Une date !

Certes il y a des journées pour tout, pour toutes et pour tous. Certaines essentielles, d’autres saugrenues, d’autres enfin méconnues.

Celle de l’Europe appartient à la troisième catégorie.

Ce n’est pas un hasard. C’est une volonté. Les États-membres ont besoin de l’Europe mais préfèrent la décrire comme la cause de leurs carences, leurs faiblesses et de leur lâcheté plutôt que comme un recours à leurs insuffisances. On la passe donc sous silence pour tout ce qui nous est profitable. Le geai, c’est bien connu, se pare des plumes du paon.

Un acte de modestie s’impose d’autant que, depuis le discours de Robert Schuman, le 9 mai 1950, célébrant un nouveau monde instituant la paix, l’intégration et la coopération économique entre les nations de notre continent, les progrès sont objectivement considérables.

Il a fallu l’agression russe à nos frontières et la menace qu’elle continue de faire peser sur nous, assaisonnée du désengagement américain, sans même évoquer la duplicité de la Maison Blanche Trumpienne à l’égard de la Russie, pour que les peuples d’Europe prennent conscience de la nécessité de leur défense commune.

Rien n’est encore fait. Mais on en parle. La démocratie s’en saisit. La nécessité fera loi.

Pourtant tout ne va pas pour le mieux dans une Europe aussi coincée dans ses structures que les États qui la composent.

Il faut changer d’état d’esprit : considérer l’Europe comme un outil et non pas comme un bouc émissaire.

Affaire de pragmatisme ensuite. Considérer l’Europe comme le seul moyen de rivaliser avec les super-géants.

Seuls quelques imbéciles et quelques escrocs prétendent que notre pays peut encore jouer seul les premiers rôles.

L’actualité en Ukraine, en Palestine et au Moyen Orient devrait pourtant nous avoir ouvert les yeux.

La France est une puissance moyenne : un grand pays parmi les petits et un petit pays parmi les grands.

Au risque d’être atteint du syndrome de Gulliver, nous devons nous en remettre à cette évidence.

Le 9 Mai, journée de l’Europe, doit permettre d’avoir le courage de militer pour que notre patriotisme, au lieu d’être confiné dans l’image illusoire d’un pays s’imposant seul au monde entier, soit renforcé par la conscience européenne de notre union.

C’était la pensée de Robert Schuman, un Alsacien qui, mieux que n’importe qui, portait haut les couleurs bleu-blanc-rouge.

Nous resterons indépendants et libres dans l’Europe, ou nous serons asservis.

Le 9 mai, c’est notre jour de l’indépendance.

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