Tous les articles par Claude Reichman

Cette guerre que nous regardons !

Cette guerre que nous regardons !

La décision conjointe des Etats-Unis et d’Israël de frapper l’Iran n’est pas une surprise, même si les atermoiements de Donald Trump avaient pu donner l’impression qu’il hésitait à s’engager dans une guerre. L’Iran, depuis 47 ans, est un facteur de déstabilisation du monde. On ne compte plus les actions terroristes fomentées par le régime des mollahs. Sa destruction, qui est désormais le but de guerre de l’Amérique et d’Israël, ne pourra être que bénéfique pour la paix dans le monde.

L’islam est divisé depuis la mort de Mahomet, en 632 de notre ère. Les sunnites sont majoritaires depuis l’origine, mais les chiites, qui se réclament d’Ali, gendre et cousin du Prophète, n’ont jamais désarmé. Leur affrontement retentit très au-delà du Proche-Orient, puisqu’il y a des musulmans dans de très nombreuses régions de la planète et que certaines puissances qui, comme la Russie, ont des composantes musulmanes à leurs marges, prennent des positions qui tiennent compte de ce voisinage, par exemple en soutenant des régimes chiites au Proche-Orient.

La paix entre Israël et les Etats Arabes  est le principal enjeu des affrontements actuels.  Les accords d’Abraham, qui restent encore à l’état de projet, ont tout pour affoler l’Iran, qui se voit gravement isolé au Proche-Orient et qui, pour les faire capoter, a lancé le Hamas contre Israël le 7 octobre. Le résultat a été l’inverse de ce qu’espérait Téhéran, puisque l’armée israélienne a non seulement écrasé le Hamas à Gaza, mais aussi décapité le Hezbollah au Liban et les Houtis au Yemen, et fait tomber le régime syrien, se débarrassant ainsi d’un coup de tous ses adversaires. C’est dire si les mollahs ont été mal inspirés en lançant l’offensive de Gaza.

La guerre étant l’état habituel de l’humanité, il n’y a pas lieu de s’étonner des évènements actuels, même si l’on peut légitimement s’en inquiéter. Mais pour nous Européens, une première conclusion s’impose : nous avons quasiment disparu du paysage politique mondial. Certes nous sommes devenus une puissance économique de premier plan, avec nos 450 millions de consommateurs, mais il ne reste debout que deux Etats, la France et la Grande-Bretagne, capables de peser sur le plan militaire, car dotés l’un et l’autre de l’arme nucléaire et d’armées classiques dignes de ce nom, même si elles sont réduites en nombre.

La décision des Etats-Unis de Trump de faire cavalier seul dans le monde a frappé de stupeur les gouvernements européens. Hâtivement, ils ont voté des crédits budgétaires pour renforcer leurs armées, mais il faudra du temps pour qu’ils représentent une force qui compte, à supposer qu’ils y parviennent. Le moment d’une vraie réflexion semble venu sur le vieux continent. Nous avons confié les rênes de notre Union à une commission non élue et sans mandat, qui ne fait que ce qu’elle veut, tandis que les Etats membres obéissent le doigt sur la couture du pantalon. C’est une situation inacceptable pour une nation comme la France, dont le passé historique et la capacité militaire méritent une vraie considération. Pour autant, les erreurs économiques commises par notre pays le handicapent lourdement dans une compétition mondiale qui ne va pas disparaître. Il suffit de voir comment des entreprises comme Stellantis et Seb sont malmenées pour comprendre que nous allons être balayés économiquement comme nous ne l’avons jamais été.

Puisque nous n’allons être que spectateurs de la guerre qui commence au Proche-Orient, profitons-en au moins pour réformer nos processus économiques et notamment pour en finir avec l’Etat providence qui condamne notre économie. Quand on écoute les médias français, et notamment les chaînes d’information, on a l’impression qu’ils sont frappés d’une paralysie mentale. Ils détaillent avec précision les handicaps et les échecs de nos entreprises, mettent en cause l’excès d’impôts et de charges qui les frappent, et se gardent bien d’aborder le seul sujet qui vaille, celui de l’Etat providence. Il faut dire que la Sécurité sociale est devenue notre nouveau dieu et qu’y porter atteinte relève de l’apostasie. Or c’est pourtant bien ce qu’il faut faire. La protection sociale européenne a été façonnée au 19e siècle et son principe n’a pas changé depuis. Il s’agit toujours de protéger les travailleurs de la maladie, de la vieillesse et du chômage, et l’on a chargé l’Etat de le faire, même si au début c’était sur la mutualité qu’on comptait. Le résultat est une incroyable gabegie, assortie de déficits monstrueux et de passe-droits généralisés. Le diagnostic est clair : il faut enlever à l’Etat la protection sociale et la rendre aux citoyens, par les biais qu’ils choisiront, qu’il s’agisse de l’assurance ou des mutuelles. Ainsi seront éliminées du même coup l’irresponsabilité générale et les dépenses inconsidérées, et rétablies la responsabilité individuelle et la saine gestion.

L’heure est venue pour les vrais penseurs de notre pays de se faire entendre. La France a toujours guidé les nations. Il serait insensé qu’elle renonce à se guider elle-même. Au 6e siècle avant notre ère, à Milet en Ionie, il a suffi de cinq ou six philosophes pour ouvrir à l’humanité le chemin de la réflexion. Aujourd’hui, cinq ou six Français aptes à réfléchir, cela ne doit pas être impossible à trouver !

Claude Reichman

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Les élus doivent être les meilleurs d’entre nous !

Les élus doivent être les meilleurs d’entre nous !

L’image m’a frappé. En voyant ce groupe de jeunes gens vêtus de noir en poursuivant un autre, lui aussi tout en noir, j’ai revu en pensée ce groupe de chimpanzés qui en poursuivait un autre dans la jungle. Dans les deux cas, la mort fut au rendez-vous. L’humanité a gardé des traces indélébiles de son passé animal. Il faut admettre que notre civilisation comporte beaucoup trop de lacunes pour que notre espèce soit à l’abri de la sauvagerie.

De même l’accès à des fonctions de commandement comporte trop de traces de la lutte des mâles dominants, dans les espèces animales, pour que nous la considérions avec bienveillance. Rien ne dit que l’homme sera capable de maîtriser son passé. Mais rien ne lui interdit de s’atteler à ce défi. Seul l’exemple de la vertu pourra nous sauver de la dérive animale. Il faut reconnaître que les bons comportements sont rares. On ne cite par exemple qu’un seul cas dans l’histoire où un gouvernant se soit retiré de lui-même. Il s’agit de Cincinnatus, qui préféra sa charrue aux honneurs du consulat romain.

Où que l’on regarde, en Occident comme en Orient, on ne voit que des hommes (ou des femmes) se battant pour le pouvoir. Et d’autres qui, faute d’y être parvenus, se vautrent dans les délices de la corruption. Voyez ce qui se passe en Chine. Xi Jinping est en train d’éliminer un à un tous ses rivaux potentiels. Imaginez qu’il nous fasse demain une crise cardiaque. Tout cela pour rien, dira-t-on. Mais pas les éliminés qui y verront le doigt de Dieu et se lanceront avec une force démultipliée par la bonne fortune à l’assaut du trône.

L’Angleterre a régné sur le monde au 19e siècle. Sa monarchie jouit d’un prestige inégalé. Sa reine, Elizabeth II, fut une souveraine exemplaire qui, jusqu’au bout de son règne, conserva une dignité que tous ont admirée. Or qu’apprend-on ? Que son fils préféré, né d’un regain de désir de Philip d’Edimbourg, n’est qu’un petit voyou pour n’avoir pas été éduqué convenablement. Il n’a pas hésité à se jeter dans la triste débauche organisée par un autre triste voyou, né dans une banlieue new-yorkaise et enrichi par des milliardaires charmés de ses audaces. Et le voilà cueilli par la police au saut du lit, comme n’importe quel malfaiteur. Tremblez puissants ? Non. Sale type !

Chez nous, un Macron se démène pour conserver du pouvoir quand le sien se sera achevé. Alors que tout le monde l’a assez vu et ne rêve que de ne plus le voir. Mais que va-t-on en faire ? Une excellence européenne ? Un bouddha onusien ?  Et pourquoi pas le maire d’un petit village où il aurait pris ses habitudes ? C’est vrai, il n’a jamais été élu local, ni soldat, ni père. Des tas de choses à essayer !

Le général de Gaulle n’a conservé, des innombrables cadeaux qu’il a reçus du monde entier, qu’une lampe de mineur du Nord. Quand une brassée de présents arrivait à l’Elysée, il ordonnait : « Foutez-moi tout ça au grenier ! » Mme de Gaulle faisait ses courses au Bon Marché, comme toutes les dames de la bonne société du siècle dernier, sauf quand elle demandait d’arrêter la voiture à Troyes afin d’y acheter de la volaille pour le week-end à Colombey. Ce qui lui fit dire, quand la voiture présidentielle fut visée par un attentat : « J’espère que les poulets n’ont rien ». Contrairement à ce que l’on crut, il ne s’agissait pas des policiers de l’escorte.

Jean Moncorgé, qui choisit son deuxième prénom, Gabin, comme nom de scène, fut une grande vedette de music-hall avant la guerre. Il s’engagea dans l’armée en 1940 et fit une belle guerre comme conducteur de char. Démobilisé, il devint une immense vedette du cinéma, séduisit Marlène Dietrich, puis la rejeta comme « boche », et quand son épouse le conduisit en voiture à l’hôpital où il allait s’éteindre, il lui demanda de passer devant la tour Eiffel qu’il voulait revoir une dernière fois. A part cela, ses plaisirs consistaient à faire un bon dîner avec ses partenaires et copains, Lino Ventura et Bernard Blier. Je ne me souviens pas qu’à sa disparition on lui ait rendu le moindre honneur, en ce temps où l’on emplit le Panthéon.

En classe de sixième, un de nos professeurs eut l’idée saugrenue de faire voter la classe pour décider si l’un de nous avait triché. Je fus le seul à voter non. Personne ne savait s’il y avait eu triche, mais je ne comprenais pas qu’on nous transformât en dénonciateurs. Le copain incriminé me fut reconnaissant toute sa vie. Je n’avais rien fait d’admirable. Sauf preuve d’un petit peu de courage. Il est vrai qu’on était au lendemain de la guerre !

Je ne veux rien dire d’autre que, si modeste que l’on soit, on doit ne pas être indigne aux yeux de la société où l’on vit. C’est la condition de survie de notre espèce. Sinon, nous périrons dans le désordre et la violence générale. Le rôle essentiel revient aux élus. Si on les a choisis, c’est parce qu’on les considérait comme les meilleurs d’entre nous. Or trop souvent, ils se révèlent les pires. C’est cela qu’il ne faut pas admettre !

Claude Reichman

 

 

 

 

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Enfin libres !

Enfin libres !

En deux ans, la France a recruté près de cent mille fonctionnaires supplémentaires. Alors que la majorité des partis politiques prônait la diminution de leur nombre. Les élus seraient-ils tous de mauvaise foi ? Ou incapables ?  Pas du tout. Ils sont impuissants. Non par nature, mais par structure. La France est incapable de réduire le nombre de ses administrations, et pour éviter qu’elles ne s’engorgent, on doit augmenter le nombre de leurs desservants. Notre pays est victime de son histoire. Il s’est construit sous les auspices d’une monarchie et la révolution n’y a rien changé. La République s’est installée dans les ors du roi et des princes, et elle s’y sent très à l’aise.

La France ne cesse de prendre du retard sur ses partenaires européens. On sait très bien pourquoi. Trop de dépenses de l’Etat, trop de charges sociales, donc des produits non concurrentiels. Que l’on nous achète de moins en moins. On en est arrivé à faire un pays sans usines, comme si le mal venait de celles-ci. En fait, on n’arrivait plus à les faire tourner en raison des charges et des grèves. Alors autant s’en débarrasser, s’est-on dit. D’autant que les Chinois voulaient bien les remplacer. Jusqu’au jour où les Chinois se sont mis à fabriquer des produits de haute qualité qui ont concurrencé ceux que nous pensions pouvoir continuer à produire. Et c’en est fini pour nos bagnoles !

Il ne s’est jamais constitué en France un parti libéral qui aurait pris la tête du changement. La raison en est simple. Les intellectuels libéraux étaient presque tous universitaires et donc peu aptes au combat politique. Ils se sont trouvé un leader, Alain Madelin, sincère libéral et lamentable homme politique qui, loin de valoriser leurs travaux et de faire des disciples, a fait le vide par sa maladresse et son incapacité à s’imposer. Exit le libéralisme, et vive l’Etat et les fonctionnaires.

Le modèle social français est au cœur de notre drame national. Il ne manque pas de politiciens pour le condamner, mais aucun d’entre eux n’est encore arrivé au stade où il pourrait passer à l’acte. Le dernier à avoir tenté quelque chose fut François Fillon qui, dès son installation comme candidat de la droite à l’élection présidentielle, annonça sa décision d’en finir avec ce modèle. Cette grande réforme ne dura pas plus d’une nuit, au cours de laquelle Fillon reçut un appel téléphonique de Bernard Accoyer, député de la Haute- Savoie, et cacique de son parti, qui lui fit valoir que cette réforme était dangereuse. Fillon annonça au petit matin qu’il n’y avait pas d’urgence à réformer le modèle social français. Ce fut la dernière tentative de la classe politique.

Je m’honore d’avoir mené seul, mais accompagné de très nombreux militants, le combat pour la réforme sociale de la France. Nous avons contraint l’Etat à transposer tous les textes européens mettant la Sécurité sociale en concurrence et permis à plus de 500 000 travailleurs indépendants de se libérer de ce joug. Mais les gouvernements successifs continuent à mentir – dans l’espoir vain de « sauver la Sécu » – et l’absurde peur du vide ralentit encore la fin du processus libérateur. Les Gilets jaunes, qui se constituèrent après que j’eus prêché la réforme au cours d’innombrables conférences pendant les cinq années précédentes, auraient pu lui infliger le choc final, mais ils se laissèrent infiltrer par des gauchistes qui n’avaient à la bouche que le slogan consistant à « faire payer les riches », qui sonna la fin de ce mouvement.

Aujourd’hui, même la cour de cassation a fini par se dire qu’après plus de trente ans d’illégalité, il était temps de respecter la loi et d’appliquer les règles d’ordre public issues des dispositions européennes. D’autant qu’il s’agit tout simplement de lois françaises et que rien n’est plus choquant que des tribunaux violant les lois. Nous allons donc entrer dans une nouvelle époque. Qui n’a que trop tardé. Rien ne fera revivre les entreprises liquidées ni les emplois perdus. Mais l’espoir du redressement est toujours vivant dans le cœur des entreprenants. Certains sont morts, d’autres retraités, mais la vie est toujours là chez leurs enfants. Ils vont redécouvrir la joie d’innover sans risquer de se faire taper sur les doigts à tout moment, de se constituer un patrimoine dont ils disposeront librement et d’être finalement des hommes du 21e siècle et non des tâcherons moyenâgeux. C’est finalement terrible de se dire que le progrès est là, devant vous, à portée de mains, et que des élus impénitents et surtout une certaine organisation de la société arrivent à l’empêcher d’advenir pendant plusieurs décennies. Mais on peut formuler des réflexions semblables à propose de bien des évènements de l’histoire. Seul l’historien bien au chaud dans son bureau et tirant sur sa pipe peut prendre les choses du bon côté. Pour tous les autres, c’est le combat de tous les jours, la souffrance et souvent le désespoir. Mais à la libération, enfin on peut être joyeux !

Claude Reichman

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Les résidents français sont libres de ne pas adhérer à la Sécurité sociale

 M.L. P. S.
Mouvement pour la Liberté de la Protection Sociale
165, rue de Rennes 75006 PARIS

Communiqué janvier 2026

Les résidents français sont libres de ne pas adhérer à la Sécurité sociale

Le droit de tous les résidents des Etats membres de l’Union européenne de s’assurer librement leur est conféré par le Traité de l’Acte unique européen et par le Traité  sur le fonctionnement de l’Union européenne.

Le Traité de l’Acte unique européen est entré en vigueur le 1er juillet 1987. Son article 13 dispose :
«  Le marché intérieur comporte un espace sans frontières intérieures dans lequel la libre circulation des marchandises, des personnes, des services et des capitaux est assurée selon les dispositions du présent traité. »

Le Traité de Lisbonne, entré en vigueur le 1er décembre 2009, a créé le Traité  sur le fonctionnement de l’Union européenne, dont l’article 26 dispose :
« Le marché intérieur comporte un espace sans frontières intérieures dans lequel la libre circulation des marchandises, des personnes, des services et des capitaux est assurée selon les dispositions des traités. »

La République française a l’obligation de respecter ces dispositions en vertu de l’article 55 de la Constitution qui dispose :

« Les traités ou accords régulièrement ratifiés ou approuvés ont, dès leur publication, une autorité supérieure à celle des lois, sous réserve, pour chaque accord ou traité, de son application par l’autre partie. »

Ces dispositions sont des règles d’ordre public.

Par un arrêt du 7 juillet 2017 Chambre mixte, N° de pourvoi 15-25.651, la Cour de cassation a jugé que « le juge est tenu de faire application des règles d’ordre public issues du droit de l’Union européenne. »M

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Il faut ramener la France au premier rang des nations !

Il faut ramener la France au premier rang des nations !

L’affaire de Minneapolis montre à quel point il est difficile de régler les problèmes d’immigration. Une fois que les immigrés, même illégaux, se sont installés avec leur famille, ils ont femme et enfants et chacun les regarde avec compréhension, puisqu’ils vivent finalement comme les autres habitants. Il se trouve évidemment des personnes pour les haïr, parce qu’ils créent des problèmes d’intégration, mais l’être humain a une propension à l’amour d’autrui. Et c’est ainsi que le monde va cahin-caha, en attendant que des incidents tragiques viennent perturber ce doux rêve.

Pourtant il y a des réalités auxquelles on ne peut pas échapper. L’irruption d’étrangers pose toujours problème. L’homme primitif tue les habitants du village voisin. L’homme moderne fait la guerre aux nations proches. Bref, on ne s’entend pas. Parce qu’on ne vit bien qu’avec des gens qui vous ressemblent. Jusqu’au moment où ils prennent un autre chemin que vous et deviennent des ennemis. Tout cela n’est pas rationnel, mais instinctif. Parce que nous ne sommes pas sortis de notre état animal et que nous sommes mus par des sentiments plus que par des idées. La vie commune ne va pas de soi. Elle s’organise.

La vie de la planète s’est structurée au milieu du vingtième siècle autour d’une organisation commune des nations. Celles-ci se sont dites « unies ». Elles l’ont été à peu près depuis cette date, mais les décisions de leur organisation sont de plus en plus controversées, car chaque pays tente de tirer la couverture à soi et surtout parce que les querelles religieuses sont loin d’avoir disparu de l’univers. Et les « grands » ont de plus en plus de mal à se mettre d’accord, alors même qu’ils ont un droit de regard et de décision absolu sur les deux centaines de membres qui constitue le collectif.

Aujourd’hui, le désordre est à son comble, car l’Amérique de Trump a cassé tous les codes. L’ennemi historique est traité en ami, tandis que des ennemis plus récents se voient proposer de négocier … on ne sait quoi. La paix ? Le désarmement ? La route commune ? Quelque chose d’autre ? Personne n’étant dans la tête de Trump, on est contraint d’en rester à des suppositions. Mais force est de constater que le monde est en danger, car quand on possède des armes d’apocalypse, on est toujours tenté de s’en servir, et cela n’a rien de rassurant.

L’époque précédente était marquée par l’existence de chefs d’Etat plutôt respectés, sinon aimés. Ils étaient tous occidentaux, et les autres paraissaient ridicules et amusaient la galerie. Rien de sérieux. Jusqu’à ce que Poutine ne rompe le consensus en se jetant sur l’Ukraine. Là cela devenait grave car le Russe est doté d’un formidable stock d’armes atomiques. Ce qui a tout changé, c’est que l’Amérique, au lieu de se porter aussitôt à l’appui de ses alliés occidentaux, a regardé son ennemi habituel avec les yeux de Chimène. Et voilà que le monde est bouleversé. On ne sait plus qui est allié avec qui, et les 450  millions d’Européens ne savent plus où ils habitent.

Il va falloir du temps pour rétablir la confiance dans l’univers. On ne peut pas passer son temps à changer d’alliance et à raconter n’importe quoi. La stabilité est la principale garantie des sociétés humaines. Dès que cela se met à tanguer, tout peut arriver. En fait, ce qu’on attend c’est au moins un grand dirigeant qui ramène un peu de calme dans le groupe des grandes nations. Le plus curieux est que nous sommes ramenés au stade de l’humanité préhistorique, où un singe dominant était nécessaire à la paix du groupe. Qu’est devenu le progrès dont nous nous gargarisons sans cesse ? Nous n’avons donc pas évolué ? Un peu de modestie nous ferait du bien.

Le monde dans lequel nous vivons n’a pas grand-chose à voir avec celui où je suis né. J’ai lu dans Le Figaro que le PDG d’une firme musicale a été décoré de l’ordre des Arts et des Lettres au ministère de la Culture. Deux cents artistes et dirigeants du métier étaient invités. Je n’en connais pas un seul, même s’il m’est arrivé de lire quelque part le nom de Booba ou de DJ Snake. Ce sont eux maintenant la culture. Si on nous le dit…Les ignorer n’est pas un drame, mais c’en est un d’ignorer d’autres créateurs qui sont aujourd’hui morts et enterrés mais dont l’œuvre est immortelle. Bon. Assez joué au vieux con. Des choses sérieuses nous attendent.

La première est de ramener la France au premier rang des nations. Pour cela il faut la débarrasser de cet Etat providence qui la mine et la détruit. Ce n’est pas mission impossible puisque notre pays a signé les traités européens qui établissent la concurrence dans tous les domaines, y compris bien sûr dans la protection sociale. Les tribunaux ont l’obligation, en vertu de l’article 55 de notre Constitution, de donner raison aux résidents français qui souhaitent ne pas adhérer à la Sécurité sociale. Les magistrats qui violent cette disposition doivent être jugés et condamnés. C’est ainsi qu’on ramènera la confiance des citoyens dans nos institutions. Commençons donc par chez nous. Le reste ne manquera pas de suivre !

Claude Reichman

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Il y a un mystère Trump !

Il y a un mystère Trump !

Il faut bien l’admettre : il y a un mystère Trump. Cet homme est devenu le président de la première puissance mondiale sans que l’on sache vraiment qui il est. Les témoignages sur son passé ne manquent pas, mais aucun d’entre eux ne porte sur sa capacité à gouverner. Certes il se fait à lui-même beaucoup de compliments, au point que c’en est drôle, mais il se trouve que certains d’entre eux sont justifiés par les évènements de son actuel mandat. Il a mené de main de maître le bombardement du principal site nucléaire iranien, mais ses avions sont rentrés à la maison sans que leur succède une action visant à renverser le régime des ayatollahs, ce qui aurait dû être en principe le principal objectif de la mission. De même ses forces spéciales ont capturé Maduro avec un savoir faire inégalé, mais le régime dictatorial vénézuélien  est toujours debout, même si c’est sous un contrôle américain. Or le voilà à nouveau au pied du mur avec la présence aux abords de l’Iran d’une formidable armada américaine dont on ne sait pas si et quand elle pourrait intervenir.

J’entends certains commentateurs se risquer à dire que Trump est fou. Je n’en crois pas un mot. Mais il est certainement peu maître de sa conduite de président, ce qui est un grave inconvénient quand il s’agit d’avoir une influence décisive sur les affaires du monde. Sa communication se fait de son avion ou de son bureau, et il nous livre ses sentiments et ses impressions comme n’importe quel quidam interrogé par un journaliste pour un radiotrottoir. Il n’hésite pas d’ailleurs à changer d’opinion quand il en a envie et ne se sent pas lié par ce qu’il a pu dire auparavant. Sa parole est presque d’évangile, à ceci près quand même qu’on n’est pas habitué à voir Dieu changer d’avis aussi souvent.

Il y a au moins un grand avantage à l’imprévisibilité du président des Etats-Unis, c’est le désarroi des chefs d’Etat et de gouvernement du monde entier. Au moins ne peuvent-ils pas monter une coalition négative. Ils se trouvent ainsi empêchés de nuire, mais hélas aussi de bien faire. Une chose est sûre cependant : cette situation ne durera pas. Les évènements ne peuvent que se précipiter dans le contexte planétaire explosif que nous connaissons actuellement, et les moments dramatiques ne vont pas manquer. Nous verrons alors si Trump a vraiment inventé une nouvelle manière de gouverner ou s’il est tout simplement incapable de le faire.

Les évènements de Minneapolis constituent un sévère avertissement pour la méthode Trump. Le lieu avait été soigneusement choisi, car cette ville comporte une importante communauté somalienne, installée en toute illégalité avec le concours de la municipalité de gauche et celui du gouverneur Tim Walz, ancien colistier de Kamala Harris à la dernière présidentielle. Un schéma idéal pour montrer ses muscles et expulser les illégaux. Mais les choses ont mal tourné car la police fédérale anti-immigrés illégaux a confondu le zèle avec la brutalité et s’est attiré la colère d’une partie importante de la population, outrée des mauvais traitements infligés à des passants américains qui n’étaient en rien en situation irrégulière. Depuis, Trump multiplie les gestes contradictoires, les uns sanctionnant le comportement de la police des immigrés, les autres le justifiant. L’opinion MAGA (Make America Great Again) est troublée mais ne condamne pas Trump. Pas encore !

Si exaspérée qu’elle ait pu être par le wokisme et ses folies, l’opinion américaine ne suivra pas Trump éternellement. Aucun homme politique au monde ne dispose d’un crédit illimité. Ceux qui savent le conserver longtemps sont généralement des hommes, ou des femmes, au solide bon sens. Et au comportement constant. Ne parlons pas des dictateurs, dont le pouvoir ne repose que sur la violence et le mensonge. Gouverner les hommes est une science fort délicate. La démocratie est née au VIe siècle avant notre ère à Athènes. Elle a donné en quelques dizaines d’années le spectacle de toutes les erreurs, de toutes les querelles, de toutes les violences dont ce système de gouvernement est capable. On peut lire Thucydide et se dispenser de toute autre lecture si on veut avoir une opinion éclairée sur la démocratie. Mais ce conseil n’en est pas un, car on ne se lasse jamais des erreurs et des fautes de nos dirigeants. Et il faut avoir de quoi les confondre si l’on ne veut pas être ridicule en société !

La seule certitude de ce qu’il faut bien appeler l’ère Trump, c’est que le monde est en train de changer. L’ordre ancien comportait des blocs politiques bien identifiés et qui restaient stables pendant des décennies. L’ordre actuel – et sans doute futur – va changer sans cesse avant de se stabiliser à nouveau. La cause de ce mouvement incessant est d’une part l’évolution fulgurante de certaines technologies, et d’autre part le chambardement des idées qu’elle induit. On ne peut plus penser la même chose qu’avant quand on est menacé à tout instant de perdre son emploi et qu’un drone peut venir vous frapper sans prévenir, où que vous soyez. Et surtout que ceux à qui vous faisiez confiance ne savent même plus dans quel monde ils vivent. La seule règle de conduite qu’on puisse raisonnablement conseiller est de garder son sang-froid. Et peut-être aussi son humour. Si on en est doté. Par exemple Fabrice Luchini dit : « J’adorerais être de gauche, mais je n’en ai pas les qualités morales », et il fait rire tout le monde.

Claude Reichman

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Trump nous force à réfléchir !

Trump nous force à réfléchir !

Ce vendredi matin, au lendemain de la création, à Davos, de la nouvelle organisation internationale vouée à supplanter l’ONU, les chaînes françaises d’information étaient muettes sur le sujet. Pas important, semblaient-elles dire. Ou, qui sait, trop important pour nos petites personnes. Alors elles nous ont parlé d’une agression au couteau, d’un rodéo urbain, d’un rappeur qui dérape, et de je ne sais quoi encore. Mais pas un mot sur ce Trump qui détruit la belle harmonie du monde et sur son nouveau machin, comme l’eût qualifié le général de Gaulle.

Ce qu’a dit Trump à l’univers, c’est que la première puissance de la planète ne se laisserait plus manipuler par ces petits ou moyens pays qui n’ont pas atteint notre degré de civilisation et qui sont priés de se laisser conduire. Il faut admettre que l’ONU était devenue, au terme de ses quatre-vingts ans d’existence, un sacré foutoir où la démagogie régnait sur tous les débats. Qu’elle dût disparaître ne faisait nulle peine à nos pays occidentaux, même s’ils y étaient habitués et l’on sait que l’habitude est le maître mot des ensembles en voie d’effacement. Le coup de pied dans la fourmilière du président des Etats-Unis n’a été finalement que le point d’orgue d’une symphonie qui s’est fait attendre trop longtemps. De là à y consacrer un éditorial sur une chaîne française …

Ce qu’on sait de ce Board of Peace, ou Conseil de la Paix, c’est qu’il aura un président à vie en la personne de Donald Trump, et qu’il reposera sur la force des Etats-Unis, notamment de son armée. Après, on ne sait pas. Peu importe. Le monde est en train de changer et ce mouvement ne s’arrêtera pas. En fait, c’est Poutine qui avait lancé le mouvement en envahissant l’Ukraine au nom de la Grande Russie, rêve éternel de cet immense territoire du nord de l’Europe et des confins de la Chine, qui a perdu l’essentiel de sa puissance, sauf l’arme atomique, en se dévêtant du communisme au début des années quatre-vingt dix. Et vous auriez voulu que l’Amérique ne répliquât pas ? Voilà, c’est fait. Que faire ? aurait dit Lénine.

Que faire ? Mais c’est très simple. Redevenir nous-mêmes, nous, les Européens. Deux guerres mondiales ont détruit notre puissance et nos prétentions. Mais il nous en reste assez pour rebâtir quelque chose de grand. A commencer par nos 450 millions d’habitants, tous bien formés, et qui ne demandent qu’à bénéficier d’un avenir digne de leur passé et fermement éloigné des stupidités écologiques qui sont devenues le maître mot de l’Union européenne. L’écologie, c’est ce qui a détruit, par exemple, notre meilleure industrie, l’automobile, et créé ces stupides bouchons attachés à nos bouteilles dont tout le monde rigole, à commencer par l’ancien président du conseil espagnol, la galicien Mariano Rajoy, qui nous a gratifié d’un show télévisé sur ce sacré bouchon pendouillant. A propos de Galiciens, savez-vous ce qu’on dit d’eux en Espagne ? Que lorsque vous en croisez un dans l’escalier, vous ne savez jamais s’il monte ou s’il descend. Rajoy a gouverné pendant sept ans. On sait pourquoi.

Non, franchement, nous méritons mieux que les bouchons pendouillant. Si l’on veut conserver l’Union européenne, il faut la ramener à l’union des nations qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être et limiter la Commission au simple organisme de proposition et d’exécution qu’elle est dans les textes fondateurs. Et si l’on ne veut plus de l’Union européenne, qu’on laisse les nations souveraines s’unir à leur gré pour des missions ponctuelles, qui n’amoindriront pas leur souveraineté. On voit bien que l’Europe actuelle nous a menés là où ne voulions pas aller. « Salsifi »,  lançait Roland Magdane dans un de ses premiers sketchs.

Nous vivons donc la fin des machins. Ils ont prouvé qu’ils ne servaient à rien. Ce sont de simples constructions intellectuelles, nées de cerveaux humains et assimilables à des religions primitives. Simples fruits des circonstances, les machins ne doivent pas se substituer à ce que seule sait construire la patine des siècles, la tradition. Celle-ci sait évoluer sans trahir le peuple. C’est exactement ce qu’on lui demande. Les guerres civiles  naissent toutes du choc infligé par de prétendus réformateurs à des sociétés anciennes. Et les dictatures en sont l’aboutissement très prévisible. L’Europe ne s’est pas affaiblie qu’en raison des guerres. Elle paie encore aujourd’hui le prix du communisme qui l’a ravagée depuis le début du  XXe siècle. Cette doctrine folle avait gagné les esprits les plus fins de notre continent, qui se sont transformés en sinistres crétins, artisans du malheur des peuples, sans qu’à un seul instant ils fussent capables de réfléchir à leur irresponsabilité. Il aura fallu des millions de morts pour que la raison, alliée à la force, les chassent, et il en reste encore dans quelques péninsules et îles oubliées.

Trump aura été l’artisan d’un début de transformation de notre civilisation. Celle-ci en avait besoin, tant elle a accumulé de scories et d’idioties inqualifiables. Son action n’est pas l’aboutissement de ce phénomène, mais son simple début, appelé à se transformer encore beaucoup. Elle nous aura au moins forcés à réfléchir. C’est un début.

Claude Reichman

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Ce faible bruit est celui de la vie !

Ce faible bruit est celui de la vie !

Le remboursement de la galette des rois sans gluten a défrayé la chronique en France. Que ne va-t-on pas rembourser ? se sont exclamés les honnêtes gens, épris de bonne gestion. Certains ont voulu y voir une fausse nouvelle, une fake news, comme le disent maintenant les gens qui parlent en langues. Non, pas du tout. L’allergie au gluten est un mal médicalement bien répertorié et qui doit être traité dans le cadre d’une protection sociale bien comprise. Il y a même une association des intolérants au gluten, comme il  y a des associations de tout dans notre pays.

On s’aperçoit à chaque occasion que l’étatisme qui sévit en France et qui consiste à ramener tout problème à son traitement par l’Etat est devenu un mal incurable. Il y a bien ici ou là des citoyens indisciplinés qui veulent résoudre eux-mêmes les problèmes de la vie, mais leur nombre est toujours resté infinitésimal, et ils finissent leur vie dans l’amertume, qui se traduit par un perpétuel grognement. Vivre heureux dans un monde où l’on n’a aucune chance de l’être vraiment est un défi qui ramène l’humanité au temps de l’esclavage ou, si l’on préfère des références plus récentes, au communisme soviétique. On parlera sans doute un jour de l’esclavage social, ou peut être du « vrai mal français », comme j’ai intitulé mon livre sur la Sécurité sociale, paru en 1995, et qui avait donné lieu à une attaque du dénommé Thomas Legrand – déjà – parce qu’il l’avait repéré dans une bibliothèque municipale où il n’avait, d’après lui, aucune raison de figurer. A l’époque, Pascal Praud s’occupait de football et Legrand put continuer de vivre en paix.

Si réformer la France est impossible par les voies naturelles – comme on dit en chirurgie – il ne reste plus que les circonstances exceptionnelles, pour lesquelles on a l’embarras du choix, à la condition qu’elles bouleversent suffisamment le paysage pour que plus personne ne s’y reconnaisse et que la révolution puisse en profiter pour s’imposer. On se demande encore comment la révolution de 1789 a pu avoir lieu alors qu’un peu d’habileté du roi aurait suffi à la ramener à l’état de jacquerie. Mais le moment était venu où les choses devaient changer, comme on dit quand on ne sait pas pourquoi elles ont pris ce chemin.

La principale cause de l’immobilisme français réside dans la distribution générale de subsides. Personne ne veut en être privé et chacun rentre sagement chez soi après avoir manifesté. Cela signifie que la démocratie n’est plus en France qu’un vain mot. Non que la mollesse citoyenne y soit contraire, mais parce qu’elle n’est acceptable que pour des circonstances mineures. Tel n’est pas le cas aujourd’hui en France où le pays croule sous les dettes et ne vit plus que d’emprunts. Le Figaro a ainsi pu fêter en grande pompe ses deux cents ans en présence de tout ce que le pays compte de personnalités importantes, sans que personne ne s’avise de l’incongruité d’une telle réjouissance dans un pays si mal en point.

L’inconscience des gouvernants français va jusqu’à prendre des mesures qui heurtent le plus élémentaire bon sens. C’est ainsi qu’ils ont décidé de baisser le taux du livret d’épargne, alors même que celui rapporte « des clopinettes ». La raison profonde de cette décision est qu’il faut favoriser le financement de l’immobilier social puisqu’on manque de logements. Mais il se trouve qu’on manque aussi de naissances. Or le livret d’épargne, à conditions qu’on lui permette de rapporter suffisamment, est un excellent moyen de donner confiance aux jeunes générations et de les encourager ainsi à avoir des enfants. Pourquoi le sanctionner ? C’est idiot, mais on le fait quand même en croyant bien faire parce que cela va profiter à d’autres objectifs.

L’incapacité à faire de bons choix est la caractéristique de la gouvernance française. On a l’impression que l’appétence pour les mauvais choix est une forme de conduite suicidaire. En fait, il s’agit simplement du privilège donné à ce qu’on croit être l’opinion publique et qui n’est que l’illusion politique. La démagogie règne dans l’opinion, car plus personne ne se risque à affronter la voix de la foule. On est vraiment revenu au conte d’Andersen « Les habits neufs de l’Empereur », où seul un enfant s’aperçoit que « l’Empereur n’a pas d’habit du tout » et qu’il est bien nu comme un ver. En fait, ce n’est pas tant le peuple qui s’illusionne que les médias qui ne lui donnent jamais la parole. Et quand ils s’avisent de le faire, on est toujours déçu car ils ont été incapables de choisir, au sein du peuple, les bons interlocuteurs.

La véritable raison du désastre médiatique est l’absence de penseurs d’envergure en France. On a l’impression que les intellectuels, chez nous ont désappris à réfléchir. Quand les médias en repèrent un qui tient à peu près la route, ils l’usent jusqu’à la corde, si bien qu’il finit par bredouiller à force de se répéter. Quant aux réseaux sociaux, ils font trop souvent figure de rattrapage, où les recalés des grands médias viennent tenter de prendre figure et trop souvent ne font que pitié. Tout cela n’aura peut-être qu’un temps. Peut-être retrouvera-t-on la vigueur de l’esprit français. Qui doit bien fleurir quelque part s’il existe encore un penser vrai. Continuons notre quête avec énergie. Le faible bruit qu’on entend est tout simplement celui de la vie.

Claude Reichman

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En matière de liberté, la France a encore fort à faire !

En matière de liberté, la France a encore fort à faire !

Les sociétés humaines ne sont nullement des sociétés de liberté. L’homme est captif de toutes sortes d’organisations, et surtout de ses croyances immémoriales. Les religions qui se partagent l’humanité sont toutes anciennes. Malgré les progrès de l’incrédulité, elles continuent de régner sur la façon de vivre des pays où elles se sont implantées de longue date. L’Europe est le continent où la religion a la plus reculé. Cette affirmation a toutes les apparences de la vérité, à ceci près qu’elle est fausse. L’Europe est certes moins chrétienne qu’elle l’a été, mais elle est tombée sous la coupe d’une autre croyance, la religion administrative. Partout en Europe, des administrations se sont créées et règnent sur toutes les sociétés.

Une société de liberté peut se caractériser par le revenu disponible de ses membres. La société communiste ne laissait rien à ses malheureux sujets, sauf un lopin individuel qui permettait au paysan de ne pas mourir de faim. Un bon truc que les sociétés libérales se sont empressées d’imiter, puisque leurs prélèvements obligatoires atteignent généralement 85 % à 90 % du revenu de chacun. Le principal   de ce qui est prélevé va à l’Etat, mais même dans les pays où l’Etat n’est pas trop gourmand, toutes sortes d’organisations font en sorte d’imposer à chacun des prélèvements qu’il est censé avoir choisis et qu’il maintient de lui-même en s’y abonnant. Il y a un demi-siècle, il s’agissait de publications diverses, aujourd’hui ce sont plutôt des distractions ou des jeux, ce qui explique les combats de titans que se livrent les plates-formes pour régner sur ce secteur.

Donc la formule de Jean-Jacques Rousseau est restée vraie, qui disait que « l’homme est né libre et partout il est dans les fers ». Rousseau se trompait toutefois sur la liberté du nouveau-né, qui n’existe pas puisque ses parents ont le devoir de l’éduquer et qu’eux-mêmes ne peuvent faire autrement qu’obéir à son égard à leurs croyances, même si leur bienveillance envers leurs enfants les pousse souvent à tenter d’améliorer leurs méthodes. La vie humaine n’est qu’un long cheminement au milieu des contraintes. Arrivé à l’âge adulte, l’homme n’en a pas fini avec les obligations de toute sorte, si bien que pour lui la liberté est un mot vide de sens. Et on voit même d’immenses attroupements de former spontanément, comme si la vie en foule était le plaisir suprême d’homo sapiens.

Depuis la révolution française, le mot de liberté rassemble partout les hommes, même si celle-ci ne reste le plus souvent qu’un désir ou une ambition. Le cas le plus frappant est celui de la République française qui a pris pour devise « liberté, égalité, fraternité ». On n’en attendait pas moins du pays qui a vu fleurir et qui a mis en œuvre l’idéal républicain. La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen a traduit en règles cette devise et figure en tête de la Constitution française. Or le Conseil constitutionnel n’a qu’un souci en tête, ruser avec la Déclaration et lui faire dire ce qu’elle ne dit pas. Pourquoi ? Parce que cette Déclaration le gêne face à des décisions politiques qui la nient. C’est la meilleure preuve de l’extrême difficulté d’une société humaine à appliquer des principes qui ne lui sont pas naturels. Certes, les hommes aiment la liberté, et beaucoup sont prêts à mourir pour elle, mais l’organisation des hommes sur la base de la liberté se heurte à d’intenses difficultés de gouvernance. Et la liberté de chacun contredit sans cesse la liberté des autres.

Les penseurs libéraux ont très bien identifié les racines du mal qui ronge nos sociétés. Ils les situent dans les prélèvements obligatoires d’Etat. Hayek a écrit avec force que le nazisme n’avait pu s’emparer de l’Allemagne que parce que les prélèvements y avaient atteint 48 %. Les nazis n’eurent alors qu’à prendre l’Etat pour s’emparer de la société. N’oublions pas que nazi signifie « national socialiste » et que ceux qui, dans nos sociétés, se disent encore « socialistes » devraient avoir honte de cette appellation et l’abandonner définitivement. Mais on ne peut négliger le fait que partout des groupes associatifs ou commerciaux vous soumettent à un tir nourri et constant de sollicitations, qui sont certes de droit dans une société libre, mais qui ne doivent en aucun cas attenter à la liberté de chacun. Rompre un tel engagement doit être aussi simple qu’un clic internet.

On ne peut se dissimuler le fait que la liberté, si précieuse à l’homme, est très difficile à atteindre. C’est pourquoi une société qui, comme la France, l’a mise au fronton de ses bâtiments officiels, doit déployer tous ses efforts pour la mettre en œuvre et la faire respecter. Nous en sommes très loin. Le tempérament impérieux de Macron nous en a encore plus éloignés. Son successeur aura à rétablir la situation. En attendant, chacun d’entre nous peut, là où il se trouve, être un ardent militant de cette liberté qui, sinon, ne serait plus qu’un mot à la langue coupée.

Claude Reichman

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Jusqu’où ira la folie humaine ?

Jusqu’où ira la folie humaine ?

Zohran Mamdani a donc pris ses fonctions en ce premier janvier. La plus grande ville juive du monde, New-York, s’est donc donné un maire islamiste, d’origine indienne. Un tiers des électeurs juifs ont voté pour lui. Pendant ce temps, une importante partie des citoyens israéliens n’a qu’une ambition : envoyer en prison Benyamin Netanyahou. Ils reprochent à leur premier ministre d’avoir reçu quelques menus cadeaux dont il n’avait nul besoin et négligent le fait qu’il figure désormais au rang des plus grands vainqueurs de l’histoire pour avoir abattu en quelques mois le Hamas, le Hezbollah, le régime syrien de Assad et l’arme atomique de l’Iran, c’est-à-dire les ennemis mortels de son pays. Dans un autre registre, on a coutume en France de louer l’organisation cantonale suisse, modèle de démocratie et de bonne gestion. Le drame de Crans-Montana est venu démentir tragiquement ce jugement. Les autorités cantonales ont laissé plusieurs centaines de jeunes gens s’entasser dans un bar sans protection contre l’incendie, pire recouvert de matériau inflammables, et périr dans les flammes un soir de fête. Jusqu’où ira la folie humaine ?

Plus bucolique mais pas plus intelligente est la mesure décidée par l’Europe d’obliger les pêcheurs à la ligne amateurs de déclarer certaines de leurs prises. L’objectif est évidemment de protéger les espèces. Félicitons-nous que celui-ci n’ait pas été de protéger l’espèce humaine, car les massacres auraient pu commencer pour éliminer toute personne nuisible. Dans le même temps la Lune, Mars et Mercure sont les objectifs de l’humanité dans les prochains mois, tandis qu’on n’a toujours pas installé au Panthéon le génial Pierre Dac pour son immortelle pensée ainsi énoncée : « A la grave question qui est l’homme, d’où vient-il, où va-t-il, je réponds je suis moi, je viens de chez moi et j’y retourne. »  Pierre Dac fut un grand résistant, la voix de la France à Radio Londres. Que serait-il aujourd’hui ? Un universitaire woke ? Sûrement pas. Mais assurément un citoyen indigné !

Partout sur la planète, des foules s’amassent. Les trains du Bengale sont pleins jusqu’aux toits des wagons depuis longtemps, et la Fontaine de Trevi ne sait plus où mettre ses pèlerins qui croient aux vertus des pièces de monnaie jetées dans son eau, tandis que sur le Bund à Shanghai la masse humaine ne rêve même plus à un coin tranquille. Il y a huit milliards d’êtres humains sur terre, en route pour dépasser en nombre les insectes et peu soucieux de définir ce qu’est l’espèce humaine. Sauf par le fait qu’elle aime se grouper en foule compacte, sans autre but que d’être nombreux.

L’homme est issu dune lignée de grands singes vieille de vingt millions d’années et dont se sont séparés progressivement les Orang-Outans, puis les Gorilles, avant que nous ne suivions notre propre route et que les Bonobos et les Chimpanzés, un peu plus tard,  ne fissent de même. Cela ne garantit nullement notre avenir, car tout peut arriver à une espèce devenue apte à  faire sauter la planète, tout en étant incapable d’instaurer une paix durable entre les hommes, malgré les instances du Pape. A ce propos, Léon XIV, que ses deux frères américains appellent Robbie, a un visage très avenant. Cela suffira-t-il ?

La raison est née en l’homme il y a vingt-six siècles, à Milet, en Ionie, grâce aux vertus de quelques philosophes, qui ne se songeaient qu’à réfléchir. Disons tout de suite que leur chance fut de n’avoir pas de chaînes d’infos à leurs trousses, car ils n’eussent certainement pas abouti à grand chose. Depuis, l’homme n’a guère progressé en termes de raison, même s’il a su faire exploser – dans tous les sens du terme – la science. La France n’est pas si mal placée pour faire avancer la raison. Elle a su donner naissance à quelques grands penseurs à qui nous devons de mieux comprendre le monde. Malheureusement, la source s’est tarie, sans doute en raison de l’incessante avancée de l’Etat, qui stérilise tout ce qu’il touche. Faire reculer l’Etat, tout en le vouant à sa mission régalienne, est donc une mission d’intérêt public. Nous sommes peu nombreux à le penser. J’ai lu dans le Figaro – le Figaro ! – sous la plume d’un philosophe invité (par erreur sans doute) que le rôle de l’Etat est «  de répartir la richesse » ! Il n’a donc pas compris pourquoi les Français d’aujourd’hui sont pauvres pour les deux tiers d’entre eux.

En classe de sixième, j’avais pour professeur de français et de latin un agrégé qui avait perdu un œil à la guerre de 14 et qui disait à sa classe « je n’ai qu’un œil, mais il est bon ». Un de mes bons copains était un chahuteur émérite, qui presque chaque jour se voyait condamné par notre professeur à apprendre par cœur cinquante vers de la Chanson de Roland. A l’issue cette profitable année, il était devenu le seul Français vivant à connaître par cœur la Chanson de Roland. Je n’ai plus jamais connu depuis si brillant intellectuel. C’est dire qu’avec de bons maîtres, tous les espoirs sont permis. Puissent nos gouvernants le comprendre !

Claude Reichman

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Une sacrée beigne pour les chaînes d’infos !

Une sacrée beigne pour les chaînes d’infos !

Une sacrée beigne ! Les chaînes françaises d’infos ont pris en pleine figure l’interdiction faite par les Etats-Unis à Thierry Breton de se rendre sur leur territoire. Car le contrevenant à la liberté d’expression (motif de son interdiction) est un pensionnaire de ces chaînes. Il y passe son temps et dès qu’une chaîne a fini de l’interviewer, c’est une autre qui prend le relais. Mais qu’a-t-il donc de si important à dire qu’on se le dispute à ce point ? Rien, vraiment rien, des paroles verbales comme on dit, le point de vue « européen », ce qui ne signifie rien car l’Europe n’a pas de point de vue. Il meuble l’antenne, ceint de son écharpe défraîchie d’ancien commissaire européen. Un point, c’est tout !

La liberté d’expression, le free speech, est établie par le premier amendement de la Constitution des Etats-Unis, autrement dit c’est là-bas un texte sacré. Les articles X et XI de notre Déclaration des droits de l’homme et du Citoyen du 26 août 1789 disent la même chose, mais ici tout le monde s’en fout, car ce magnifique texte n’est fait que pour la décoration de la République. La liberté d’expression en France est scandaleusement bafouée par les médias, qui ne donnent la parole qu’aux officiels ou aux contestataires agréés. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la réforme est impossible dans notre pays, seule la révolution permettant l’évolution ou le changement des règles. De là à dire que la démocratie américaine est idéale, il ya un pas que je ne franchirai pas, mais elle respecte mieux que nous la liberté d’expression et cela reste appréciable.

Certains stigmatisent le comportement des Américains, les accusant d’on ne sait quelle dictature. Il n’en est rien. Ils nous mettent seulement en garde contre nos dérives, qu’il s’agisse de la liberté d’expression ou de l’immigration massive de populations n’ayant aucun rapport avec notre civilisation. Comme ne pas souscrire à ces accusations. Nous avons même une chaîne d’infos spécialisée dans cette dénonciation, Cnews, qui le dit du matin au soir. Et pourquoi refuser au Américains le droit de nous critiquer, quand nous faisons de même à leur égard. Il serait temps que nous, Européens, fassions notre examen de conscience sur ce qu’a été notre politique depuis plus d’un demi-siècle. Nous avons laissé des immigrants issus du Maghreb, de l’Afrique sub-saharienne ou de l’Afghanistan entrer chez nous à raison de 500 000 personnes par an et cette intrusion massive a provoqué d’inévitables tensions, qui se traduisent notamment par une insécurité en augmentation régulière et très inquiétante. Et maintenant nos gouvernements ne savent plus quoi faire. Beau résultat !

Certains des invités permanents de nos chaînes d’infos, tel le dénommé Alain Bauer, nous expliquent qu’il n’y a en France que des étrangers. D’autres, tel l’Algérien Sifaoui, prétendent que l’histoire de France a commencé à la Révolution, effaçant allègrement plus d’un millénaire d’histoire chrétienne. On a évidemment le droit d’avoir des opinions. Mais pas de défigurer les faits pour faire prévaloir sa thèse. Il serait temps que la France se ressaisisse et ne laisse plus sa personnalité sous les assauts permanents de personnes qui, pour mieux asseoir leur légitimité de Français, en sont à affirmer que la France a commencé avec eux.

Nous n’avons pas que ce problème. Notre effondrement économique est dramatique. Nous avons détruit nos usines pour les remplacer par des supermarchés. Aujourd’hui, ces derniers sont tous à vendre, les consommateurs préférant des surfaces plus réduites et plus accueillantes. Sans compter le développement fulgurant du commerce par Internet. Mais nous n’avons toujours pas d’industrie. Pourvu que les Chinois et les Indiens veuillent bien continuer à fabriquer à notre place, parce que je ne vois pas 68 millions de Français se transformer en pâtres des montagnes. Heureusement, les loups sont de retour. On aurait l’air de quoi à garder nos brebis sans eux.

La France va mal. Par la faute des Français. Nous avons cru que la Libération allait nous libérer. Certes, elle nous a libérés des nazis, et ce n’était pas rien, mais nous avons laissé se développer chez nous des mouvements composés de frustrés devenus haineux à mesure que leur situation ne s’améliorait pas. Aujourd’hui, ils veulent gouverner. Le pays n’est pas assez sot pour les laisser y parvenir, mais sait-on jamais ! Je reste persuadé que c’est la généralisation de la Sécurité sociale qui a rendu notre pays improductif et sans idées et que tous les maux qu’il subit et que je viens d’analyser découlent de là. La première chose à faire est donc de traiter le mal en laissant la Sécu à « un million de pauvres types », comme le disait De Gaulle, et en permettant à tout le reste de la population de travailler, de s’assurer librement et de retrouver la passion d’entreprendre qui toujours animé les Français.

Claude Reichman

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Il faut avoir des principes et bien se conduire !

Il faut avoir des principes et bien se conduire !

La France a beaucoup de mal à se trouver un chef. Celui qu’elle a est passablement démonétisé, et si tout le monde voudrait qu’il s’en aille, personne ne veut l’y contraindre. Les meilleurs analystes disent que son maintien est le prix à payer pour que soit sauvegardée la légitimité constitutionnelle. En réalité il reste parce que tout le monde veut que rien ne change. Non qu’on soit content. Mais finalement on ne vit pas si mal et même les gens déclassés bénéficient d’avantages matériels qui les maintiennent en assez bon état. Bref, encore un instant Monsieur le Bourreau. L’époque change, c’est vrai, mais plus cela sera lent, mieux cela sera.

Toutes les sociétés humaines ont connu de tels moments. Car le changement est ce qu’il y a de plus difficile pour l’homme. Il ne le supporte que lorsque le grand vent de l’histoire l’emporte. Que ce soit la destruction de son village par les gens d’un village voisin ou un conflit mondial à grands coups de bombes et de canons. Alors là, il faut changer. Parce qu’on n’a pas le choix. Il y a certes des révolutions tranquilles, que seuls les pays vraiment civilisés peuvent se permettre. Mais ce n’est vraiment pas la majorité des cas. Pour la France en ce moment, le seul espoir est une crise financière qui rendrait nos prêteurs plus exigeants sur nos devoirs. Mais ces prêteurs, étrangers pour un plus de la moitié d’entre eux, représentent de braves retraités qui n’ont pas envie que leurs sous subissent de trop rudes traitements. Donc, toujours et encore, rien ne bouge.

Qu’on ne se fasse quand même pas trop d’illusions. Cela va finir par bouger. Simplement parce que tout bouge sur terre. Même l’empire romain, même l’Eglise de France, même la Ligue de football, même la présidence de l’amicale bouliste, tout a bougé. Et si vous ne connaissez plus aucun chanteur ni aucun acteur, c’est que les anciens ont disparu et que vous êtes un peu out. Comme tout le monde en ce moment, qui est une époque de grand changement à cause des progrès techniques, qui d’ailleurs n’en sont peut-être pas mais qui chahutent fortement la société.

Tenez, prenez l’intelligence artificielle. Quelqu’un lui a-t-il demandé de réformer notre régime social ? Personne à ma connaissance, et d’ailleurs ce serait inutile parce que tout le monde sait ce qu’il faudrait faire. Ce n’est pas si difficile que cela de décider que dorénavant on ne vous prendra plus votre argent pour vous assurer contre tout et qu’on vous laissera le faire vous-même, avec l’aide des milliers d’organismes mutualistes qui existent dans tous les pays développés. C’est si simple qu’on a voté depuis des années toutes les lois pour le faire et qu’on n’ose pas les appliquer.

Je me souviens d’une réunion publique au Figaro où j’expliquais tout cela, que le patron du journal, Alexis Brézet approuvait fortement de la tête. Pour autant cet excellent journal ne fit pas la moindre campagne en ce sens. Avant qu’en ce mois de décembre 2025, peu de jours avant la venue du Père Noël, par une sorte de miracle divin, la charmante Bertille Bayart ne commît un cinglant éditorial intitulé « La Sécu, cette octogénaire qui dévore ses petits-enfants », dont la conclusion mérite vraiment d’être retenue : « Quatre-vingts ans après  la création de la « Sécu », magnifique projet à l’époque, la dépense sociale dévore aujourd’hui les comptes publics, la fiche de paie des salariés et la compétitivité des entreprises. C’est l’avenir qu’on lui sacrifie. » Je ne ferai qu’un reproche à Bertille : la Sécu ne fut pas « un magnifique projet à l’époque », mais une « réforme » imposée à De Gaulle par le parti communiste, qui faisait « 28 % des voix aux élections et est armé », comme le confiait le général à un visiteur.

Le Figaro n’est pas toute la France, mais il compte. Pourquoi ne bouge-t-il pas plus ? Je citerai ce mot d’Henri de Castries, successeur de Claude Bébéar à la tête du premier assureur mondial, Axa, à qui je demandais, lors d’une réunion, pourquoi il ne mettait pas en œuvre   les directives européennes libérant la protection sociale, et qui me répondit : « Nous n’avons pas les commandes », ce qui signifiait qu’il ne dirigeait pas l’Etat. Ce qui était stupéfiant puisqu’il ne s’agissait que d’appliquer des lois ! La famille Dassault était présente à cette réunion, ainsi qu’une belle panoplie de ministres et de dirigeants de sociétés, et rien ne se produisit. Est-ce normal, Docteur ?

Non, ce n’est pas normal, et cela signe le mal. La France est malade de son pouvoir. Sans lui, rien ne bouge, mais avec lui rien ne bouge non plus. Voilà donc ce qu’il faut changer dans notre pays, probablement en retirant du pouvoir au président et en en confiant davantage aux élus, qu’il faudrait réduire à 200 députés, ce qui serait bien suffisant pour un pays de 67 millions d’habitants. Gouverner est avant tout un exercice de confiance. Les citoyens feront de bon cœur ce qu’ils ont consenti en toute liberté et en toute intelligence. Les discours haineux disparaîtront d’eux-mêmes dans un pays bien gouverné. Tout comme dans une famille où on cesse de s’engueuler quand on se met d’accord en confiance. Certains diront que cela ne se décrète pas et ils auront raison. Mais cela se mérite quand on a des principes et qu’on se conduit bien.

Claude Reichman

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La Ve République est en perdition !

La Ve République est en perdition !

Quand un régime politique perd pied, il utilise la justice et l’armée contre ses opposants. C’est ce que vient de faire l’Etat en emprisonnant Sarkozy et en donnant l’assaut à une ferme d’Ariège pour y abattre son troupeau de vaches. Dans les deux cas, cette démonstration de force était inutile. Sarkozy n’était pas en fuite, et les agriculteurs avaient donné leur accord sur l’abattage de leurs vaches. Mais quand on a des muscles, on les montre, même s’ils sont ridiculement maigres.

Le gouvernement était venu à bout des gilets jaunes en les éborgnant à coup de grenades. Il y avait été bien aidé par l’extrême gauche qui s’était emparée de ce mouvement, constitué au départ de professionnels indépendants qui n’en pouvaient plus des charges imposées par l’Etat. Quand le calme fut revenu, Macron entama un tour de France consistant en d’interminables monologues présidentiels, de ville en ville, prononcés devant des auditoires captifs et qui ne convainquirent personne, sauf Macron lui-même qui n’a pas de plus grand plaisir que de s’écouter parler.

Ainsi va la cinquième République finissante. Elle ne souffre pas d’un mal soudain, mais de l’inexorable dérive d’un pouvoir fondé sur l’Etat et l’impôt, ce qui est d’ailleurs la même chose. De Gaulle avait cru qu’en restaurant l’autorité de l’Etat, il assurerait la survie de son régime. Ce ne fut pas faux au début, car la dépense publique ne dépassait pas le tiers de la production du pays. Six décennies plus tard, la dépense a doublé et étouffe l’économie. Sans que personne dans le personnel politique ne soit capable de mettre un frein à cette dérive. Il ne reste plus que la démonstration de ce qu’il reste de force au pouvoir.

L’élimination des adversaires est le propre des régimes faibles. La mise au cachot de Sarkozy est une vraie folie. Ce n’est pas un criminel, et il n’a rien à faire en prison. C’est une folie parce qu’elle va précipiter le désir de vengeance des partisans de l’ancien président, qui se manifestent dès à présent en se pressant aux signatures de l’ouvrage qu’il vient de publier. L’humiliation de cet homme est une faute grave, même s’il l’a supportée vaillamment. Nous ne sommes plus dans le débat démocratique, mais dans l’usage de la force pour faire prévaloir son autorité. Cela se termine toujours mal. Car tous les hommes politiques ont compris le message. Filer droit, ou c’est la prison. Bien entendu, celui qui manipule ainsi la lettre de cachet en sera tôt ou tard le destinataire.

Homo sapiens n’a guère que quatre cent mille ans d’existence. Son histoire n’est faite que de guerres et de massacres. Au fil des siècles, seule l’échelle a changé. Il ne s’agit plus de massues, ni d’arcs et de flèches, mais de missiles à tête nucléaire que menacent de se lancer des puissances mondiales. A présent, on trouve sur le marché des drones que tout un chacun peut acquérir pour jouer à sa guerre personnelle. Le dessinateur Dubout avait bien pressenti la nouvelle ère. Ses œuvres hilarantes mettaient en scène des foules d’individus ordinaires qui s’empoignaient allègrement. On n’a pas fait mieux depuis pour dépeindre l’humanité. Car le scénario du spectacle est immuable.

Parmi les curiosités de l’affaire Sarkozy, figure un tour de passe-passe auquel on ne nous avait pas habitués. Tout le monde s’est empressé de chercher sur internet la photo de la juge Gavarino qui a envoyé Sarkozy en prison. On l’a bien trouvée, à ceci près que ce n’était pas elle, mais la procureure en retraite du parquet national financier, Eliane Houlette. Celle-ci n’étant plus dans l’actualité, elle pouvait valablement être substituée à une juge en butte à la colère de beaucoup. Bravo les artistes. On connaissait l’art de la magistrature de protéger ses membres, mais aller jusqu’à une telle substitution, on ne l’avait jamais vu. C’est dire qu’on n’est plus dans une démocratie telle que chacun l’entend, mais dans une tactique de guérilla digne des grands moments des guerres civiles.

A peine sorti de prison, Sarkozy a publié un livre sur ses trois semaines de détention, et il parcourt la France pour le dédicacer. Des foules se pressent pour l’approcher. On n’avait pas vu ça en France depuis longtemps. Et on peut se demander ce qu’il adviendra si la cour d’appel, dans quelques semaines, l’envoie à nouveau au cachot. Surtout si Marine Le Pen est elle-même empêchée par la justice de se présenter à l’élection présidentielle. Décidément, la justice cumule les audaces. On peut le dire ainsi car dans ces affaires il n’y a aucune évidence judiciaire. Le plus sage eût été de laisser tout cela vieillir dans la poussière des greffes, où la paix civile eût été en sécurité. Mais la sagesse a disparu de la France. Il n’y a plus que des vengeurs grimaçant de haine. Ils finiront bien sûr comme tous les vengeurs, c’est-à-dire au cimetière des déçus de l’histoire, et on vénèrera leurs noms beaucoup moins qu’on ne les haïra.

Claude Reichman

 

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J’ai rencontré le Père Noël !

L’approche de Noël m’a donné envie de republier le récit de ma rencontre avec le Père Noël. Dans notre famille, les décorations sont en place, l’attente est heureuse même si les évènements ne le sont pas. Cher Père Noël, on n’attend plus que vous.
C.R.

J’ai rencontré le Père Noël !

Depuis des années, j’ai l’habitude, à l’approche de Noël, de parler aux pères Noël que de nombreuses enseignes mettent en faction devant leur porte. Ce sont toujours des hommes de condition modeste qui gagnent ainsi un peu d’argent. Ils hésitent le plus souvent à me parler, comme s’ils montaient la garde devant le palais de Buckingham, mais très vite ils se détendent et ce qu’ils me disent tous, c’est qu’ils prennent très au sérieux leur mission dont le but, finalement, est de donner de la joie au peuple, qui retrouve à travers eux des souvenirs d’enfance et des joies oubliées.

Mes rencontres de cette année n’ont pas failli à l’habitude, jusqu’à hier quand le dernier père Noël que j’ai abordé m’a fait une révélation stupéfiante. « A vous, je peux bien le dire, je suis vraiment le Père Noël », m’a-t-il confié. Comme je hochais la tête en souriant, il ajouta : « Je comprends votre scepticisme, mais quand je vous aurai dit la raison de ma présence en France, vous me croirez. »

Il me demanda de tirer sur sa barbe, qui se révéla vraie. Il en fallait plus pour me convaincre, et il le comprit aisément. Aussi entreprit-il de me narrer les circonstances qui l’avaient conduit dans notre pays.

« Sachez, me dit-il, que je vis en France depuis que votre pays a été libéré de l’Allemagne nazie. J’ai abandonné sans regret le Grand Nord et y laisse mes rennes aux bons soins des natifs de cette contrée, qui ont l’habitude de vivre en bonne intelligence avec ces merveilleux animaux. Quant à moi, dont le monde est la patrie, je pouvais me fixer où je voulais, pour peu que le collège des bienfaiteurs, où je siège, ne soit pas choqué par ma conduite. »

– Mais pourquoi la France ? lui dis-je.

– Parce que je pressentais que de grandes choses s’y produiraient, qui me conforteraient dans ma mission. Voyez-vous, le régime qui s’est instauré chez vous à la Libération était inspiré par des imposteurs, qui avaient pour ambition de me retirer ma fonction en l’assumant eux-mêmes. Leur outil était l’Etat, qu’ils chargeaient de prélever toute la richesse que le peuple pouvait produire pour lui en restituer d’infimes miettes qu’ils n’osaient pas appeler des cadeaux et qu’ils avaient baptisé prestations sociales.

– Mais enfin, Père Noël, il n’y a aucun rapport avec des cadeaux qu’on se fait à soi-même et les vôtres qui, si j’ose dire, tombent du ciel !

– Vous avez raison. Mais la crédulité humaine est sans limite. Un cadeau est un cadeau, on ne veut pas voir plus loin. Les autres peuples sont plus durs à tromper, mais le vôtre a été en quelque sorte « dressé » à croire en la bonté des autorités par des siècles de règne monarchique. Lorsque j’ai compris cela, j’ai pris la décision de m’installer en France pour surveiller la concurrence.

– Que pouviez-vous faire ? Un coup d’Etat ?

– Mais non. J’ai le moyen de semer un terrible désordre en comblant de cadeaux des personnes qui ne les méritent pas et de susciter ainsi une jalousie mortelle entre les citoyens, qui finissent toujours, en pareil cas, par se massacrer entre eux. Et alors il ne reste plus rien des imposteurs, que chacun rend responsable du climat délétère qui règne dans le pays.

– Ce que vous me dites est effrayant. J’avais de vous l’image d’un être bienveillant.

– C’est exactement ce que je suis. Ma bienveillance est celle du pater familias, qui veille à la bonne entente dans sa famille. Je ne suis pas intervenu jusqu’à présent parce que les imposteurs ont progressivement perdu la partie. Plus grand monde en France ne croit aux cadeaux de l’Etat. Je sens qu’il ne faudra pas longtemps avant que vous vous donniez un président qui rétablira les bons principes.

– On n’a pas l’air de prendre ce chemin en ce moment.

– Il faut être patient.

– Facile à dire pour vous, vous êtes éternel.

– J’avoue que cela aide. Mais j’ai connu l’un des vôtres, un certain Aristote, qui me disait : « Le choses qui suivent les lois de la nature sont toujours naturellement les plus belles qu’il est possible qu’elles soient. » Vous verrez, cela va s’arranger chez vous.

– Aristote ! Nous patientons depuis vingt-trois siècles !

– Les temps viennent. Vivez avec l’espoir. Au fait, m’avez-vous fait une commande ? Comme vous m’êtes sympathique, je vais l’améliorer.

– Merci Père Noël, votre message d’espoir me comble et me suffit. Me permettez-vous de faire état de notre conversation ?

– Bien sûr. C’est même pour cela que je vous ai parlé.

Il s’éloigna dans la nuit, et je restai un long moment à le regarder disparaître. J’avais le vague espoir qu’il reviendrait sur ses pas pour continuer notre conversation. Mais il m’avait dit l’essentiel et me laissait une mission. J’ai tenu à la remplir sans délai.

Claude Reichman

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La droite a tué la France !

La droite a tué la France !

Dans quelle société voulons-nous vivre ? Une société où l’on décide de ses choix en toute liberté, ou une société où il faut se battre en permanence pour ne pas subir les choix de majorités diverses et fluctuantes ? La première hypothèse est évidemment celle d’une majorité de Français, mais c’est la seconde qui règne dans le pays. La faute en revient à nos institutions, qui ne savent plus faire respecter les principes démocratiques et laissent s’installer le chaos. On a pu croire que la Ve République, telle qu’instaurée par le général de Gaulle, saurait durablement maintenir la France en démocratie. On s’aperçoit aujourd’hui qu’il n’en est rien.

La raison de l’échec démocratique de la Ve République se lit très simplement dans deux chiffres. A sa création, et sous le règne du général, les dépenses publiques françaises représentaient le tiers du produit intérieur brut. Soixante-sept ans plus tard, elles en représentent les deux tiers. Et c’est l’envolée des dépenses sociales qui est cause de cette augmentation. La gauche a toujours poussé dans ce sens. La droite n’a jamais su s’y opposer. En France aujourd’hui il n’est plus possible d’entreprendre avec des chances de succès, les charges dévorant tout l’actif des entreprises. Le mal français est donc là.

En 1995, j’ai publié un ouvrage intitulé « Sécurité sociale, le vrai mal français ». J’y détaillais la maladie et son traitement. Trente ans plus tard, rien n’a changé. Tout ce que l’Etat compte d’officiels s’est ligué contre mes solutions. L’Etat s’est même mobilisé pour empêcher, en toute illégalité, les dispositions européennes, qui instauraient la concurrence, de prendre effet. Et la France se débat désespérément pour échapper à l’étranglement social, sans y parvenir. Le triste spectacle actuel du parlement, qui ne parvient pas à faire émerger des solutions à l’effondrement du système de retraite, est une illustration de plus de ce mal français.

L’émergence de forces politiques d’extrême gauche est également une conséquence de l’appauvrissement du pays. Cet appauvrissement est constaté par tous les indices officiels, mais le plus parlant est celui de la radio RMC qui, chaque 10 du mois constate ce qu’il reste dans le portefeuille moyen des Français. Le dernier chiffre connu était de 53 euros. Ce qui signifie que le Français dispose de 2,65 euros par jour pendant les derniers vingt jours du mois ! Allez créer une entreprise avec des moyens aussi modestes. Les adeptes de Mélenchon s’ébrouent avec bonheur dans tout ce malheur !

Vous voulez des noms ? En voici. Pierre Suard vient de mourir. Il fut le plus grand industriel français, à la tête d’Alcatel Alsthom. Les terroristes d’Action directe le menaçant, Charles Pasqua, ministre de l’intérieur, lui donna le choix d’une protection policière permanente où de dispositifs de sécurité installés à son domicile. Suard fit ce dernier choix et un juge d’instruction nommé Jean-Marie d’Huy le mit en examen pour de prétendus abus de biens sociaux. Comme si Suard s’était emparé de biens de son entreprise ! Empêché de rencontrer ses collaborateurs, Suard dut démissionner de ses fonctions. Son entreprise ne s’en remit pas. Il bénéficia par la suite d’un non lieu pour toutes les accusations dont la justice l’avait accablé. Le juge d’Huy termina sa carrière dans le confort de la cour de cassation. Serge Tchuruk prit la suite de Suard à Alcatel et inventa « L’entreprise sans usines ». Succès complet : il n’y a plus d’usines en France !

La pièce que nous venons de représenter devant vous a été écrite par tous les politiciens français. Elle a été jouée par tous les acteurs de la sinistre comédie française. Après ses représentations triomphales dans tous les théâtres subventionnés de notre pays, elle partira en tournée en Corée du Nord, puis à Cuba et au Venezuela où le plus chaleureux accueil lui est réservé. En France la chasse aux patrons est ouverte en toute saison. Le rabattage du gibier est effectué par la Grande Veneuse Elise Lucet et son équipe de sonneurs de trompe. Nul ne doit en réchapper. Parole de démocrate !

Pour ne pas vous laisser sur votre faim, voici encore quelques noms. Quand mon ouvrage sur la Sécurité sociale fut publié, j’eus l’honneur d’être interviewé par de nombreuses télévisions mondiales, dont celles de la Chine et de l’Inde, et le Wall Street Journal me demanda de rédiger son éditorial. En France, l’enthousiasme fut bien moindre, mais j’eus la visite de deux journalistes du Point, Philippe Manière et Romain Gubert. Ils passèrent près de trois heures avec moi et quand leur article parut dans leur hebdomadaire, il ne restait qu’une ligne de mon interview. J’appris qu’Alain Juppé, alors premier ministre, avait appelé François Pinault, propriétaire du Point, pour lui demander de ne pas parler de mon livre, car Juppé préparait alors le plan de sauvegarde de la Sécu qui allait tout changer…comme d’habitude. Romain Gubert m’appela pour s’excuser et me dit « On n’est pas fiers de nous ! »

Juppé était le premier ministre de Chirac. C’était donc la droite qui gouvernait. Elle n’en faisait pas moins la chasse aux libéraux, montrant ainsi sa duplicité fondamentale, qui est la cause profonde du mal français. Jamais une droite libérale, comme toutes les droites du monde occidental, n’aurait laissé le cancer social ronger l’assise de la France. Ce fut un crime. Un vrai crime. Nous le payons tous ensemble aujourd’hui.

Claude Reichman

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Ces vingt ans où il ne s’est rien passé !

Ces vingt ans où il ne s’est rien passé !

Ce 27 novembre, BFMTV fêtait ses vingt ans. La chaîne avait réuni pour l’occasion le plus grand nombre des journalistes qui avaient traité l’actualité au cours de ces vingt années. On eut ainsi le plaisir de revoir des visages familiers qui, pour nombre d’entre eux, nous avaient quotidiennement informés. Pourtant, je ne pouvais me défaire d’un certain malaise, que je compris rapidement. Malgré le climat sympathique de cette émission, ce qui dominait c’était le sentiment que rien n’avait changé en France pendant toute cette époque, et surtout que rien ne pouvait changer.

Ce sentiment est accablant. Surtout quand il accompagne des évènements négatifs. La France subit un choc économique et un choc migratoire qui la font souffrir, notamment en raison de la vive inquiétude qu’ils suscitent dans sa population. Et l’on ne voit poindre aucune solution à l’horizon. Un parti d’opposition, le Rassemblement national, paraît avoir les faveurs d’une majorité de Français, mais les solutions qu’il préconise ne semblent guère cohérentes, à l’exception de sa volonté de mettre fin à l’immigration. On peut craindre qu’arrivé au pouvoir, ce parti ne soit rapidement réduit à l’impuissance par incapacité d’obtenir un franc soutien du pays.

La cause de la stagnation française est due au mariage d’un Etat tout puissant et d’une imprégnation communiste. L’histoire explique cela aisément. Le gaullisme a pris les commandes en 1958, en même temps que s’appesantissaient les mesures collectivistes sur la société, nées d’une forte implantation du pari communiste. Ce mélange explosif est toujours en vigueur aujourd’hui, même si le parti communiste a presque disparu et que le parti gaulliste n’est plus qu’une ombre. Mais leurs composantes politiques et sociologiques sont toujours vivaces, alors même que plus personne ne les soutient. Il est évident que le règne de ce curieux mélange va bientôt se terminer, comme toute période qui ne rime plus à rien. Mais personne n’est capable de dire ce qui va lui succéder.

Pour en revenir à BFMTV, son erreur fut de n’avoir jamais mis à l’antenne de vrais penseurs. Certes il ne s’agissait pas de transformer cette chaîne en annexe du Collège de France, mais une époque sans penseurs – et il n’y en avait pas davantage ailleurs – est une époque qui ne produit rien de valable. Prenez l’exemple du système de retraite. Le Mouvement pour la liberté de la protection sociale (MLPS), que je préside, vient de publier un « Manifeste pour un nouveau système de retraite », dans lequel il préconise de passer à une protection individuelle, plus conforme aux nécessités de l’épargne, qui est le fondement de tout système de retraite. Dans un pays libre, où chacun peut réfléchir à son avenir et aider à mettre en œuvre les mesures qu’il préconise, il y a longtemps que ces mesures auraient été prises et l’avenir des retraites assuré. Rien de tel en France où toute idée nouvelle est réputée mauvaise.

Le véritable adversaire du changement est le confort. Il ne faut pourtant pas exagérer. Le confort des Français est très relatif. Il est dû surtout au versement régulier de 930 milliards au titre des divers régimes sociaux. Et ce versement se fait en grande partie grâce à l’emprunt. Il suffit que les prêteurs prennent peur pour que tout s’arrête. Tout homme d’Etat prendrait d’urgence des mesures d’économie pour que son pays reste solvable. Rien de tel en France : on ne fait rien, mais on en parle abondamment. Pour nos politiciens, cela revient au même. L’exemple le plus fameux d’une telle inconséquence est le régime byzantin, où l’on se passionnait pour les courses de char alors que les Ottomans étaient aux portes et y avaient mis le siège. On connaît la suite de l’histoire. Elle est identique  à toutes les histoires d’inconséquence. Seule change l’identité des conquérants.

On ne veut pas de mal à BFMTV, mais on ne souhaite pas avoir à fêter le quarantième anniversaire de sa création. En tout cas pas dans les mêmes conditions que pour le vingtième. Ce qui serait bien c’est qu’une grande fête honore la révolution de la liberté en France, qui aura rendu au peuple les clés de son avenir. Il ne nous reste plus qu’à faire cette révolution. Ce n’est pas si compliqué que ça. Il suffit de rendre à chacun son argent, à l’exception de ce que l’on doit consacrer à la nation. Pour la France, il faut revenir à 1958, c’est-à-dire à une époque où le citoyen ne se faisait pas plumer comme une oie. Je rappelle aux latinistes l’épisode des oies du Capitole, qui montre que ce volatile sait parfois ne pas se laisse faire ou à tout le moins avertir du danger.

Quatre-vingts ans ont passé depuis la Libération. La France a connu deux Républiques. Le temps est donc venu du changement, puisqu’un régime dure rarement plus qu’une vie humaine. Le problème, c’est la nature du changement. Pacifique ou violent ? La violence est à craindre, puisqu’on voit se multiplier en France les atteintes à la liberté d’expression. On supprime autoritairement des chaînes, fussent-elles de divertissement, on veut instaurer un contrôle des réseaux sociaux, on organise des descentes de police chez des gens qui n’approuvent pas les vaccinations obligatoires, et on entend sans arrêt le président de la République à la télévision. « N’en jetez plus, la cour est pleine », disait-on au Moyen-âge quand on n’en pouvait plus de recevoir des tas d’ordures en guise d’applaudissements. Mais là, les jets malodorants sont de mise, quand un président abuse de nos yeux et de nos oreilles. Le drame, c’est que ce jeune garçon a été élevé pour être applaudi. Que voulez-vous, il ne peut pas s’en empêcher !

Claude Reichman

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Manifeste pour un nouveau système de retraite

Mouvement pour la Liberté de la Protection Sociale
165, rue de Rennes  75006 PARIS

Novembre 2025
Manifeste pour un nouveau système de retraite

Le système français de retraite a été créé en 1945 à une époque où il y avait 15 cotisants pour un retraité. Au fil des années, le rapport entre cotisants et retraités n’a cessé de diminuer. Il atteint aujourd’hui 1,4 cotisant pour un retraité. Autrement dit un système de répartition, tel que le système français, ne peut plus fonctionner, car il impose aux cotisants une charge insupportable.

Les débats actuels sur la retraite proposent des réformes fondées sur la durée de cotisation et l’âge de la retraite, afin de retarder la faillite. Mais ces mesures, même si elles allègent légèrement la charge des actifs qui financent le système, ne permettent pas de stabiliser à terme ce dernier. Or l’ambition de tout système de retraite consiste pour l’essentiel à promettre aux cotisants de bénéficier, quand ils prendront leur retraite, d’une pension correspondant aux cotisations qu’ils ont versées. Ce ne sera pas le cas pour les actuels cotisants, quelles que soient les réformes actuellement évoquées.

IL convient donc de proposer aux Français un nouveau système de retraite qui puisse être viable. Le système de répartition doit en toute hypothèse être écarté, puisqu’il repose sur le nombre des cotisants alors même que ce nombre ne peut en aucun cas être garanti, puisqu’il dépend de la natalité et de l’emploi, qui sont par nature très variables. Les partisans de ce système répètent à l’envi qu’il est fondé sur la solidarité entre les générations. On constate actuellement que c’est tout le contraire, puisque ceux qui sont actuellement retraités touchent des pensions convenables, alors que ceux qui les financent par leurs cotisations ne toucheront probablement rien. Où est la solidarité ?

Nous proposons donc d’abandonner le système actuel et de laisser chacun choisir le mode de financement de sa retraite. Ce financement pourra se fonder sur toute sorte de placements, y compris immobiliers, étant entendu que les sommes affectées à ceux-ci seront déductibles fiscalement dans les mêmes conditions que les placements purement financiers.

Un tel système de retraite permettra non seulement d’offrir les meilleures garanties de sécurité, par la diversité des financements et l’intervention d’organismes collectifs de placements, telles que les mutuelles, pour ceux qui les préfèrent, mais aussi d’apporter à l’économie les financements dont elle a besoin pour se développer.

Il sera nécessaire d’apporter aux actuels retraités une solidarité nationale pour leur permettre de n’être pas lésés par le changement de système, et ce jusqu’à disparition de tous les pensionnés relevant de l’ancien système.

La communauté européenne avait d’ailleurs décidé, par les traités de l’Acte unique et de Lisbonne de créer un marché européen unique, y compris pour les services, dont le système de retraite fait partie, fixant son entrée en vigueur pour l’année 1993. La France n’en a rien fait et a donc  perdu 32 ans à tergiverser et à bercer les habitants de fausses promesses, qui se révèlent aujourd’hui délétères pour la paix sociale et pour la sécurité des revenus de chacun.

Le débat sur les retraites ne doit pas avoir le caractère passionnel qu’il revêt actuellement. Ce doit être un débat entre gens raisonnables qui se préoccupent des lendemains et des progrès économiques. Et qui ne veulent ni frustrer nos anciens ni pénaliser notre jeunesse.

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Voilà ce qui arrive quand on n’y comprend rien !

Voilà ce qui arrive quand on n’y comprend rien !

Le pire pour un homme, c’est de ne pas comprendre ce qu’il lui arrive. Il s’agite à la recherche de solutions, essaye tout et son contraire, et perd toute chance de s’en sortir. Nous vivons en ce moment, en Europe, un tel moment. L’erreur que nous avons commise fut de croire à « la fin de l’histoire », que nous suggérait Fukuyama. La victoire de l’Ouest sur la dictature communiste à l’Est signait, à en croire cet intellectuel, la domination définitive des idées libérales. Bien entendu, il n’en est rien et il reste encore sur terre des humains qui prônent le communisme. Ils l’emportent dans quelques pays non négligeables comme la Chine et y imposent leur dictature, tandis qu’à l’Ouest l’imbécillité collectiviste poursuit ses ravages difficilement contenus par les libéraux. Seule l’arme atomique nous a protégés d’un conflit mondial. Pour l’instant.

Les Européens ont eu l’heureuse idée de s’unir, pensant ainsi supprimer la guerre sur notre continent. Ils y sont parvenus, puisque les seuls conflits européens depuis 68 ans ont eu lieu dans l’ex-Yougoslavie, qui n’était pas membre de la Communauté et dont les divers pays, une fois libérés de l’attelage communiste, y sont entrés ou vont le faire. Mais l’Europe n’est pas seule au monde. Et la Russie vient de le leur rappeler en attaquant l’Ukraine. Or voilà que sous la direction de Trump, les Etats-Unis leur enlèvent le parapluie militaire qu’ils croyaient éternel. Tout le calcul européen s’effondre et on se retrouve à poil. Pas très malin pour des nations qui disposent des meilleurs cerveaux mondiaux.

Avec ses 450 millions d’habitants, l’Europe avait tout pour s’inscrire parmi les très grandes puissances et pour exercer un magistère conforme à ses principes. Elle n’en a rien fait. Au contraire elle s’est laissé gagner par le socialisme, variante un peu adoucie du communisme, et elle a brisé ses chances de croissance et de puissance. En 1990, le PIB européen égalait celui des USA. Un tiers de siècle plus tard, il n’en représente plus que 65 %. Nous avons perdu la guerre économique pour nous être laissé bercer par les sirènes de l’Etat providence et de la société d’assistance. Et alors que tous les Etats européens clament leur volonté de mieux s’armer pour résister à la Russie, ils constatent piteusement qu’ils n’en ont pas les moyens. Sans puissance militaire, on n’est rien. Le constat n’est pas nouveau. Nous l’avions oublié !

Pour autant, ne cherchez pas dans les colonnes de nos journaux ou dans les propos des éditorialistes de plateau télévisé ce qu’on appelle en médecine un diagnostic étiologique, c’est-à-dire l’élucidation des causes du mal, qui entraîne la mise en œuvre du traitement. L’Etat providence est largement invoqué, mais on ne sait pas faire sans lui. Comme si son allègement, voire sa suppression allait entraîner la mort des populations. Personne n’est prêt au geste fatal, qui apparaît comme un crime, dont il faut repousser l’idée jusqu’au tréfonds de notre âme pour échapper à la malédiction des assassins. Nous sommes malades, vraiment malades. Et Serge Lama qui le chantait n’est vraiment pas en forme en ce moment.

La question que nous devons tous nous poser est la suivante : comment voulons-nous vivre ? Voulons-nous être libres, c’est-à-dire choisir nos moyens d’existence et de protection, ou préférons-nous que l’Etat s’en occupe. Actuellement un Français est un prisonnier volontaire des pouvoirs publics. Volontaire n’est pas vraiment le mot, car sa sujétion résulte de décisions prétendument démocratiques mais en fait imposées par une technostructure implacable. Avez-vous lu le code la sécurité sociale ? C’est mieux que le code pénal. Partout des contraintes, des sanctions, des saisies. Mais comme le dit l’humoriste George Carlin, c’est pour notre bien car l’Etat nous aime ! En fait le sketch de Carlin parle de Dieu, mais pour nous Français, Dieu c’est l’Etat !

Carlin fut très populaire aux Etats-Unis. En France il eût été négligé, car non promu par les médias dominants. On voit bien la différence. Dans un pays où les prélèvements obligatoires ne dépassent pas le tiers du PIB, on peut rire de tout. En France, pays le plus intelligent de la terre, on ne peut même plus rire de l’Etat qui draine les deux tiers des ressources du pays, donc les vôtres. Vous ne voudriez tout de même pas finir affamé !

Cela finira-t-il un jour ? Evidemment. Quand les structures punitives de l’Etat se seront effondrées. On en voit actuellement des prémisses. A Marseille, deux gouvernants importants, les ministres de l’Intérieur et de la Justice, sont allés renforcer le moral de leurs troupes. Vous les avez vus ? Deux pauvres chéris blottis l’un contre l’autre et implorant le ciel de les ramener sains et saufs dans leur avion ministériel, direction le paradis des ministres, septième arrondissement de Paris. On voit de ces scènes quand même ! Le bonheur du peuple n’est plus très éloigné, quand il verra enfin les puissants en robe de bure conduits à la sanction qu’ils ont mille fois méritée. Cela ne changera hélas rien. Car ce qu’il faut, c’est que des gens du peuple montrent qu’ils sont plus capables que les puissants de conduire la nation.

Claude Reichman

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Je vous pose la question : qu’est-ce qu’un régime de retraite ? 

Je vous pose la question : qu’est-ce qu’un régime de retraite ?

Le débat politique en France en ce moment ressemble plus à une foire d’empoigne qu’à un échange démocratique. Le nombre d’insanités à la minute est en croissance permanente, et chacun se demande comment tout cela va finir. La réponse est évidente : cela va mal finir, car aucune solution sérieuse n’est proposée par les acteurs politiques. Les deux principaux problèmes français sont la stagnation économique et la faillite du régime de retraite. L’économie est asphyxiée par les charges sociales et la baisse du nombre de cotisants rend impossible la poursuite du système de répartition. Tout commande donc de changer de système social.

N’importe quel peuple sensé se rangerait à cette solution et s’empresserait de la mettre en œuvre. Pas les Français. Ils préfèrent s’invectiver et se maudire mutuellement. En réalité, il ne faut pas parler des Français mais de leur classe dirigeante. Le peuple n’est pas appelé à s’exprimer sur ce sujet. Il contemple donc le spectacle avec inquiétude et ne sait pas à qui faire confiance. Essayons d’aider nos compatriotes. Tout d’abord en leur posant une question : qu’est-ce qu’un régime de retraite ? La réponse est simple. C’est un système de prévoyance qui consiste à garantir aux souscripteurs le versement d’une pension quand ils devront quitter la vie active. C’est ce que les Français ont compris et ils attendent donc du régime de retraite qui leur est imposé par l’Etat qu’il leur verse cette pension le jour venu. Or il paraît, à lire certains auteurs officiels qui commencent à se lâcher, que cette promesse n’en est pas une et que les souscripteurs forcés auraient dû le comprendre.

Nous sommes donc face à une gigantesque escroquerie, fondée sur la méthode de Ponzi, qui consiste à appâter les souscripteurs par des pensions initiales très confortables, mais appelées à se réduire au fil des ans jusqu’à disparaître complètement faute de cotisants. Dans les milieux officiels, tout le monde savait depuis longtemps que le système de retraite allait s’effondrer. Nommé premier ministre par Mitterrand, Rocard avait publié un livre blanc qui ne cachait pas la vérité aux Français. Et comme il savait que personne ne ferait rien pour éviter la catastrophe, il avait inventé la cotisation sociale généralisée (CSG), qui allait permettre de retarder l’effondrement. Et de fait aujourd’hui cette taxe rapporte plus de 150 milliards par an, sans lesquels la Sécurité sociale aurait disparu depuis longtemps.

Je dois au lecteur d’avouer que mes avertissements sur la chute certaine du régime se heurtaient au scepticisme général. Faisant une conférence devant un cercle d’investisseurs, et développant ces informations, j’entendis pendant un silence un homme d’une cinquantaine d’années se pencher vers son épouse du même âge et lui dire, parlant de moi : « Il est fou ! ». Connaissant le dicton populaire « Il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre », je ne fis pas de cas de cette remarque et poursuivis mon propos.

Les questions que je vous pose sont les suivantes : Pourquoi voulez-vous que l’Etat s’occupe de votre retraite ? L’expérience actuelle ne vous a donc pas guéri ? Je suis convaincu que chacun, dans le monde actuel, peut choisir son mode de retraite. Il existe des mutuelles, des fonds de pension, des sociétés d’assurance qui peuvent parfaitement gérer l’argent que vous mettrez de côté et qui vous le reverseront en rente et en capital le moment venu, augmenté d’intérêts raisonnables qui feront de vous un homme ou une femme tranquille. Que voudriez-vous de plus ? Et que l’Etat peut-il vous proposer de mieux ? Rien. C’est pour cela qu’il vous l’impose !

La sagesse est donc de supprimer l’actuel système de répartition, non sans avoir créé un fonds de solidarité pour aider ceux qui sont actuellement pensionnés et qui ne peuvent donc pas se retourner vers le nouveau système. Et personne – sauf les idéologues collectivistes – ne regrettera la retraite par répartition qui aura jeté la France au bord de la guerre civile. Ajoutons qu’une injustice scandaleuse sera supprimée par la même occasion, celle qui consiste à contraindre la jeunesse à cotiser à fonds perdus à la retraite des personnes âgées sans la moindre chance de retour. Cette double escroquerie aura sapé le sens civique des Français et ruiné leur confiance en l’Etat.

Un autre bienfait de cette réforme viendra bien sûr relancer l’économie française en l’allégeant des insupportables charges qui la ruinent. Ce que les Français ne comprennent pas (parce qu’on ne le leur explique pas), c’est que les impôts, les charges et les taxes constituent un poids unique qui pèse sur tous les habitants du pays, même s’ils sont touchés différemment. Le modeste salarié ressent ainsi, sans le savoir, l’impôt sur la fortune, même s’il n’en a aucune, parce que l’impôt se diffuse comme le fait le vol du papillon à l’autre bout du monde, qui finit par perturber l’atmosphère partout sur la planète. La paix universelle n’a jamais existé et n’existera pas tant que les humains, qui en sont les principaux perturbateurs, ne se décideront pas à être raisonnables. Mais commençons par les retraites. Ce sera déjà ça !

Claude Reichman

 

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Il nous faut un président capable !

Il nous faut un président capable !

Louis Schweitzer qui vient de mourir était un énarque de la promotion Robespierre. Vous avez tout le mal français en une phrase. Cette grande bringue maladroite et empruntée était entrée dans l’administration française sous le patronage d’un révolutionnaire enragé. D’où peut-être, si l’on étend cette référence, l’incapacité de notre classe dirigeante – faite d’énarques – à gouverner le pays en bons pères de famille, comme on le dit dans les contrats d’assurance. Nous avons commis l’immense bêtise de confier notre destin à une bande d’incapables enragés. J’ai connu beaucoup d’énarques. Ce n’était pas de mauvaises personnes, en apparence, Mais dès qu’on les laissait faire, la rage sourdait sur leurs lèvres.

Dans un autre genre, les New-Yorkais viennent eux aussi de faire une grosse bêtise en confiant les clés de leur cité à un musulman militant, issu d’une famille d’intellectuels et d’artistes indiens mais enragé de n’être pas clair de peau ni issu d’une famille américaine. C’est curieux cette façon qu’a l’humanité de multiplier les stupidités et les imprudences au lieu de gérer sagement le patrimoine que deux millions d’années ont construit. La IIIe République française avait, pendant quelques dizaines d’années, ressuscité le cursus honorum de l’antiquité romaine en ne promouvant ses responsables qu’à la condition qu’ils eussent fait leurs preuves au fil des ans. Ce qui n’empêcha pas la République de sombrer en quelques heures en 1940. « La mer toujours recommencée », disait Paul Valéry. Il en va de même pour la connerie.

Ce que nous apprennent ces épreuves toujours recommencées, c’est que l’homme doit avoir une attitude modeste. Les fanfarons et les dictateurs encombrent les pages d’histoire et n’ont laissé aucune trace valide dans la civilisation humaine. Un bon exercice appliqué consisterait à observer la crise français actuelle et le comportement de ceux qui y interviennent. On dénoterait une propension au délire permanent qui est le propre des maladies mentales. Nos dirigeants ne sont pas tous fous à lier, mais certains mériteraient d’être empêchés de nuire. Il n’y a hélas pas d’autorité capable de procéder à ce traitement salutaire, puisque le premier de nos élus serait lui-même susceptible de figurer sur cette liste et que tous ceux qu’il a promus ne valent guère mieux. Je me souviens de ce que me disait Pierre Messmer : « Il est vrai qu’on n’a pas de chance en ce moment ».

Puisqu’on en est aux premiers ministres, Raymond Barre, que je voyais régulièrement, ne manquait jamais de s’écrier : « Il faut arrêter de dépenser ! ». Déjà ! Cela n’a jamais cessé depuis et nous en sommes à 3500 milliards de dette, sans compter la dette hors-bilan, constituée essentiellement des engagements de retraite, mais qui vient d’être rayée d’un trait de plume par le directeur de la Banque publique d’investissement, Nicolas Dufourcq, un énarque bon teint, pour qui ces engagements n’en sont pas puisque, contrairement à  l’idée des Français, la retraite par répartition ne leur a jamais rien promis ! Cela fait bien longtemps que j’en avais prévenu nos compatriotes, mais je me heurtais à l’incrédulité générale, qu’incarnait à merveille cette journaliste de l’AFP qui, face à mes arguments, m’assénait : « Monsieur, les retraites seront payées ! » Je n’ai pas conservé ses coordonnées, les jugeant inutiles. Cela ne me prive que d’un petit plaisir.

La situation de la France n’est pas grave mais désespérée. Elle n’est pas grave puisqu’on peut parfaitement se délivrer de l’endettement par une sévère politique d’économies, mais elle est désespérée puisque personne dans la classe politique en veut en faire. L’espoir ne renaîtra que par un changement de classe politique. La méthode consiste soit dans des élections, soit dans une révolution. Les Français ont le choix. L’essentiel est qu’accède au pouvoir une nouvelle équipe, conduite par un vrai leader – qui peut être une femme – et qui se soit engagé devant le peuple à conduire fermement le redressement national. Je ne doute pas du soutien largement majoritaire des Français, qui ont parfaitement compris ce que les politiciens actuels ne veulent pas voir et dont l’exaspération monte au fil des jours sans réforme.

Ce dont il va falloir se débarrasser en toute priorité, c’est de la société d’assistance, dont la méthode peut se résumer par la formule « un problème, une subvention ». On ne résout rien ainsi. Au contraire, on fixe le problème, qui ne cesse ensuite de s’aggraver. Disons-le avec force : on ne vit pas bien dans une telle société, qui fait honte aux citoyens courageux sans jamais satisfaire les assistés. Le fait d’avoir élu Emmanuel Macron en 2017 a été une véritable catastrophe. Rien dans sa vie ne le disposait à représenter les Français. Il n’était pas des leurs, mais une pièce rapportée venue de nulle part et n’allant nulle part. Son élection a été le fait de quelques conseillers occultes qui se sont pris pour des visionnaires, alors qu’ils n’étaient que des visiteurs du soir emplis de leur importance pourtant ténue. Comment un peuple peut-il faire fausse route à ce point ? Probablement en laissant n’importe qui faire n’importe quoi. Napoléon demandait, en nommant un général : « A-t-il de la chance ? «  Aujourd’hui, en nommant un président, on devrait se poser la question : « Est-il capable ? »

Claude Reichman

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Une majorité de droite pour faire reculer l’Etat !

Une majorité de droite pour faire reculer l’Etat !

Certains oiseaux sont si petits qu’ils trouvent abri dans une rose. Certain humains sont si stupides qu’ils trouvent refuge à l’Assemblée nationale. La nature est pleine d’inspiration. Pour le meilleur et pour le pire. Le malheur de l’homme vient de la taille de son cerveau. La cavité crânienne est passée de 400 cm3 à 1400 cm3 en moins de deux millions d’années, et le cerveau l’a aussitôt remplie. Depuis il mouline. Il a inventé pléthore de religions, et le moteur à explosion, qui a voué le cheval à des missions décoratrices, après ses cinq mille ans de bons et loyaux services. Et voilà que l’intelligence artificielle va rendre la nôtre inutile. Je résume évidemment.

Heureusement, il nous reste l’attirance des sexes. Rien à faire. Vous mettez des humains tout près les uns des autres, et ils vont rapidement s’accoupler. Le résultat est plutôt positif : huit milliards d’humains sur terre. Il y eut un certain Malthus qui s’inquiéta pour beaucoup moins que cela. Il fut finalement rejeté par la majorité qui préférait s’accoupler que de se restreindre. On a un petit écho de ce débat en France où une majorité politique préfère dépenser plutôt qu’économiser et fait des dettes aussi facilement que des enfants. Tout cela finalement n’a pas grand-chose à voir avec ce que l’homme a fait de meilleur, la civilisation occidentale. Les instincts continuent de régner sur terre. Pour ce qui est des animaux, rien à dire, ils ne sont pas construits pour se civiliser, ils ont seulement des instincts assez modérés qui ne les rendent féroces que si la faim les tenaille. Pour ce qui est des humains, c’est autre chose.

Au fond tout cela nous fait constater que la sagesse n’est pas la qualité dominante de l’homme. Depuis que les Grecs du VIe siècle avant notre ère, en Ionie, aient décidé d’apprendre à raisonner et y soient admirablement parvenus, les progrès ont été minces. La raison de cette défaite de l’intelligence, c’est la passion. Elle est une composante essentielle de l’esprit humain. Essayez de raisonner un homme pris de passion, ou une femme d’ailleurs. Vous n’y parviendrez pas. En ce moment, à l’Assemblée nationale française, il y a une femme blonde  qui hurle qu’il faut prendre les économies des gens. Même Cyril Hanouna, qui n’a peur de rien, dit qu’elle lui fait peur. On dirait bien à Hanouna d’user de son charme pour l’apaiser, mais ce serait peine perdue. Et si certains humoristes se pointaient chez elle en criant qu’ils viennent saisir ses économies, ça ne marcherait pas non plus, car, comme tous les gens de gauche, elle a appris à se peindre en victime et hurlerait aussitôt à tous les échos que l’extrême droite l’étrangle. De son métier, cette femme est fonctionnaire territoriale. Il devait y avoir une sacrée ambiance dans les bureaux.

Une société occidentale ne peut fonctionner selon ses propres critères que si elle ne prélève pas plus du tiers des ressources de l’Etat. Au-delà, on donne à n’importe quel groupe les moyens d’influer de façon non démocratique sur la politique globale. Les nazis étaient devenus tout puissants en Allemagne par leurs poids électoral, alors même qu’ils n’avaient recueilli que 33 pour cent des suffrages. Bien que minoritaires en voix, ils avaient prise sur les mécanismes d’un Etat contrôlant 48 % des dépenses publiques. On sait ce qu’ils en ont fait.

En France, les dépenses publiques ont atteint près des deux tiers de la production. La démocratie est donc hors de contrôle. La bataille qui se livre actuellement à l’Assemblée nationale n’a pas pour but de réduire le défit et la dette, mais de s’assurer le contrôle de l’Etat et donc le pouvoir. Celui-ci ne pourra être digne d’un Etat occidental s’il contrôle autant de richesse publique. Encore faut-il dire, en parlant de richesse, que celle-ci est faite chez nous de plus de déficits que d’avoirs. Mais tant qu’on fait crédit à la France, le gouvernement peut gouverner, fût-ce très mal.

La seule majorité politique possible en France est une alliance entre le RN et ce qui reste du parti gaulliste, LR. En vingt ans, le rapport de forces s’est inversé. Les anciens gaullistes, quand ils étaient les plus nombreux, se refusaient à toute alliance à droite. Ils vont devoir en rabattre s’ils ne veulent pas disparaître. Toute la question actuelle est d’ailleurs dans cette alternative. Une nouvelle majorité de droite ne peut avoir pour programme que de faire reculer l’Etat. Aucun des deux partenaires de cette encore hypothétique alliance n’y est vraiment prêt. Ils vont devoir se faire violence ou se résoudre à un chaos dont nul ne sortira vainqueur.

La seule recette victorieuse ne peut consister qu’en une réflexion vigoureuse sur la société dans laquelle nous voulons vivre. Une société de liberté est sans aucun doute celle que les Français préfèrent. Il va falloir pour cela renoncer à l’Etat providence et se borner à l’Etat charitable, c’est-à-dire à n’aider que les personnes dans le besoin. Mais pour commencer il faut concevoir un dispositif d’aide aux retraités dont les pensions auront diminué en raison de la baisse du nombre de cotisants du système de répartition. Ce secours devra être provisoire, jusqu’à la fin de ce système. La nouvelle retraite sera libre, fournie par des mutuelles ou des assurances, et consolidée par un large accès à la propriété. Au fond, il ne s’agira que de se ranger sous la bannière des Droits de l’homme et du citoyen de 1789, qui reste la pierre angulaire de notre Constitution.

Claude Reichman

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Les Français sont-ils devenus bêtes ?

Les Français sont-ils devenus bêtes ?

Ce qui est arrivé aux Français me consterne : ils sont devenus bêtes ! Comment une telle catastrophe a-t-elle pu se produire ? Entendons- nous bien : jamais je n’ai pris mes compatriotes pour des imbéciles. Bien au contraire. J’ai toujours su que le peuple est intelligent. Ne serait-ce que parce que j’ai vécu avec lui. Certes j’ai fait des études universitaires et j’ai eu la chance d’avoir des parents qui aimaient la culture, mais j’ai joué au foot, j’ai eu des copains de tous les milieux, j’ai passé plus de deux ans à l’armée, bref j’ai vécu comme tout le monde. Et j’ai soigné assez de gens pour connaître bien mes semblables.

Tout cela étant dit, force m’est de constater que face à une situation politique devenue complexe à force de divisions, les Français ne savent plus à quel saint se vouer et racontent vraiment n’importe quoi. Pas sur tous les sujets. Sur l’immigration, l’insécurité, les mœurs, ils savent très bien à quoi s’en tenir. Certes le pouvoir ne les entend pas, mais ils sont convaincus que les évènements finiront par leur donner raison. Là où les choses se gâtent, c’est sur les sujets économiques. Il faut reconnaître qu’il s’agit là de domaines où le simple bon sens ne suffit pas. Certaines connaissances sont nécessaires si l’on ne veut pas dire trop de bêtises. Et surtout il faut être assez informé pour connaître les dessous de certaines politiques. On en arrive donc au problème de l’information, et c’est là que les choses se gâtent.

L’information, en France, s’est figée. Une caste règne sur les médias d’information, faite de milliardaires (très peu) et de simples journalistes ayant trouvé une place et tremblant de peur de la perdre. De ce fait, plus rien ne bouge. Faire passer une information est aussi simple que difficile. N’importe qui peut diffuser ce qu’il veut sur les réseaux sociaux, mais ceux-ci n’ont finalement pas beaucoup d’influence, sauf quand il s’agit de propos haineux, diffamatoires ou d’affaires de mœurs. Il en va tout autrement des sujets sérieux. Là l’effet mainstream joue à fond. L’encadrement des rédactions fait que toute information dérangeante est aussitôt bannie. Les journalistes qu’on voit à l’antenne ne sont pas les vrais décideurs des informations ou des opinions qu’ils diffusent. Tout a été préalablement passé au crible de rédacteurs en chef que l’on ne connaît pas et dont on ne sait pas à quelle tendance ils se rattachent. Tout au plus sait-on qu’ils font tout ce qu’ils peuvent pour ne pas déplaire à l’actionnaire du média qui les emploie.

Les quelques milliardaires qui détiennent les principaux médias n’ont pas d’opinions tranchées. Tout au plus ne veulent-ils pas faire exploser la société française et la classe politique. Sans avoir à donner leurs consignes, ils sont compris à demi-mots et à quart de sourires par les rédacteurs en chef, qui ont à arbitrer entre les informations et les commentaires. Et c’est ainsi que rien ne bouge. La France s’est mise dans de beaux draps ces dernières années. Elle cumule une énorme dette publique, une économie brisée par la concurrence internationale et une population immigrée comptant environ vingt millions de personnes de civilisation musulmane. C’est dire qu’à tous ces maux il faut d’urgence trouver remède. Mais comme personne n’est d’accord sur des mesures radicales, qui seules pourraient avoir un effet bénéfique, on ne fait rien et la situation s’aggrave.

Ajoutons à ce tableau un président de la République en bout de course, des politiciens divisés et le plus souvent épuisés de devoir tenir des propos stupides à force de démagogie, et vous avez ce que les policiers appellent une scène de crime. A ceci près que le crime n’a pas encore eu lieu. Mails il va venir, cela tous les Français en sont sûrs. Quand De Gaulle est revenu en 1958, il a tout d’abord rétabli l’ordre et relancé l’économie. C’est exactement ce qu’il faut faire aujourd’hui. Pour ce qui est de l’ordre, les mesures à prendre sont très classiques et parfaitement connues des responsables. Il leur suffit d’être soutenus par le gouvernement et l’ordre se rétablira car nos forces de sécurité sont tout à fait aptes à leur mission. Il en va tout autrement de l’économie. Là nous avons à faire à un Himalaya, pour reprendre le mot de Bayrou, seule trace de son  passage à Matignon.

Le système social français est évidemment responsable de la crise économique. Personne ne peut en douter. On pouvait entendre ces jours-ci le responsable de la stratégie d’Airbus expliquer devant le Sénat qu’avec des salaires grevés de 50 % de charges sociales, la France ne pouvait pas soutenir la concurrence de l’Espagne, l’Allemagne et la Grande-Bretagne. Cela, tout le monde le sait et tout le monde le dit. Mais personne ne fait rien. Qu’attend-on ? L’explosion finale de l’économie française avec ses millions de victimes ?

Alors ce n’est pas en criant qu’il faut faire payer les riches ou traquer la fraude qu’on s’en sortira. Certes il y a des riches (encore un peu en France) et de la fraude, mais ni les uns ni l’autre n’expliquent notre mal. Celui-ci est dû à notre organisation sociale, qui est à changer de fond en comble. Cela demande seulement un peu de clairvoyance et de détermination. Et très probablement aussi le renouvellement d’une classe politique usée par l’impuissance. Et alors, vous verrez, tout d’un coup les Français redeviendront intelligents. Ce qu’ils n’avaient jamais cessé d’être. Mais sans oser le montrer !

Claude Reichman

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Un truc de dingue !

                                                                               Enfin !

Cela fait plus de vingt ans que je clame sur tous les toits : le système français de retraite va s’effondrer, faute de cotisants. On n’a pas voulu m’entendre, comme si se boucher les oreilles était la bonne façon de réagir. Aujourd’hui, des voix officielles s’élèvent pour confirmer mon pronostic. C’est le cas de Nicolas Dufourcq, directeur général de la Banque publique d’investissement, qui, dans une interview à BFM Business, s’écrie qu’on “a créé un truc de dingue”. Le pauvre homme s’en félicite, parce que ce système  est généreux ! Générosité d’énarque, qui  disparaîtra des radars le jour où les retraités miséreux chercheront des responsables. En attendant savourons ses propos … avec l’amertume qui convient !

Claude Reichman

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“‘J’ai cotisé donc j’ai le droit’ est une idée fausse”: pour le patron de Bpifrance, le système de retraite par répartition est mal compris par certains Français

Nicolas Dufourcq, le directeur général de la Banque publique d’investissement, appelle à “dépolitiser” le débat sur les retraites et insiste sur sa dimension démographique.

Le débat sur les retraites est obscurci par une confusion selon Nicolas Dufourcq. “On a mis dans la tête des Français qu’ils avaient cotisé et qu’ils avaient donc droit (…), mais ce n’est pas le principe” d’un système de retraite par répartition, a estimé le directeur général de Bpifrance sur le plateau de BFM Business, ce mercredi 15 octobre, alors que le gouvernement de Sébastien Lecornu a annoncé la suspension de la très impopulaire réforme de 2023.

Dans un système par répartition, “les retraites sont des dépenses publiques annuelles, financées par des prélèvements annuels. Ce n’est pas parce que vous payez beaucoup de cotisations dans votre vie que vous en bénéficierez, ce n’est pas vrai”, a insisté Nicolas Dufourcq, qui publie un nouveau livre intitulé La dette sociale de la France 1974-2024 (Odile Jacob).

La retraite par répartition, c’est pas du tout comme une assurance privée où vous avez un lien de causalité absolument direct entre le volume cotisé et ce que vous allez recevoir. Les critères sont révisés régulièrement, ils n’ont pas cessé de changer depuis les années 1970″, a rappelé le directeur général de Bpifrance, passé par le cabinet du ministre des Affaires sociales au début des années 1990.

En effet, alors que les taux de cotisation des salariés du privé ont doublé depuis 1975, les pensions et le niveau de vie relatifs des retraités sont amenés à se réduire progressivement, comme l’a expliqué BFM Business. Ainsi, alors qu’un actif de la génération 1940 aura cotisé en moyenne 18,8% de son salaire brut au cours de sa carrière, sa pension de retraite équivaut, en moyenne, à 77% de son revenu d’activité (il s’agit du taux de remplacement), selon les analyses du Conseil d’orientation des retraites.

Au contraire, alors qu’un actif de la génération 1980 cotisera en moyenne 27,9% de son salaire brut, son taux de remplacement ne sera que de 68,9%. Ce taux de remplacement baissera encore pour les générations suivantes. De ce fait, le niveau de vie relatif des futurs retraités va progressivement décroître alors qu’ils cotiseront davantage, en proportion de leurs revenus, que leurs aînés.

“Prise de conscience tardive”

Pour Nicolas Dufourcq, le débat actuel sur les retraites s’inscrit “dans la très longue histoire de la prise de conscience très tardive du vieillissement du pays. La France a pris un énorme coup de vieux”. Le haut fonctionnaire estime nécessaire de “dépolitiser” ce débat, qui relèverait avant d’une “question démographique”.

“Félicitons-nous d’avoir créé un truc de dingue, où le sans-domicile fixe et le grand bourgeois sont soignés de la même manière à l’hôpital avec un reste à charge de 5%, le plus faible du monde, avec les retraites les plus généreuses d’Europe (..). Mais ce système est menacé dès lors que l’économie ne croît pas aussi vite que les dépenses sociales. Il faut ralentir leur croissance”, estime Nicolas Dufourcq.

Les Français sont très pessimistes sur l’avenir de leur système de retraies. Près de trois quarts des Français (73%) pensent que le système de retraite par répartition n’existera plus ou “probablement” plus en 2050, selon un sondage Toluna/Harris Interactive dévoilé ce mercredi pour le Haut commissariat à la stratégie et au plan. D’ici dix ans, en 2035, plus de sept Français sur 10 pensent que ce système “se sera dégradé”, selon l’enquête.


Pierre Lann

 

 
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Un tabou français !

Un tabou français !

Cette mère de famille marseillaise circulant avec son jeune fils dans un bus y rencontra une amie. « Je viens de chez le docteur avec mon petit », lui dit-elle. « Qu’est-ce qu’il a ? », s’enquit la voisine. « Le complexe d’Œdipe », lui répondit la maman. « Hou la la », fit la voisine. Et d’ajouter : « Qu’est-ce que c’est ? » « Je ne sais pas », dit la mère. Alors la bonne voisine conclut cette discussion par un de ces propos qui ramènent la paix dans les âmes : « L’essentiel, c’est qu’il aime bien sa maman. » Je repense à cette histoire chaque fois que j’entends un débat sur les chaînes d’information à propos de la situation de la France. Impossible d’y trouver le moindre propos ouvrant la perspective de solutions. Mais des intervenants qui finalement se trouvent bien à discuter ensemble. « C’est l’essentiel »,  dirait la bonne dame de Marseille.

Aucun des participants à ces débats n’est stupide. Bien au contraire. Mais ils sont tous frappés de paralysie. Pourquoi ? Parce que la société française comporte des interdits. Exactement comme une société primitive. Non qu’elle le soit demeurée, mais parce qu’un tabou produit toujours le même effet, quelle que soit l’époque et le sujet. Le vingtième siècle a été marqué en Europe par le communisme. Il a régné sous sa forme soviétique sur toute l’Europe de l’Est et a profondément imprégné l’Ouest, qui pourtant ne s’était pas laissé conquérir par l’armée rouge, grâce à la présence de l’armée américaine.  Les meilleurs intellectuels de l’Ouest eurent un seul souci. Non pas l’existence de Dieu, mais leur rapport au communisme, entendu comme un rapport essentiel au peuple.

Or le peuple, partout, était victime du communisme. Il ne fallait donc pas faire la moindre concession intellectuelle à ce dernier, mais le combattre avec la dernière énergie. Le Figaro célèbre la mémoire de Raymond Aron, qui illustra ses colonnes pendant les décennies d’après guerre. Aron éprouvait de la répulsion et en même temps de l’attirance pour le communisme. Il n’y céda jamais mais son message en fut marqué. Et de toute façon l’immense majorité des intellectuels français penchait pour le communisme. De ce fait la politique française ne fut jamais qu’un succédané du communisme, tandis que le libéralisme apparaissait comme un produit étranger, importé des Etats- Unis.

Il ne faut pas s’étonner que la Sécurité sociale ait pu marquer de son emprise la société française. J’ai retrouvé dans mes archives un document de campagne de Georges Pompidou pour l’élection présidentielle de 1969. Pas un mot sur la Sécurité sociale. Pourtant deux ans auparavant celle-ci avait fait du souci à Pompidou, alors premier ministre, en raison de ses déficits récurrents et sans cesse augmentés. Il avait cru se débarrasser du problème en confiant à Jeanneney le soin de la réformer par ordonnances, réalisant ainsi la prédiction de Frédéric Bastiat qui voyait dans l’intervention de l’Etat la fin du mutualisme. Mais Pompidou n’avait pas compris que ce monstre communiste allait, quelques décennies plus tard, entraîner la Ve République dans la tombe. C’est ce que nous vivons actuellement.

Evidemment, tout le monde vous dira que la Sécu c’est bien, parce qu’elle nous protège. Je vois parfois à la pharmacie de bonnes bourgeoises des beaux quartiers de Paris faire tamponner soigneusement une ordonnance de six sous pour bénéficier de leur remboursement. Elles ne se rendent même pas compte de l’incongruité de leur conduite. Mais que voulez-vous, la gratuité est une maladie inguérissable, sauf par un traitement radical de suppression. Supprimer la Sécu n’est pas supprimer l’assurance. Il s’agit de la remplacer par une assurance moderne et bien gérée et ne donnant pas prise à tous les abus. De plus la Sécu, c’est aussi la retraite. Celle-ci agonise faute de cotisants. La remplacer par un système de capitalisation qui fera du smicard un retraité aisé est une action de salubrité publique. De quoi la France a-t-elle peur ? De l’aisance et de la liberté ?

On attend en France que tous les citoyens se lèvent pour exiger la liberté de la protection sociale. C’est un combat déjà gagné, puisque les lois instituant la liberté figurent toutes au Journal officiel. Il ne s’agit que d’un combat contre un pronunciamento politique et judiciaire dont les auteurs méritent la prison. Un peuple doit savoir sévir contre ceux qui le trahissent. L’histoire est plus que sévère envers les nations qui ne révoltent pas contre ceux qui les malmènent. Pour faire écho à l’histoire marseillaise que je vous ai narrée en commençant, sachez qu’un éminent journaliste économique a réalisé une émission  sur une de mes conférences de liberté et que pour la faire passer sur la chaîne publique où il officiait, il a dû faire en sorte qu’elle ne figurât pas au programme. Elle a quand même été diffusée.  Oh bonne mère !

Claude Reichman

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En finir avec la tyrannie du statu quo !

En finir avec la tyrannie du statu quo !

La Ve République se meurt de son incapacité à régler son principal problème. Ce que les citoyens attendent du pouvoir, en démocratie, c’est qu’il les protège des catastrophes quand elles sont prévisibles. Rien de plus prévisible que le déficit budgétaire. Il résulte évidemment de l’excès des dépenses par rapport au montant des recettes. Concernant la France, les dépenses principales sont dues au système social, qui représente près des deux tiers du total. C’est beaucoup plus que dans les autres pays et cela fait de la France une sorte de paradis pour ceux qui veulent vivre du travail d’autrui. Evidement on ne présente jamais cette situation ainsi. On serine à qui veut l’entendre qu’il s’agit de générosité, voire de charité et l’on se décerne des prix de vertu.

Ce système est né de l’industrialisation, qui a poussé des masses de paysans vers les villes, où les attendaient des multitudes d’emplois, mais où n’existait plus l’environnement familial et sa protection, et de sa généralisation à la Libération, sous l’influence du parti communiste, fort de ses 28 % de voix aux élections et des armes qu’il détenait depuis la guerre. Les partis politiques français se sont tous ralliés à ce système social, et il n’a eu aucune difficulté à étendre ses limites jusqu’à embrasser toute la vie de la nation. On en est là.

Si bien que le problème se résume à la question suivante : comment s’en débarrasser ? Car le simple examen de la situation du pays montre que plus rien n’est possible en France sans supprimer le système social et le remplacer par la liberté économique, qui est parfaitement apte à protéger les citoyens et qu’on peut augmenter de quelques mesures de solidarité envers ceux qui en ont besoin. Le blocage résulte bien entendu des syndicats, qui gèrent le système en parfait accord avec le patronat qui s’en plaint mais qui y a trouvé une sorte de paix sociale parfaitement illusoire mais rassurante pour lui.
Et les 17 millions de Français retraités, qui ne se voient pas vivre sans leurs pensions, ne poussent évidement ps au changement de système.

On peut dire du mal de la construction européenne, mais elle a eu au moins le mérite de créer le marché unique et la concurrence généralisée. La France s’y est opposée de toutes ses forces, au nom d’on ne sait quoi, sans doute « la tyrannie du statu quo «  (Milton Friedman), moyennant quoi elle est restée figée dans son système social et a progressivement perdu pied, jusqu’au moment où son régime politique s’est effondré par incapacité de résoudre les problèmes du pays. Aujourd’hui, notre classe politique ressemble à un vaste poulailler où des renards affamés croquent les poules les unes après les autres, tandis que les coqs, dressés sur leurs ergots, ne font plus peur à personne.

On n’en finirait plus de recenser les erreurs et les occasions perdues au fil des décennies qui ont empêché la réforme. La lucidité des élites n’a pas été au rendez-vous. Le régime politique de la Ve République en est le principal responsable. Quand on s’amusait à dire au général de Gaulle « mort aux cons », il répondait en souriant « vaste programme ». Malheureusement, il n’a jamais ajouté cette œuvre à son programme. Et les cons ont survécu à tous les avatars, sûrs de pouvoir résister à tout au nom de la prééminence de l’Etat.

Les occasions de réforme n’ont pas manqué. Mais à chaque fois un mauvais réflexe a mis fin aux espérances. Parfois même un accident stupide. Mon ami le docteur Belot s’est tué  en tracteur alors qu’il mettait en place le secteur libre de la médecine, que j’appuyais auprès de Raymond Barre. Le secteur libre a quand même vu le jour, mais n’a pu se généraliser alors que c’était sa vocation. Et le blocage des prix n’a survécu que pour la Sécurité sociale alors que nous l’avions fait supprimer pour toute l’économie en obtenant l’abrogation des ordonnances de 1945 qui l’établissaient. Ce fut de la part des pouvoirs publics français une action délibérée. Ils tenaient à la Sécu comme à la prunelle de leurs yeux. Ils s’en rendirent aveugles !

Les grandes querelles de l’histoire finissent parfois bien. Thémistocle sut arrêter Xerxès 1er à Salamine alors que le déferlement des troupes perses menaçait tout développement futur de l’Occident. D’autres vaillants guerriers arrêtèrent les Arabes à Poitiers et les Ottomans à Vienne, et l’oncle Sam, aidé de quelques nations courageuses, mit fin au régime nazi allemand. Mais que d’erreurs et d’échecs ont ruiné les espoirs des peuples civilisés ! La France est aujourd’hui en situation de sauver la civilisation occidentale ou de la perdre. Car l’effondrement français causerait un tort irréparable au monde libre. Notre orgueil national n’est justifié que par la société de liberté qu’il a éminemment contribué à bâtir. Si nous devions nous assimiler à ses destructeurs, nous serions honnis au concert des nations.

Macron est arrivé au pouvoir en France par la trahison des juges, qui ont éliminé celui qui devait gagner l’élection de 2017. Il a su se maintenir en 2024 par l’insuffisance de sa rivale. Mais il n’y a plus de temps à perdre. Macron doit partir au plus vite et la France se doter d’un président digne d’elle. C’est tout l’enjeu des jours et des semaines qui viennent.

Claude Reichman

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