Le premier ministre vient de faire une annonce tonitruante : On va électrifier la France pour la rendre indépendante !
Afin de faire face aux aléas d’approvisionnement de pétrole notamment du fait de guerres, le premier ministre a décidé d’interdire purement et simplement les chaudières au gaz afin de promouvoir les pompes à chaleur qui seront obligatoires dans tous les logements neufs. Un effort similaire sera accompli pour imposer des véhicules électriques d’ici 2030 et les aides seront augmentées pour faciliter cette transition énergétique …
Vous pensez que c’est une bonne solution et qu’elle permettra d’échapper à notre dépendance au gaz et au pétrole ?
Vous pensez que vous aurez des aides qui permettront la transformation de votre système de chauffage à moindre cout ?
Vous pensez que l’électricité sera moins chère que le gaz ?
Toutes ces questions sont légitimes et elles méritent des réponses … mais ce ne seront pas nécessairement celles que vous attendez !
Dans d’un article récent j’avais déjà évoqué cette volonté du gouvernement d’électrifier la France afin de ne plus dépendre des énergies fossiles … et j’avais alors écrit : Le but initial, louable, est donc de ne pas déséquilibrer les comptes publics, d’assurer la sécurité énergétique et, même mieux, d’obtenir des devises grâce à l’exportation d’électricité.
Et c’était d’ailleurs le but du programme nucléaire lancé dans les années 70. Assurer l’indépendance énergétique du pays ; cette démarche ayant été toutefois consciencieusement sabotée par F Hollande au nom de petits arrangements électoraux avec les écolos et poursuivie par E Macron avec l’engagement de fermer 15 réacteurs nucléaires et la centrale de Fessenheim … afin de parvenir, au nom d’une écologie de connivence, à 50% d’énergies renouvelables !
Une décision autoritaire
Comme notre administration en a pris l’habitude, il s’agit d’une décision autoritaire unilatérale. Les chaudières au gaz seront purement et simplement interdites … comme il en a été pour les chaudières au fuel. Les français n’auront pas le choix …
En fait, les chaudières au gaz étaient déjà en sursis et l’administration, qui avait dû revenir sur son interdiction initiale, n’attendait que le moment favorable pour interdire les chaudières au gaz …
La guerre Israël-Etats Unis/Iran constitue le moment favorable pour l’imposer à des français, tétanisés par le prix du carburant à la pompe …
Bien entendu, il n’est pas question de laisser faire le marché et de laisser le libre choix au consommateur … il doit obéir … même si la décision prise ne lui est pas favorable !
Car, c’est cela le « miracle » d’un Etat dirigé par une administration qui fonctionne en dehors des circuits économiques normaux : Elle s’arroge le droit d’imposer à tous des décisions qu’elle estime bonnes pour le pays même si cela doit se faire au détriment de … la moitié de la population !?!
Néanmoins, le premier ministre n’a pas divulgué les conditions dans lesquelles il entend financer cette transition forcée puisqu’on se souvient qu’il a expliqué à une France subissant la pression fiscale la plus forte d’Europe qu’il ne pouvait absolument pas, faute de moyens, réduire la fiscalité sur les carburants … il n’y a plus d’argent dans les caisses !
Des effets économiques évidents
Il faut déjà savoir qu’une pompe à chaleur est beaucoup plus chère qu’une chaudière au gaz et qu’elle demandera donc une plus longue durée d’amortissement … pour un investissement beaucoup plus lourd !
En outre, on sait que ces matériels sont importés car nous ne les fabriquons pas en France et qu’elles sont relativement fragiles tout en étant complexes … à entretenir.
Mais rassurez-vous, l’Etat bienveillant va distribuer des aides selon un principe désormais bien connu … pour vous aider à les acheter : les certificats d’énergie.
Alors, rappelons quand même que le certificat d’énergie est un tour de passe-passe technocratique qui oblige les entreprises à financer, de leurs deniers, les aides de l’Etat. Mais évidemment, on oublie de vous préciser que les entreprises répercutent nécessairement ces certificats sur les prix pratiqués à leurs clients ; c’est à dire vous !
Autrement dit, les aides seront financées par le biais d’augmentations de prix !
Pour l’entretien … on verra plus tard … ou pas !
Le prix de l’électricité
Il est évident que le prix du gaz est sujet à des fluctuations liées aux évènements internationaux puisque nous importons la quasi-totalité du gaz consommé et que nous devons le payer en dollars américains (c’est la règle comme pour le pétrole).
Au contraire, l’électricité est produite en France et elle ne devrait donc pas être sujette à ce type de fluctuations de prix ….
Mais, ce n’est pas le cas car, par une aberration administrative dont Bruxelles a le secret, le prix de l’électricité est indexé sur celui … du gaz !
Dès lors, quand le prix du gaz augmente, le prix de l’électricité augmente aussi !
On n’achètera donc plus de gaz (ou moins) mais vous paierez quand même plus cher quand le prix du gaz augmentera !
Logique non ?
Dès lors, il devient évident que si l’Etat fonctionnaire veut que sa démarche fonctionne, il lui appartient de sortir du marché européen de l’énergie afin de supprimer cette indexation qui ne fera que transférer les prix du gaz sur les prix de l’électricité aux frais du consommateur …
Mais … il ne le fera pas alors que le constat a été fait que les français réduisent autant qu’ils peuvent leur consommation de cette chère électricité !
Car, comme toute source d’énergie, l’Etat fonctionnaire a fait le choix de faire payer à l’utilisateur le prix fort … !
J’avais écrit à ce propos : Cette stratégie pourrait se comprendre si l’Etat faisait en sorte de rendre le prix de l’électricité compétitif ; c’est à dire de faire en sorte que le consommateur y trouve son intérêt. Et cela est tout à fait possible puisque 75% de notre électricité est d’origine nucléaire et qu’elle est produite à un cout extrêmement compétitif puisque les centrales sont amorties.
Je rappelle encore : Le prix final en € courants de l’électricité a doublé depuis 2009 (alors que l’inflation s’est établie officiellement à 28%) et c’est évidemment tout sauf innocent alors que de braves âmes nous expliquent que nous avons l’électricité la moins chère d’Europe !
Ainsi donc, si vous pensez faire des économies … vous vous trompez lourdement car l‘indépendance énergétique ne veut pas dire, dans l’esprit de nos hauts fonctionnaires, que cela se fera en votre faveur !
Il y a des nuances qu’il convient de comprendre …
L’électricité est devenue un vecteur fiscal, une vulgaire pompe à fric actionnée à volonté par un Etat impécunieux au bord de la rupture financière permanente !
En fait, vous paierez toujours très cher mais nous seront indépendants énergétiquement !
L’indépendance énergétique n’a pas pour but de se faire à votre bénéfice d’autant que les intérêts de l‘Etat ne sont pas les vôtres !
J’espère que vous saisissez la nuance et le progrès accompli !
Et n’oubliez surtout pas qu’il va falloir aussi subventionner la PPE3 qui a pour but d’implanter encore plus d’énergies renouvelables dont nous n’avons pas besoin mais qui nous sont absolument indispensables …
Les effets de ces choix imposés à la population sont dès lors évidents ; ce qui m’avait permis encore d’écrire :
L’hypothèse d’un cout de l’électricité trop élevé n’est même pas envisagée alors que cette augmentation tarifaire a des conséquences parfaitement documentées :
-concernant les entreprises : délocalisations et chute de la consommation électrique de 16% depuis 2018.
-concernant les ménages : comme les revenus des français stagnent, voire régressent du fait de la pression fiscale, la population en est réduite à moins consommer pour diminuer la facture ; et effectivement la consommation d’électricité des ménages a diminué de 9 % depuis 2018.
On a donc fait le choix, à l’encontre de toute logique économique, dans un but exclusivement fiscal maquillé sous des arguties écologistes, d’une énergie artificiellement chère (3 fois plus qu’aux Etats Unis) qui handicape nos entreprises et pénalise les ménages.
Le développement du véhicule électrique
En ce qui concerne l’automobile ce sera la même chose …. Avec des objectifs complètement déconnectés des réalités : d’ici 2030, c’est à dire demain, 2 voitures neuves sur 3 vendues devront être électriques ; car c’est bien connu : face à la guerre en Iran et aux risques de pénuries de carburant, le véhicule électrique est LA SOLUTION !
On se situe en pleine décision autoritaire irréaliste qui ne tient absolument pas compte du marché ; marché du véhicule électrique qui plafonne à 18%, avec les aides actuelles, et dont les constructeurs ont saisi les difficultés puisqu’ils font … machine arrière !
Qui va payer pour ces voitures que la moitié des français ne peuvent pas se payer parce qu’elles sont trop chères et qu’ils n’ont en outre souvent pas accès à une prise de recharge à domicile … (habitat collectif) !
On a la solution : on va augmenter les subventions, là encore par le biais des certificats d’énergie, en … « utilisant mieux l’argent des français » (sic) c’est à dire en augmentant encore le leasing social qui a eu toutes les peines du monde à remplir ses objectifs lors de la dernière campagne, faute de candidats convaincus, car tout le monde sait maintenant que lorsque vous entrez dans ce système vous ne pouvez plus en sortir puisqu’à la fin il ne vous reste rien sauf à contracter un nouveau contrat !
Le premier ministre nous décrit un monde dans lequel tout le monde roulerait dans des voitures électriques subventionnées par l’Etat mais dont personne ne serait propriétaire ; cela me rappelle la Trabant cette voiture bon marché, qui ne valait rien, que le bon peuple pouvait acheter dans l’Allemagne communiste avant 1989 !
Mais on a l’habitude … sauf que l’on ne peut que redouter de futures mesures autoritaires visant à forcer le marché et accélérer le passage à l’électrique qui ne constitue en aucun cas un progrès !
Les atteintes à la liberté vont donc se faire de plus en plus pressantes … mais vous aurez des aides … c’est promis ; avec 2 réserves :
-Quand on sait que l’Etat est au bord de la faillite, il y a lieu de se demander quelle est la pérennité de ce genre de promesse qui n’engage évidemment que ceux à qui elles sont faites !
-Quand on connait la valeur des promesses de l’Etat qui change sans cesse les règles … il y a tout lieu de se méfier !
Le gouvernement des fonctionnaires n’a pas fini de faire des dégâts !
Bien cordialement à tous !
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