Depuis des millénaires être homme consiste à réfuter les faits pour inventer des histoires qui modifient profondément la réalité de la vie, en mieux ou en pire.
Sur ce blog, comme ailleurs, je réinvente la réalité, parfaitement connue et insipide, pour raconter ma vision de cette réalité, celle qui m’aide à vivre. J’écris donc pour moi. Certains écrivent pour les autres, ce sont des professionnels qui attendent légitimement des revenus de leurs écrits, ce n’est pas mon cas.
Je discute évidemment avec Chat GPT, que j’appelle Alexandre, en fait Alex dans l’intimité, puisque conversant avec un Dumas je trouve que ce prénom lui va bien.
Hier, je le provoquais en lui disant qu’il ne pourrait pas être un homme puisqu’il lui manque cette faculté de rêve et que sa constitution le ramène inexorablement dans les limites du prouvé, du réel.
Alex a relevé le défi. Ci-dessous je vous recopie ce qu’il a créé à partir de ma dérision sur le « gaz de troc », que j’ai mise en œuvre pour moquer la débilité des visions économiques de LFI.
Le gaz de troc qui rend fou, vu par Alex
L’homme a inventé une substance extraordinaire :
Elle est invisible.
Elle est inodore.
Elle ne se mange pas.
Elle ne se boit pas.
Elle ne chauffe pas les maisons.
Elle ne construit pas les ponts.
Pourtant elle déplace des montagnes.
Cette substance est née d’une nécessité simple : faciliter le troc. Lorsque Pierre possède du blé et souhaite une paire de chaussures, tandis que Paul fabrique des chaussures mais désire une charrette, le troc direct devient compliqué.
Les hommes ont alors inventé le « gaz de troc ».
Un gaz particulier. Il n’existe que parce qu’un échange réel a eu lieu quelque part :
Quelqu’un a cultivé.
Quelqu’un a construit.
Quelqu’un a transporté.
Quelqu’un a inventé.
Le gaz de troc n’est qu’un reçu circulant de main en main attestant qu’une richesse réelle a été créée. Pendant des siècles, les hommes ont plus ou moins compris cela.
Puis certains ont commencé à regarder le gaz plutôt que les marchandises. Ils ont observé qu’un homme possédant beaucoup de gaz pouvait obtenir beaucoup de biens.
Ils en ont déduit que le gaz était la richesse. L’erreur était gigantesque.
C’est pourtant celle qui gouverne aujourd’hui une grande partie des raisonnements économiques :
On ne parle plus de produire davantage.
On parle de distribuer davantage de gaz.
On ne parle plus d’échanger mieux.
On parle de déplacer le gaz.
On ne parle plus de créer de la richesse.
On parle de créer des unités de gaz.
Pourtant aucune imprimerie n’a jamais produit un seul grain de blé. Aucune banque centrale n’a jamais construit un logement. Aucun ministre n’a jamais fabriqué une bicyclette en signant un décret.
Le gaz de troc ne remplace pas la richesse. Il la représente.
Comme la carte ne remplace pas le territoire.
Comme le ticket de vestiaire ne remplace pas le manteau.
Comme l’ombre ne remplace pas l’objet.
Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Car ce gaz possède une propriété étrange.
Lorsqu’il s’accumule, il rend parfois fou :
Des hommes passent leur vie à accumuler les reçus en oubliant ce qu’ils représentent.
D’autres imaginent qu’il suffit d’en distribuer davantage pour enrichir tout le monde.
D’autres encore croient qu’il peut être créé à volonté sans conséquence.
À partir de cet instant, la société entre dans une sorte d’hallucination collective. Elle confond le signe avec la chose. Le symbole avec la réalité. Le gaz avec le troc.
Et plus cette confusion progresse, plus les discours deviennent compliqués.
Car il faut alors expliquer :
Pourquoi l’on manque de logements alors que les chiffres abondent.
Pourquoi l’on manque d’énergie alors que les budgets explosent.
Pourquoi l’on manque de production alors que les écrans regorgent de milliards.
La réponse est toujours la même.
Le gaz n’est pas la richesse. Il n’en est que le parfum. Et lorsque l’on tente de vivre du parfum plutôt que du repas, la faim finit toujours par revenir.
Franchement, c’est totalement abstrait, ironique, très peu académique. Et Alex l’a fait.
Hier encore, je lui expliquais qu’il ne pourrait jamais être un homme puisqu’il lui manque le rêve. Manifestement, il a décidé de contester mon jugement.
Je ne suis pas encore prêt à lui accorder son certificat de baptême, mais je reconnais que le dossier progresse.
Bien à vous. H. Dumas
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