur faisant le baisemain.
Là je plaisante, mais faisant soixante mille km par an, je tombe régulièrement sur ce genre de situation, ça plombe ma trésorerie, mes points et mon carnet scolaire routier.
Grace à la maraude policière, je passe pour un délinquant routier. Comme ils sont un peu gênés – enfin inconsciemment bien sur – ils se croient en plus obligés d’être désagréables. C’est insupportable ces sanctions qui ne correspondent à aucune incivilité, juste à l’application drastique, inintelligente, de règles édictées à la va-vite, sans réelle justification.
Cela étant, ils s’étonnent que plus de la moitié du pays ait envie de leur foutre des baffes…
Bien à vous. H. Dumas
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Outre que — j’ai déjà eu à m’en expliquer et je le ferai encore — je ne saisis pas très bien qui est le peuple, je ne vois pas ce qu’il ferait du pouvoir.
Prendre ou donner le pouvoir ne peut se faire que de deux manières, par l’acceptation ou par la force, mais surtout et c’est fondamental : exercer le pouvoir répond exactement aux deux mêmes conditions, consentement ou force.
On comprend aisément que prendre et exercer le pouvoir par la persuasion n’est pas une sinécure, qu’il va falloir être compétent, accepté par ceux qui subiront volontairement et en conscience le pouvoir qu’ils auront confié et que l’on aura accepté.
Ce type de pouvoir, le seul acceptable, sera fatalement restreint à des activités regroupant des initiés, seuls à même de juger de la qualité du candidat au pouvoir et à consentir de le subir.
Il pourra s’agir d’un chef d’entreprise, d’un responsable sportif catégoriel, d’un chef de famille, en fait de toute personne à qui un groupe homogène transférera volontairement — puis maintiendra toujours aussi volontairement – le pouvoir dont ce groupe a besoin pour s’épanouir et s’organiser dans sa sphère de spécificité.
Le pouvoir par consentement est d’une telle difficulté que la majeure partie des organisations humaines attribue le pouvoir par la force. Y compris lorsqu’il s’agit d’en doter des organisations spécifiques et pourtant homogènes telles que des usines, un orchestre, une équipe de foot. Un règlement vient alors organiser et réguler la force, il sera appelé la règle ou la loi. En fait dès lors le consentement a disparu, la force s’impose, elle n’a pas toujours besoin de fusils. La sanction, la prison, voire la récompense peuvent les remplacer.
Inutile de dire qu’en ce qui concerne cette abstraction hétérogène que l’on appelle l’Etat, le pouvoir y est toujours imposé par la force, jamais par le consentement. Les diversités présentes dans cette configuration interdisent toute qualification spécifique des acteurs du pouvoir et toute compréhension ou appréciation technique par ceux qui vont devoir le subir.
Je ne suis pas certain de m’être expliqué clairement, le sujet est difficile, j’ai fait ce que j’ai pu. Un exemple aidera peut-être ma démonstration.
Le maire de votre ville, probablement enseignant par le passé ou autre genre d’activité de ce type, n’a aucune des compétences requises pour gérer votre ville, qui est une entreprise de plusieurs milliers de salariés aux activités toutes différentes. D’ailleurs avant son élection vous ne lui avez même pas posé la question de savoir s’il les avait, si ça se trouve vous n’avez même pas voté pour lui. Alors, donner votre consentement à son pouvoir….
Il utilisera donc la force, elle va même lui paraître naturelle, aller de droit avec son pouvoir.
Et, pire que tout, il va déléguer cette force à des spécialistes sectoriels, dont l’ensemble compose un truc que l’on appelle l’administration, dont il va rapidement devenir lui-même la marionnette du fait de ses incompétences techniques initiales rédhibitoires.
C’est le même fonctionnement pour le plus grand regroupement que l’on nomme Etat.
Comment le peuple d’un Etat — abstraction par définition hétérogène aux compétences informelles — pourrait-il imaginer qu’il serait, lui, en mesure d’exercer le pouvoir par consentement ? Il n’y pense même pas le peuple, même si dans un moment d’égarement il le dit — ou on le lui fait dire –.
Ceux qui prétendent le représenter, qui parlent en son nom, intègrent directement le fait qu’ils imposeront leur pouvoir – qualifié au passage de populaire — par la force et non par le consentement, même si cette force prétend se parer de l’équité imaginaire de la démocratie, du droit de la majorité, voire du référendum miracle.
C’est la question qui interpelle : comment le peuple peut-il imaginer, en admettant qu’il ait une existence, qu’il saurait instaurer puis gérer un pouvoir avec le consentement de tous ?
Il faut pour cela qu’il n’ait pas très bien diagnostiqué la maladie dont il souffre au point de crier son désespoir sur des ronds-points par grand froid.
Le peuple souffre d’un pouvoir imposé par la force, sans discernement, qui le ravage insidieusement en prétendant agir pour son bien.
Il ne peut pas simplement souhaiter prendre la maîtrise de ce pouvoir de la force, même s’il entrevoit à cette occasion la possibilité de faire souffrir à son tour ceux qu’il croit être les responsables de sa souffrance actuelle.
Notons aussi que le peuple se trompe dans ses accusations qui visent ceux à qui il a cru confier le pouvoir démocratiquement. Ce ne sont pas ceux qui ont reçu le pouvoir et l’exercent par la force, les politiques, qui contraignent la population jusqu’au point de rupture d’aujourd’hui. Ce sont les spécialistes administratifs à qui ceux-là ont dû confier leur pouvoir reçu, n’ayant pas les compétences requises pour l’exercer directement.
C’est l’administration qui mine et tue à petit feu ce que l’on appelle le peuple des français, qui n’est que tous les français pris individuellement et réunis.
On trompe ce peuple en lui faisant croire qu’il saurait utiliser le pouvoir mieux qu’aujourd’hui alors que le pouvoir par consentement ne lui est techniquement pas accessible et que les pouvoirs exercés par la force possèdent tous les mêmes tares.
Le peuple de France n’a pas besoin de pouvoir, il a besoin de respect.
Ce n’est pas le même manque, mais les souffrances sont semblables.
Les Gilets jaunes doivent réfléchir à une organisation qui respecte le peuple de France, c’est-à-dire tous les français pris un par un.
De ce que l’on peut juger par ci par là, les échos ne vont pas dans ce sens. Pourtant au début l’explosion de souffrance a pu laisser imaginer qu’une prise de conscience suivrait et que la liberté et le respect des personnes seraient le socle des revendications. Visiblement ce n’est pas le cas.
Il est peut-être plus facile d’haïr son voisin que de le respecter, je ne sais pas. Quoiqu’il en soit, il me semble que la haine s’installe, monte en puissance, profite à l’administration qui n’envisage pas un seul instant de respecter les administrés.
C’est elle qui va gagner car que lui importe qui aura le pouvoir par la force puisque c’est elle qui l’exercera inévitablement.
La conquête du pouvoir au lieu de la conquête du respect sera le grand raté de cette révolution de Novembre.
L’homme peut se passer du pouvoir, pas du respect.
Bien à vous. H. Dumas
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Mediapart dont il faut au préalable rappeler que ce journal est né d’une fraude fiscale à la TVA qui lui a permis de trouver la trésorerie nécessaire à sa pérennité en s’affranchissant du taux payé par ses confrères pour s’aligner sur celui de la presse écrite. Un écart de l’ordre de 15%, de plusieurs millions d’Euros.
Sa montée rapide en puissance lui a permis de faire voter une loi faisant de sa fraude la règle, battant ainsi sur le poteau ce pauvre Cahuzac qui malgré des efforts louables entrepris ne put jamais faire en sorte que les planteurs de cheveux puissent avoir légalement un compte à Singapour.
Né de la fraude Mediapart en est devenu le pourfendeur, un vilain petit côté chasteté proclamée du célibat ecclésiastique.
Devenu le mur des cons national de la haine fiscale Mediapart dézingue à tout va.
La nouvelle mouture fiscale d’une administration aux abois qui fait de l’optimisation fiscale un délit lorsqu’elle est pratiquée par le contribuable à son profit et un acte civique lorsqu’elle est pratiquée par un contrôleur fiscal au profit de l’administration…
— Ah oui parce que ne perdons pas de vue que le maquis juridique de la fiscalité française, et un peu mondiale, permet de trafiquer légalement la réalité comptable d’une entreprise au profit de l’entrepreneur ou au profit du fisc, au choix. Au profit de l’entrepreneur c’est mal, au profit du fisc c’est bien, mais dans les deux cas cela ne correspond à aucune réalité économique et comptable —
…Je disais donc que la nouvelle mouture législative concernant l’assimilation de l’optimisation fiscale à une fraude fait le miel de Mediapart, en plein dans son fonds de commerce de feuille de chou à scandale.
La victime du jour est Dany Boon.
L’histoire de cet acteur passionne Mediapart, enfin pas vraiment son histoire plus précisément celle qu’invente Mediapart.
Les faits sont les suivants
Porté par cette foi étrange qui habite artistes et créateurs Dany Boon a bossé comme un forçat pour un résultat mitigé au départ.
La ténacité aidant il a fini par rencontrer le succès et même le haut de l’affiche avec un film : les Ch’tis.
Film dont les conséquences furent que des millions de personnes dépensèrent chacune un peu d’argent pour aller rire un bon coup sans regret en sortant de la projection, incitant même familles et relations à en faire autant.
Ainsi Dany Boon devint très riche.
Traduction par Mediapart
Les spectateurs de ce film ne doivent rien à M. Dany Boon, c’est lui qui est leur débiteur du fait qu’ils aient bien voulu aller rire dans la salle de cinéma qui projetait son film plutôt que dans une autre.
Ainsi l’argent récupéré par ce film n’est pas la propriété de M. Dany Boon, mais bien celle des spectateurs, M. Boon doit donc rendre cet argent, non pas aux spectateurs qui eux l’ont bel et bien perdu — heureusement qu’ils ont rigolé — mais au fisc qui — on se demande bien pourquoi — les représente et leur rendra à sa façon, c’est à dire jamais.
L’histoire qu’aimerait raconter Mediapart
Dany Boon est un extraterrestre que le hasard a gâté en le gratifiant d’un énorme succès qui ne lui doit rien. Évidemment les gains de ce succès sont appelés à se dissoudre dans l’éther mystérieux de l’économie et M. Dany Boon doit retomber dans l’oubli et la misère statutaire de tout artiste qui se respecte, en dehors de certains politiquement corrects.
La vérité n’est pas celle-là
En fait M. Dany Boon est bien placé pour connaître l’énorme engagement que demande la quête du succès et les incertitudes du résultat. Il connaît aussi les difficultés à obtenir un capital pour mettre en œuvre des idées. À partir de ces constats il gère au mieux son capital avec la conscience de sa fragilité. Pour pouvoir vivre et continuer à créer, sans pour autant en arriver à traficoter avec la TVA, il reste dans le cadre de la loi qu’il optimise.
Il a juste un tort, il ne défend pas publiquement sa position mais abonde dans l’idée qu’il est le débiteur de ceux qu’il fait rire, dommage.
Quoiqu’il en soit il n’est pas dans la logique de M. Plenel dont on ne connaît ni le salaire, ni le capital personnel, mais uniquement la moustache. Celui-ci à l’inverse du richissime Canard Enchaîné trouve sa gloire et sa légitimité dans la misère ordinaire, au moins apparente.
Bien à vous.
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Il est possible que certains français plutôt ouverts à la révolte des Gilets Jaunes, mais aussi perméables à l’idée que le pays serait effectivement un modèle mondial d’équilibre sociétal, soient enclins à faire encore confiance au système, notamment à la campagne actuelle de Macron en faveur d’une grande consultation nationale organisée autour des élus locaux, dont particulièrement les maires.
A ceux-là il faut rappeler qui sont les maires.
Depuis la décentralisation organisée maladroitement par Mitterrand les élus locaux ont le pouvoir absolu accompagné des plus grands privilèges et des cordons de la bourse.
Ils sont les principaux ordonnateurs du dérapage des finances publiques. Pendant que l’Etat se prive, que sa partie régalienne qui nous concerne tous se réduit comme peau de chagrin par rapport à la dépense publique globale, les maires se gavent.
Ils utilisent la dépense publique comme outil électoral, ils achètent avec l’argent des français les voix nécessaires à leur élection synonyme de pouvoir et de confort.
Mais ils font plus, ils s’immiscent dans la vie économique de leur patelin décidant de qui travaillera, commercera, aura accès aux chantiers dont ils sont les ordonnateurs exclusifs, ils décident en plus de ce que chacun peut faire de sa propriété sur laquelle ils ont des droits exorbitants.
Ce sont eux qui contraignent les automobilistes en leur tendant des pièges de plus en plus lourds et grossiers sous forme de rétrécissements inutiles, de Stop à contre-sens, de limitations de vitesse descendues à 30 km/h, bientôt à 20, puis sans doute à 10. Qui multiplient à l’infini les rues piétonnes dans lesquelles seul les bobos fonctionnaires à l’activité réduite sont capables de vivre.
Ce sont encore eux les grands managers de l’action sociale, qui embauchent leurs amis fainéants les transformant d’un coup de baguette magique en personnages chargés de nous emmerder le plus possible, d’une façon inversement proportionnelle à leur compétence ou utilité.
Il suffit d’entrer dans une mairie pour comprendre immédiatement qu’il y a eux et nous, ce n’est pas le même monde. D’un côté le monde du pouvoir, de l’autre celui des soumis.
L’exemple le plus caricatural du pouvoir délirant des élus locaux est la maire de Paris.
Une journée à Paris permet de comprendre comment un élu local est suffisamment puissant pour pouvoir transformer la plus belle ville du monde en un cloaque étouffant où en dehors de quelques rares olibrius vélocipédistes tous les autres font l’objet de maltraitances violentes et gratuites, aussi bien dans l’espace public que dans leur espace privé.
En province la mairie est la plupart du temps le plus gros employeur, on se demande bien pourquoi, rien ne justifie cette situation. Si l’on y ajoute l’hôpital et les services sociaux dépendant des élus cette primauté n’a pas d’exception.
A ceux qui sautant sur leurs chaises crient “les maires les maires” — comme dirait qui vous savez – et sont rassurés par la campagne nationale lancée par Macron je dis méfiez-vous.
Rappelez-vous que Macron en début de mandat avait comme cible les élus locaux et leurs dépenses mégalomanes et intéressées.
Comprenez que son revirement actuel en faveur de ces roitelets n’est pas un gage de sincérité mais au contraire un signe d’échec, d’acceptation de notre situation, l’exact inverse de ce pourquoi les Gilets Jaunes sont descendus dans la rue.
Le trop plein qui a jeté la France dans la rue après avoir enfilé un Gilet Jaune comme signe de ralliement, avec un taux d’acceptation de 80%, avait deux bases :
La pression sur la vie de tous les jours de la terreur fiscale dont l’origine essentielle est du ressort des élus locaux, qui impacte nos économies et l’emploi.
La pression de la “flicaille” et de son terminal les tribunaux sur la route et sur les automobilistes, qui impacte nos libertés tous les jours, dont l’origine essentielle est aussi du ressort des élus locaux.
Ne trouvant pas de réponse à leurs signes désespérés de mal-être les Gilets Jaunes se sont laissés gagner par la violence, ils n’avaient pas d’autre solution.
Aujourd’hui ils ont au moins une victoire incontestable, c’est celle d’avoir fait la démonstration de l’absence de sincérité de Macron prêt à tout pour conserver le pouvoir, notamment à une alliance contre-nature avec les élus locaux dont il avait parfaitement perçu la responsabilité dans les affres du pays, qu’il pensait neutraliser.
Macron apparaît comme un opportuniste sans stature, sans projet, sans ambition.
Encore un succès à la Van Gogh, posthume, pour les Gilets Jaunes, qui leur sera comptabilisé plus tard quand eux-mêmes d’abord, puis tout le monde ensuite, auront compris la supercherie de Macron.
Il faudra du temps, plus que beaucoup ne le croient.
Bien à vous. H. Dumas
Partager la publication "Macron au plus près des pillards"
Certains savent déjà que tous mes problèmes fiscaux sont liés à un redressement concernant la succession de ma mère — laquelle fut intégralement à ma charge pendant vingt ans sans aucune participation de l’argent public — qui m’a légué in fine notre maison familiale, son seul bien.
J’ai évalué scrupuleusement cette maison lors de la déclaration de succession, y compris son grand terrain enclavé, non divisible, inconstructible en l’état, dont je supporte la charge, l’entretient — Terrain qui récemment a été classé dans le PLU en zone protégée, de quoi et pour qui ? Les arbres plantés par mon père ne peuvent plus être coupés, les murets présents doivent être conservés et entretenus par mes soins, on rêve en pensant au droit de propriété — ….
Puis j’ai eu l’outrecuidance de répondre un peu sèchement, mais poliment, à une employée lambda des Services Fiscaux de Sète, ville d’assise de cette maison familiale.
Mal m’en a pris, sa chef Jourdes, s’imaginant probablement à la tête d’un commando de marine lié par l’esprit de corps, a pondu à titre de punition à ma liberté de ton un redressement de plusieurs centaines de milliers d’Euros visant le terrain attaché à la maison.
Ce redressement était tellement ridicule, car sur une base de divisibilité du terrain et de constructibilité inexistante, que je ne l’ai pas pris au sérieux.
J’ai engagé un recours préalable persuadé que ce redressement axé sur une fausse évaluation allait être immédiatement rapporté.
Non seulement il ne le fût pas mais l’administration pour couvrir ses deux employées indélicates a établi des faux grossiers.
L’un, un certificat d’urbanisme dont le formulaire de demande était falsifié, qui visait à crédibiliser une possibilité de divisibilité. Le maire, face à ce faux, a immédiatement annulé ce certificat d’urbanisme que ses services avaient malencontreusement délivré.
L’autre, l’affirmation en commission de conciliation de la présence d’un chemin de desserte qui n’existe pas. Au sujet duquel le magistrat Président de la commission a eu cette phrase inoubliable “M. Dumas, vous ne rapportez pas la preuve que ce chemin n’existe pas”…. Le genre de type qui vous colle en prison au motif que vous ne rapportez pas la preuve que vous n’avez rien fait de mal….
Face à ces faux et à ce vol fiscal par l’établissement d’un impôt indu, aurais-je dû faire le siège de mon député, abonder à l’orphelinat de la Police, donner aux œuvres et services sociaux des associations regroupant les agents des services fiscaux, voter à gauche et le faire savoir ? Peut-être, mais ce n’est pas ce que j’ai fait.
Je me suis retourné vers la Justice, l’arbitre du jeu social, sans laquelle il n’est pas de société juste mais la jungle, la loi du plus fort.
Alors là, le fameux esprit de corps des Services Fiscaux a joué à plein. Ils se sont acharnés sur toutes mes activités professionnelles en visant ma perte, ma mort économique et donc physique, sans vergogne, sans précaution, de la façon la plus bête qui soit, en laissant des traces évidentes de leur forfait.
Malgré ces traces indubitables, la justice les a intégralement couverts, jusqu’à l’écœurement.
Cela a duré vingt ans
Oui vingt ans pour que La Cour de Cassation finisse par reconnaître, à demi-mot, que la propriété ne pouvait pas être divisée, qu’il n’était point de terrain détachable en vue d’une spéculation pour terrain à bâtir, que ma déclaration était bonne. Vingt ans pour qu’elle casse l’acte de base de ma destruction, de ma torture fiscale, me laissant dans un état d’épave. Sans un mot évidemment sur tout cela. Sans un mot sur les vingt ans, sur les agressions mortelles toujours en cours.
Pour clore le débat, La Cour de Cassation m’a renvoyé pour conclusion de cette incroyable affaire devant La Cour d’Appel de Montpellier le Mercredi 15 Janvier. J’en sors.
Je vous raconte.
Figurez-vous que le 15 Janvier était jour de grève nationale des avocats.
Vous savez, ces gens qui parlent à votre place, qui sont les obligés des magistrats à qui ils doivent la bonne marche de leurs cabinets, qui pensent à eux avant de penser à vous, qui sont comme cul et chemise avec les magistrats — sauf exception du type Dupond-Moretti dont personne ne peut payer les honoraires–, qui vous foutent dehors quand vous ne pouvez plus les payer — sauf exception amicale encore plus rare que Dupond-Moretti –, que la loi vous oblige à prendre sous peine de ne pas avoir le droit de vous défendre…..
Ces avocats qui sont les indics légaux du fisc sont obligatoires et vous devez leur raconter votre vie, qu’ils ont de leur côté l’obligation de raconter au fisc. Vous voyez l’astuce…
Donc nous arrivons à la Cour d’appel de Montpellier, moi et mon avocate qui vous l’aurez compris est d’une humanité exceptionnelle, une sorte de Jeanne d’Arc mâtinée de sœur Thérèsa.
Et là, notre avocate postulante, ordinaire mais obligatoire, nous fait savoir que nous ne pourrons pas plaider que l’affaire sera renvoyée… à six mois… après vingt ans, c’est lourd.
Nous sommes seuls dans la salle d’audience, impression bizarre.
Le piquet de grève dépêché par l’Ordre des avocats se précipite pour demander le renvoi, pendant que nous insistons pour plaider.
Incroyable, le magistrat non seulement ne renvoie pas, il prend l’affaire, mais il fait part de son mécontentement au piquet de grève en lui laissant dix minutes avant de commencer pour permettre à l’avocat du fisc de venir.
Notre ordinaire avocate postulante quitte la salle sans nous dire au revoir, elle a quand même perçu quelques milliers d’Euros, elle ne doit pas s’en rappeler, moi si ….
Nous passons à la plaidoirie. Mon avocate explique la situation et tout particulièrement ses conséquences désastreuses.
Notre Président d’audience connait visiblement assez mal le droit de l’urbanisme, ce que sont les numéros cadastraux, les divisions de parcelles, les lotissements, les travaux, les valeurs commerciales, etc…
J’aurais pu l’éclairer, il m’interdit de parler.
Il est cependant assez bonhomme, pas le couteau entre les dents en apparence, mais il conclut de la façon suivante : “Puisque M. Dumas est là, j’en profite pour lui dire combien je m’étonne qu’un simple désaccord sur finalement une estimation discutable ait pu engendrer un aussi grand nombre de procédures. Si tous les contribuables agissaient ainsi, nous ne pourrions pas faire face.”
M’ayant interpellé, j’imagine qu’il va me donner un droit de réponse, je me lève.
Aussitôt d’un geste ferme il m’indique que je ne peux pas parler. En ce lieu de justice où il est question de moi, de ma vie, où on juge mon attitude, je n’ai pas le droit de répondre…
Sur ce blog où je suis libre, voici donc ma réponse :
“M. Le Président,
Vous n’avez pas l’air d’un mauvais homme. Comment pouvez-vous fermer les yeux sur ce qui se passe tous les jours avec le fisc, alors que vous avez pris la responsabilité professionnelle et humaine d’en être le juge.
Comment pouvez-vous résumer mon épais dossier et les vingt ans de vie qu’il représente en, finalement, une instrumentalisation de la justice de ma part au sujet de ce que vous qualifiez de simple différent d’estimation ?
Il faut pour cela que vous occultiez les faux fournis par le fisc pour justifier cette différence d’estimation. Il faut que vous pensiez que le sur-impôt ainsi créé est légitime. Il faut que vous fassiez peu de cas de la vérité, de sa nécessité en société.
Il faut enfin que vous acceptiez l’idée que vous saisir contre le fisc est contestable, même si l’on dénonce des falsifications de cette administration.
Vingt ans perdus, vous trouvez cela normal, et un acharnement avec des méthodes indélicates allant jusqu’à ma ruine totale cela vous laisse indifférent ?
Quel raisonnement, quelle croyance, vous amènent à prendre cette position ?
Et nous, modestes français, que doit-on faire lorsque l’on est l’objet d’un vol avec falsification des faits par les Services de l’Etat, que la justice nous trouve inutilement encombrants ? Descendre dans la rue et tout casser pour évacuer notre indignation, voire plus ?
Bien à vous”.
Evidemment je m’attends au pire. Non que je craigne pour l’annulation de ce redressement indu qui a été décidée par la cour de Cassation et sur lequel il y a peu de chance que la Cour puisse revenir, mais je pense que les falsifications du fisc ne seront pas actées par la Cour, pas plus que les souffrances que j’ai endurées pour arriver en vingt ans à ce résultat, ni non plus les attaques vengeresses du fisc sur mes activités professionnelles sinistrées volontairement.
Tout ça pour ça, c’est le fond de ma pensée aujourd’hui.
Oui, il faut quitter ce pays, il est gangrené intellectuellement jusqu’au cœur, il n’y a pas de marche arrière possible. La masse est compacte, elle s’impose, l’individu n’a plus sa place.
Il me reste la satisfaction d’en avoir fait la démonstration. Puisse cela servir aux jeunes français qui croient en eux, en leur avenir d’homme libre et indépendant, qu’ils partent, qu’ils sauvent leur peau. Ailleurs la liberté existe, le respect de la compétence et de l’effort aussi. Il n’y a rien à faire dans ce pays où l’égalitarisme légitime le vol et le mensonge.
Bien à vous. H. Dumas
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Le mouvement des Gilets Jaunes n’en finit pas d’être soupesé, analysé, décortiqué, sans qu’au terme de toutes ces études ou simples opinions ne se dégage une idée nette de ce qu’il serait ; et ce n’est pas fini.
Cette bousculade explicative fait que l’on peut y aller de son idée sur le sujet sans être taxé de prétentieux, puisqu’on est qu’un parmi tant.
Voici donc ce que j’en pense.
J’ai déjà eu l’occasion de le dire, je fais appel à mon vécu de 1968, dernier grand virage pris en dérapage plus ou moins contrôlé par les habitants cet étrange pays que l’on appelle la France.
Mai 1968 n’était pas le début d’une contestation mais sa fin. Il s’agissait de se révolter contre l’ordre moral, officiel censeur de nos vies alors. Il en restera cette maxime virale “Il est interdit d’interdire”.
Disons-le, Mai 1968 se justifiait pleinement, ceux qui ont connu la censure, la vraie, savent à quel point elle dévore l’esprit, tue la créativité, rend la vie impossible.
La révolte contre la censure de l’ordre moral commença dès 1960 en réaction à la rigidité du Général De Gaulle, surtout à celle de son environnement.
En Mai 1968 la pensée de cette révolte était suffisamment aboutie pour qu’elle apparaisse au grand jour. Dès les premières barricades levées c’était gagné.
La suite de Mai 68, sa récupération, fut un grand n’importe quoi sans aucune importance historique, la censure avait volé en éclat définitivement, au moins pour un temps, pour cette génération là.
Tout simplement parce que les barricades ont mis les censeurs face à leur bêtise, leur ont fait prendre conscience de leur ridicule. Dès cet instant ils avaient perdu.
Le gain n’est pas venu d’une nouvelle société, rêvée alors mais jamais apparue, mais bien de la chute de la censure par la prise de conscience des censeurs eux-mêmes.
C’est le problème du meurtrier qui, passé à l’acte, se retrouve avec un cadavre sur les bras qui mettra pour toujours sa vie en perspective par rapport à ce cadavre.
Pareillement, les Gilets Jaunes sont la fin apparente d’un grand mouvement jusque-là invisible.
Je dirais qu’il s’agit de la prise de conscience de la captation du pouvoir par l’association des élus, de l’administration et d’une partie de la classe économique, pour n’aboutir qu’à un pillage généralisé au seul profit de cette clique.
Je fixerais cette prise de conscience à l’apparition de la communication instantanée par internet dans les années 2.000 et l’analyse alors de travers hérités de Mitterrand et de Chirac, les deux champions de la connivence des trois pôles cités : élus, administration et capital dévoyé.
En 2010 la clique déjà très discréditée pense pouvoir se refaire une virginité à coup d’écologie. Le remède s’avérera pire que le mal, jamais la connivence n’a atteint une telle intensité.
Finalement les pillés se révoltent, ils enfilent les Gilets Jaunes, 80% des français suivent, ce nombre implique que les membres de la clique eux-mêmes se découvrent tels qu’ils sont, magouilleurs et sans avenir, sans destin.
Le choc a eu lieu, les Gilets Jaunes en sont le signe extérieur.
Qu’importe ce qu’ils vont devenir, qui va et comment les récupérer, leur rôle est terminé.
La France y compris les acteurs fautifs se voit comme elle est, ruinée par une clique de corrompus au sens de l’éthique sociétale.
Rien ne sera plus comme avant dans un avenir peut-être pas immédiat mais proche.
S’il fallait une preuve à cette prise de conscience de leur malfaisance par certains acteurs de la clique au pouvoir le grand débat pourrait en tenir lieu, ce sera bien sa seule utilité.
Aujourd’hui ne nous perdons pas en conjectures inutiles sur l’avenir, nul ne le décide ou n’en possède la clef, il sera déterminé par la pensée générale, il sera donc inévitablement profondément marqué par la victoire des Gilets Jaunes, même et très probablement sans eux.
Très peu des manifestants actifs de 1968 ont été intégrés aux pouvoirs suivants, il en sera de même pour les GJ, en revanche 68 a imprégné les sociétés des décennies suivantes.
Le début de la lettre de Macron est insupportable.
Cette espèce de satisfaction nationale qui se veut partagée est ridicule, elle n’a pour but que de dévaloriser l’action des Gilets Jaunes. L’action des GJ étant la cause de la lettre elle est évidement justifiée puisque la lettre est là. Si dans sa lettre Macron prétend changer les choses, c’est bien que les choses ne vont pas bien.
Donc cette entame de lettre est non seulement ridicule mais complètement con.
Le corps de la lettre n’est pas encourageant
Il propose une de ces consultations bidon auxquelles tout acteur citoyen a au moins une fois participé. On en connait l’inanité, la perversion, l’inutilité, la frustration qui en découle. Il s’agit d’une messe moderne de communicants où les participants sont pris pour des ânes, où la conclusion est connue d’avance par les officiants.
Jouons quand même le jeu
A – Les impôts
Une seule chose à faire. Éliminer la zone de non droit des contrôles fiscaux.
Si l’on considère que la fraude fiscale est un délit, qu’elle soit traitée comme tous les délits.
C’est-à-dire que, comme l’a instauré la révolution, toute enquête doit être faite loyalement à charge et à décharge, au terme de l’enquête le prévenu est présenté à un juge libre et impartial à l’occasion d’une audience publique, le premier jugement est susceptible d’appel, jusqu’à sa condamnation définitive le prévenu est présumé innocent.
Le contraire de cette méthode était avant la révolution les lettres de cachet, aujourd’hui les Services Fiscaux sont encore sous le régime des lettres de cachet, le contrôleur fiscal après une enquête partiale édite lui-même la sanction, immédiatement exécutoire.
C’est ce vice de procédure qui rend la fiscalité opaque et destructrice de l’économie.
Que serait devenue notre société si ses tensions délictuelles pénales, crimes ou vols, étaient gérées comme pour le contrôle fiscal par une bande de cow-boys n’ayant de compte à rendre à personne.
Il faut que les français sachent que ce sont les juges et les tribunaux qui leur évitent en ces périodes de tensions sociales de devenir un pays de violence et de non droit.
Que Bercy accepte les règles du droit pénal et Bercy ne pourra plus mentir aux français et aux politiques en accusant les acteurs économiques d’une fraude fiscale que seuls des juges impartiaux et des accusés libres de se défendre devraient être à même de définir.
C’est l’introduction de la justice dans le recouvrement de l’impôt qui le stabilisera automatiquement. “C’est peut-être un détail pour M. Macron, mais pour moi ça veut dire beaucoup”
B- Les services publics
Je propose à M. Macron d’accompagner sa consultation d’une liste de ce qu’il appelle les services publics et de demander aux français de désigner ceux qu’ils considèrent comme un service public et ceux qu’ils considèrent comme un service privé pour lequel l’Etat s’est octroyé un monopole d’acteur privé qu’il ne sait pas assumer sans une dérive financière qui ruine le pays.
A l’issue de la consultation il n’aurait plus qu’à fermer ces services privés que des professionnels prendront alors en charge dans un cadre de concurrence et d’économie saine.
C- La transition écologique
Je propose que M. Macron à ce sujet crée un centre d’information pluriel où toutes les pensées sur le sujet auraient le droit de s’exprimer et non uniquement les écologistes. Ensuite, bien informés, nous discuterons.
En réalité un temps de parole égal pour toutes les opinions sur ce sujet.
D- L’organisation politique
Je propose que tout candidat, à quelque élection que ce soit, ne puisse pas se présenter sans avoir chiffré ses promesses, de telle sorte que les électeurs sachent combien ils auront à débourser pour les payer.
Qu’un organisme de surveillance vérifie que les chiffres soient respectés pendant le mandat de l’élu et qu’en cas de dépassement il soit immédiatement viré.
CONCLUSION
Finalement, c’est assez simple, juste un peu de rigueur et d’honnêteté, moins de mensonges et d’opacité.
Bien à vous. H. Dumas
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Par une belle journée d’été, la mer nous porte, transparente bleue et calme comme sur une carte postale , au large du cap Creus. Nous sommes ensemble, à bord de ma coquille de noix.
La côte n’est plus en vue, juste dix mètres de plastic pour vous et moi, assis regardant le soleil se lever. Pas un bruit, pas une ride, pas un souffle de vent, l’apaisement total. Ici où là, chacune à distance, quelques mouettes insignifiantes posées sur l’eau dans cet espace vide.
Une heure plus tard la violence se déchaîne. La mer entre en ébullition, de toute part ce ne sont que remous silencieux survolés par des nuées d’oiseaux hurlants d’excitation venus d’on ne sait où. L’intensité croit, quelques sardines percent la surface en espérant échapper aux thons prédateurs qui dans leur dimension sautent vers elles puissamment, elles finissent dans des becs avides. Quelques attaquants entraînés par leur élan traversent aussi leur ciel argent pour retomber lourdement.
Le cri des mouettes est envahissant, tout le reste n’est que silence lourd. Une violence maximum, sans bruit, la plus terrible.
Si les thoniers sont là, ils entourent rapidement la scène de leur filet, quelques minutes plus tard des centaines de thons y seront prisonniers, c’est la violence ultime, terminale, celle de l’homme.
Puis d’un coup la mer redevient hermétique, le ciel se vide, il ne se passe plus rien, il ne se passe jamais rien en mer. La vie que nous percevons de la mer n’est qu’un effet du vent, rien de plus ne nous est accessible depuis sa surface. Sous la surface, ce n’est plus chez nous, c’est ailleurs, un monde inaccessible.
La violence est à la fois belle et tragique, naturelle et révoltante, fascinante et inacceptable, chacun l’aime ou la hait selon sa position et son implication personnelle.
Pour qu’elle naisse il lui faut un théâtre, des acteurs, un scénario.
Ici la sardine poisson fourrage grégaire, une bande de thons qui doivent manger deux fois par jour en des attaques rapides et mortelles dont la sardine est la principale victime, des oiseaux qui survolent la scène n’en perdant pas une miette en tirant quelques menus profits.
La sardine peut-elle se révolter ?
Intrinsèquement non. La sardine n’a rien à opposer à la puissance du thon. En revanche, sociologiquement tout pourrait être différent.
Il se trouve que face au danger connu par elle de servir de nourriture à bien des prédateurs la sardine a choisi la masse, la collectivité.
Lorsque le thon est annoncé les sardines se regroupent en une boule compacte qui favorise le repérage du thon mais donne à la sardine l’impression de minimiser ses pertes au moment de l’éclatement. Elle oppose à l’attaque le nombre, le sacrifice individuel au profit improbable de la collectivité.
Il pourrait en être tout autrement.
Dans l’absolu, la sardine pourrait être éparpillée dans l’immensité de l’océan, vivre individuellement et non en multitude, ce qui rendrait sa recherche beaucoup plus aléatoire.
Dans ce cas évidemment elle devrait s’assumer à longueur de temps. Ce n’est pas le choix qu’elle a fait. La sardine n’a pas une organisation libérale, au contraire elle est intensément collectiviste, égalitariste, sauf au moment du sacrifice ultime où c’est chacune pour sa peau.
Cela peut-il interpeller les humains que nous sommes ?
Je n’en sais rien. Il est hasardeux de s’aventurer à des comparaisons certainement critiquables.
Donc laissons les sardines à leur vie et les hommes à la leur.
En revanche, en ce qui concerne la violence quelques réflexions peuvent être tirées de la vie des sardines.
D’abord le constat que la violence est. Qu’elle fait partie des incontournables sur notre si jolie terre, impliquant les sardines, mais aussi tout ce qui ressemble à la vie, animale ou végétale. Le nier est absurde, le gérer est un minimum, espérer l’éradiquer est probablement une utopie.
Ensuite que la violence est prévisible. Qu’elle sous-tend toute nécessité vitale. La vie de l’un est le prédateur des autres. Les thons auraient pu apprivoiser et élever les sardines puis les dévorer, la violence à leur égard eut été différente mais égale.
Elle n’est donc pas imprévisible, un hasard soudain, elle est une suite logique.
La violence en col blanc
La violence qui depuis un mois s’est invitée dans la rue n’est pas accidentelle, elle n’est pas le fruit d’une génération spontanée. Ceux qui le prétendent, élus ou profiteurs du système sont de sacrés menteurs.
Cette révolte violente fait suite à la violence des élus et de l’administration associée qui oppriment objectivement la population depuis les années 1970. Le motif fumeux de cette oppression serait le bonheur à venir pour tous. Un truc éculé promis aux sardines depuis des siècles.
Cette oppression de tous les jours a fini par avoir raison de la force de travail des acteurs économiques de notre société. Ils sont tout simplement en train de mourir.
Face à leur propre mort qu’ils voient arriver ils explosent, ils hurlent, ils cassent.
Rien n’y fait. Autistes, les thons de l’Etat continuent à dévorer les sardines aux écailles jaunes, en les accusant de résistance abusive.
Qu’est ce qui pourrait arrêter cette violence urbaine ?
Une augmentation de la violence du pouvoir qui occulterait la résistance spontanée des masses opprimées. Peut-être mais ce serait reculer pour mieux sauter, car la crise demeurerait.
Un écroulement du dit pouvoir ? Ce serait alors l’aventure, la colère réactive de ceux qui meurent n’étant pas structurée. Pas de pronostic possible.
Un pourrissement de la situation sans solution ? C’est probablement ce qui va arriver. C’est ce qui est arrivé aux sardines, depuis des millénaires….
Un fidèle internaute m’a interpellé en me parlant intensément du droit du peuple à décider selon sa convenance.
Cela m’a laissé dubitatif, puis inquiet, finalement m’a poussé au clavier pour en parler.
Ce sympathique internaute n’est pas isolé, d’autres que lui, probablement moins sincères, mettent aussi le peuple en avant.
Alors, qu’est-ce le peuple ?
Ce sont moi et cet internaute évidemment, mais ce sont aussi mes voisins, ceux que j’aime bien et ceux que j’aime moins. Ce sont les Gilets Jaunes, mais aussi les CRS. Les justiciables et les magistrats. Les petits gars de banlieue et les énarques. Ceux qui tapent la belote et ceux qui bridgent. Ceux qui mangent chez Lulu et ceux qui grignotent chez Lasserre. Les habitants de Saint Denis et ceux qui logent à l’Elysée. Le peuple, ce sont tous les français, pas loin de ce que l’on appelait avant l’Etat nation.
Au nom des droits de quels de ses membres le peuple pourrait-il prendre la parole ? La formulation des droits du peuple ne peut satisfaire qu’une partie de ce peuple, on le sent immédiatement. De quel droit cette partie envisagerait-elle d’imposer ses vues aux autres parties ?
Soyons lucides
Le peuple est une abstraction, il n’existe pas. Il n’est qu’une croyance. Disons qu’il est la croyance contemporaine occidentale, mise accidentellement en avant à l’occasion de la lutte des classes. Le peuple pour un grand nombre remplace Dieu, il est pour eux l’absolu de l’irrationnel.
Les croyances ont ceci de particulier qu’elles n’existent que par rapport à ce qu’elles excluent. Ce sont leurs hérétiques qui leur donnent de l’épaisseur, sans eux elles se dissolvent rapidement.
Les chrétiens ont dû leur naissance aux païens, puis aux différentes variantes qu’ils ont condamnées, chez nous les cathares ou les protestants. Les musulmans actuels doivent leur existence à la fureur qui les tient en haleine face aux infidèles.
Les récents champions connus et autoproclamés du peuple étaient les ennemis affirmés de la bourgeoisie autre abstraction, Mao à l’occasion de la révolution culturelle a massacré allègrement les chinois à partir de cet axiome.
Cessons de mettre le peuple en avant, cessons de croire qu’il serait naturellement le creuset de nos espoirs, l’arbitre de nos antinomies, qu’il pourrait exprimer une vérité par l’intermédiaire de ses représentants toujours autoproclamés, y compris par le vote.
Le pape nous a déjà fait le coup de la représentativité infaillible, Mélenchon et les autres ne proposent rien de plus.
Pensons aux hommes, aux individus qui composeraient le peuple s’il existait.
Ce sont eux qui comptent. Quand en 1914 le peuple est jeté dans les tranchées, ce n’est pas cette abstraction qui souffre, ce sont des individus de chair et d’os qui meurent horriblement décimés. Ce sont leur vie et leur avis qui comptent, pas celui émis par quelques dirigeants indélicats qui guerroient par vantardise ou cupidité.
Personne ne peut s’exprimer au nom du peuple qui n’existe pas sans imaginer au fond de lui un système qui favoriserait ses ambitions et détruirait tous ceux qui n’auraient pas les mêmes.
La croyance en le peuple est une tueuse, comme toutes les croyances elle exclut puis élimine.
La vie en groupe n’est possible qu’à partir du respect de chaque individu qui compose le groupe et plus largement du respect de tous les voisins composant les groupes voisins.
Cette vérité n’a pas d’exception, elle est à la fois simple à comprendre et difficile à mettre en œuvre. Elle impose l’acceptation de l’autre, mais aussi par contrecoup de soi-même, donc la responsabilité de ses propres actes et la tolérance pour ceux des autres.
Au départ, lorsque les Gilets Jaunes faisaient part de leur souffrance, de leur souhait d’être respectés, ils étaient admirables. Quelles que furent alors leurs façons de s’exprimer, y compris les plus extrêmes.
Mais qu’ils commencent à prétendre représenter le peuple et nous imposent alors je ne sais qu’elle folie, ils ne seront plus respectables.
Seuls les hommes sont à considérer, chaque homme, lui, les siens et ses biens, doivent pouvoir vivre en paix. C’est cela une société et non comme aujourd’hui des privilégiés qui exploitent une masse soumise, quand bien même la force inverserait-elle soumis et privilégiés rien alors ne changerait.
Le respect en priorité des individus s’appelle politiquement le libéralisme.
C’est la seule société possible. Convenons que le libéralisme est pour l’instant malheureusement utopique car uniquement basé sur la liberté à l’exclusion de tout emploi de la force sans besoin d’Etat et encore moins d’hommes de l’Etat, que cela n’existe nulle part à l’échelle d’un pays.
En revanche cela existe à l’échelle d’autres groupes associatifs ou économiques, c’est donc reproductible pour un pays. Seules les entraves des politiques l’interdisent.
Les hommes de l’Etat sont si passionnés par l’usage de la force que le libéralisme n’est pas pour demain.
Sans l’usage de la force, que feraient-ils de leurs flics qui aiment tant ça, de leurs magistrats qui adorent ça, de leurs militaires qui en sont friands, de leurs fonctionnaires dont la plupart n’auraient aucune raison d’exister s’ils n’avaient à imposer la force de l’Etat, etc…
Que les Gilets Jaunes défient la force de l’Etat pour conquérir la liberté : oui. Qu’ils s’abaissent à envisager d’utiliser la force de l’Etat pour leur propre compte : non. Ce serait le désespoir total.
Plus de la moitié de la France est en état de légitime défense. Cette population fait face à deux agressions mortelles.
La première est une atteinte directe aux biens. Un vol en bande organisée qui découle d’une pression fiscale légale insupportable, mais aussi un vol direct par surimposition factice à l’occasion de contrôles fiscaux hors droit, hors justice démocratique. L’ensemble générant ruine et malheur des forces vives du pays.
La deuxième aboutit à l’établissement d’une injustice artificielle généralisée, sous-produit d’un égalitarisme prétentieux, incapable évidemment de réduire les injustices naturelles qu’il affirme combattre. L’injustice des hommes chasse celle du hasard.
La seconde est injuste mais acceptable parce que la vie, la deuxième est révoltante et insupportable parce que la haine et la mort.
C’est un peu la différence qu’il y a entre un feu naturel et celui déclenché par un pyromane. On peut se garder du premier avec quelques précautions, on le subit s’il échappe, on ne peut rien contre le second qui révolte.
Cette moitié de la France agressée a aujourd’hui un nom : “Les Gilets Jaunes”.
Ces deux agressions ne touchent pas les mêmes personnes.
Je fais partie de ceux qui subissent la première, je me considère en état de légitime défense. Je connais parfaitement mon ennemi. Ceux qui sont dans mon cas sont comme moi.
La situation est plus complexe pour ceux qui subissent la deuxième agression. Il leur est plus difficile de visualiser leurs bourreaux. Ils peuvent croire que l’égalitarisme est mal organisé, qu’il pourrait être conçu pour eux plutôt que pour les autres. Ils sont des proies faciles pour les escrocs au bonheur.
Ils admettent difficilement que seule la liberté pourrait mettre fin aux injustices que les privilégiés leur font subir. Ils ne voient pas très bien la différence entre les privilégiés naturels et les usurpateurs, entre le malheur naturel et le malheur artificiel. Bien que l’un soit limité car la vie et l’autre illimité car du fait des hommes, pour eux le malheur est toujours le malheur. Comment ne pas les comprendre ?
Il n’en résulte pas moins que la moitié du pays est en état de légitime défense et a parfaitement le droit de juger et de combattre l’autre. Oui, mais…
Les fusils et la force sont du côté des agresseurs, qui se sont appropriés la loi, la justice, la police, les outils de communication, etc…
Le courage du “boxeur-manouche” est admirable. Même boxeur professionnel, faire face à un escadron de CRS et tenter une “sortie” n’est pas donné à tout le monde.
J’ai voulu abonder à la collecte pour le soutenir, il va en avoir bien besoin. Je suis arrivé trop tard, il n’a aucun droit à se défendre, nous n’avons aucun droit à l’aider, la légitime défense ne lui est pas accordée. Enfin… aujourd’hui.
Les politiques qui chantent trop fort leur indignation devraient se méfier de l’histoire qui risque de retenir Christophe Dettinger plutôt qu’eux.
Je voudrais dire ceci, solennellement.
Les envies de lutte et de destruction sont naturelles pour ceux qui sont piétinés, mais lorsqu’elles se traduisent en réalités nul ne sait jusqu’où elles iront, ni quand elles s’arrêteront.
Lorsqu’une société est ainsi partagée, à parts égales en ennemis inconciliables, il ne faut pas allumer la mèche, même si l’envie est forte, au bout c’est la guerre civile, c’est le Liban, la ruine et l’invasion pour conséquence.
Alors que, je vous l’affirme, l’ennemi va succomber seul, les égalitaristes au pouvoir ne peuvent que faire faillite, très rapidement.
Seule notre impatience et notre violence pourraient leur permette de donner le change et de garder le pouvoir par la force. Calme et maîtrise sont impératifs aujourd’hui. Ils sont la seule stratégie possible.
Du 19 Septembre 2013 à la fin de Septembre 2014, tous les deuxièmes Jeudi du mois, je suis allé me recueillir devant Bercy, seul ou presque.
Je n’allais ni manifester ni contester, j’avais alors déjà largement dépassé l’état de révolte, j’étais anéanti. Je le suis toujours.
Ce recueillement me paraissait essentiel, j’allais faire le deuil de mes économies, du fruit de 40 ans de travail honnête et intense.
J’allais me souvenir des risques que j’avais pris toute ma vie, de la passion que j’avais mis à créer mes entreprises, de mes engagements citoyens auprès d’associations, de ce que globalement j’avais essayé d’être pour moi et pour les autres sur cette terre.
Mon chagrin lié à mon infortune était directement issu des activités immorales de Bercy, c’est là et nulle part ailleurs que j’avais vu disparaître mes biens péniblement acquis.
Je trouvais légitime de venir me recueillir sur les lieux du drame, comme on le fait pour une bataille perdue ou face à la disparition d’un être cher.
Loin de moi était l’idée de manifester mon indignation dans la rue, non je ne voulais que me recueillir, un droit légitime et sacré de mémoire, de prière évidemment athée.
Je n’imaginais pas une foule elle aussi ruinée par Bercy se recueillant avec moi, arborant de très discrets signes où l’on aurait pu lire “Je suis Dumas” signifiant que le mal était généralisé, d’ailleurs ce ne fut pas le cas.
Cependant je fus déçu de ne pas partager mon silence, mes pensées.
J’étais alors arrivé à la conclusion que notre pays ne pourrait pas se rétablir économiquement tant que le contrôle fiscal resterait une zone de non droit.
Tout comme la liberté ne pouvait pas jaillir de la révolution tant que les lettres de cachet séviraient.
La délinquance y compris fiscale doit être traquée, mais il y a des formes à respecter sans lesquelles la traque des délinquants se transforme rapidement en totalitarisme aveugle et non maîtrisable, en terreur.
Les règles à observer sont simples, l’enquêteur ne peut pas émettre la sanction, celle-ci passe par un juge libre lors d’une audience publique, jusqu’à cette audience l’accusé est considéré comme innocent, à cette audience il doit pouvoir se défendre loyalement.
Ce n’est pas du tout comme cela que fonctionnent les contrôles fiscaux, d’où la terreur fiscale que connait notre pays et que chacun de nous est obligé de supporter.
Terreur qui ne permet pas d’apprécier le poids de l’impôt pour ceux qui le décident par manque de retour des terrorisés, qui la ferment tétanisés par la peur.
En Septembre 2014, lorsque j’ai arrêté de me recueillir à Bercy, j’ai conclu que j’étais sans doute le seul à avoir été ruiné par Bercy, à ne plus pouvoir payer mes charges, à avoir été projeté dans la misère injustement, à ne rien comprendre à cette société déboussolée où la crapulerie est récompensée, où la rigueur et la générosité sont ridiculisées.
Depuis je suppose que la machine Bercy a fonctionné à pleins tuyaux, qu’elle s’apprête à fonctionner encore plus fort, que le massacre est et va être terrible, si j’en juge par le bazar que je vois.
Cette idée me catastrophe, m’émeut car j’en connais les conséquences, me donne de nouveau envie de me recueillir face à toute cette horreur.
J’ai donc décidé de reprendre mes séances de prière devant Bercy :
TOUS LES QUATRIÈMES JEUDI DU MOIS, LE 24 EN JANVIER, DE 15H à 16H
Il ne s’agit pas d’une manifestation, mais vous pouvez venir prier avec moi en pensant au passé et en réfléchissant à l’avenir.
Bien à vous. H. Dumas
Partager la publication "Le temps du recueillement est revenu"
Mélenchon admire M. Eric Drouet, qu’il compare à son homonyme de la révolution, lequel se prénommait Jean Baptiste. Ce dernier fut d’abord l’opportuniste délateur grassement payé de Louis XVI à Varennes, puis un Montagnard extrémiste. Donc un délateur partisan moral de la terreur, de la partie sombre de la révolution, de son échec pratique et humain absolu.
Je serais M. Eric Drouet, que je ne connais pas, cette comparaison ne me flatterait pas.
De la révolution je préfère personnellement honorer ses penseurs, les Voltaire, Condorcet et autres, qui réfléchirent à l’organisation d’un monde de liberté individuelle, de respect de la propriété, de limite des pouvoirs des hommes de l’Etat, de justice équitable, qui générèrent la constitution américaine, qui succombèrent en grand nombre en France sous la pression d’une partie — discutable — du peuple de la rue — avide et inculte représentée par les Montagnards — qui n’a pas hésité à les tuer en nombre par décapitation lors de la terreur, reculant d’un siècle les bienfaits de leur pensée.
Le Montagnard insincère Mélenchon, dont je reconnais la vivacité d’esprit et l’opportunisme ravageur, n’est pas ma tasse de thé.
Les Gilets Jaunes sont-ils porteurs de la terreur, comme semble le souhaiter Mélenchon ? Comme font mine de le redouter les néfastes “élus-administrations” associés taxateurs au pouvoir, plus communément appelés “Bercy”.
J’espère que non. A vrai dire je n’en sais rien.
J’ai mon gilet jaune sur mon tableau de bord par sympathie. Je ne me suis jamais arrêté à un rond-point pour discuter. J’aurais dû ? Sans doute.
Le hasard a pourtant fait que les premiers samedis de contestation j’ai traversé chaque fois la France pour les besoins de mon travail. Je n’ai pas échappé aux blocages et déviations diverses. Je n’ai vu que bonhomie et détermination pacifique. J’ai pu me tromper, m’abuser. J’espère que non.
Aujourd’hui, en ce début d’année, j’ai un peu plus de temps, je pourrais me rendre sur un rond-point et tenter de mieux comprendre. Je ne le ferai pas, j’ai peur d’être déçu.
Pour moi les Gilets Jaunes sont l’expression d’une gigantesque souffrance fiscale que je connais bien et partage, mais ils sont aussi un immense espoir. Je tiens à ce qu’ils restent cela dans ma tête.
Je veux croire qu’ils sont tous membres de la France qui produit. Salariés du privé, professions libérales, artisans, je les imagine comme moi au bout du rouleau, ne pouvant plus payer charges et impôts, ne pouvant plus tirer la charrette France trop pleine de poids morts économiques, fonctionnaires ou inactifs indifférents à leur épuisement.
Je les sais tous taxés à 90% de leur apport à la richesse du pays, y compris pour les plus modestes par le jeu de la TVA et des charges sociales dont ils ne profitent pas, au profit d’une masse grossissant sans cesse qui n’apporte rien à cette richesse et ne fait qu’en profiter à leur place.
Je les imagine acculés par Bercy, poursuivis par leurs créanciers qui agissent sans vergogne pour le compte des passifs.
Je les sens terriblement déçus de s’être engagés, d’avoir pris des risques et de se voir dépossédés, humiliés par les profiteurs de tout poil, les planqués du système.
Je pardonne leur violence, comment rester calme face à tant d’injustices à une telle inversion des valeurs, de la réalité.
Si l’on en croit M. Mélenchon la situation ne serait pas conforme à ma vision.
Les Gilets Jaunes seraient pour lui juste des partisans de plus d’Etat, de plus d’impôts, de plus d’avantages, de plus de sécurité, de moins d’économie, de décapitation du capital mérite et de sa redistribution par cooptation, en réalité au choix des fascistes ou des communistes si l’on veut se référer à des termes anciens pour les qualifier.
J’espère que ce n’est pas moi mais bien Mélenchon qui est dans l’erreur, faute de quoi nos malheurs ne vont pas vers un mieux mais vers un bien pire. Les guillotines ne sont alors pas loin. Pauvre France.
Son peuple pourrait-il, après 1789, être une nouvelle fois abusé. Aujourd’hui par de “Mélenchoniques” intrigants, qui lui feraient miroiter que le risque, l’engagement personnel, la propriété privée, la liberté individuelle, la responsabilité, le mérite, la récompense ou la sanction, la vie en quelque sorte, pourraient se résumer en la soumission de chacun à un Etat qui, comme par hasard, serait organisé par et au profit de Mélenchon et de ses amis en lieu et place de Bercy et des siens.
Soyons sûr qu’alors la France perdrait une nouvelle fois un siècle. Elle repasserait par la terreur qui n’est que la guerre civile, puis par la dictature, pour revenir peut-être à une démocratie moderne cent ans après les autres démocraties mondiales.
C’est Bercy qu’il faut détruire et non le mur de Berlin qu’il faut reconstruire, M. Mélenchon, ne trompez pas les Gilets Jaunes ils ne le méritent pas.
H. Dumas
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Lorsque Louis XVI tente des alliances avec l’aristocratie européenne pour maintenir la royauté, il ne complote pas. Il croit en la royauté, en cela il ne fait qu’adhérer à un régime millénaire qui lui parait évident, il se rapproche naturellement de ceux qui croient aussi à ce système. Il ne comprend pas les motifs de ceux qui souhaitent le modifier. Il ne perçoit pas les souffrances que ce régime génère.
Il y laissera la vie, accusé de complot. Sa mort est sans doute abusive. Celle du système social qu’il représentait parfaitement naturelle, il ne pouvait que disparaître. Mais pas plus ici que plus tard ailleurs il n’est question de complot.
En ce qui me concerne, je pense que le complot, réunion de personnes structurées dans le seul but d’accéder à un pouvoir ou de le préserver, n’existe pas, jamais.
Je ne suis pas le seul à croire cela. Le pouvoir étant la résultante de conditions si multiples, impliquant ceux qui le veulent et ceux qui le subissent, que nul ne peut maîtriser dans une action comploteuse tous les paramètres du pouvoir, même par la force.
En revanche, les regroupements d’intérêts matériels ou moraux, programmés ou non, amenant à des groupes d’action visibles ou occultes, connectés ou non entre eux, sont la règle, la contrepartie de la nécessité pour l’homme de l’action de meute sans laquelle il est dépourvu face à son environnement.
Cette façon de voir les choses concernant la vie en société m’a amené à adhérer – je m’en suis déjà ouvert – aux théories de Yuval Noah Harary développées dans son ouvrage “Sapiens”.
A savoir, la croyance est le ciment qui permet aux hommes de se regrouper en masse malgré leur peu d’uniformité, leurs individualités si différentes. La croyance est la base de toute société. Ce ne sont donc ni la force ni le complot qui nous unissent, ce ne peut être que la croyance.
C’est là que tout se complique, car si la croyance est notre ciment, elle peut aussi être notre tombeau intellectuel, moral et pratique.
Deux exemples.
Les religions. Elles sont une de ces croyances intellectuelles fédératrices permettant le regroupement. La plupart sont exclusives, ne se partagent pas. Ainsi la France est en échec face à la religion musulmane. Était-il raisonnable d’imaginer à la fois le développement d’un culte aussi exclusif et son intégration ? Bien sur que non. Sauf à proposer une croyance à valorisation supérieure, nous y reviendrons.
L’égalitarisme. Il s’agit ici d’une croyance matérielle dont l’inaccessibilité est évidente. Il suffit d’en regarder objectivement le déroulement dans le temps. Comment expliquer à un jeune enfant scolarisé qu’il faut qu’il travaille pendant qu’une bonne moitié de sa classe non seulement ne fout rien, mais le nargue. Puis que, s’il travaille bien, plus tard il gagnera de l’argent qu’on lui prendra pour donner à ses condisciples actuels qui ne foutront toujours rien tout en continuant à le narguer. Difficile…
Le ciment sociétal “croyance” a tendance naturellement avec le temps à la fissure, voire à l’effondrement.
C’est à ce moment qu’il se défend en criant au complot.
Et là c’est grave, très grave. C’est cette réaction qui a entraîné la terreur et son cortège d’horreurs lors de la révolution, dont le symbole historique est Fouché, ses délations et ses fichages. C’est la même réaction qui a généré le stalinisme, la Stasi, toutes ses joyeusetés de l’égalitarisme communiste.
Le principe est toujours le même, d’abord un cri : “Mort aux comploteurs qui mettent en danger notre belle société”. Alors qu’en règle générale c’est seulement la croyance de base initiale qui bat de l’aile, qui ne remplit plus son office de ciment social.
Lorsqu’une société arrive à ce point de sa décomposition, la fin n’est pas loin.
Les symptômes finals sont : l’affirmation d’un dogme, l’introduction de la délation massive pour motif de déviance, le fichage généralisé des individus, les sanctions aveugles contre les contestataires, le repli.
C’est exactement à ce point qu’en est la France. Voir Bercy.
Ses trois croyances basiques sont en échec, sa chrétienté, sa laïcité, son égalitarisme, d’autres tentent de prendre la place sans succès, l’écologie, la religion musulmane, le consumérisme.
En réalité il s’agit d’une situation de grand danger, propice à l’effondrement par manque de croyance fédératrice raisonnablement acceptable.
Et pourtant, il est une croyance supérieure qui permettrait à la France de terrasser ses démons actuels, de permettre à toutes les croyances de se maintenir dans le cadre de l’épanouissement de cette croyance supérieure.
Je veux parler de la croyance en soi que chaque homme peut développer sans nuire aux croyances collectives.
C’est ce ciment qui, jusqu’à aujourd’hui, a permis aux Etats-Unis d’Amérique d’absorber les différentes croyances en plaçant au-dessus de tout l’individu, la croyance en sa plénitude, sa force, son destin. Ce ciment social s’appelle le libéralisme.
La sortie pour la France sera libérale ou ne sera pas.
Bonne année. Bien à vous. H. Dumas
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L’organisation de la France est obsolète. Ce pays jadis grande puissance glisse doucement vers un statut plus modeste. Faut-il s’y faire ou peut-on influer sur l’avenir qui se dessine ?
Dans une compétition mondiale se reprendre en main ne suffit pas, les autres compétiteurs ont leur mot à dire.
Face à cette problématique il est plusieurs discours qui permettent d’éviter l’obstacle. Par exemple se doter d’une croyance qui indiffère les autres et accuser cette indifférence de trahison pour se donner le beau rôle et dissimuler son échec. Ou encore ramener l’organisation collective à un moyen exclusif de satisfactions personnelles, ce qui faute d’un résultat impossible génère un bazar qui noie les problèmes.
En fait les limites d’une réorganisation sont culturelles. Chacun vit les règles qu’il accepte ou qu’il souhaiterait en fonction de ses pulsions personnelles intégralement dictées par ce qu’il est ou pense être.
Il apparaît clairement que modifier les règles d’un groupe social est mission impossible sans rupture, que la rupture est un choc culturel si intense qu’elle débouche invariablement sur la violence.
Nous en sommes là.
Quand soudain : les Gilets Jaunes — aujourd’hui en voie de disparition, hélas –.
En lisant à droite ou à gauche – c’est le cas de le dire – les réflexions que cette explosion suscite je reste dubitatif. Disons qu’il y a ceux qui sont pour et ceux qui sont contre, rien de plus normal. Ce qui l’est moins c’est que les deux dissertent des propositions de changement portées par les Gilets Jaunes.
Je trouve cela complètement absurde.
De la France malade les Gilets Jaunes ne sont pas le médicament, ils ne sont que l’apparition du symptôme, rien de plus. C’est d’ailleurs en cela qu’ils sont remarquables.
Peut-être aurait-on pu établir un vaccin à partir de leur souche initiale, mais il aurait fallu des responsables politiques très réactifs et initiés, nous n’en avons pas. Aujourd’hui le symptôme est devenu une maladie envahissante qui ne peut plus être isolée pour établir un vaccin, face à elle la chimio sera éprouvante et le résultat incertain.
Dans tous les cas, les Gilets Jaunes ne peuvent d’aucune façon être porteurs de solutions, accordons-leur le mérite d’avoir mis en relief la maladie, c’est déjà énorme. Ce fut pour certains un sacrifice lourd et cela va le rester, ils sont fichés.
Que pouvons nous attendre de nos structures politiques et des français qui pourrait être porteur d’un changement structurel sociétal pouvant redonner à la France un rang mondial satisfaisant ? Rien.
Notre régime politique, très particulier, n’est ni démocratique ni à but collectif. Il s’agit d’une organisation gérée par un parti unique le P.I.L.B.S.
Ce parti unique se dissimule sous différentes appellations qui ne sont que les marques communicantes de la même lessive.
“Par Ici La Bonne Soupe” est le parti universel et unique de tous responsables politiques, des adhérents à leurs partis, des votants non encartés, de la grande majorité des français.
Je suis désolé d’être obligé de dire clairement et simplement : l’organisation structurelle d’une société ne peut pas être basée sur une telle philosophie, tout au plus peut-elle pour certains être une ligne de vie personnelle, rien de plus.
L’organisation politique d’un pays n’a pas à “prendre en charge” qui que ce soit ou quoique ce soit dépendant de la sphère personnelle. Ce principe n’exclut pas la compassion et la charité, mais ce ne sont pas des émotions organisationnelles acceptables. Surtout lorsqu’elles se développent au détriment des besoins réels du groupe.
Ce glissement du service du groupe vers le service d’intérêts particuliers est la maladie de notre pays. C’est cette particularité qui remplace l’injustice de la vie par l’injustice des hommes, tellement plus terrible.
C’est ainsi qu’au lieu de décider objectivement et d’assumer les besoins du groupe, le parti unique se transforme en récolteur des doléances personnelles, qu’il se propose de régler à la place de chacun. Nous ne vivons plus sur un lopin de terre partie de l’univers, mais dans un halo de mensonge qui trouble notre vue au point que nous passons à côté de notre vie de microbes de l’univers et que nous nous entre-tuons pour rien.
Revenir à une organisation structurelle garantissant notre liberté, notre propriété, nous laissant libres et responsables par rapport à notre vie ne me parait pas possible, hélas.
Et pourtant il n’est pas d’autre solution.
Bien à vous.
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Patrick Smets est un authentique libertarien, il se définit même comme Anarcho-Capitaliste.
La surprise passée son discours est attachant, très humain, et si libre…
Décidément les Weekends de la Liberté à Dax, organisés tous les ans fin Septembre par notre ami Patrick de Casanove, Président du Cercle Frédéric Bastiat, sont une manifestation incontournable pour l’esprit et la chaleur humaine.
Bien à vous. H. Dumas
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Je ne connais pas M. Trump, évidemment. J’ignore si l’Amérique est le gendarme du monde ou son fossoyeur. Mes compétences ne me permettent de juger ni Trump, ni sa politique, ni les américains, ni leur place dans le monde.
En revanche je constate que les américains ont inventé internet et les outils qui vont avec, que sur ce point ils ont encore une avance certaine sur le reste du monde qui pourtant ne se prive pas de tenter de les copier.
Je constate aussi qu’en ce qui concerne la communication générale — donc aussi la communication politique — la révolution d’internet est considérable.
Par l’invention de l’imprimerie, l’information s’est diffusée. Mais encore fallait-il aller vers elle.
Aujourd’hui l’information se faufile, même vers ceux qui ne le souhaitent pas. Personnellement j’ai supprimé la télévision chez moi il y a trente ans. Je ne suis pas capable aujourd’hui de supprimer internet de ma vie, tant les réseaux sont entremêlés. Je ne peux pas me passer de mon téléphone et de mon courrier électronique, donc je suis sous la contrainte de tout ce qui est véhiculé par eux.
Alors que j’avais, sans dégâts collatéraux, jeté ma télévision en 1988, je ne peux pas aujourd’hui jeter mon téléphone.
Me voilà donc informé de tout, à toute heure, en live.
Il ne s’agit pas d’une nouveauté, mais d’une révolution telle que personne n’en a jamais connue.
C’est-à-dire que les réseaux traditionnels de l’information sont court-circuités, la déflagration est dévastatrice. Rien ne sera plus jamais comme avant.
Deux comparses sont pris de court
Ces dernières décennies nous avons assisté à un mariage incestueux, qui nous a coûté fort cher moralement et matériellement, celui des élus et de l’administration.
Les premiers sont censés nous représenter et les seconds nous servir.
Pour des motifs confus et cumulés, auxquels la cupidité n’est pas étrangère, élus et administration ont poussé le secret d’Etat et la propagande à leur plus haut niveau. Ainsi, organisant notre vie dans le secret de leurs cabinets, ils nous servaient sur tous les sujets de notre vie collective un package à gober d’un seul coup, sans possibilité de le détailler.
Oui, mais voilà, un olibrius – parait-il – a conquis le pouvoir aux Etats-Unis, sans passer par l’alliance sacré politico-administrative. En s’adressant directement, à travers son téléphone, à M. Toutlemonde.
Et une fois élu, il continue. Son téléphone d’abord — donc tout le monde — son administration après.
Il est haï du système. Cela ne veut pas dire qu’il ait raison, mais cela veut dire que le système n’était pas – comme il se croyait – seul au monde.
Une autre solution existe donc, hors celle de l’alliance incestueuse élus-administration.
C’est ce que découvre la France avec les Gilets Jaunes.
Ils sont le court-circuit qui a fait sauter la juteuse combine de l’association contre nature de nos élus avec notre administration.
Qu’importe qui ils sont, ce qu’ils ont à dire, ce qu’ils deviendront. Leur mission est accomplie. Le pouvoir ne sera plus jamais ce qu’il était devenu.
L’administration, nos fonctionnaires, ne sont plus les maîtres qu’ils ont cru être dans le secret des ministères, ils redeviennent ce qu’ils auraient toujours dû être, ce pourquoi nous les payons, les employés de nos besoins collectifs que nous souhaitons discrets, à leur place, loyaux et serviables.
Que les élus qui souhaitent demain nos suffrages préparent leurs téléphones et apprennent à communiquer directement avec nous tous. C’est leur avenir.
Que nos administratifs oublient le pouvoir politique, ils s’y sont brulés les ailes, y ont laissé pour longtemps leur réputation d’intégrité et de service. Leur intérêt et le nôtre sont qu’ils reprennent leur place de serviteur de l’Etat – de nous –, qu’ils n’auraient jamais dû quitter.
Que tout cela ait été mis sur la table principalement sur des ronds-points est hautement symbolique.
La France depuis toujours est un vaste rond-point traversé sans cesse par ses voisins vacants à leurs occupations. Au centre de l’Europe de l’Ouest, sa vie est faite de passages pacifiques ou guerriers constants.
Ainsi, participer la première en Europe, à cette révolution politique qui nous arrive des Etats-Unis, de façon populaire et sur des ronds-points est un symbole fort pour la France
Merci aux Gilets Jaunes, y compris à ceux qui n’ont peut-être pas compris l’incroyable force de leur démarche. Merci à eux pour leur engagement et leur courage. Honte à ceux qui tentent de les humilier, de les rabaisser.
Bien à vous. H. Dumas
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