Evolution des droits fondamentaux

Voilà me direz-vous un sujet bien présomptueux. Peut-être… si vous le dites.

Vous connaissez évidemment cette expression : « C’est d’une simplicité biblique ». Disons qu’elle résume et vulgarise ce que je pense : tout commence par la simplicité, que l’évolution complexifie et finit par dissimuler. Il est impératif de retrouver la simplicité initiale pour comprendre toute situation, ce qui n’est pas toujours possible et, dans tous les cas, toujours difficile.

Les droits fondamentaux sont une notion récente, dérangeante, en conflit direct avec la nature des choses où les plus forts composent l’élite et les plus faibles sont leurs esclaves.

Les plus fort mettent en place une croyance — où s’y adaptent — dont ils sont les dépositaires et les garants, à laquelle les plus faibles croient sans restriction, à laquelle ils sont enchainés sans possibilité d’évasion. Toute l’organisation sociale est naturellement au service des élites. La justice, factotum de l’élite, fait appliquer, volontairement ou par la force, les croyances de l’instant.

Cette organisation est si puissante qu’à chaque époque elle génère des droits fondamentaux, fatalement évolutifs. Mais dont l’évolution est tectonique, je veux dire naturellement accompagnée de séismes sociaux.

Sans avoir la prétention d’en écrire l’histoire on peut noter :

  • Avant l’an zéro la puissance de la nature est divinisée, l’élite aurait l’écoute des Dieux. La population n’a pas de personnalité, elle dépend intégralement des Dieux, donc de l’élite, elle-même immortelle – Pharaons –
  • Après l’an zéro, le Dieu devient unique, la force et l’esprit de l’homme acquièrent de l’indépendance. Mais la force prime. Le plus fort doit assistance physique au plus faible, qui en échange reste son esclave. Le plus fort étant lui-même associé au Dieu, de façon immortelle évidemment.
  • Récemment, 1789, l’homme obtient la liberté de penser et de posséder. Mais pas totalement celle de posséder, puisque limitée à ses biens propres, sans sa part aux biens communs, non définie.

Nous en sommes là aujourd’hui. Et, ça ne fonctionne plus. Le minuscule espace occupé par l’homme sur cette terre est en ébullition, par endroit accompagné de violences mortelles pour ceux qui s’y trouvent.

La nouvelle élite accorde, sous réserve, la liberté de penser, mais pas celle de posséder. Pour cela elle sanctifie une possession dite collective, dont elle assure seule la gestion. Suivez mon regard… c’est un sacré bordel.

Moralité : il est tant de redéfinir les droits fondamentaux de l’homme pour retrouver la paix.

Définition de l’homme :

  • A) L’homme a deux composantes indissociables : son esprit et ses biens, ces derniers incluent son corps et les extensions matérielles de son esprit sous différentes formes d’objets ou de situations n’existant pas sans l’homme.
  • B) L’homme, grégaire, est composé de ce qui lui est propre et d’une part indivise du bien commun, définissable ou non définissable ce point reste flou dans mon esprit. Sa propriété privée est donc composée de ces deux entités elles aussi non dissociables : ses biens et sa part dans le bien commun.
  • C) Tout ce qui n’est pas l’homme est l’univers. L’univers est hostile et pour le moment inaccessible hors la terre. L’homme, otage de son sous-ensemble, doit s’en protéger. Son seul outil de protection est son être. Soit, son esprit et ses biens.
  • D) L’homme doit être protégé dans ses droits et dans son être face aux attaques possibles venant d’autres hommes ou de groupes d’hommes, voire de son propre groupe.

C’est ici que les droits fondamentaux doivent évoluer, que le chantier est ouvert, qu’il y a urgence, car : « Un droit fondamental est toute protection nécessaire à l’intégrité de l’homme, entendu comme l’unité indissociable de son esprit et de ses biens. »

Projet (sans prétention, dans l’attente de participations)

Les droits fondamentaux de l’homme

Préambule

Les droits fondamentaux ont pour objet de protéger l’homme réel, et non une abstraction juridique. Ils ne procèdent ni d’une morale, ni d’une idéologie, ni d’un rapport de force, mais de la nécessité de préserver l’intégrité de l’être humain dans ce qu’il est.

L’homme est un tout indivisible. Toute atteinte à l’une de ses composantes est une atteinte à l’homme lui-même.

Article 1 — De la définition de l’homme

L’homme est constitué :

  • de son esprit, siège de la conscience, de la pensée, de la volonté et de la projection dans le temps ;
  • de ses biens, qui comprennent son corps et les extensions matérielles de son esprit, sans lesquelles celui-ci ne peut ni agir, ni se protéger, ni transmettre.

L’esprit et les biens sont indissociables. Ils forment ensemble l’être humain.

Article 2 — De la propriété fondamentale

La propriété de l’homme est constitutive de son être.

Elle comprend :

  • ses biens propres, acquis, reçus ou transmis ;
  • sa part indivise du bien commun, sans laquelle il ne peut exister comme membre de l’humanité.

Cette propriété globale est indivisible.

Il n’est pas possible de porter atteinte à l’une de ses composantes sans porter atteinte à l’ensemble.

Article 3 — Du bien commun

Le bien commun n’est pas une abstraction ni une propriété d’autorité.

Il est l’ensemble des conditions matérielles, sociales et naturelles nécessaires à l’existence des hommes.

Chaque homme détient, du seul fait de son existence, une part inaliénable du bien commun.
Nul ne peut en être exclu, privé ou dépossédé sans atteinte à ses droits fondamentaux.

Article 4 — De l’intégrité de l’homme

L’intégrité de l’homme comprend :

  • l’intégrité de son esprit,
  • l’intégrité de son corps,
  • l’intégrité de ses biens propres,
  • l’intégrité de sa part dans le bien commun.

Toute atteinte grave ou durable à l’une de ces dimensions constitue une atteinte aux droits fondamentaux de l’homme.

Article 5 — De l’atteinte aux droits fondamentaux

L’atteinte aux droits fondamentaux est caractérisée :

  • non par l’intention,
  • non par la légitimité supposée,
  • non par la nature de l’auteur,

mais par le traumatisme infligé à l’homme, entendu comme désorganisation de son être, de sa sécurité ou de sa capacité à se projeter.

Article 6 — De la neutralité de l’auteur

L’atteinte aux droits fondamentaux peut provenir :

  • d’un individu,
  • d’un groupe,
  • d’une institution,
  • d’une autorité,
  • ou d’une combinaison de ces acteurs.

Aucun statut, aucune fonction, aucune légitimité collective ne saurait exonérer une atteinte avérée aux droits fondamentaux.

Article 7 — De la protection contre son propre groupe

L’homme doit être protégé non seulement contre les atteintes extérieures, mais également contre celles émanant de son propre groupe, de sa communauté ou de l’organisation censée le représenter.

La majorité ne crée pas le droit fondamental. Elle peut le violer.

Article 8 — De la finalité des droits fondamentaux

Les droits fondamentaux ont pour finalité :

  • de permettre à l’homme de vivre,
  • de se protéger,
  • de transmettre,
  • et de refuser.

Ils sont une condition de la paix. Lorsqu’ils cessent de remplir cette fonction, ils doivent être repensés.

Article 9 — De l’évolution nécessaire

Les droits fondamentaux ne sont ni figés ni sacrés dans leur forme.

Ils doivent évoluer lorsque leur définition ne protège plus l’homme réel.

Refuser leur évolution lorsque l’atteinte est manifeste constitue une violence supplémentaire.

Article 10 — Principe ultime

Toute organisation humaine qui porte atteinte, directement ou indirectement, à l’intégrité de l’homme, telle que définie ici, perd sa légitimité à se prétendre protectrice des droits fondamentaux.

Conclusion

Me suis-je bien expliqué ? Je l’ignore bien sûr.

Simplement, mon expérience personnelle n’est sans doute pas unique, mais elle est inhumaine, alors même que cette inhumanité n’a pas l’air de choquer.

C’est ce qui me fait penser que les droits fondamentaux, qui ne sont que la concrétisation de nos croyances, doivent évoluer. La corruption intellectuelle de notre société ne peut pas être issue que de mauvais esprits. Elle découle probablement d’une inadaptation de nos croyances à notre évolution.

Vous l’avez compris, ceux qui amputent, perdent ou négligent la valorisation de nos biens communs se rendent coupables, pour chacun de nous, d’une atteinte à nos droits fondamentaux. Ils doivent être jugés et condamnés en conséquence.

C’est ce que j’ai essayé de mettre sur le papier. Merci pour votre indulgence.

Bien à vous. H. Dumas

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A propos Henri Dumas

Je suis né le 2 Août 1944. Autant dire que je ne suis pas un gamin, je ne suis porteur d'aucun conseil, d'aucune directive, votre vie vous appartient je ne me risquerai pas à en franchir le seuil. Par contre, à ceux qui pensent que l'expérience des ainés, donc leur vision de la vie et de son déroulement, peut être un apport, je garantis que ce qu'ils peuvent lire de ma plume est sincère, désintéressé, et porté par une expérience multiple à tous les niveaux de notre société. Amicalement à vous. H. Dumas

Une réflexion sur « Evolution des droits fondamentaux »

  1. Bonjour,
    Merci pour cet article très stimulant. Nous trouvons cette proposition d’évolution des droits fondamentaux vraiment intéressante et bien pensée. Nous y adhérons pleinement. Sa conception est excellente et mérite d’être étudiée de manière approfondie.

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