Tous les articles par Claude Reichman

Ce faible bruit est celui de la vie !

Ce faible bruit est celui de la vie !

Le remboursement de la galette des rois sans gluten a défrayé la chronique en France. Que ne va-t-on pas rembourser ? se sont exclamés les honnêtes gens, épris de bonne gestion. Certains ont voulu y voir une fausse nouvelle, une fake news, comme le disent maintenant les gens qui parlent en langues. Non, pas du tout. L’allergie au gluten est un mal médicalement bien répertorié et qui doit être traité dans le cadre d’une protection sociale bien comprise. Il y a même une association des intolérants au gluten, comme il  y a des associations de tout dans notre pays.

On s’aperçoit à chaque occasion que l’étatisme qui sévit en France et qui consiste à ramener tout problème à son traitement par l’Etat est devenu un mal incurable. Il y a bien ici ou là des citoyens indisciplinés qui veulent résoudre eux-mêmes les problèmes de la vie, mais leur nombre est toujours resté infinitésimal, et ils finissent leur vie dans l’amertume, qui se traduit par un perpétuel grognement. Vivre heureux dans un monde où l’on n’a aucune chance de l’être vraiment est un défi qui ramène l’humanité au temps de l’esclavage ou, si l’on préfère des références plus récentes, au communisme soviétique. On parlera sans doute un jour de l’esclavage social, ou peut être du « vrai mal français », comme j’ai intitulé mon livre sur la Sécurité sociale, paru en 1995, et qui avait donné lieu à une attaque du dénommé Thomas Legrand – déjà – parce qu’il l’avait repéré dans une bibliothèque municipale où il n’avait, d’après lui, aucune raison de figurer. A l’époque, Pascal Praud s’occupait de football et Legrand put continuer de vivre en paix.

Si réformer la France est impossible par les voies naturelles – comme on dit en chirurgie – il ne reste plus que les circonstances exceptionnelles, pour lesquelles on a l’embarras du choix, à la condition qu’elles bouleversent suffisamment le paysage pour que plus personne ne s’y reconnaisse et que la révolution puisse en profiter pour s’imposer. On se demande encore comment la révolution de 1789 a pu avoir lieu alors qu’un peu d’habileté du roi aurait suffi à la ramener à l’état de jacquerie. Mais le moment était venu où les choses devaient changer, comme on dit quand on ne sait pas pourquoi elles ont pris ce chemin.

La principale cause de l’immobilisme français réside dans la distribution générale de subsides. Personne ne veut en être privé et chacun rentre sagement chez soi après avoir manifesté. Cela signifie que la démocratie n’est plus en France qu’un vain mot. Non que la mollesse citoyenne y soit contraire, mais parce qu’elle n’est acceptable que pour des circonstances mineures. Tel n’est pas le cas aujourd’hui en France où le pays croule sous les dettes et ne vit plus que d’emprunts. Le Figaro a ainsi pu fêter en grande pompe ses deux cents ans en présence de tout ce que le pays compte de personnalités importantes, sans que personne ne s’avise de l’incongruité d’une telle réjouissance dans un pays si mal en point.

L’inconscience des gouvernants français va jusqu’à prendre des mesures qui heurtent le plus élémentaire bon sens. C’est ainsi qu’ils ont décidé de baisser le taux du livret d’épargne, alors même que celui rapporte « des clopinettes ». La raison profonde de cette décision est qu’il faut favoriser le financement de l’immobilier social puisqu’on manque de logements. Mais il se trouve qu’on manque aussi de naissances. Or le livret d’épargne, à conditions qu’on lui permette de rapporter suffisamment, est un excellent moyen de donner confiance aux jeunes générations et de les encourager ainsi à avoir des enfants. Pourquoi le sanctionner ? C’est idiot, mais on le fait quand même en croyant bien faire parce que cela va profiter à d’autres objectifs.

L’incapacité à faire de bons choix est la caractéristique de la gouvernance française. On a l’impression que l’appétence pour les mauvais choix est une forme de conduite suicidaire. En fait, il s’agit simplement du privilège donné à ce qu’on croit être l’opinion publique et qui n’est que l’illusion politique. La démagogie règne dans l’opinion, car plus personne ne se risque à affronter la voix de la foule. On est vraiment revenu au conte d’Andersen « Les habits neufs de l’Empereur », où seul un enfant s’aperçoit que « l’Empereur n’a pas d’habit du tout » et qu’il est bien nu comme un ver. En fait, ce n’est pas tant le peuple qui s’illusionne que les médias qui ne lui donnent jamais la parole. Et quand ils s’avisent de le faire, on est toujours déçu car ils ont été incapables de choisir, au sein du peuple, les bons interlocuteurs.

La véritable raison du désastre médiatique est l’absence de penseurs d’envergure en France. On a l’impression que les intellectuels, chez nous ont désappris à réfléchir. Quand les médias en repèrent un qui tient à peu près la route, ils l’usent jusqu’à la corde, si bien qu’il finit par bredouiller à force de se répéter. Quant aux réseaux sociaux, ils font trop souvent figure de rattrapage, où les recalés des grands médias viennent tenter de prendre figure et trop souvent ne font que pitié. Tout cela n’aura peut-être qu’un temps. Peut-être retrouvera-t-on la vigueur de l’esprit français. Qui doit bien fleurir quelque part s’il existe encore un penser vrai. Continuons notre quête avec énergie. Le faible bruit qu’on entend est tout simplement celui de la vie.

Claude Reichman

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En matière de liberté, la France a encore fort à faire !

En matière de liberté, la France a encore fort à faire !

Les sociétés humaines ne sont nullement des sociétés de liberté. L’homme est captif de toutes sortes d’organisations, et surtout de ses croyances immémoriales. Les religions qui se partagent l’humanité sont toutes anciennes. Malgré les progrès de l’incrédulité, elles continuent de régner sur la façon de vivre des pays où elles se sont implantées de longue date. L’Europe est le continent où la religion a la plus reculé. Cette affirmation a toutes les apparences de la vérité, à ceci près qu’elle est fausse. L’Europe est certes moins chrétienne qu’elle l’a été, mais elle est tombée sous la coupe d’une autre croyance, la religion administrative. Partout en Europe, des administrations se sont créées et règnent sur toutes les sociétés.

Une société de liberté peut se caractériser par le revenu disponible de ses membres. La société communiste ne laissait rien à ses malheureux sujets, sauf un lopin individuel qui permettait au paysan de ne pas mourir de faim. Un bon truc que les sociétés libérales se sont empressées d’imiter, puisque leurs prélèvements obligatoires atteignent généralement 85 % à 90 % du revenu de chacun. Le principal   de ce qui est prélevé va à l’Etat, mais même dans les pays où l’Etat n’est pas trop gourmand, toutes sortes d’organisations font en sorte d’imposer à chacun des prélèvements qu’il est censé avoir choisis et qu’il maintient de lui-même en s’y abonnant. Il y a un demi-siècle, il s’agissait de publications diverses, aujourd’hui ce sont plutôt des distractions ou des jeux, ce qui explique les combats de titans que se livrent les plates-formes pour régner sur ce secteur.

Donc la formule de Jean-Jacques Rousseau est restée vraie, qui disait que « l’homme est né libre et partout il est dans les fers ». Rousseau se trompait toutefois sur la liberté du nouveau-né, qui n’existe pas puisque ses parents ont le devoir de l’éduquer et qu’eux-mêmes ne peuvent faire autrement qu’obéir à son égard à leurs croyances, même si leur bienveillance envers leurs enfants les pousse souvent à tenter d’améliorer leurs méthodes. La vie humaine n’est qu’un long cheminement au milieu des contraintes. Arrivé à l’âge adulte, l’homme n’en a pas fini avec les obligations de toute sorte, si bien que pour lui la liberté est un mot vide de sens. Et on voit même d’immenses attroupements de former spontanément, comme si la vie en foule était le plaisir suprême d’homo sapiens.

Depuis la révolution française, le mot de liberté rassemble partout les hommes, même si celle-ci ne reste le plus souvent qu’un désir ou une ambition. Le cas le plus frappant est celui de la République française qui a pris pour devise « liberté, égalité, fraternité ». On n’en attendait pas moins du pays qui a vu fleurir et qui a mis en œuvre l’idéal républicain. La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen a traduit en règles cette devise et figure en tête de la Constitution française. Or le Conseil constitutionnel n’a qu’un souci en tête, ruser avec la Déclaration et lui faire dire ce qu’elle ne dit pas. Pourquoi ? Parce que cette Déclaration le gêne face à des décisions politiques qui la nient. C’est la meilleure preuve de l’extrême difficulté d’une société humaine à appliquer des principes qui ne lui sont pas naturels. Certes, les hommes aiment la liberté, et beaucoup sont prêts à mourir pour elle, mais l’organisation des hommes sur la base de la liberté se heurte à d’intenses difficultés de gouvernance. Et la liberté de chacun contredit sans cesse la liberté des autres.

Les penseurs libéraux ont très bien identifié les racines du mal qui ronge nos sociétés. Ils les situent dans les prélèvements obligatoires d’Etat. Hayek a écrit avec force que le nazisme n’avait pu s’emparer de l’Allemagne que parce que les prélèvements y avaient atteint 48 %. Les nazis n’eurent alors qu’à prendre l’Etat pour s’emparer de la société. N’oublions pas que nazi signifie « national socialiste » et que ceux qui, dans nos sociétés, se disent encore « socialistes » devraient avoir honte de cette appellation et l’abandonner définitivement. Mais on ne peut négliger le fait que partout des groupes associatifs ou commerciaux vous soumettent à un tir nourri et constant de sollicitations, qui sont certes de droit dans une société libre, mais qui ne doivent en aucun cas attenter à la liberté de chacun. Rompre un tel engagement doit être aussi simple qu’un clic internet.

On ne peut se dissimuler le fait que la liberté, si précieuse à l’homme, est très difficile à atteindre. C’est pourquoi une société qui, comme la France, l’a mise au fronton de ses bâtiments officiels, doit déployer tous ses efforts pour la mettre en œuvre et la faire respecter. Nous en sommes très loin. Le tempérament impérieux de Macron nous en a encore plus éloignés. Son successeur aura à rétablir la situation. En attendant, chacun d’entre nous peut, là où il se trouve, être un ardent militant de cette liberté qui, sinon, ne serait plus qu’un mot à la langue coupée.

Claude Reichman

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Jusqu’où ira la folie humaine ?

Jusqu’où ira la folie humaine ?

Zohran Mamdani a donc pris ses fonctions en ce premier janvier. La plus grande ville juive du monde, New-York, s’est donc donné un maire islamiste, d’origine indienne. Un tiers des électeurs juifs ont voté pour lui. Pendant ce temps, une importante partie des citoyens israéliens n’a qu’une ambition : envoyer en prison Benyamin Netanyahou. Ils reprochent à leur premier ministre d’avoir reçu quelques menus cadeaux dont il n’avait nul besoin et négligent le fait qu’il figure désormais au rang des plus grands vainqueurs de l’histoire pour avoir abattu en quelques mois le Hamas, le Hezbollah, le régime syrien de Assad et l’arme atomique de l’Iran, c’est-à-dire les ennemis mortels de son pays. Dans un autre registre, on a coutume en France de louer l’organisation cantonale suisse, modèle de démocratie et de bonne gestion. Le drame de Crans-Montana est venu démentir tragiquement ce jugement. Les autorités cantonales ont laissé plusieurs centaines de jeunes gens s’entasser dans un bar sans protection contre l’incendie, pire recouvert de matériau inflammables, et périr dans les flammes un soir de fête. Jusqu’où ira la folie humaine ?

Plus bucolique mais pas plus intelligente est la mesure décidée par l’Europe d’obliger les pêcheurs à la ligne amateurs de déclarer certaines de leurs prises. L’objectif est évidemment de protéger les espèces. Félicitons-nous que celui-ci n’ait pas été de protéger l’espèce humaine, car les massacres auraient pu commencer pour éliminer toute personne nuisible. Dans le même temps la Lune, Mars et Mercure sont les objectifs de l’humanité dans les prochains mois, tandis qu’on n’a toujours pas installé au Panthéon le génial Pierre Dac pour son immortelle pensée ainsi énoncée : « A la grave question qui est l’homme, d’où vient-il, où va-t-il, je réponds je suis moi, je viens de chez moi et j’y retourne. »  Pierre Dac fut un grand résistant, la voix de la France à Radio Londres. Que serait-il aujourd’hui ? Un universitaire woke ? Sûrement pas. Mais assurément un citoyen indigné !

Partout sur la planète, des foules s’amassent. Les trains du Bengale sont pleins jusqu’aux toits des wagons depuis longtemps, et la Fontaine de Trevi ne sait plus où mettre ses pèlerins qui croient aux vertus des pièces de monnaie jetées dans son eau, tandis que sur le Bund à Shanghai la masse humaine ne rêve même plus à un coin tranquille. Il y a huit milliards d’êtres humains sur terre, en route pour dépasser en nombre les insectes et peu soucieux de définir ce qu’est l’espèce humaine. Sauf par le fait qu’elle aime se grouper en foule compacte, sans autre but que d’être nombreux.

L’homme est issu dune lignée de grands singes vieille de vingt millions d’années et dont se sont séparés progressivement les Orang-Outans, puis les Gorilles, avant que nous ne suivions notre propre route et que les Bonobos et les Chimpanzés, un peu plus tard,  ne fissent de même. Cela ne garantit nullement notre avenir, car tout peut arriver à une espèce devenue apte à  faire sauter la planète, tout en étant incapable d’instaurer une paix durable entre les hommes, malgré les instances du Pape. A ce propos, Léon XIV, que ses deux frères américains appellent Robbie, a un visage très avenant. Cela suffira-t-il ?

La raison est née en l’homme il y a vingt-six siècles, à Milet, en Ionie, grâce aux vertus de quelques philosophes, qui ne se songeaient qu’à réfléchir. Disons tout de suite que leur chance fut de n’avoir pas de chaînes d’infos à leurs trousses, car ils n’eussent certainement pas abouti à grand chose. Depuis, l’homme n’a guère progressé en termes de raison, même s’il a su faire exploser – dans tous les sens du terme – la science. La France n’est pas si mal placée pour faire avancer la raison. Elle a su donner naissance à quelques grands penseurs à qui nous devons de mieux comprendre le monde. Malheureusement, la source s’est tarie, sans doute en raison de l’incessante avancée de l’Etat, qui stérilise tout ce qu’il touche. Faire reculer l’Etat, tout en le vouant à sa mission régalienne, est donc une mission d’intérêt public. Nous sommes peu nombreux à le penser. J’ai lu dans le Figaro – le Figaro ! – sous la plume d’un philosophe invité (par erreur sans doute) que le rôle de l’Etat est «  de répartir la richesse » ! Il n’a donc pas compris pourquoi les Français d’aujourd’hui sont pauvres pour les deux tiers d’entre eux.

En classe de sixième, j’avais pour professeur de français et de latin un agrégé qui avait perdu un œil à la guerre de 14 et qui disait à sa classe « je n’ai qu’un œil, mais il est bon ». Un de mes bons copains était un chahuteur émérite, qui presque chaque jour se voyait condamné par notre professeur à apprendre par cœur cinquante vers de la Chanson de Roland. A l’issue cette profitable année, il était devenu le seul Français vivant à connaître par cœur la Chanson de Roland. Je n’ai plus jamais connu depuis si brillant intellectuel. C’est dire qu’avec de bons maîtres, tous les espoirs sont permis. Puissent nos gouvernants le comprendre !

Claude Reichman

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Une sacrée beigne pour les chaînes d’infos !

Une sacrée beigne pour les chaînes d’infos !

Une sacrée beigne ! Les chaînes françaises d’infos ont pris en pleine figure l’interdiction faite par les Etats-Unis à Thierry Breton de se rendre sur leur territoire. Car le contrevenant à la liberté d’expression (motif de son interdiction) est un pensionnaire de ces chaînes. Il y passe son temps et dès qu’une chaîne a fini de l’interviewer, c’est une autre qui prend le relais. Mais qu’a-t-il donc de si important à dire qu’on se le dispute à ce point ? Rien, vraiment rien, des paroles verbales comme on dit, le point de vue « européen », ce qui ne signifie rien car l’Europe n’a pas de point de vue. Il meuble l’antenne, ceint de son écharpe défraîchie d’ancien commissaire européen. Un point, c’est tout !

La liberté d’expression, le free speech, est établie par le premier amendement de la Constitution des Etats-Unis, autrement dit c’est là-bas un texte sacré. Les articles X et XI de notre Déclaration des droits de l’homme et du Citoyen du 26 août 1789 disent la même chose, mais ici tout le monde s’en fout, car ce magnifique texte n’est fait que pour la décoration de la République. La liberté d’expression en France est scandaleusement bafouée par les médias, qui ne donnent la parole qu’aux officiels ou aux contestataires agréés. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la réforme est impossible dans notre pays, seule la révolution permettant l’évolution ou le changement des règles. De là à dire que la démocratie américaine est idéale, il ya un pas que je ne franchirai pas, mais elle respecte mieux que nous la liberté d’expression et cela reste appréciable.

Certains stigmatisent le comportement des Américains, les accusant d’on ne sait quelle dictature. Il n’en est rien. Ils nous mettent seulement en garde contre nos dérives, qu’il s’agisse de la liberté d’expression ou de l’immigration massive de populations n’ayant aucun rapport avec notre civilisation. Comme ne pas souscrire à ces accusations. Nous avons même une chaîne d’infos spécialisée dans cette dénonciation, Cnews, qui le dit du matin au soir. Et pourquoi refuser au Américains le droit de nous critiquer, quand nous faisons de même à leur égard. Il serait temps que nous, Européens, fassions notre examen de conscience sur ce qu’a été notre politique depuis plus d’un demi-siècle. Nous avons laissé des immigrants issus du Maghreb, de l’Afrique sub-saharienne ou de l’Afghanistan entrer chez nous à raison de 500 000 personnes par an et cette intrusion massive a provoqué d’inévitables tensions, qui se traduisent notamment par une insécurité en augmentation régulière et très inquiétante. Et maintenant nos gouvernements ne savent plus quoi faire. Beau résultat !

Certains des invités permanents de nos chaînes d’infos, tel le dénommé Alain Bauer, nous expliquent qu’il n’y a en France que des étrangers. D’autres, tel l’Algérien Sifaoui, prétendent que l’histoire de France a commencé à la Révolution, effaçant allègrement plus d’un millénaire d’histoire chrétienne. On a évidemment le droit d’avoir des opinions. Mais pas de défigurer les faits pour faire prévaloir sa thèse. Il serait temps que la France se ressaisisse et ne laisse plus sa personnalité sous les assauts permanents de personnes qui, pour mieux asseoir leur légitimité de Français, en sont à affirmer que la France a commencé avec eux.

Nous n’avons pas que ce problème. Notre effondrement économique est dramatique. Nous avons détruit nos usines pour les remplacer par des supermarchés. Aujourd’hui, ces derniers sont tous à vendre, les consommateurs préférant des surfaces plus réduites et plus accueillantes. Sans compter le développement fulgurant du commerce par Internet. Mais nous n’avons toujours pas d’industrie. Pourvu que les Chinois et les Indiens veuillent bien continuer à fabriquer à notre place, parce que je ne vois pas 68 millions de Français se transformer en pâtres des montagnes. Heureusement, les loups sont de retour. On aurait l’air de quoi à garder nos brebis sans eux.

La France va mal. Par la faute des Français. Nous avons cru que la Libération allait nous libérer. Certes, elle nous a libérés des nazis, et ce n’était pas rien, mais nous avons laissé se développer chez nous des mouvements composés de frustrés devenus haineux à mesure que leur situation ne s’améliorait pas. Aujourd’hui, ils veulent gouverner. Le pays n’est pas assez sot pour les laisser y parvenir, mais sait-on jamais ! Je reste persuadé que c’est la généralisation de la Sécurité sociale qui a rendu notre pays improductif et sans idées et que tous les maux qu’il subit et que je viens d’analyser découlent de là. La première chose à faire est donc de traiter le mal en laissant la Sécu à « un million de pauvres types », comme le disait De Gaulle, et en permettant à tout le reste de la population de travailler, de s’assurer librement et de retrouver la passion d’entreprendre qui toujours animé les Français.

Claude Reichman

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Il faut avoir des principes et bien se conduire !

Il faut avoir des principes et bien se conduire !

La France a beaucoup de mal à se trouver un chef. Celui qu’elle a est passablement démonétisé, et si tout le monde voudrait qu’il s’en aille, personne ne veut l’y contraindre. Les meilleurs analystes disent que son maintien est le prix à payer pour que soit sauvegardée la légitimité constitutionnelle. En réalité il reste parce que tout le monde veut que rien ne change. Non qu’on soit content. Mais finalement on ne vit pas si mal et même les gens déclassés bénéficient d’avantages matériels qui les maintiennent en assez bon état. Bref, encore un instant Monsieur le Bourreau. L’époque change, c’est vrai, mais plus cela sera lent, mieux cela sera.

Toutes les sociétés humaines ont connu de tels moments. Car le changement est ce qu’il y a de plus difficile pour l’homme. Il ne le supporte que lorsque le grand vent de l’histoire l’emporte. Que ce soit la destruction de son village par les gens d’un village voisin ou un conflit mondial à grands coups de bombes et de canons. Alors là, il faut changer. Parce qu’on n’a pas le choix. Il y a certes des révolutions tranquilles, que seuls les pays vraiment civilisés peuvent se permettre. Mais ce n’est vraiment pas la majorité des cas. Pour la France en ce moment, le seul espoir est une crise financière qui rendrait nos prêteurs plus exigeants sur nos devoirs. Mais ces prêteurs, étrangers pour un plus de la moitié d’entre eux, représentent de braves retraités qui n’ont pas envie que leurs sous subissent de trop rudes traitements. Donc, toujours et encore, rien ne bouge.

Qu’on ne se fasse quand même pas trop d’illusions. Cela va finir par bouger. Simplement parce que tout bouge sur terre. Même l’empire romain, même l’Eglise de France, même la Ligue de football, même la présidence de l’amicale bouliste, tout a bougé. Et si vous ne connaissez plus aucun chanteur ni aucun acteur, c’est que les anciens ont disparu et que vous êtes un peu out. Comme tout le monde en ce moment, qui est une époque de grand changement à cause des progrès techniques, qui d’ailleurs n’en sont peut-être pas mais qui chahutent fortement la société.

Tenez, prenez l’intelligence artificielle. Quelqu’un lui a-t-il demandé de réformer notre régime social ? Personne à ma connaissance, et d’ailleurs ce serait inutile parce que tout le monde sait ce qu’il faudrait faire. Ce n’est pas si difficile que cela de décider que dorénavant on ne vous prendra plus votre argent pour vous assurer contre tout et qu’on vous laissera le faire vous-même, avec l’aide des milliers d’organismes mutualistes qui existent dans tous les pays développés. C’est si simple qu’on a voté depuis des années toutes les lois pour le faire et qu’on n’ose pas les appliquer.

Je me souviens d’une réunion publique au Figaro où j’expliquais tout cela, que le patron du journal, Alexis Brézet approuvait fortement de la tête. Pour autant cet excellent journal ne fit pas la moindre campagne en ce sens. Avant qu’en ce mois de décembre 2025, peu de jours avant la venue du Père Noël, par une sorte de miracle divin, la charmante Bertille Bayart ne commît un cinglant éditorial intitulé « La Sécu, cette octogénaire qui dévore ses petits-enfants », dont la conclusion mérite vraiment d’être retenue : « Quatre-vingts ans après  la création de la « Sécu », magnifique projet à l’époque, la dépense sociale dévore aujourd’hui les comptes publics, la fiche de paie des salariés et la compétitivité des entreprises. C’est l’avenir qu’on lui sacrifie. » Je ne ferai qu’un reproche à Bertille : la Sécu ne fut pas « un magnifique projet à l’époque », mais une « réforme » imposée à De Gaulle par le parti communiste, qui faisait « 28 % des voix aux élections et est armé », comme le confiait le général à un visiteur.

Le Figaro n’est pas toute la France, mais il compte. Pourquoi ne bouge-t-il pas plus ? Je citerai ce mot d’Henri de Castries, successeur de Claude Bébéar à la tête du premier assureur mondial, Axa, à qui je demandais, lors d’une réunion, pourquoi il ne mettait pas en œuvre   les directives européennes libérant la protection sociale, et qui me répondit : « Nous n’avons pas les commandes », ce qui signifiait qu’il ne dirigeait pas l’Etat. Ce qui était stupéfiant puisqu’il ne s’agissait que d’appliquer des lois ! La famille Dassault était présente à cette réunion, ainsi qu’une belle panoplie de ministres et de dirigeants de sociétés, et rien ne se produisit. Est-ce normal, Docteur ?

Non, ce n’est pas normal, et cela signe le mal. La France est malade de son pouvoir. Sans lui, rien ne bouge, mais avec lui rien ne bouge non plus. Voilà donc ce qu’il faut changer dans notre pays, probablement en retirant du pouvoir au président et en en confiant davantage aux élus, qu’il faudrait réduire à 200 députés, ce qui serait bien suffisant pour un pays de 67 millions d’habitants. Gouverner est avant tout un exercice de confiance. Les citoyens feront de bon cœur ce qu’ils ont consenti en toute liberté et en toute intelligence. Les discours haineux disparaîtront d’eux-mêmes dans un pays bien gouverné. Tout comme dans une famille où on cesse de s’engueuler quand on se met d’accord en confiance. Certains diront que cela ne se décrète pas et ils auront raison. Mais cela se mérite quand on a des principes et qu’on se conduit bien.

Claude Reichman

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La Ve République est en perdition !

La Ve République est en perdition !

Quand un régime politique perd pied, il utilise la justice et l’armée contre ses opposants. C’est ce que vient de faire l’Etat en emprisonnant Sarkozy et en donnant l’assaut à une ferme d’Ariège pour y abattre son troupeau de vaches. Dans les deux cas, cette démonstration de force était inutile. Sarkozy n’était pas en fuite, et les agriculteurs avaient donné leur accord sur l’abattage de leurs vaches. Mais quand on a des muscles, on les montre, même s’ils sont ridiculement maigres.

Le gouvernement était venu à bout des gilets jaunes en les éborgnant à coup de grenades. Il y avait été bien aidé par l’extrême gauche qui s’était emparée de ce mouvement, constitué au départ de professionnels indépendants qui n’en pouvaient plus des charges imposées par l’Etat. Quand le calme fut revenu, Macron entama un tour de France consistant en d’interminables monologues présidentiels, de ville en ville, prononcés devant des auditoires captifs et qui ne convainquirent personne, sauf Macron lui-même qui n’a pas de plus grand plaisir que de s’écouter parler.

Ainsi va la cinquième République finissante. Elle ne souffre pas d’un mal soudain, mais de l’inexorable dérive d’un pouvoir fondé sur l’Etat et l’impôt, ce qui est d’ailleurs la même chose. De Gaulle avait cru qu’en restaurant l’autorité de l’Etat, il assurerait la survie de son régime. Ce ne fut pas faux au début, car la dépense publique ne dépassait pas le tiers de la production du pays. Six décennies plus tard, la dépense a doublé et étouffe l’économie. Sans que personne dans le personnel politique ne soit capable de mettre un frein à cette dérive. Il ne reste plus que la démonstration de ce qu’il reste de force au pouvoir.

L’élimination des adversaires est le propre des régimes faibles. La mise au cachot de Sarkozy est une vraie folie. Ce n’est pas un criminel, et il n’a rien à faire en prison. C’est une folie parce qu’elle va précipiter le désir de vengeance des partisans de l’ancien président, qui se manifestent dès à présent en se pressant aux signatures de l’ouvrage qu’il vient de publier. L’humiliation de cet homme est une faute grave, même s’il l’a supportée vaillamment. Nous ne sommes plus dans le débat démocratique, mais dans l’usage de la force pour faire prévaloir son autorité. Cela se termine toujours mal. Car tous les hommes politiques ont compris le message. Filer droit, ou c’est la prison. Bien entendu, celui qui manipule ainsi la lettre de cachet en sera tôt ou tard le destinataire.

Homo sapiens n’a guère que quatre cent mille ans d’existence. Son histoire n’est faite que de guerres et de massacres. Au fil des siècles, seule l’échelle a changé. Il ne s’agit plus de massues, ni d’arcs et de flèches, mais de missiles à tête nucléaire que menacent de se lancer des puissances mondiales. A présent, on trouve sur le marché des drones que tout un chacun peut acquérir pour jouer à sa guerre personnelle. Le dessinateur Dubout avait bien pressenti la nouvelle ère. Ses œuvres hilarantes mettaient en scène des foules d’individus ordinaires qui s’empoignaient allègrement. On n’a pas fait mieux depuis pour dépeindre l’humanité. Car le scénario du spectacle est immuable.

Parmi les curiosités de l’affaire Sarkozy, figure un tour de passe-passe auquel on ne nous avait pas habitués. Tout le monde s’est empressé de chercher sur internet la photo de la juge Gavarino qui a envoyé Sarkozy en prison. On l’a bien trouvée, à ceci près que ce n’était pas elle, mais la procureure en retraite du parquet national financier, Eliane Houlette. Celle-ci n’étant plus dans l’actualité, elle pouvait valablement être substituée à une juge en butte à la colère de beaucoup. Bravo les artistes. On connaissait l’art de la magistrature de protéger ses membres, mais aller jusqu’à une telle substitution, on ne l’avait jamais vu. C’est dire qu’on n’est plus dans une démocratie telle que chacun l’entend, mais dans une tactique de guérilla digne des grands moments des guerres civiles.

A peine sorti de prison, Sarkozy a publié un livre sur ses trois semaines de détention, et il parcourt la France pour le dédicacer. Des foules se pressent pour l’approcher. On n’avait pas vu ça en France depuis longtemps. Et on peut se demander ce qu’il adviendra si la cour d’appel, dans quelques semaines, l’envoie à nouveau au cachot. Surtout si Marine Le Pen est elle-même empêchée par la justice de se présenter à l’élection présidentielle. Décidément, la justice cumule les audaces. On peut le dire ainsi car dans ces affaires il n’y a aucune évidence judiciaire. Le plus sage eût été de laisser tout cela vieillir dans la poussière des greffes, où la paix civile eût été en sécurité. Mais la sagesse a disparu de la France. Il n’y a plus que des vengeurs grimaçant de haine. Ils finiront bien sûr comme tous les vengeurs, c’est-à-dire au cimetière des déçus de l’histoire, et on vénèrera leurs noms beaucoup moins qu’on ne les haïra.

Claude Reichman

 

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J’ai rencontré le Père Noël !

L’approche de Noël m’a donné envie de republier le récit de ma rencontre avec le Père Noël. Dans notre famille, les décorations sont en place, l’attente est heureuse même si les évènements ne le sont pas. Cher Père Noël, on n’attend plus que vous.
C.R.

J’ai rencontré le Père Noël !

Depuis des années, j’ai l’habitude, à l’approche de Noël, de parler aux pères Noël que de nombreuses enseignes mettent en faction devant leur porte. Ce sont toujours des hommes de condition modeste qui gagnent ainsi un peu d’argent. Ils hésitent le plus souvent à me parler, comme s’ils montaient la garde devant le palais de Buckingham, mais très vite ils se détendent et ce qu’ils me disent tous, c’est qu’ils prennent très au sérieux leur mission dont le but, finalement, est de donner de la joie au peuple, qui retrouve à travers eux des souvenirs d’enfance et des joies oubliées.

Mes rencontres de cette année n’ont pas failli à l’habitude, jusqu’à hier quand le dernier père Noël que j’ai abordé m’a fait une révélation stupéfiante. « A vous, je peux bien le dire, je suis vraiment le Père Noël », m’a-t-il confié. Comme je hochais la tête en souriant, il ajouta : « Je comprends votre scepticisme, mais quand je vous aurai dit la raison de ma présence en France, vous me croirez. »

Il me demanda de tirer sur sa barbe, qui se révéla vraie. Il en fallait plus pour me convaincre, et il le comprit aisément. Aussi entreprit-il de me narrer les circonstances qui l’avaient conduit dans notre pays.

« Sachez, me dit-il, que je vis en France depuis que votre pays a été libéré de l’Allemagne nazie. J’ai abandonné sans regret le Grand Nord et y laisse mes rennes aux bons soins des natifs de cette contrée, qui ont l’habitude de vivre en bonne intelligence avec ces merveilleux animaux. Quant à moi, dont le monde est la patrie, je pouvais me fixer où je voulais, pour peu que le collège des bienfaiteurs, où je siège, ne soit pas choqué par ma conduite. »

– Mais pourquoi la France ? lui dis-je.

– Parce que je pressentais que de grandes choses s’y produiraient, qui me conforteraient dans ma mission. Voyez-vous, le régime qui s’est instauré chez vous à la Libération était inspiré par des imposteurs, qui avaient pour ambition de me retirer ma fonction en l’assumant eux-mêmes. Leur outil était l’Etat, qu’ils chargeaient de prélever toute la richesse que le peuple pouvait produire pour lui en restituer d’infimes miettes qu’ils n’osaient pas appeler des cadeaux et qu’ils avaient baptisé prestations sociales.

– Mais enfin, Père Noël, il n’y a aucun rapport avec des cadeaux qu’on se fait à soi-même et les vôtres qui, si j’ose dire, tombent du ciel !

– Vous avez raison. Mais la crédulité humaine est sans limite. Un cadeau est un cadeau, on ne veut pas voir plus loin. Les autres peuples sont plus durs à tromper, mais le vôtre a été en quelque sorte « dressé » à croire en la bonté des autorités par des siècles de règne monarchique. Lorsque j’ai compris cela, j’ai pris la décision de m’installer en France pour surveiller la concurrence.

– Que pouviez-vous faire ? Un coup d’Etat ?

– Mais non. J’ai le moyen de semer un terrible désordre en comblant de cadeaux des personnes qui ne les méritent pas et de susciter ainsi une jalousie mortelle entre les citoyens, qui finissent toujours, en pareil cas, par se massacrer entre eux. Et alors il ne reste plus rien des imposteurs, que chacun rend responsable du climat délétère qui règne dans le pays.

– Ce que vous me dites est effrayant. J’avais de vous l’image d’un être bienveillant.

– C’est exactement ce que je suis. Ma bienveillance est celle du pater familias, qui veille à la bonne entente dans sa famille. Je ne suis pas intervenu jusqu’à présent parce que les imposteurs ont progressivement perdu la partie. Plus grand monde en France ne croit aux cadeaux de l’Etat. Je sens qu’il ne faudra pas longtemps avant que vous vous donniez un président qui rétablira les bons principes.

– On n’a pas l’air de prendre ce chemin en ce moment.

– Il faut être patient.

– Facile à dire pour vous, vous êtes éternel.

– J’avoue que cela aide. Mais j’ai connu l’un des vôtres, un certain Aristote, qui me disait : « Le choses qui suivent les lois de la nature sont toujours naturellement les plus belles qu’il est possible qu’elles soient. » Vous verrez, cela va s’arranger chez vous.

– Aristote ! Nous patientons depuis vingt-trois siècles !

– Les temps viennent. Vivez avec l’espoir. Au fait, m’avez-vous fait une commande ? Comme vous m’êtes sympathique, je vais l’améliorer.

– Merci Père Noël, votre message d’espoir me comble et me suffit. Me permettez-vous de faire état de notre conversation ?

– Bien sûr. C’est même pour cela que je vous ai parlé.

Il s’éloigna dans la nuit, et je restai un long moment à le regarder disparaître. J’avais le vague espoir qu’il reviendrait sur ses pas pour continuer notre conversation. Mais il m’avait dit l’essentiel et me laissait une mission. J’ai tenu à la remplir sans délai.

Claude Reichman

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La droite a tué la France !

La droite a tué la France !

Dans quelle société voulons-nous vivre ? Une société où l’on décide de ses choix en toute liberté, ou une société où il faut se battre en permanence pour ne pas subir les choix de majorités diverses et fluctuantes ? La première hypothèse est évidemment celle d’une majorité de Français, mais c’est la seconde qui règne dans le pays. La faute en revient à nos institutions, qui ne savent plus faire respecter les principes démocratiques et laissent s’installer le chaos. On a pu croire que la Ve République, telle qu’instaurée par le général de Gaulle, saurait durablement maintenir la France en démocratie. On s’aperçoit aujourd’hui qu’il n’en est rien.

La raison de l’échec démocratique de la Ve République se lit très simplement dans deux chiffres. A sa création, et sous le règne du général, les dépenses publiques françaises représentaient le tiers du produit intérieur brut. Soixante-sept ans plus tard, elles en représentent les deux tiers. Et c’est l’envolée des dépenses sociales qui est cause de cette augmentation. La gauche a toujours poussé dans ce sens. La droite n’a jamais su s’y opposer. En France aujourd’hui il n’est plus possible d’entreprendre avec des chances de succès, les charges dévorant tout l’actif des entreprises. Le mal français est donc là.

En 1995, j’ai publié un ouvrage intitulé « Sécurité sociale, le vrai mal français ». J’y détaillais la maladie et son traitement. Trente ans plus tard, rien n’a changé. Tout ce que l’Etat compte d’officiels s’est ligué contre mes solutions. L’Etat s’est même mobilisé pour empêcher, en toute illégalité, les dispositions européennes, qui instauraient la concurrence, de prendre effet. Et la France se débat désespérément pour échapper à l’étranglement social, sans y parvenir. Le triste spectacle actuel du parlement, qui ne parvient pas à faire émerger des solutions à l’effondrement du système de retraite, est une illustration de plus de ce mal français.

L’émergence de forces politiques d’extrême gauche est également une conséquence de l’appauvrissement du pays. Cet appauvrissement est constaté par tous les indices officiels, mais le plus parlant est celui de la radio RMC qui, chaque 10 du mois constate ce qu’il reste dans le portefeuille moyen des Français. Le dernier chiffre connu était de 53 euros. Ce qui signifie que le Français dispose de 2,65 euros par jour pendant les derniers vingt jours du mois ! Allez créer une entreprise avec des moyens aussi modestes. Les adeptes de Mélenchon s’ébrouent avec bonheur dans tout ce malheur !

Vous voulez des noms ? En voici. Pierre Suard vient de mourir. Il fut le plus grand industriel français, à la tête d’Alcatel Alsthom. Les terroristes d’Action directe le menaçant, Charles Pasqua, ministre de l’intérieur, lui donna le choix d’une protection policière permanente où de dispositifs de sécurité installés à son domicile. Suard fit ce dernier choix et un juge d’instruction nommé Jean-Marie d’Huy le mit en examen pour de prétendus abus de biens sociaux. Comme si Suard s’était emparé de biens de son entreprise ! Empêché de rencontrer ses collaborateurs, Suard dut démissionner de ses fonctions. Son entreprise ne s’en remit pas. Il bénéficia par la suite d’un non lieu pour toutes les accusations dont la justice l’avait accablé. Le juge d’Huy termina sa carrière dans le confort de la cour de cassation. Serge Tchuruk prit la suite de Suard à Alcatel et inventa « L’entreprise sans usines ». Succès complet : il n’y a plus d’usines en France !

La pièce que nous venons de représenter devant vous a été écrite par tous les politiciens français. Elle a été jouée par tous les acteurs de la sinistre comédie française. Après ses représentations triomphales dans tous les théâtres subventionnés de notre pays, elle partira en tournée en Corée du Nord, puis à Cuba et au Venezuela où le plus chaleureux accueil lui est réservé. En France la chasse aux patrons est ouverte en toute saison. Le rabattage du gibier est effectué par la Grande Veneuse Elise Lucet et son équipe de sonneurs de trompe. Nul ne doit en réchapper. Parole de démocrate !

Pour ne pas vous laisser sur votre faim, voici encore quelques noms. Quand mon ouvrage sur la Sécurité sociale fut publié, j’eus l’honneur d’être interviewé par de nombreuses télévisions mondiales, dont celles de la Chine et de l’Inde, et le Wall Street Journal me demanda de rédiger son éditorial. En France, l’enthousiasme fut bien moindre, mais j’eus la visite de deux journalistes du Point, Philippe Manière et Romain Gubert. Ils passèrent près de trois heures avec moi et quand leur article parut dans leur hebdomadaire, il ne restait qu’une ligne de mon interview. J’appris qu’Alain Juppé, alors premier ministre, avait appelé François Pinault, propriétaire du Point, pour lui demander de ne pas parler de mon livre, car Juppé préparait alors le plan de sauvegarde de la Sécu qui allait tout changer…comme d’habitude. Romain Gubert m’appela pour s’excuser et me dit « On n’est pas fiers de nous ! »

Juppé était le premier ministre de Chirac. C’était donc la droite qui gouvernait. Elle n’en faisait pas moins la chasse aux libéraux, montrant ainsi sa duplicité fondamentale, qui est la cause profonde du mal français. Jamais une droite libérale, comme toutes les droites du monde occidental, n’aurait laissé le cancer social ronger l’assise de la France. Ce fut un crime. Un vrai crime. Nous le payons tous ensemble aujourd’hui.

Claude Reichman

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Ces vingt ans où il ne s’est rien passé !

Ces vingt ans où il ne s’est rien passé !

Ce 27 novembre, BFMTV fêtait ses vingt ans. La chaîne avait réuni pour l’occasion le plus grand nombre des journalistes qui avaient traité l’actualité au cours de ces vingt années. On eut ainsi le plaisir de revoir des visages familiers qui, pour nombre d’entre eux, nous avaient quotidiennement informés. Pourtant, je ne pouvais me défaire d’un certain malaise, que je compris rapidement. Malgré le climat sympathique de cette émission, ce qui dominait c’était le sentiment que rien n’avait changé en France pendant toute cette époque, et surtout que rien ne pouvait changer.

Ce sentiment est accablant. Surtout quand il accompagne des évènements négatifs. La France subit un choc économique et un choc migratoire qui la font souffrir, notamment en raison de la vive inquiétude qu’ils suscitent dans sa population. Et l’on ne voit poindre aucune solution à l’horizon. Un parti d’opposition, le Rassemblement national, paraît avoir les faveurs d’une majorité de Français, mais les solutions qu’il préconise ne semblent guère cohérentes, à l’exception de sa volonté de mettre fin à l’immigration. On peut craindre qu’arrivé au pouvoir, ce parti ne soit rapidement réduit à l’impuissance par incapacité d’obtenir un franc soutien du pays.

La cause de la stagnation française est due au mariage d’un Etat tout puissant et d’une imprégnation communiste. L’histoire explique cela aisément. Le gaullisme a pris les commandes en 1958, en même temps que s’appesantissaient les mesures collectivistes sur la société, nées d’une forte implantation du pari communiste. Ce mélange explosif est toujours en vigueur aujourd’hui, même si le parti communiste a presque disparu et que le parti gaulliste n’est plus qu’une ombre. Mais leurs composantes politiques et sociologiques sont toujours vivaces, alors même que plus personne ne les soutient. Il est évident que le règne de ce curieux mélange va bientôt se terminer, comme toute période qui ne rime plus à rien. Mais personne n’est capable de dire ce qui va lui succéder.

Pour en revenir à BFMTV, son erreur fut de n’avoir jamais mis à l’antenne de vrais penseurs. Certes il ne s’agissait pas de transformer cette chaîne en annexe du Collège de France, mais une époque sans penseurs – et il n’y en avait pas davantage ailleurs – est une époque qui ne produit rien de valable. Prenez l’exemple du système de retraite. Le Mouvement pour la liberté de la protection sociale (MLPS), que je préside, vient de publier un « Manifeste pour un nouveau système de retraite », dans lequel il préconise de passer à une protection individuelle, plus conforme aux nécessités de l’épargne, qui est le fondement de tout système de retraite. Dans un pays libre, où chacun peut réfléchir à son avenir et aider à mettre en œuvre les mesures qu’il préconise, il y a longtemps que ces mesures auraient été prises et l’avenir des retraites assuré. Rien de tel en France où toute idée nouvelle est réputée mauvaise.

Le véritable adversaire du changement est le confort. Il ne faut pourtant pas exagérer. Le confort des Français est très relatif. Il est dû surtout au versement régulier de 930 milliards au titre des divers régimes sociaux. Et ce versement se fait en grande partie grâce à l’emprunt. Il suffit que les prêteurs prennent peur pour que tout s’arrête. Tout homme d’Etat prendrait d’urgence des mesures d’économie pour que son pays reste solvable. Rien de tel en France : on ne fait rien, mais on en parle abondamment. Pour nos politiciens, cela revient au même. L’exemple le plus fameux d’une telle inconséquence est le régime byzantin, où l’on se passionnait pour les courses de char alors que les Ottomans étaient aux portes et y avaient mis le siège. On connaît la suite de l’histoire. Elle est identique  à toutes les histoires d’inconséquence. Seule change l’identité des conquérants.

On ne veut pas de mal à BFMTV, mais on ne souhaite pas avoir à fêter le quarantième anniversaire de sa création. En tout cas pas dans les mêmes conditions que pour le vingtième. Ce qui serait bien c’est qu’une grande fête honore la révolution de la liberté en France, qui aura rendu au peuple les clés de son avenir. Il ne nous reste plus qu’à faire cette révolution. Ce n’est pas si compliqué que ça. Il suffit de rendre à chacun son argent, à l’exception de ce que l’on doit consacrer à la nation. Pour la France, il faut revenir à 1958, c’est-à-dire à une époque où le citoyen ne se faisait pas plumer comme une oie. Je rappelle aux latinistes l’épisode des oies du Capitole, qui montre que ce volatile sait parfois ne pas se laisse faire ou à tout le moins avertir du danger.

Quatre-vingts ans ont passé depuis la Libération. La France a connu deux Républiques. Le temps est donc venu du changement, puisqu’un régime dure rarement plus qu’une vie humaine. Le problème, c’est la nature du changement. Pacifique ou violent ? La violence est à craindre, puisqu’on voit se multiplier en France les atteintes à la liberté d’expression. On supprime autoritairement des chaînes, fussent-elles de divertissement, on veut instaurer un contrôle des réseaux sociaux, on organise des descentes de police chez des gens qui n’approuvent pas les vaccinations obligatoires, et on entend sans arrêt le président de la République à la télévision. « N’en jetez plus, la cour est pleine », disait-on au Moyen-âge quand on n’en pouvait plus de recevoir des tas d’ordures en guise d’applaudissements. Mais là, les jets malodorants sont de mise, quand un président abuse de nos yeux et de nos oreilles. Le drame, c’est que ce jeune garçon a été élevé pour être applaudi. Que voulez-vous, il ne peut pas s’en empêcher !

Claude Reichman

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Manifeste pour un nouveau système de retraite

Mouvement pour la Liberté de la Protection Sociale
165, rue de Rennes  75006 PARIS

Novembre 2025
Manifeste pour un nouveau système de retraite

Le système français de retraite a été créé en 1945 à une époque où il y avait 15 cotisants pour un retraité. Au fil des années, le rapport entre cotisants et retraités n’a cessé de diminuer. Il atteint aujourd’hui 1,4 cotisant pour un retraité. Autrement dit un système de répartition, tel que le système français, ne peut plus fonctionner, car il impose aux cotisants une charge insupportable.

Les débats actuels sur la retraite proposent des réformes fondées sur la durée de cotisation et l’âge de la retraite, afin de retarder la faillite. Mais ces mesures, même si elles allègent légèrement la charge des actifs qui financent le système, ne permettent pas de stabiliser à terme ce dernier. Or l’ambition de tout système de retraite consiste pour l’essentiel à promettre aux cotisants de bénéficier, quand ils prendront leur retraite, d’une pension correspondant aux cotisations qu’ils ont versées. Ce ne sera pas le cas pour les actuels cotisants, quelles que soient les réformes actuellement évoquées.

IL convient donc de proposer aux Français un nouveau système de retraite qui puisse être viable. Le système de répartition doit en toute hypothèse être écarté, puisqu’il repose sur le nombre des cotisants alors même que ce nombre ne peut en aucun cas être garanti, puisqu’il dépend de la natalité et de l’emploi, qui sont par nature très variables. Les partisans de ce système répètent à l’envi qu’il est fondé sur la solidarité entre les générations. On constate actuellement que c’est tout le contraire, puisque ceux qui sont actuellement retraités touchent des pensions convenables, alors que ceux qui les financent par leurs cotisations ne toucheront probablement rien. Où est la solidarité ?

Nous proposons donc d’abandonner le système actuel et de laisser chacun choisir le mode de financement de sa retraite. Ce financement pourra se fonder sur toute sorte de placements, y compris immobiliers, étant entendu que les sommes affectées à ceux-ci seront déductibles fiscalement dans les mêmes conditions que les placements purement financiers.

Un tel système de retraite permettra non seulement d’offrir les meilleures garanties de sécurité, par la diversité des financements et l’intervention d’organismes collectifs de placements, telles que les mutuelles, pour ceux qui les préfèrent, mais aussi d’apporter à l’économie les financements dont elle a besoin pour se développer.

Il sera nécessaire d’apporter aux actuels retraités une solidarité nationale pour leur permettre de n’être pas lésés par le changement de système, et ce jusqu’à disparition de tous les pensionnés relevant de l’ancien système.

La communauté européenne avait d’ailleurs décidé, par les traités de l’Acte unique et de Lisbonne de créer un marché européen unique, y compris pour les services, dont le système de retraite fait partie, fixant son entrée en vigueur pour l’année 1993. La France n’en a rien fait et a donc  perdu 32 ans à tergiverser et à bercer les habitants de fausses promesses, qui se révèlent aujourd’hui délétères pour la paix sociale et pour la sécurité des revenus de chacun.

Le débat sur les retraites ne doit pas avoir le caractère passionnel qu’il revêt actuellement. Ce doit être un débat entre gens raisonnables qui se préoccupent des lendemains et des progrès économiques. Et qui ne veulent ni frustrer nos anciens ni pénaliser notre jeunesse.

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Voilà ce qui arrive quand on n’y comprend rien !

Voilà ce qui arrive quand on n’y comprend rien !

Le pire pour un homme, c’est de ne pas comprendre ce qu’il lui arrive. Il s’agite à la recherche de solutions, essaye tout et son contraire, et perd toute chance de s’en sortir. Nous vivons en ce moment, en Europe, un tel moment. L’erreur que nous avons commise fut de croire à « la fin de l’histoire », que nous suggérait Fukuyama. La victoire de l’Ouest sur la dictature communiste à l’Est signait, à en croire cet intellectuel, la domination définitive des idées libérales. Bien entendu, il n’en est rien et il reste encore sur terre des humains qui prônent le communisme. Ils l’emportent dans quelques pays non négligeables comme la Chine et y imposent leur dictature, tandis qu’à l’Ouest l’imbécillité collectiviste poursuit ses ravages difficilement contenus par les libéraux. Seule l’arme atomique nous a protégés d’un conflit mondial. Pour l’instant.

Les Européens ont eu l’heureuse idée de s’unir, pensant ainsi supprimer la guerre sur notre continent. Ils y sont parvenus, puisque les seuls conflits européens depuis 68 ans ont eu lieu dans l’ex-Yougoslavie, qui n’était pas membre de la Communauté et dont les divers pays, une fois libérés de l’attelage communiste, y sont entrés ou vont le faire. Mais l’Europe n’est pas seule au monde. Et la Russie vient de le leur rappeler en attaquant l’Ukraine. Or voilà que sous la direction de Trump, les Etats-Unis leur enlèvent le parapluie militaire qu’ils croyaient éternel. Tout le calcul européen s’effondre et on se retrouve à poil. Pas très malin pour des nations qui disposent des meilleurs cerveaux mondiaux.

Avec ses 450 millions d’habitants, l’Europe avait tout pour s’inscrire parmi les très grandes puissances et pour exercer un magistère conforme à ses principes. Elle n’en a rien fait. Au contraire elle s’est laissé gagner par le socialisme, variante un peu adoucie du communisme, et elle a brisé ses chances de croissance et de puissance. En 1990, le PIB européen égalait celui des USA. Un tiers de siècle plus tard, il n’en représente plus que 65 %. Nous avons perdu la guerre économique pour nous être laissé bercer par les sirènes de l’Etat providence et de la société d’assistance. Et alors que tous les Etats européens clament leur volonté de mieux s’armer pour résister à la Russie, ils constatent piteusement qu’ils n’en ont pas les moyens. Sans puissance militaire, on n’est rien. Le constat n’est pas nouveau. Nous l’avions oublié !

Pour autant, ne cherchez pas dans les colonnes de nos journaux ou dans les propos des éditorialistes de plateau télévisé ce qu’on appelle en médecine un diagnostic étiologique, c’est-à-dire l’élucidation des causes du mal, qui entraîne la mise en œuvre du traitement. L’Etat providence est largement invoqué, mais on ne sait pas faire sans lui. Comme si son allègement, voire sa suppression allait entraîner la mort des populations. Personne n’est prêt au geste fatal, qui apparaît comme un crime, dont il faut repousser l’idée jusqu’au tréfonds de notre âme pour échapper à la malédiction des assassins. Nous sommes malades, vraiment malades. Et Serge Lama qui le chantait n’est vraiment pas en forme en ce moment.

La question que nous devons tous nous poser est la suivante : comment voulons-nous vivre ? Voulons-nous être libres, c’est-à-dire choisir nos moyens d’existence et de protection, ou préférons-nous que l’Etat s’en occupe. Actuellement un Français est un prisonnier volontaire des pouvoirs publics. Volontaire n’est pas vraiment le mot, car sa sujétion résulte de décisions prétendument démocratiques mais en fait imposées par une technostructure implacable. Avez-vous lu le code la sécurité sociale ? C’est mieux que le code pénal. Partout des contraintes, des sanctions, des saisies. Mais comme le dit l’humoriste George Carlin, c’est pour notre bien car l’Etat nous aime ! En fait le sketch de Carlin parle de Dieu, mais pour nous Français, Dieu c’est l’Etat !

Carlin fut très populaire aux Etats-Unis. En France il eût été négligé, car non promu par les médias dominants. On voit bien la différence. Dans un pays où les prélèvements obligatoires ne dépassent pas le tiers du PIB, on peut rire de tout. En France, pays le plus intelligent de la terre, on ne peut même plus rire de l’Etat qui draine les deux tiers des ressources du pays, donc les vôtres. Vous ne voudriez tout de même pas finir affamé !

Cela finira-t-il un jour ? Evidemment. Quand les structures punitives de l’Etat se seront effondrées. On en voit actuellement des prémisses. A Marseille, deux gouvernants importants, les ministres de l’Intérieur et de la Justice, sont allés renforcer le moral de leurs troupes. Vous les avez vus ? Deux pauvres chéris blottis l’un contre l’autre et implorant le ciel de les ramener sains et saufs dans leur avion ministériel, direction le paradis des ministres, septième arrondissement de Paris. On voit de ces scènes quand même ! Le bonheur du peuple n’est plus très éloigné, quand il verra enfin les puissants en robe de bure conduits à la sanction qu’ils ont mille fois méritée. Cela ne changera hélas rien. Car ce qu’il faut, c’est que des gens du peuple montrent qu’ils sont plus capables que les puissants de conduire la nation.

Claude Reichman

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Je vous pose la question : qu’est-ce qu’un régime de retraite ? 

Je vous pose la question : qu’est-ce qu’un régime de retraite ?

Le débat politique en France en ce moment ressemble plus à une foire d’empoigne qu’à un échange démocratique. Le nombre d’insanités à la minute est en croissance permanente, et chacun se demande comment tout cela va finir. La réponse est évidente : cela va mal finir, car aucune solution sérieuse n’est proposée par les acteurs politiques. Les deux principaux problèmes français sont la stagnation économique et la faillite du régime de retraite. L’économie est asphyxiée par les charges sociales et la baisse du nombre de cotisants rend impossible la poursuite du système de répartition. Tout commande donc de changer de système social.

N’importe quel peuple sensé se rangerait à cette solution et s’empresserait de la mettre en œuvre. Pas les Français. Ils préfèrent s’invectiver et se maudire mutuellement. En réalité, il ne faut pas parler des Français mais de leur classe dirigeante. Le peuple n’est pas appelé à s’exprimer sur ce sujet. Il contemple donc le spectacle avec inquiétude et ne sait pas à qui faire confiance. Essayons d’aider nos compatriotes. Tout d’abord en leur posant une question : qu’est-ce qu’un régime de retraite ? La réponse est simple. C’est un système de prévoyance qui consiste à garantir aux souscripteurs le versement d’une pension quand ils devront quitter la vie active. C’est ce que les Français ont compris et ils attendent donc du régime de retraite qui leur est imposé par l’Etat qu’il leur verse cette pension le jour venu. Or il paraît, à lire certains auteurs officiels qui commencent à se lâcher, que cette promesse n’en est pas une et que les souscripteurs forcés auraient dû le comprendre.

Nous sommes donc face à une gigantesque escroquerie, fondée sur la méthode de Ponzi, qui consiste à appâter les souscripteurs par des pensions initiales très confortables, mais appelées à se réduire au fil des ans jusqu’à disparaître complètement faute de cotisants. Dans les milieux officiels, tout le monde savait depuis longtemps que le système de retraite allait s’effondrer. Nommé premier ministre par Mitterrand, Rocard avait publié un livre blanc qui ne cachait pas la vérité aux Français. Et comme il savait que personne ne ferait rien pour éviter la catastrophe, il avait inventé la cotisation sociale généralisée (CSG), qui allait permettre de retarder l’effondrement. Et de fait aujourd’hui cette taxe rapporte plus de 150 milliards par an, sans lesquels la Sécurité sociale aurait disparu depuis longtemps.

Je dois au lecteur d’avouer que mes avertissements sur la chute certaine du régime se heurtaient au scepticisme général. Faisant une conférence devant un cercle d’investisseurs, et développant ces informations, j’entendis pendant un silence un homme d’une cinquantaine d’années se pencher vers son épouse du même âge et lui dire, parlant de moi : « Il est fou ! ». Connaissant le dicton populaire « Il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre », je ne fis pas de cas de cette remarque et poursuivis mon propos.

Les questions que je vous pose sont les suivantes : Pourquoi voulez-vous que l’Etat s’occupe de votre retraite ? L’expérience actuelle ne vous a donc pas guéri ? Je suis convaincu que chacun, dans le monde actuel, peut choisir son mode de retraite. Il existe des mutuelles, des fonds de pension, des sociétés d’assurance qui peuvent parfaitement gérer l’argent que vous mettrez de côté et qui vous le reverseront en rente et en capital le moment venu, augmenté d’intérêts raisonnables qui feront de vous un homme ou une femme tranquille. Que voudriez-vous de plus ? Et que l’Etat peut-il vous proposer de mieux ? Rien. C’est pour cela qu’il vous l’impose !

La sagesse est donc de supprimer l’actuel système de répartition, non sans avoir créé un fonds de solidarité pour aider ceux qui sont actuellement pensionnés et qui ne peuvent donc pas se retourner vers le nouveau système. Et personne – sauf les idéologues collectivistes – ne regrettera la retraite par répartition qui aura jeté la France au bord de la guerre civile. Ajoutons qu’une injustice scandaleuse sera supprimée par la même occasion, celle qui consiste à contraindre la jeunesse à cotiser à fonds perdus à la retraite des personnes âgées sans la moindre chance de retour. Cette double escroquerie aura sapé le sens civique des Français et ruiné leur confiance en l’Etat.

Un autre bienfait de cette réforme viendra bien sûr relancer l’économie française en l’allégeant des insupportables charges qui la ruinent. Ce que les Français ne comprennent pas (parce qu’on ne le leur explique pas), c’est que les impôts, les charges et les taxes constituent un poids unique qui pèse sur tous les habitants du pays, même s’ils sont touchés différemment. Le modeste salarié ressent ainsi, sans le savoir, l’impôt sur la fortune, même s’il n’en a aucune, parce que l’impôt se diffuse comme le fait le vol du papillon à l’autre bout du monde, qui finit par perturber l’atmosphère partout sur la planète. La paix universelle n’a jamais existé et n’existera pas tant que les humains, qui en sont les principaux perturbateurs, ne se décideront pas à être raisonnables. Mais commençons par les retraites. Ce sera déjà ça !

Claude Reichman

 

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Il nous faut un président capable !

Il nous faut un président capable !

Louis Schweitzer qui vient de mourir était un énarque de la promotion Robespierre. Vous avez tout le mal français en une phrase. Cette grande bringue maladroite et empruntée était entrée dans l’administration française sous le patronage d’un révolutionnaire enragé. D’où peut-être, si l’on étend cette référence, l’incapacité de notre classe dirigeante – faite d’énarques – à gouverner le pays en bons pères de famille, comme on le dit dans les contrats d’assurance. Nous avons commis l’immense bêtise de confier notre destin à une bande d’incapables enragés. J’ai connu beaucoup d’énarques. Ce n’était pas de mauvaises personnes, en apparence, Mais dès qu’on les laissait faire, la rage sourdait sur leurs lèvres.

Dans un autre genre, les New-Yorkais viennent eux aussi de faire une grosse bêtise en confiant les clés de leur cité à un musulman militant, issu d’une famille d’intellectuels et d’artistes indiens mais enragé de n’être pas clair de peau ni issu d’une famille américaine. C’est curieux cette façon qu’a l’humanité de multiplier les stupidités et les imprudences au lieu de gérer sagement le patrimoine que deux millions d’années ont construit. La IIIe République française avait, pendant quelques dizaines d’années, ressuscité le cursus honorum de l’antiquité romaine en ne promouvant ses responsables qu’à la condition qu’ils eussent fait leurs preuves au fil des ans. Ce qui n’empêcha pas la République de sombrer en quelques heures en 1940. « La mer toujours recommencée », disait Paul Valéry. Il en va de même pour la connerie.

Ce que nous apprennent ces épreuves toujours recommencées, c’est que l’homme doit avoir une attitude modeste. Les fanfarons et les dictateurs encombrent les pages d’histoire et n’ont laissé aucune trace valide dans la civilisation humaine. Un bon exercice appliqué consisterait à observer la crise français actuelle et le comportement de ceux qui y interviennent. On dénoterait une propension au délire permanent qui est le propre des maladies mentales. Nos dirigeants ne sont pas tous fous à lier, mais certains mériteraient d’être empêchés de nuire. Il n’y a hélas pas d’autorité capable de procéder à ce traitement salutaire, puisque le premier de nos élus serait lui-même susceptible de figurer sur cette liste et que tous ceux qu’il a promus ne valent guère mieux. Je me souviens de ce que me disait Pierre Messmer : « Il est vrai qu’on n’a pas de chance en ce moment ».

Puisqu’on en est aux premiers ministres, Raymond Barre, que je voyais régulièrement, ne manquait jamais de s’écrier : « Il faut arrêter de dépenser ! ». Déjà ! Cela n’a jamais cessé depuis et nous en sommes à 3500 milliards de dette, sans compter la dette hors-bilan, constituée essentiellement des engagements de retraite, mais qui vient d’être rayée d’un trait de plume par le directeur de la Banque publique d’investissement, Nicolas Dufourcq, un énarque bon teint, pour qui ces engagements n’en sont pas puisque, contrairement à  l’idée des Français, la retraite par répartition ne leur a jamais rien promis ! Cela fait bien longtemps que j’en avais prévenu nos compatriotes, mais je me heurtais à l’incrédulité générale, qu’incarnait à merveille cette journaliste de l’AFP qui, face à mes arguments, m’assénait : « Monsieur, les retraites seront payées ! » Je n’ai pas conservé ses coordonnées, les jugeant inutiles. Cela ne me prive que d’un petit plaisir.

La situation de la France n’est pas grave mais désespérée. Elle n’est pas grave puisqu’on peut parfaitement se délivrer de l’endettement par une sévère politique d’économies, mais elle est désespérée puisque personne dans la classe politique en veut en faire. L’espoir ne renaîtra que par un changement de classe politique. La méthode consiste soit dans des élections, soit dans une révolution. Les Français ont le choix. L’essentiel est qu’accède au pouvoir une nouvelle équipe, conduite par un vrai leader – qui peut être une femme – et qui se soit engagé devant le peuple à conduire fermement le redressement national. Je ne doute pas du soutien largement majoritaire des Français, qui ont parfaitement compris ce que les politiciens actuels ne veulent pas voir et dont l’exaspération monte au fil des jours sans réforme.

Ce dont il va falloir se débarrasser en toute priorité, c’est de la société d’assistance, dont la méthode peut se résumer par la formule « un problème, une subvention ». On ne résout rien ainsi. Au contraire, on fixe le problème, qui ne cesse ensuite de s’aggraver. Disons-le avec force : on ne vit pas bien dans une telle société, qui fait honte aux citoyens courageux sans jamais satisfaire les assistés. Le fait d’avoir élu Emmanuel Macron en 2017 a été une véritable catastrophe. Rien dans sa vie ne le disposait à représenter les Français. Il n’était pas des leurs, mais une pièce rapportée venue de nulle part et n’allant nulle part. Son élection a été le fait de quelques conseillers occultes qui se sont pris pour des visionnaires, alors qu’ils n’étaient que des visiteurs du soir emplis de leur importance pourtant ténue. Comment un peuple peut-il faire fausse route à ce point ? Probablement en laissant n’importe qui faire n’importe quoi. Napoléon demandait, en nommant un général : « A-t-il de la chance ? «  Aujourd’hui, en nommant un président, on devrait se poser la question : « Est-il capable ? »

Claude Reichman

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Une majorité de droite pour faire reculer l’Etat !

Une majorité de droite pour faire reculer l’Etat !

Certains oiseaux sont si petits qu’ils trouvent abri dans une rose. Certain humains sont si stupides qu’ils trouvent refuge à l’Assemblée nationale. La nature est pleine d’inspiration. Pour le meilleur et pour le pire. Le malheur de l’homme vient de la taille de son cerveau. La cavité crânienne est passée de 400 cm3 à 1400 cm3 en moins de deux millions d’années, et le cerveau l’a aussitôt remplie. Depuis il mouline. Il a inventé pléthore de religions, et le moteur à explosion, qui a voué le cheval à des missions décoratrices, après ses cinq mille ans de bons et loyaux services. Et voilà que l’intelligence artificielle va rendre la nôtre inutile. Je résume évidemment.

Heureusement, il nous reste l’attirance des sexes. Rien à faire. Vous mettez des humains tout près les uns des autres, et ils vont rapidement s’accoupler. Le résultat est plutôt positif : huit milliards d’humains sur terre. Il y eut un certain Malthus qui s’inquiéta pour beaucoup moins que cela. Il fut finalement rejeté par la majorité qui préférait s’accoupler que de se restreindre. On a un petit écho de ce débat en France où une majorité politique préfère dépenser plutôt qu’économiser et fait des dettes aussi facilement que des enfants. Tout cela finalement n’a pas grand-chose à voir avec ce que l’homme a fait de meilleur, la civilisation occidentale. Les instincts continuent de régner sur terre. Pour ce qui est des animaux, rien à dire, ils ne sont pas construits pour se civiliser, ils ont seulement des instincts assez modérés qui ne les rendent féroces que si la faim les tenaille. Pour ce qui est des humains, c’est autre chose.

Au fond tout cela nous fait constater que la sagesse n’est pas la qualité dominante de l’homme. Depuis que les Grecs du VIe siècle avant notre ère, en Ionie, aient décidé d’apprendre à raisonner et y soient admirablement parvenus, les progrès ont été minces. La raison de cette défaite de l’intelligence, c’est la passion. Elle est une composante essentielle de l’esprit humain. Essayez de raisonner un homme pris de passion, ou une femme d’ailleurs. Vous n’y parviendrez pas. En ce moment, à l’Assemblée nationale française, il y a une femme blonde  qui hurle qu’il faut prendre les économies des gens. Même Cyril Hanouna, qui n’a peur de rien, dit qu’elle lui fait peur. On dirait bien à Hanouna d’user de son charme pour l’apaiser, mais ce serait peine perdue. Et si certains humoristes se pointaient chez elle en criant qu’ils viennent saisir ses économies, ça ne marcherait pas non plus, car, comme tous les gens de gauche, elle a appris à se peindre en victime et hurlerait aussitôt à tous les échos que l’extrême droite l’étrangle. De son métier, cette femme est fonctionnaire territoriale. Il devait y avoir une sacrée ambiance dans les bureaux.

Une société occidentale ne peut fonctionner selon ses propres critères que si elle ne prélève pas plus du tiers des ressources de l’Etat. Au-delà, on donne à n’importe quel groupe les moyens d’influer de façon non démocratique sur la politique globale. Les nazis étaient devenus tout puissants en Allemagne par leurs poids électoral, alors même qu’ils n’avaient recueilli que 33 pour cent des suffrages. Bien que minoritaires en voix, ils avaient prise sur les mécanismes d’un Etat contrôlant 48 % des dépenses publiques. On sait ce qu’ils en ont fait.

En France, les dépenses publiques ont atteint près des deux tiers de la production. La démocratie est donc hors de contrôle. La bataille qui se livre actuellement à l’Assemblée nationale n’a pas pour but de réduire le défit et la dette, mais de s’assurer le contrôle de l’Etat et donc le pouvoir. Celui-ci ne pourra être digne d’un Etat occidental s’il contrôle autant de richesse publique. Encore faut-il dire, en parlant de richesse, que celle-ci est faite chez nous de plus de déficits que d’avoirs. Mais tant qu’on fait crédit à la France, le gouvernement peut gouverner, fût-ce très mal.

La seule majorité politique possible en France est une alliance entre le RN et ce qui reste du parti gaulliste, LR. En vingt ans, le rapport de forces s’est inversé. Les anciens gaullistes, quand ils étaient les plus nombreux, se refusaient à toute alliance à droite. Ils vont devoir en rabattre s’ils ne veulent pas disparaître. Toute la question actuelle est d’ailleurs dans cette alternative. Une nouvelle majorité de droite ne peut avoir pour programme que de faire reculer l’Etat. Aucun des deux partenaires de cette encore hypothétique alliance n’y est vraiment prêt. Ils vont devoir se faire violence ou se résoudre à un chaos dont nul ne sortira vainqueur.

La seule recette victorieuse ne peut consister qu’en une réflexion vigoureuse sur la société dans laquelle nous voulons vivre. Une société de liberté est sans aucun doute celle que les Français préfèrent. Il va falloir pour cela renoncer à l’Etat providence et se borner à l’Etat charitable, c’est-à-dire à n’aider que les personnes dans le besoin. Mais pour commencer il faut concevoir un dispositif d’aide aux retraités dont les pensions auront diminué en raison de la baisse du nombre de cotisants du système de répartition. Ce secours devra être provisoire, jusqu’à la fin de ce système. La nouvelle retraite sera libre, fournie par des mutuelles ou des assurances, et consolidée par un large accès à la propriété. Au fond, il ne s’agira que de se ranger sous la bannière des Droits de l’homme et du citoyen de 1789, qui reste la pierre angulaire de notre Constitution.

Claude Reichman

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Les Français sont-ils devenus bêtes ?

Les Français sont-ils devenus bêtes ?

Ce qui est arrivé aux Français me consterne : ils sont devenus bêtes ! Comment une telle catastrophe a-t-elle pu se produire ? Entendons- nous bien : jamais je n’ai pris mes compatriotes pour des imbéciles. Bien au contraire. J’ai toujours su que le peuple est intelligent. Ne serait-ce que parce que j’ai vécu avec lui. Certes j’ai fait des études universitaires et j’ai eu la chance d’avoir des parents qui aimaient la culture, mais j’ai joué au foot, j’ai eu des copains de tous les milieux, j’ai passé plus de deux ans à l’armée, bref j’ai vécu comme tout le monde. Et j’ai soigné assez de gens pour connaître bien mes semblables.

Tout cela étant dit, force m’est de constater que face à une situation politique devenue complexe à force de divisions, les Français ne savent plus à quel saint se vouer et racontent vraiment n’importe quoi. Pas sur tous les sujets. Sur l’immigration, l’insécurité, les mœurs, ils savent très bien à quoi s’en tenir. Certes le pouvoir ne les entend pas, mais ils sont convaincus que les évènements finiront par leur donner raison. Là où les choses se gâtent, c’est sur les sujets économiques. Il faut reconnaître qu’il s’agit là de domaines où le simple bon sens ne suffit pas. Certaines connaissances sont nécessaires si l’on ne veut pas dire trop de bêtises. Et surtout il faut être assez informé pour connaître les dessous de certaines politiques. On en arrive donc au problème de l’information, et c’est là que les choses se gâtent.

L’information, en France, s’est figée. Une caste règne sur les médias d’information, faite de milliardaires (très peu) et de simples journalistes ayant trouvé une place et tremblant de peur de la perdre. De ce fait, plus rien ne bouge. Faire passer une information est aussi simple que difficile. N’importe qui peut diffuser ce qu’il veut sur les réseaux sociaux, mais ceux-ci n’ont finalement pas beaucoup d’influence, sauf quand il s’agit de propos haineux, diffamatoires ou d’affaires de mœurs. Il en va tout autrement des sujets sérieux. Là l’effet mainstream joue à fond. L’encadrement des rédactions fait que toute information dérangeante est aussitôt bannie. Les journalistes qu’on voit à l’antenne ne sont pas les vrais décideurs des informations ou des opinions qu’ils diffusent. Tout a été préalablement passé au crible de rédacteurs en chef que l’on ne connaît pas et dont on ne sait pas à quelle tendance ils se rattachent. Tout au plus sait-on qu’ils font tout ce qu’ils peuvent pour ne pas déplaire à l’actionnaire du média qui les emploie.

Les quelques milliardaires qui détiennent les principaux médias n’ont pas d’opinions tranchées. Tout au plus ne veulent-ils pas faire exploser la société française et la classe politique. Sans avoir à donner leurs consignes, ils sont compris à demi-mots et à quart de sourires par les rédacteurs en chef, qui ont à arbitrer entre les informations et les commentaires. Et c’est ainsi que rien ne bouge. La France s’est mise dans de beaux draps ces dernières années. Elle cumule une énorme dette publique, une économie brisée par la concurrence internationale et une population immigrée comptant environ vingt millions de personnes de civilisation musulmane. C’est dire qu’à tous ces maux il faut d’urgence trouver remède. Mais comme personne n’est d’accord sur des mesures radicales, qui seules pourraient avoir un effet bénéfique, on ne fait rien et la situation s’aggrave.

Ajoutons à ce tableau un président de la République en bout de course, des politiciens divisés et le plus souvent épuisés de devoir tenir des propos stupides à force de démagogie, et vous avez ce que les policiers appellent une scène de crime. A ceci près que le crime n’a pas encore eu lieu. Mails il va venir, cela tous les Français en sont sûrs. Quand De Gaulle est revenu en 1958, il a tout d’abord rétabli l’ordre et relancé l’économie. C’est exactement ce qu’il faut faire aujourd’hui. Pour ce qui est de l’ordre, les mesures à prendre sont très classiques et parfaitement connues des responsables. Il leur suffit d’être soutenus par le gouvernement et l’ordre se rétablira car nos forces de sécurité sont tout à fait aptes à leur mission. Il en va tout autrement de l’économie. Là nous avons à faire à un Himalaya, pour reprendre le mot de Bayrou, seule trace de son  passage à Matignon.

Le système social français est évidemment responsable de la crise économique. Personne ne peut en douter. On pouvait entendre ces jours-ci le responsable de la stratégie d’Airbus expliquer devant le Sénat qu’avec des salaires grevés de 50 % de charges sociales, la France ne pouvait pas soutenir la concurrence de l’Espagne, l’Allemagne et la Grande-Bretagne. Cela, tout le monde le sait et tout le monde le dit. Mais personne ne fait rien. Qu’attend-on ? L’explosion finale de l’économie française avec ses millions de victimes ?

Alors ce n’est pas en criant qu’il faut faire payer les riches ou traquer la fraude qu’on s’en sortira. Certes il y a des riches (encore un peu en France) et de la fraude, mais ni les uns ni l’autre n’expliquent notre mal. Celui-ci est dû à notre organisation sociale, qui est à changer de fond en comble. Cela demande seulement un peu de clairvoyance et de détermination. Et très probablement aussi le renouvellement d’une classe politique usée par l’impuissance. Et alors, vous verrez, tout d’un coup les Français redeviendront intelligents. Ce qu’ils n’avaient jamais cessé d’être. Mais sans oser le montrer !

Claude Reichman

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Un truc de dingue !

                                                                               Enfin !

Cela fait plus de vingt ans que je clame sur tous les toits : le système français de retraite va s’effondrer, faute de cotisants. On n’a pas voulu m’entendre, comme si se boucher les oreilles était la bonne façon de réagir. Aujourd’hui, des voix officielles s’élèvent pour confirmer mon pronostic. C’est le cas de Nicolas Dufourcq, directeur général de la Banque publique d’investissement, qui, dans une interview à BFM Business, s’écrie qu’on “a créé un truc de dingue”. Le pauvre homme s’en félicite, parce que ce système  est généreux ! Générosité d’énarque, qui  disparaîtra des radars le jour où les retraités miséreux chercheront des responsables. En attendant savourons ses propos … avec l’amertume qui convient !

Claude Reichman

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“‘J’ai cotisé donc j’ai le droit’ est une idée fausse”: pour le patron de Bpifrance, le système de retraite par répartition est mal compris par certains Français

Nicolas Dufourcq, le directeur général de la Banque publique d’investissement, appelle à “dépolitiser” le débat sur les retraites et insiste sur sa dimension démographique.

Le débat sur les retraites est obscurci par une confusion selon Nicolas Dufourcq. “On a mis dans la tête des Français qu’ils avaient cotisé et qu’ils avaient donc droit (…), mais ce n’est pas le principe” d’un système de retraite par répartition, a estimé le directeur général de Bpifrance sur le plateau de BFM Business, ce mercredi 15 octobre, alors que le gouvernement de Sébastien Lecornu a annoncé la suspension de la très impopulaire réforme de 2023.

Dans un système par répartition, “les retraites sont des dépenses publiques annuelles, financées par des prélèvements annuels. Ce n’est pas parce que vous payez beaucoup de cotisations dans votre vie que vous en bénéficierez, ce n’est pas vrai”, a insisté Nicolas Dufourcq, qui publie un nouveau livre intitulé La dette sociale de la France 1974-2024 (Odile Jacob).

La retraite par répartition, c’est pas du tout comme une assurance privée où vous avez un lien de causalité absolument direct entre le volume cotisé et ce que vous allez recevoir. Les critères sont révisés régulièrement, ils n’ont pas cessé de changer depuis les années 1970″, a rappelé le directeur général de Bpifrance, passé par le cabinet du ministre des Affaires sociales au début des années 1990.

En effet, alors que les taux de cotisation des salariés du privé ont doublé depuis 1975, les pensions et le niveau de vie relatifs des retraités sont amenés à se réduire progressivement, comme l’a expliqué BFM Business. Ainsi, alors qu’un actif de la génération 1940 aura cotisé en moyenne 18,8% de son salaire brut au cours de sa carrière, sa pension de retraite équivaut, en moyenne, à 77% de son revenu d’activité (il s’agit du taux de remplacement), selon les analyses du Conseil d’orientation des retraites.

Au contraire, alors qu’un actif de la génération 1980 cotisera en moyenne 27,9% de son salaire brut, son taux de remplacement ne sera que de 68,9%. Ce taux de remplacement baissera encore pour les générations suivantes. De ce fait, le niveau de vie relatif des futurs retraités va progressivement décroître alors qu’ils cotiseront davantage, en proportion de leurs revenus, que leurs aînés.

“Prise de conscience tardive”

Pour Nicolas Dufourcq, le débat actuel sur les retraites s’inscrit “dans la très longue histoire de la prise de conscience très tardive du vieillissement du pays. La France a pris un énorme coup de vieux”. Le haut fonctionnaire estime nécessaire de “dépolitiser” ce débat, qui relèverait avant d’une “question démographique”.

“Félicitons-nous d’avoir créé un truc de dingue, où le sans-domicile fixe et le grand bourgeois sont soignés de la même manière à l’hôpital avec un reste à charge de 5%, le plus faible du monde, avec les retraites les plus généreuses d’Europe (..). Mais ce système est menacé dès lors que l’économie ne croît pas aussi vite que les dépenses sociales. Il faut ralentir leur croissance”, estime Nicolas Dufourcq.

Les Français sont très pessimistes sur l’avenir de leur système de retraies. Près de trois quarts des Français (73%) pensent que le système de retraite par répartition n’existera plus ou “probablement” plus en 2050, selon un sondage Toluna/Harris Interactive dévoilé ce mercredi pour le Haut commissariat à la stratégie et au plan. D’ici dix ans, en 2035, plus de sept Français sur 10 pensent que ce système “se sera dégradé”, selon l’enquête.


Pierre Lann

 

 
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Un tabou français !

Un tabou français !

Cette mère de famille marseillaise circulant avec son jeune fils dans un bus y rencontra une amie. « Je viens de chez le docteur avec mon petit », lui dit-elle. « Qu’est-ce qu’il a ? », s’enquit la voisine. « Le complexe d’Œdipe », lui répondit la maman. « Hou la la », fit la voisine. Et d’ajouter : « Qu’est-ce que c’est ? » « Je ne sais pas », dit la mère. Alors la bonne voisine conclut cette discussion par un de ces propos qui ramènent la paix dans les âmes : « L’essentiel, c’est qu’il aime bien sa maman. » Je repense à cette histoire chaque fois que j’entends un débat sur les chaînes d’information à propos de la situation de la France. Impossible d’y trouver le moindre propos ouvrant la perspective de solutions. Mais des intervenants qui finalement se trouvent bien à discuter ensemble. « C’est l’essentiel »,  dirait la bonne dame de Marseille.

Aucun des participants à ces débats n’est stupide. Bien au contraire. Mais ils sont tous frappés de paralysie. Pourquoi ? Parce que la société française comporte des interdits. Exactement comme une société primitive. Non qu’elle le soit demeurée, mais parce qu’un tabou produit toujours le même effet, quelle que soit l’époque et le sujet. Le vingtième siècle a été marqué en Europe par le communisme. Il a régné sous sa forme soviétique sur toute l’Europe de l’Est et a profondément imprégné l’Ouest, qui pourtant ne s’était pas laissé conquérir par l’armée rouge, grâce à la présence de l’armée américaine.  Les meilleurs intellectuels de l’Ouest eurent un seul souci. Non pas l’existence de Dieu, mais leur rapport au communisme, entendu comme un rapport essentiel au peuple.

Or le peuple, partout, était victime du communisme. Il ne fallait donc pas faire la moindre concession intellectuelle à ce dernier, mais le combattre avec la dernière énergie. Le Figaro célèbre la mémoire de Raymond Aron, qui illustra ses colonnes pendant les décennies d’après guerre. Aron éprouvait de la répulsion et en même temps de l’attirance pour le communisme. Il n’y céda jamais mais son message en fut marqué. Et de toute façon l’immense majorité des intellectuels français penchait pour le communisme. De ce fait la politique française ne fut jamais qu’un succédané du communisme, tandis que le libéralisme apparaissait comme un produit étranger, importé des Etats- Unis.

Il ne faut pas s’étonner que la Sécurité sociale ait pu marquer de son emprise la société française. J’ai retrouvé dans mes archives un document de campagne de Georges Pompidou pour l’élection présidentielle de 1969. Pas un mot sur la Sécurité sociale. Pourtant deux ans auparavant celle-ci avait fait du souci à Pompidou, alors premier ministre, en raison de ses déficits récurrents et sans cesse augmentés. Il avait cru se débarrasser du problème en confiant à Jeanneney le soin de la réformer par ordonnances, réalisant ainsi la prédiction de Frédéric Bastiat qui voyait dans l’intervention de l’Etat la fin du mutualisme. Mais Pompidou n’avait pas compris que ce monstre communiste allait, quelques décennies plus tard, entraîner la Ve République dans la tombe. C’est ce que nous vivons actuellement.

Evidemment, tout le monde vous dira que la Sécu c’est bien, parce qu’elle nous protège. Je vois parfois à la pharmacie de bonnes bourgeoises des beaux quartiers de Paris faire tamponner soigneusement une ordonnance de six sous pour bénéficier de leur remboursement. Elles ne se rendent même pas compte de l’incongruité de leur conduite. Mais que voulez-vous, la gratuité est une maladie inguérissable, sauf par un traitement radical de suppression. Supprimer la Sécu n’est pas supprimer l’assurance. Il s’agit de la remplacer par une assurance moderne et bien gérée et ne donnant pas prise à tous les abus. De plus la Sécu, c’est aussi la retraite. Celle-ci agonise faute de cotisants. La remplacer par un système de capitalisation qui fera du smicard un retraité aisé est une action de salubrité publique. De quoi la France a-t-elle peur ? De l’aisance et de la liberté ?

On attend en France que tous les citoyens se lèvent pour exiger la liberté de la protection sociale. C’est un combat déjà gagné, puisque les lois instituant la liberté figurent toutes au Journal officiel. Il ne s’agit que d’un combat contre un pronunciamento politique et judiciaire dont les auteurs méritent la prison. Un peuple doit savoir sévir contre ceux qui le trahissent. L’histoire est plus que sévère envers les nations qui ne révoltent pas contre ceux qui les malmènent. Pour faire écho à l’histoire marseillaise que je vous ai narrée en commençant, sachez qu’un éminent journaliste économique a réalisé une émission  sur une de mes conférences de liberté et que pour la faire passer sur la chaîne publique où il officiait, il a dû faire en sorte qu’elle ne figurât pas au programme. Elle a quand même été diffusée.  Oh bonne mère !

Claude Reichman

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En finir avec la tyrannie du statu quo !

En finir avec la tyrannie du statu quo !

La Ve République se meurt de son incapacité à régler son principal problème. Ce que les citoyens attendent du pouvoir, en démocratie, c’est qu’il les protège des catastrophes quand elles sont prévisibles. Rien de plus prévisible que le déficit budgétaire. Il résulte évidemment de l’excès des dépenses par rapport au montant des recettes. Concernant la France, les dépenses principales sont dues au système social, qui représente près des deux tiers du total. C’est beaucoup plus que dans les autres pays et cela fait de la France une sorte de paradis pour ceux qui veulent vivre du travail d’autrui. Evidement on ne présente jamais cette situation ainsi. On serine à qui veut l’entendre qu’il s’agit de générosité, voire de charité et l’on se décerne des prix de vertu.

Ce système est né de l’industrialisation, qui a poussé des masses de paysans vers les villes, où les attendaient des multitudes d’emplois, mais où n’existait plus l’environnement familial et sa protection, et de sa généralisation à la Libération, sous l’influence du parti communiste, fort de ses 28 % de voix aux élections et des armes qu’il détenait depuis la guerre. Les partis politiques français se sont tous ralliés à ce système social, et il n’a eu aucune difficulté à étendre ses limites jusqu’à embrasser toute la vie de la nation. On en est là.

Si bien que le problème se résume à la question suivante : comment s’en débarrasser ? Car le simple examen de la situation du pays montre que plus rien n’est possible en France sans supprimer le système social et le remplacer par la liberté économique, qui est parfaitement apte à protéger les citoyens et qu’on peut augmenter de quelques mesures de solidarité envers ceux qui en ont besoin. Le blocage résulte bien entendu des syndicats, qui gèrent le système en parfait accord avec le patronat qui s’en plaint mais qui y a trouvé une sorte de paix sociale parfaitement illusoire mais rassurante pour lui.
Et les 17 millions de Français retraités, qui ne se voient pas vivre sans leurs pensions, ne poussent évidement ps au changement de système.

On peut dire du mal de la construction européenne, mais elle a eu au moins le mérite de créer le marché unique et la concurrence généralisée. La France s’y est opposée de toutes ses forces, au nom d’on ne sait quoi, sans doute « la tyrannie du statu quo «  (Milton Friedman), moyennant quoi elle est restée figée dans son système social et a progressivement perdu pied, jusqu’au moment où son régime politique s’est effondré par incapacité de résoudre les problèmes du pays. Aujourd’hui, notre classe politique ressemble à un vaste poulailler où des renards affamés croquent les poules les unes après les autres, tandis que les coqs, dressés sur leurs ergots, ne font plus peur à personne.

On n’en finirait plus de recenser les erreurs et les occasions perdues au fil des décennies qui ont empêché la réforme. La lucidité des élites n’a pas été au rendez-vous. Le régime politique de la Ve République en est le principal responsable. Quand on s’amusait à dire au général de Gaulle « mort aux cons », il répondait en souriant « vaste programme ». Malheureusement, il n’a jamais ajouté cette œuvre à son programme. Et les cons ont survécu à tous les avatars, sûrs de pouvoir résister à tout au nom de la prééminence de l’Etat.

Les occasions de réforme n’ont pas manqué. Mais à chaque fois un mauvais réflexe a mis fin aux espérances. Parfois même un accident stupide. Mon ami le docteur Belot s’est tué  en tracteur alors qu’il mettait en place le secteur libre de la médecine, que j’appuyais auprès de Raymond Barre. Le secteur libre a quand même vu le jour, mais n’a pu se généraliser alors que c’était sa vocation. Et le blocage des prix n’a survécu que pour la Sécurité sociale alors que nous l’avions fait supprimer pour toute l’économie en obtenant l’abrogation des ordonnances de 1945 qui l’établissaient. Ce fut de la part des pouvoirs publics français une action délibérée. Ils tenaient à la Sécu comme à la prunelle de leurs yeux. Ils s’en rendirent aveugles !

Les grandes querelles de l’histoire finissent parfois bien. Thémistocle sut arrêter Xerxès 1er à Salamine alors que le déferlement des troupes perses menaçait tout développement futur de l’Occident. D’autres vaillants guerriers arrêtèrent les Arabes à Poitiers et les Ottomans à Vienne, et l’oncle Sam, aidé de quelques nations courageuses, mit fin au régime nazi allemand. Mais que d’erreurs et d’échecs ont ruiné les espoirs des peuples civilisés ! La France est aujourd’hui en situation de sauver la civilisation occidentale ou de la perdre. Car l’effondrement français causerait un tort irréparable au monde libre. Notre orgueil national n’est justifié que par la société de liberté qu’il a éminemment contribué à bâtir. Si nous devions nous assimiler à ses destructeurs, nous serions honnis au concert des nations.

Macron est arrivé au pouvoir en France par la trahison des juges, qui ont éliminé celui qui devait gagner l’élection de 2017. Il a su se maintenir en 2024 par l’insuffisance de sa rivale. Mais il n’y a plus de temps à perdre. Macron doit partir au plus vite et la France se doter d’un président digne d’elle. C’est tout l’enjeu des jours et des semaines qui viennent.

Claude Reichman

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Un plan de redressement national !

Un plan de redressement national !

Il est étonnant qu’un pays comme la France, riche d’une éminente tradition intellectuelle et d’universitaires de renom, ne soit pas capable d’imaginer des solutions à ses problèmes. Tout jeune lycéen français connaît la vertu dormitive de l’opium, que lui a enseignée Molière, et en a ri de bon cœur avec ses maîtres, mais arrivé à l’âge adulte et confronté, en citoyen, à l’effondrement des finances publiques, il ne trouve pas dans les livres ou dans le débat public de formule, latine ou non, qui lui apporte des solutions. Certes il y a l’effet bénéfique des économies budgétaires, mais celles-ci sont comme la mer de Valéry, « toujours recommencée ». Alors on sombre et on sombre encore, l’essentiel étant que nous sombrions ensemble.

J’entends certains tribuns de micro clamer qu’il faut « changer de logiciel ». Cette expression a tout le prestige du langage informatique, mais tant qu’on ne l’a pas définie, elle reste vide de sens. Alors tentons d’en proposer un. Le logiciel est ce qui conduit le fonctionnement du système. Il est évident qu’il ne peut comporter des éléments contradictoires à lui-même, qui le bloqueraient forcément. Tout notre travail d’éclaireur doit donc nous conduire à déceler les éléments de notre logiciel national contradictoires à la société moderne et à proposer de les supprimer.

Le premier d’entre eux est évidemment la Sécurité sociale. Elle est née de la société industrielle, qui a remplacé la société agricole et provoqué un immense mouvement de population des campagnes vers les villes. Privés du soutien familial, les nouveaux travailleurs avaient besoin d’être soignés, aidés familialement et garantis pour leurs vieux jours. On reconnaît là les trois régimes sociaux, maladie, famille, retraite. Leur fondement est évidemment mutualiste, mais dès le milieu du XIXe siècle, le grand économiste Frédéric Bastiat nous mettait en garde contre l’irruption de l’Etat qui détruirait le caractère mutuel de l’institution et la conduirait à sa perte. C’est ce que nous vivons actuellement. Si on avait laissé vivre la Sécurité sociale de ses propres moyens, elle aurait été condamné à se bien gérer ou à disparaître. Mais l’Etat a voulu continuer à la faire vivre « quoi qu’il en coûte ». On voit le résultat.

Le second élément contradictoire est l’Etat, quand son périmètre est si étendu qu’il englobe tous les aspects de la vie des Français. Les blocages qui en résultent sont si puissants qu’ils interdisent toute réforme. On ne peut pas vivre avec eux, il faut donc les supprimer. Mais non, mais non ! hurlent ceux qui y trouvent un bénéfice. Très vite apparaît le cri « faisons payer les riches », qui trouve sans mal des tribuns pour conduire le mouvement. Et c’est ainsi qu’on est incapable de réduire les dépenses et les déficits.

Au point où nous en sommes, nous pouvons arrêter notre recherche. La Sécurité sociale et l’Etat sont à supprimer dans leur état actuel. La Sécurité sociale doit perdre son monopole, et l’Etat se réduire d’un bon tiers. Il ne s’agit pas de mettre un demi-siècle à y parvenir. L’opération doit être faite en urgence. Pour la Sécurité sociale, elle peut être remplacée immédiatement par la concurrence des sociétés d’assurance et des mutuelles, en mettant en place des mécanismes de solidarité pour les personnes n’ayant pu reconvertir leur protection sociale. Pour l’Etat une réduction de 10 pour cent de ses crédits par an pendant trois ans nous mettra au bon niveau. Les personnels dont l’Etat aura dû se séparer trouveront à s’employer dans une société ayant retrouvé son dynamisme et des mécanismes temporaires de protection aideront ceux qui n’y  parviendraient pas.

Ce plan de sauvegarde ne demande pas un concours d’héroïsme, mais de la lucidité et de la détermination, toutes qualités dont notre peuple n’est pas dépourvu. Au lieu de mettre un ancien président en prison, taillons dans les budgets et les structures. Le sentiment de sauver notre  pays encouragera chacun à la persévérance. Et la vue du salut provoquera l’enthousiasme des citoyens. Quand la France se mobilise pour sa sauvegarde, elle est grande.

La partie peut cependant être perdue. Il suffit de laisser libre cours aux passions mauvaises qui font détester son voisin et poussent à la délation de tous par tous. N’hésitons pas à nous en prendre aux mauvais chefs qui poussent aux affrontements. A cet égard, l’exemplarité demandée à un chef n’est pas une simple formule, mais un ardent devoir. Que peuvent bien peser quelques dépenses luxueuses ou quelques médiocres avantages face à l’honneur du dévouement. Ceux qui ne savent pas y renoncer ne sont pas dignes de commander. Enoncer ces simples règles de comportement devrait être inutile. Mais quand la France « s’abandonne », comme le disait le général de Gaulle, certains rappels sonnent comme un avertissement de la destinée.

Claude Reichman

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Sarkozy en prison : il faut juger les juges !

Sarkozy en prison : il faut juger les juges !

En mettant Sarkozy en prison, les juges ont voulu signifier au pays qu’ils sont désormais les maîtres, et que c’est à eux, et non aux politiques, que les citoyens doivent  désormais obéir. Il s’agit d’un coup d’Etat, car ce faisant les juges ont violé la Constitution. En effet Nicolas Sarkozy ne comparaissait pas en tant qu’homme politique, mais en simple citoyen. Et ses droits de citoyen ont été scandaleusement violés.

Notre pays a mis au fronton de sa Constitution la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789. C’est-à-dire le texte fondamental de la Révolution. Cet acte majeur d’un évènement majeur reste aujourd’hui le fondement essentiel de la République. Le Conseil constitutionnel s’y réfère systématiquement, fût-ce pour le détourner parfois au profit de la politique, mais cette faute n’empêche pas les principes de la Déclaration de fonder toute décision judiciaire. Or le tribunal de Paris envoie Sarkozy en prison au mépris de l’article IX de la Déclaration aux termes duquel « Tout homme étant présumé innocent jusqu’à ce qu’il ait été déclaré coupable, s’il est jugé indispensable de l’arrêter, toute rigueur qui ne serait pas nécessaire pour s’assurer de sa personne doit être sévèrement réprimée par la Loi ».

Sarkozy ayant usé de son droit d’appel reste non coupable. Les juges ne pouvaient donc pas le faire arrêter. C’est aussi simple que cela. Ils le savaient parfaitement, mais le laisser en liberté c’était reconnaître qu’il y avait encore des obstacles à leur prise de pouvoir. C’est donc en toute conscience qu’ils ont pris la décision de l’envoyer en prison. Ce viol de la Constitution doit être « sévèrement réprimé». Les trois juges du tribunal de Paris doivent donc être jugés. Ils bénéficieront évidemment de toutes les garanties de notre Etat de droit, mais la République française ne peut se dispenser d’accomplir cet acte fondamental.

La légalité en France n’est plus qu’un cadavre navigant au fil de l’eau comme un chien crevé. Seul un acte fort peut lui redonner vie. L’arrestation arbitraire de Nicolas Sarkozy peut être l’occasion d’accomplir cet acte en la sanctionnant comme la Constitution y oblige. N’y mettons aucun esprit de vengeance. Il ne s’agit que d’appliquer la loi. Jamais la démocratie n’a été plus menacée dans notre pays, en exceptant évidemment la période où il fut occupé par une puissance étrangère. Les citoyens sont unanimes à déplorer cet état de fait, même s’ils sont d’opinions différentes. Mais il n’y a pour l’instant aucun mouvement républicain qui se soit mobilisé pour rétablir la loi en France. Si nos concitoyens ne se saisissaient pas du scandale de cette arrestation arbitraire, nous ne pourrions que basculer dans la violence, que chacun s’estimerait fondé à mettre en œuvre dans l’intérêt de notre pays, alors qu’elle ne ferait que le jeter dans la guerre civile et le pire désordre.

Comment en est-on arrivé là ? Par des décisions aberrantes. Former les juges dès leur jeune âge dans une école spécifique en est une. Juger les autres est la chose la plus difficile au monde. Il y faut de l’expérience et de la connaissance. J’ai eu le privilège de connaître quelques grands magistrats et de parler avec eux en toute liberté. Jamais je n’ai eu l’impression de converser avec des gens d’un autre monde. L’un deux m’a dit en souriant : « Il ne faut pas donner plus de pouvoir aux juges, ils n’en ont déjà que trop ! » Je me rappelle pourtant aussi de cette juge, devant laquelle, avec d’autres membres d’une association qui avait porté plainte, je comparaissais tôt le matin. Quand vint mon tour, je déclarai : « Nous avons porté plainte parce que… » Elle m’interrompit sèchement : « Vous me l’avez déjà dit ! ». En fait je n’avais rien dit, mais elle était très fâchée d’avoir dû se lever tôt.

Il faut supprimer l’école de la magistrature et exiger de ceux qui veulent devenir juge qu’ils aient au moins dix ans d’expérience professionnelle dans un autre domaine. Certains avocats sont devenus d’excellents juges, et certain juges de brillants avocats. Tout n’est donc pas perdu. Il reste pourtant l’essentiel : rétablir la morale publique. Le civisme est une qualité admirable. Il consiste à privilégier l’intérêt public et non les intérêts privés. Mais les intérêts du peuple ne doivent pas être écartés au profit de ceux d’une caste dirigeante. Rien de cela n’est difficile à comprendre, même si c’est difficile à faire. Il y faut des exemples. La France a l’occasion, avec l’embastillement de Sarkozy, d’en avoir un qui l’interpelle. A elle d’apporter une solution digne d’une démocratie. Et de se souvenir de ce mot de Clemenceau : « L’arbitraire ne peut s’arrêter sur sa pente ». Il faut donc l’arrêter.

J’ai aimé la société dans laquelle j’ai grandi. Elle était loin d’être parfaite, mais on respectait les élus. Encore aujourd’hui, les 36 000 maires de France restent des personnages dignes de représenter les citoyens. La France a encore les moyens de se respecter et de respecter ses citoyens. Encore faut-il le vouloir. Et le vouloir en nombre. Un grand mouvement peut naître. Puisse-t-il prospérer pour que tous ensemble nous criions à nouveau « Vive la France ».

Claude Reichman

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Le beau royaume perdu !

Le beau royaume perdu !

Voici comment une société se détruit. Le jeu de boules est apprécié en France. Il se pratique sous deux formes : la pétanque et la lyonnaise. Les boules de pétanque sont plus petites et moins lourdes que les boules lyonnaises. Le jeu lyonnais, qu’on appelle aussi la longue, se pratique sur un terrain régulier, tandis que la pétanque peut se jouer au milieu des cailloux. La pétanque a plus d’adeptes parce qu’elle peut se pratiquer partout et ne requiert pas de terrain approprié. Ce jeu, qui est aussi un sport, est synonyme chez les Français de liberté et de vacances, ce qui le rend très populaire.

Très contesté en raison des médiocres résultats de son action, le parti politique au pouvoir eut une inspiration : pourquoi ne pas décréter le jeu de boules sport national et étendre sa pratique à toute la population pour la ramener à de meilleurs sentiments ? L’idée enthousiasma la classe politique majoritaire qui voyait poindre à l’horizon des jours heureux où ces maudits électeurs ne penseraient qu’à jouer aux boules au lieu de se disputer et d’engueuler les ministres. Les partis minoritaires furent très critiques, mais ne contestèrent pas vraiment la décision, se disant qu’elle finirait par leur bénéficier le jour où ils gagneraient les élections.

La première mesure prise fut d’imposer à toute la population l’achat de deux paires de boules par adulte et par enfant de plus de huit ans, une paire de boules de pétanque et une paire de lyonnaises. Les fabricants de boules connurent une expansion spectaculaire de leurs affaires, d’autant que faisant exception à la règle concurrentielle internationale pour cause d’intérêt national, les boules françaises furent seules autorisées à la vente. D’interminables queues se formèrent devant les magasins autorisés à vendre des boules, car chacun en France voulait être un bouliste responsable comme les émissions de télévision y poussaient, et le simple fait de ne pas posséder de boules faisait de vous un citoyen de seconde zone.

« Vous avez vos boules ? » se lançaient joyeusement les Français les uns aux autres, et ceux qui ne les avaient pas encore faisaient piteuse mine. Il y eut cependant un grand débat dans l’opinion sur les aides à accorder pour l’achat de boules. De larges crédits d’Etat furent votés dans l’allégresse par le parlement pour qu’aucun Français, même de très modeste condition, ne fût privé de boules. « La démocratie respire ! » s’enthousiasma le ministre des boules récemment nommé. Ses collègues du gouvernement l’envièrent et même le détestèrent, tout en lui faisant bonne figure car en politique on ne sait jamais.

Les compétitions commencèrent. Il s’en organisait partout. Dès le petit matin, on descendait de chez soi boules en main à la recherche de partenaires, et de superbes parties se déroulaient dans le moindre endroit libre, avec parfois à la clé des enjeux financiers le plus souvent modestes mais parfois clairement dispendieux, de sorte que le gouvernement dut prendre des décrets limitant les mises, ce qui n’empêchait pas les montants clandestins. Bref, la France restait elle-même. Très vite la presse interpella les ministres, leur demandant si eux-mêmes participaient aux compétitions. Aucun d’entre eux n’osa répondre par la négative, ce qui n’empêcha pas les fins limiers des médias de les traquer jour et nuit pour s’assurer qu’ils remplissaient bien leur devoir patriotique et ne faisaient pas semblant en se baladant un étui de boules à la main au gré de leurs inaugurations.

L’économie du pays se ressentit fortement de la passion boulistique des Français. Ceux-ci ne travaillaient plus, à l’exception des vendeurs de boules et de leur personnel, qui néanmoins reçurent de fort belles compensations en augmentant régulièrement le prix des engins ronds, que nul acheteur ne contestait de peur de ne pas être servi. Les boules coûtaient si cher que le gouvernement envisagea de bloquer leurs prix. Le peuple hurla son mécontentement, car tout le monde n’était pas encore pourvu. « Comment, s’écrièrent les éditorialistes, on n’a pas abrogé les ordonnances de 1945 sur les prix pour en revenir à ce blocage primitif qui va empêcher les Français de s’amuser ! »

Il faut dire que le droit à l’amusement avait été inscrit dans la Constitution, en s’appuyant sur l’exemple illustre du général de Gaulle captant le ballon dans la tribune officielle lors de la finale de la Coupe de France. Tout allait fort bien dans notre beau pays lorsque les habituels mauvais coucheurs s’avisèrent d’être violents et balancèrent des boules sur tout ce qui bougeait. On eut beau boucler les quartiers difficiles, l’insécurité s’installa et plus personne ne s’avisa de disputer la moindre partie de boules. Le manque de distraction se faisait tragiquement sentir. Plus personne ne riait, plus personne ne lançait de jeu de mots – spécialité française -, plus personne ne faisait le moindre projet, plus personne n’avait de goût à vivre.

Les agences financières avaient depuis longtemps dégradé notre note, les prêteurs internationaux se refusaient à nous prêter le moindre centime, nos régimes de retraite avaient fermé leurs portes et les retraités miséreux n’avaient plus à qui s’adresser, sauf bien sûr à leurs gouvernants, mais ceux-ci avaient depuis longtemps décampé vers les îles heureuses où ils ne régnaient plus que sur quelques indigènes mais goûtaient un parfait bonheur que tempérait à peine le souvenir de leur beau royaume perdu.

Claude Reichman

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La Sécu a détruit la Ve République !

La Sécu a détruit la Ve République !

Les régimes politiques durent en général le temps d’une vie humaine, c’est-à-dire environ 75 ans. La monarchie britannique est l’exception qui, bien entendu, confirme la règle. La Ve République française est aujourd’hui âgée de 67 ans et tout naturellement va vers une fin prochaine. Pourtant son créateur, le général de Gaulle pensait l’avoir dotée de mécanismes lui permettant une longue durée de vie. Mais il n’avait pas prévu les effets délétères de la Sécurité sociale. Il pensait que ce système « était bon pour un million de pauvres types ». A partir du moment où l’on avait étendu à toute la population, la règle de base était transgressée et cette république ne pouvait plus durer au-delà de la moyenne.

La Ve République a eu sa chance. En 1967, la Sécu accumulait les déficits et Georges Pompidou décida de confier à Jean-Marcel Jeanneney une mission de redressement. Il scellait ainsi non seulement le destin de la Sécu, mais aussi celui de l’Etat. A l’époque, on ne lisait guère Frédéric Bastiat. Dès le 19e siècle, celui-ci avait prédit que l’intrusion de l’Etat détruirait le caractère mutualiste de la Sécurité sociale en la coupant de ses adhérents. C’est ce qui s’est passé un siècle plus tard. Aujourd’hui, la Sécu n’est plus qu’un système étatique qui continue d’accumuler les déficits et qui détruit le pays.

Pompidou aurait dû laisser l’administration de la Sécu aux syndicats et la priver de son monopole. Elle aurait ainsi pu survivre ou disparaître, mais elle n’aurait pas détruit la République. De Gaulle était encore en fonction en 1967. Il n’aurait pas dû laisser faire Pompidou. Mais il était vieux et fatigué. Le destin de la République était scellé, mais le Général n’eut pas le chagrin d’assister à son agonie.

Le traité de l’Acte unique européen de 1986 fut la dernière occasion d’éviter la catastrophe. La création d’un marché intérieur dans l’Europe communautaire obligeait les Etats membres à supprimer tout monopole, y compris bien sûr celui de la Sécu, qui appartenait à la catégorie des services. Des directives furent prises par la Commission en 1992 et leur date d’application fut fixée deux ans plus tard. La France les transposa dans son droit interne à la date fixée. Tout se mettait donc en place pour la plus importante réforme sociale depuis 1945, mais un accident de l’histoire survint : la France ne pouvait se résoudre à se priver de la Sécu monopolistique. Notre pays mit en place un dispositif empêchant toute intervention de la Commission pour faire appliquer les directives en installant un Français à la tête du service juridique communautaire et en plaçant des fonctionnaires français à toutes les places décisionnelles de la direction du Marché intérieur à Bruxelles. Le dispositif était parfaitement bouclé, à la française, et il se compléta par la nomination de Michel Barnier, puis de Thierry Breton au poste de commissaire au marché intérieur.

Le président de la Commission européenne laissa faire, moyennant la promesse de la France de le reconduire à son poste. Depuis, il est parti, mais le pacte est resté vivant et peut se résumer ainsi : on ne touche pas à la Sécu. Parmi les derniers épisodes corruptifs, une Légion d’honneur attribuée à une fonctionnaire française de la Commission placée à un endroit stratégique pour bloquer toute application en France des directives de 1992.

La Sécu monopolistique a détruit l’économie française en raison des charges insensées qu’elle impose aux entreprises. C’est aussi simple que cela. Elle a provoqué l’idée folle d’une économie sans usines, permettant d’échapper aux charges en faisant fabriquer en Chine. Elle a multiplié les incitations à délocaliser les entreprises vers des pays plus accueillants que la France, c’est-à-dire des pays normaux. Et aujourd’hui on se lamente en France de la disparition du travail. Sans compter les millions de Français appauvris par des salaires misérables en raison des charges sociales et devenus des manifestants permanents contre les riches et pour l’instauration d’un régime collectiviste.

La représentation politique des frustrés a fait éclater la gauche, et la droite n’a pas davantage résisté à la montée du Rassemblement national dont la seule politique affirmée est la réduction drastique de l’immigration, qui est certainement nécessaire mais qui ne fait pas une politique à elle seule. Jetons un œil sur ce que serait une société sans Sécu monopolistique : des salaires augmentés d’au moins trente pour cent, une consommation renforcée, des retraites garanties, une compétitivité française rétablie, une société apaisée, des perspectives d’avenir pour notre jeunesse, une politique européenne renforcée notamment pour la sécurité du continent. Il s’agit bien de la plus grande réforme depuis la Libération et elle ne  présente aucune difficulté : les textes sont votés, il n’y a plus qu’à les appliquer.

C’est un véritable coup d’Etat que le peuple français a subi et subit encore de ses dirigeants. Dans un pays démocratique, ceux-ci seraient en prison. Et les deux pires comploteurs, Barnier et Breton y seraient depuis longtemps. La Ve République s’est montrée incapable de respecter ses propres lois et d’assurer la prospérité et le bien-être de ses citoyens. Il aurait pu en être tout autrement. Il n’y fallait que de l’honnêteté et du civisme de la part des politiciens. Au moment où la situation politique de notre pays est agitée par des courants malsains et violents, il faut appeler à sa tête des hommes et des femmes dignes de le gouverner. Il y en a. La démocratie joue une carte décisive en France.

Claude Reichman

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L’impôt est l’ennemi de la civilisation !

L’impôt est l’ennemi de la civilisation !

« Je n’ai jamais rencontré une baisse d’impôts que je n’aimais pas. » Cette délicieuse formule est de Milton Friedman, prix Nobel d’économie. Je la fais mienne à cent pour cent. Car si ce cher Milton l’a dite, c’est parce qu’elle est fondamentale. En effet qu’est-ce qui différencie une société de contrainte d’une société de liberté ? Les impôts. Par l’impôt, on vous impose, comme son nom l’indique. Et quand on impose quelque chose à quelqu’un, on lui confisque une part de sa liberté. Evidemment personne de sensé ne dira qu’il faut supprimer les impôts. Ce n’est possible que si l’on vit sur une île déserte après un naufrage. Mais on peut parfaitement les limiter au strict nécessaire. Or la plupart des sociétés font exactement le contraire.

La raison pour laquelle les êtres humains ploient sous l’impôt est tragiquement simple. Dans les dictatures, le souverain a besoin d’argent. Dans les démocraties, le peuple a besoin d’argent. Le rôle d’un chef démocratique est de convaincre le peuple de limiter ses besoins d’argent, à commencer par l’argent qu’il lui faut pour payer ses impôts. C’est aussi simple que cela. Moins d’impôts, moins de besoins collectifs, plus de liberté, plus de joie de vivre. Certains diront que c’est plus facile à dire qu’à faire. Bien sûr. Mais on n’oblige personne à faire quelque chose de difficile. Sauf les esclaves.

Au fond, disait l’historien Jacques Bainville, « tout a toujours mal marché ». Il avait raison. La dictature ne marche qu’un temps la démocratie aussi. Mais la démocratie sait parfois se corriger. La dictature jamais. Et quand celle-ci essaye, elle s’effondre. C’est ce qui est arrivé à l’Union soviétique. Ses vieux dirigeants se sont dit qu’il fallait rajeunir la direction pour survivre. Ils ont installé Gorbatchev. Il était plein de bonnes intentions, Mais ce qu’il voulait, c’était conserver le château. Tout ce qu’il a pu faire c’est de l’abattre.

Les débuts de la démocratie ont eu lieu à Athènes au Ve siècle avant notre ère. Il n’a pas fallu longtemps pour que certains citoyens accaparent le pouvoir en profitant du désintérêt des autres pour la vie publique, puis les querelles et le désordre ramenèrent la dictature. Mais quel mérite eurent les Grecs de concevoir un régime démocratique ! Ils avaient une haute conception de l’homme. Pour la première fois dans l’histoire, l’être humain se regardait comme sacré sans être un dieu. Cela nous est resté. Les protections dont jouissent les citoyens de nos démocraties actuelles sont nées de la conception athénienne du fonctionnement de l’Etat.

Dans la lutte actuelle du dictateur russe contre l’Occident, on retrouve les crises de la Grèce antique, portées aujourd’hui au niveau mondial. Les leçons de paix administrées par nombre d’intellectuels européens sont l’habituelle expression de la faiblesse en temps de crise. Personne ne rêve de partir en guerre, mais un peu de fermeté serait bienvenue. Pour certains, c’est encore trop. Ce n’est même pas qu’ils aient peur. C’est pire. Ils ne se considèrent plus. Et ne se voient plus exister que dans une sorte de cocon où ils sont dispensés de vivre, n’ayant qu’à respirer. On a le droit de leur en vouloir, mais sans les accabler. Dans toute société il y a un pourcentage d’individus voués aux diverses fonctions d’un groupe humain. C’est tombé sur eux. Demain il y en aura d’autres.

Nous avons toutes les raisons d’être fiers de notre ascendance. La Grèce antique, puis Rome nous ont portés sur les sommets de la civilisation, puis nous y avons fait régner la femme par la grâce de l’amour courtois et du culte de la Vierge, avant que ne fleurissent les immenses écrivains des temps modernes, qui ont fait rayonner l’intelligence et le talent jusqu’aux confins de l’univers. Et l’on voudrait nous priver de cet héritage pour complaire à de vulgaires aventuriers de Chine, de Russie ou d’ailleurs ? Nous n’avons rien de commun avec eux, mais leurs peuples nous ressemblent. Nous nous battons pour eux aussi.

La querelle de l’impôt n’est en rien mineure. Elle constitue un conflit de civilisation. Celui qui vous impose, politicien imbu de pouvoir ou obscur scribouillard, ne souhaite qu’extirper de vous la liberté et la dignité que vous avez reçue à votre naissance en héritage d’un passé millénaire, même si vos propres ancêtres ne vivaient pas en Occident. Mais ils ont adhéré à nos mœurs et les font vivre à l’égal de ceux qui peuplaient ces terres de toute éternité. Telle est la règle du jeu dans notre pays, et ceux qui la remcttent en cause n’y ont pas leur place. Il n’y a là aucune xénophobie, aucun racisme, simplement le bon sens qui préside aux conduites humaines.

L’Amérique n’a pas définitivement quitté le camp de la civilisation et de la liberté. Elle est fille de l’Europe et ce n’est pas parce que le grand père de Trump tenait un lupanar que son petit fils peut agir sans morale. Le président des Etats-Unis a un devoir sacré : être digne de son pays. Celui-ci est un Etat occidental est fait partie d’une civilisation exigeante, qu’on ne peut chasser d’un revers de main. Trop de boys sont morts sur notre sol pour défendre notre liberté pour que fassions preuve d’indulgence envers toute personne qui  manquerait de respect à ce que nous avons édifié ensemble.

Claude Reichman

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Rebâtir la France sur un socle de liberté !

Rebâtir la France sur un socle de liberté !

Certains se souviennent du dessinateur Dubout, qui montrait des scènes de grand désordre où une foule d’hommes et de femmes se livraient à des activités qui n’avaient aucun rapport avec une société civilisée, se tirant par les cheveux, s’empoignant acrobatiquement et se cognant les uns aux autres sans savoir où ils allaient. La scène politique française nous offre en ce moment un nouvel épisode à la Dubout. Sur les plateaux de télévision, on débat à n’en plus finir du problème des retraites, sans parvenir au moindre accord.

Faut-il faire payer les retraités aisés pour contribuer à la réduction de nos déficits ? La question est folle. En effet les retraités n’ont rien décidé par eux-mêmes. Ils ont été versés de force dans un système dont on leur a dit qu’il leur verserait, le moment venu, une pension de retraite. Aujourd’hui, ils constatent que les cotisants ne sont plus assez nombreux pour financer les retraites et que le système va rapidement se trouver en faillite. Ils se demandent alors ce qu’ils vont devenir. Et si en plus on veut leur piquer des sous …

Le problème français est que les citoyens ne décident de rien. Pas plus des retraites que de l’assurance maladie ou de l’assurance chômage ou bien encore des impôts. Le parlement émet des votes sans vraiment savoir ce qu’il vote et le petit train de Dubout s’en va gaiement vers Palavas où il s’engloutira dans les flots. Rarement pays a été aussi mal gouverné. Pour être plus précis, il faut dire qu’il n’est pas gouverné du tout. Et pourtant il y a des élections régulièrement, on élit un président de la République des députés, des sénateurs, des conseillers économiques et sociaux, des conseillers régionaux, des conseillers départementaux, des maires, des conseillers municipaux, en gros plus de cinq cent mille personnes, toutes de bon aloi, s’étant illustrées dans la vie locale et nationale, toutes revêtues d’une belle écharpe tricolore, et dont la production est abondante en textes et nulle en résultats.

Sans compter les journaux, les chaînes de télévision, les cycles de conférences, les séminaires de réflexion, et bien sûr les entretiens au café du commerce rebaptisé french pub. Bref, tout le monde discute en France et rien d’utile ne se fait. A ce stade d’impuissance, il n’y a plus qu’un seul diagnostic : ce pays est paralysé. Merci Professeur. Mais que peut-on faire ? Le professeur s’étant longuement gratté la tête finira par dire en hochant la tête : rien !

Le diagnostic étiologique, autrement dit la cause du mal, est pourtant simple. La France souffre des méfaits d’un mariage malsain, celui du socialisme et de l’étatisme. On a marié la folie de l’Etat, née de mille cinq cents ans de monarchie, avec deux siècles de collectivisme engendré par la révolution française telle que détournée par les sans culotte, et rapidement étendue au monde entier, notamment bien sûr à toute l’Europe. C’est la France qui a décroché le pompon comme il se doit au bénéfice de ses parts fondatrices.

Le régime fondé par le général de Gaulle a fini par être calamiteux sous un président improbable, le sieur Macron, qui est accroché au trône comme une arapède et qui réfléchit à la façon de poursuivre après son mandat sa course catastrophique. Le mal français ne pourra être guéri sous Macron. Il y faudra un autre président, moins accroché au pouvoir et libre dans sa tête, c’est-à-dire n’ayant pas subi le cursus de fonctionnaire. Une révolution se produisant avant le départ de l’Elysée de Macron pourra aussi faire l’affaire, sauf si elle se fait sur le thème « faire payer les riches », qui n’a jamais rien provoqué d’autre que la chienlit ou la dictature. Bref, les cartes sont sur la table et on va voir qui sait jouer.

Je me permettrai de suggérer ce qui me paraît être la meilleure piste. Elle consiste à instaurer la liberté partout où elle est possible. Prenons le cas des retraites. Il faut arrêter net la répartition et protéger les retraités sinistrés par des mesures de solidarité qui s’éteindront avec le dernier bénéficiaire. L’assurance maladie peut être réformée selon le même schéma. La retraite, la maladie et le chômage ne nécessitent qu’une simple assurance, que le marché intérieur européen fournira sans difficulté. Les subventions de tous ordres pourront être avantageusement supprimées dans un pays qui s’épanouira loin de l’argent officiel. Et toute dépense étatique devra être autorisée par le parlement. En somme, les Français devront apprendre à s’assumer et à n’attendre de l’Etat que la protection de leur pays et de leurs vies.

Je persiste à penser que ce programme ne pourra vraiment s’accomplir que sous la présidence d’un homme nouveau. Il devra surtout veiller à ce que les dérives habituelles en démocratie ne vident pas ces mesures de leur sens. Je pense que David Lisnard, le maire de Cannes, répond le mieux à cette définition. Il est aussi président des maires de France, qui restent les meilleurs piliers de la république. Je ne crois pas à l’homme providentiel. Je crois à l’homme nécessaire. La France a su se relever de bien des épreuves. Elle se relèvera de celles-là. Mais il lui faudra votre aide. Je sais que vous ne la lui marchanderez pas.

Claude Reichman

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Préservons notre civilisation !

Préservons notre civilisation !

Par quoi définiriez-vous l’Occident ? A cette question, je réponds par le décolleté des femmes. Je n’ignore évidemment pas les autres définitions, pour la plupart très convaincantes, mais si je choisis le décolleté, c’est parce qu’il n’existe qu’en Occident. J’engage d’ailleurs les excellents journalistes qui jour après jour s’acharnent à nous dévoiler le dessous des cartes, à passer un peu de temps à observer les images de rues diffusées par les télévisions. Par exemple les rues de Moscou ne sont pas emplies de soldats en armes mais de belles jeunes femmes en robes légères et décolletées, qui marchent gaiement bras dessus bras dessous en se souciant de politique comme de colin-tampon. La Russie est en Occident, elle fait la guerre pour rien et d’ailleurs ce n’est pas sa guerre, c’est celle de Poutine, qui ne la fait que pour échapper aux critiques et aux actions de Russes qui ne rêvent que de la Grande Russie menant le monde et le vivifiant de sa spiritualité, et donc de prendre le pouvoir qui y conduirait.

On peut faire le test ailleurs. Tous les ingrédients ne seront pas identiques, mais partout où l’on sera en Occident, il y aura des belles femmes et de séduisants décolletés. Tiens, vous voulez un exemple curieux ? La CGT, en France, s’est dotée d’une femme à sa tête. Eh bien on peut l’admirer sur des photos où elle arbore une robe largement décolletée et laissant voir une poitrine avenante. De là à devenir communiste, il y a une étape à ne pas franchir, mais cet hommage rendu à la féminité vous fait oublier Séguy et Krasucki. On est passé à un autre monde. Celui où la féminité a pris la place qu’elle mérite, celle de la vie. Car il n’y a de vivant que par le sexe, puisque malgré toutes les prouesses de la science, c’est encore par les rapports sexuels que l’on se reproduit le mieux, qu’on soit un tigre du Bengale ou un humain.

L’amour courtois fut une magnifique invention, qui donna à la femme le rôle central dans la société et à Marie le trône de l’Eglise. Le jongleur de Notre-Dame illustra à merveille cette adoration, lui dont les tours honoraient la Vierge mieux que bien des prières. La religion a reculé en France comme partout en Europe, car son récit ne convainc plus une foule incrédule, mais sa trace se perpétue par l’ascension des femmes dans la société et par la douceur qu’elles parviennent à y insérer, même si elles peuvent être parfois de farouches guerrières de l’idéologie, aussi intolérantes que bien des hommes. Mais à tout péché miséricorde !

L’Occident mérite d’être honoré et préservé. Il abrite le plus haut degré de civilisation existant sur terre. Sans vouloir être intolérant, qu’avons-nous à faire des pantins communistes, qu’ils soient d’Asie ou d’Amérique centrale ? Qu’avons-nous à faire des dictateurs de tout poil qui ne manquent jamais d’apparaître dès qu’un pouvoir abusif leur est attribué ? Qu’avons-nous à faire des mini-dictateurs qui colonisent nos étranges lucarnes pour y déverser leurs propos ineptes qu’ils croient d’or massif ? Restons-en à ce que la culture gréco-romaine nous a légué et que nos clercs d’Occident ont su faire prospérer. Et honorons la raison, qui rappelons-le, est née à Milet en Ionie, six siècles avant notre ère.

La France est affligée d’une cohorte malfaisante qui prétend au pouvoir non pour y faire régner la démocratie et la prospérité, mais pour y installer sa propre dictature. Elle n’est pas née par hasard. Les deux tiers des Français sont pauvres. C’est la 4ème  et la 5ème République qui les ont créés. Par le communisme qu’elles ont accepté de dirigeants pourtant élus sur d’autres fondements. Cette grande trahison se paie aujourd’hui par un régime politique défaillant et devenu dangereux par son incapacité. Revenons à la leçon de bistrot de Pagnol et faisons vivre un quatrième tiers, puisque les trois autres n’ont plus ni goût ni couleur, et souhaitons-lui de se renforcer de toutes les bonnes volontés qui reposent, inemployées, au sein des honnêtes gens.

L’ivresse technologique qui s’est emparée de nos sociétés occidentales ne me dit rien qui vaille. Les avancées fabuleuses qui vont nous conduire sur Mars ou dans une vie éternelle n’ont pas de sens. L’homme n’est pas éternel et ne le sera jamais. Tant mieux : il finirait par mourir d’ennui. Quant à la planète Mars, tout ce qu’elle a produit sur terre, c’est une sucrerie américaine, fabriquée par une firme qui porte le nom de monsieur Franklin Clarence Mars, son fondateur en 1911, et dont la famille est toujours propriétaire. Elon Musk devrait plutôt la racheter que de perdre son temps et son argent dans des conquêtes spatiales inutiles, sauf si l’on considère qu’il est utile de préparer une guerre des étoiles qui détruira la planète.

Notre civilisation est certes imparfaite, mais elle est un trésor qu’il faut préserver avec la dernière énergie. Je n’aime pas ceux de nos compatriotes qui haïssent l’Amérique. Ils la croient seulement matérialiste, alors qu’elle est restée massivement croyante dans le christianisme. Et surtout les Ricains se sont battus pour nous et avec nous. Cela ne s’oublie pas, même si aujourd’hui ils semblent s’éloigner. Ils reviendront, j’en suis certain, à leurs fidélités. Pour nous le mieux, c’est de ne pas quitter les nôtres.

Claude Reichman

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