L’Etat veut favoriser la filière électrique ; dans le but d’amener la population à consommer une énergie qui ne soit pas importée (pétrole et gaz), que nous serions obligés de payer en dollars et qui ne soit pas susceptible de subir une rupture d’approvisionnement … du fait d’une guerre notamment.
Le but initial, louable, est donc de ne pas déséquilibrer les comptes publics, d’assurer la sécurité énergétique et, même mieux, d’obtenir des devises grâce à l’exportation d’électricité.
Cette stratégie pourrait se comprendre si l’Etat faisait en sorte de rendre le prix de l’électricité compétitif ; c’est à dire de faire en sorte que le consommateur y trouve son intérêt. Et cela est tout à fait possible puisque 75% de notre électricité est d’origine nucléaire et qu’elle est produite à un cout extrêmement compétitif puisque les centrales sont amorties. En outre, ces centrales appartiennent aux français qui les ont payées avec leurs impôts. Le niveau d’électricité non carbonée atteint même 95,2 % si l’on comptabilise les barrages et les énergies renouvelables déjà installées et la France fait figure de modèle en Europe à cet égard !
Malheureusement, ce n’est pas du tout comme cela que les choses ont été envisagées par les petits hommes gris de l’Etat !
L’Etat fonctionnaire, qui met ses gros doigts crochus partout, préfère manipuler le marché en imposant l’électricité aux consommateurs tout en augmentant massivement les taxes (TVA et taxe carbone sous diverses formes) ; en partant du principe, puisqu’il s’agit d’une énergie indispensable et que tout fonctionne à l’électricité, que la population ne pourra pas s’en passer … quoiqu’il arrive !
Et c’est ainsi qu’une source d’énergie est devenue un gisement fiscal ; l’Etat ayant fait passer EDF de producteur d’énergie à … collecteur d’impôts. Pour 100€ de facture, vous payez 33 € d’électricité et le reste, soit quand même les 2/3, ce sont des taxes, sous une forme ou sous une autre !
Le résultat ne s’est pas fait attendre : Le prix final en € courants de l’électricité a doublé depuis 2009 (alors que l’inflation s’est établie officiellement à 28%) et c’est évidemment tout sauf innocent alors que de braves âmes nous expliquent que nous avons l’électricité la moins chère d’Europe !
Et, lorsqu’il suffit d’appuyer sur le bouton fiscal pour augmenter la récolte de blé, on sait que même un pigeon (à peine dressé) sait le faire ; alors vous pensez bien que les petits fonctionnaires de l’Etat appuient sans arrêt sur le bouton « taxes » car :
-il faut payer de plantureuses subventions pour les énergies renouvelables alors que l’on sait que non seulement elles sont extrêmement couteuses mais qu’en plus elles ne servent à rien !
-il faut aussi trouver des ressources pour boucher des trous budgétaires qui commencent à poser de sérieux problèmes et il est donc tentant de fiscaliser la consommation d’électricité !
En outre, il faut savoir qu’EDF, en tant qu’entreprise d’Etat, a un statut particulier qui l’oblige à exécuter, sans discussion, les ordres venant du pouvoir politique dont on connait la légendaire incompétence en matière de direction d’entreprises !
De ce fait, en pratique, votre facture d’électricité est pour ainsi dire rédigée dans les bureaux du premier ministre avec cet effet désastreux : L’énergie électrique a pris la forme d’une véritable pompe à fric !
Alors, oui, les couts de production de l’électricité nucléaire française sont parmi les plus faibles d’Europe, mais la facture finale, elle, se situe dans la moyenne haute … alors que l’on sait que si l’on veut favoriser l’économie, les investissements et les emplois il faut disposer d’une énergie abondante, stable et bon marché.
Toutefois, cette « stratégie » est pour l’instant tenue en échec car … la consommation d’électricité n’augmente pas ; au contraire même, elle baisse et fatalement les rentrées fiscales attendues ne sont pas là !
Je livre à votre sagacité la conclusion qu’en ont tirée les « responsables » : « Cette stagnation confirme le retard du pays dans la transition énergétique et la sortie des énergies fossiles » ; et cette transition sera opérée dans le cadre de la récente PPE3 (programmation pluriannuelle de l’énergie n°3).
Ici, on ne confond même pas cause et conséquence, on attribue la stagnation de la consommation au fait qu’il n’y a pas assez d’énergies renouvelables implantées dans le pays alors que, 3 ans après la crise énergétique, la France fait face à un problème inverse : elle produit trop d’électricité pour sa consommation actuelle !?!
L’hypothèse d’un cout de l’électricité trop élevé n’est même pas envisagée alors que cette augmentation tarifaire a des conséquences parfaitement documentées :
-concernant les entreprises : délocalisations et chute de la consommation électrique de 16% depuis 2018.
-concernant les ménages : comme les revenus des français stagnent, voire régressent du fait de la pression fiscale, la population en est réduite à moins consommer pour diminuer la facture ; et effectivement la consommation d’électricité des ménages a diminué de 9 % depuis 2018.
On a donc fait le choix, à l’encontre de toute logique économique, dans un but exclusivement fiscal maquillé sous des arguties écologistes, d’une énergie artificiellement chère (3 fois plus qu’aux Etats Unis) qui handicape nos entreprises et pénalise les ménages.
C’est la même chose pour les carburants pour lesquels la France se situe dans la barre haute de la fiscalité européenne ou encore le tabassage fiscal des véhicules thermiques afin de d’imposer des véhicules électriques qui ne se vendent pas ; et là aussi les ventes de voitures neuves s’effondrent !
Car, aussi bête que cela puisse paraître, les taxes sur la consommation ne rapportent que s’il y a … consommation !
L’Etat a pris le contrôle de l’énergie et il a décidé de vous la faire payer … au prix fort en mentant effrontément sur la réalité du marché !
Il n’y a que 2 explications :
-accentuer la transition sur l’électrique et principalement sur les véhicules électriques alors que les industriels, face à un échec patent, ont déjà réagi et reviennent en arrière ; les consommateurs ayant très vite compris que le véhicule électrique avait tout du combo perdant (pas d’autonomie, cher à l’achat, cher à l’usage (assurances), cher en réparations et décote énorme en occasion).
-On savait que la fiscalité sur les carburants servait à abonder le budget général de l’Etat mais, avec le développement escompté des véhicules électriques, il devient indispensable de redéployer cette fiscalité sur l’électricité qui est devenue un nouveau « gisement fiscal » !
Du coup, les petits hommes de l’Etat, qui n’arrivent pas à maitriser cette chute de la consommation, se lancent dans une fuite en avant avec la PPE3 dont le but n’est pas de favoriser l’usage d’une électricité au moyen de tarifs compétitifs mais bien de forcer l’usage d’une électricité artificiellement chère par des contraintes toujours plus fortes !
Vous saisissez la nuance ?
Le gouvernement et l’administration française ont en fait « inventé » un mécanisme pervers partant du principe que si les français sont obligés de consommer de l’électricité et si l’on applique des taxes « appropriées » sur cette consommation, on allait augmenter les recettes fiscales !
Je suis toujours impressionné par l’aveuglement de ces «responsables» qui ne sont d’ailleurs jamais responsables de rien lorsque vient la facture colossale de leurs erreurs …et il ne faut pas se tromper quant à ce qu’il va se passer !
Cela pose en fait le question des convictions de certaines personnes qui disposent, de manière légitime … ou non, d’un fragment de pouvoir alors qu’ils sont absolument persuadés d’avoir raison ; ce qui leur confère, du moins à leurs yeux, toute légitimité pour imposer aux autres des conceptions qui … ne sont absolument pas partagées par le reste de la population !
On peut difficilement faire pire !
Cette « stratégie » avait d’ailleurs été soulevée devant l’assemblée nationale qui avait voté pour une suspension de la PPE3 dans l’attente d’éclaircissements … mais le gouvernement a décidé de contourner cet obstacle démocratique en adoptant cette PPE3 par décret.
Le paradoxe est donc que la France se retrouve avec un parc de production d’électricité décarbonnée structurellement sur capacitaire qui s’est traduit en 2025 par un volume d’exportation record (plus de 90 TWh) mais qu’elle continue de dépenser inutilement de l’argent, que nous n’avons pas, pour accroitre nos capacités basées sur des énergies renouvelables qui ne servent à rien tout en tabassant fiscalement les clients français !
Et le pire, c’est que si nous n’avons jamais autant vendu d’électricité à l’étranger notamment dans les phases de surproduction, c’est souvent à des prix négatifs puisque c’est de l’électricité issue des énergies renouvelables qui produisent toutes, trop en même temps …
Toutefois, il ne vous a pas échappé que le consommateur français est le dindon de cette farce car, lui, il paie toujours au prix fort et ne bénéficie jamais de l’électricité gratuite ou à prix négatif ?
Nous avons affaire à une bureaucratie qui ne comprend le marché de l’énergie qu’en termes de contraintes, de taxes et d’interdictions, qui est incapable de reconnaître ses erreurs et de faire machine arrière ; surtout lorsqu’elle est composée de gens qui ne comprennent absolument rien à l’économie et ne perçoivent à aucun moment les conséquences désastreuses des décisions qu’ils imposent à la population.
On va donc continuer dans cette voie avec pour résultat un nouveau doublement du prix de l’électricité d’ici 2035 ; sans aucune utilité !
Pourtant, tout le monde sait que l’économie d’un pays c’est de l’énergie et que, si l’on veut que l’économie d’un pays fonctionne, il faut de l’énergie bon marché pour limiter les couts de production ; car quand les couts de production sont trop élevés, les entreprises non seulement ne viennent pas en France, mais elles fuient ou ferment !
Et c’est exactement ce qui se passe …
Les consommateurs refusent pour l’instant de rentrer dans ce cadre précontraint mais l’administration, telle le Titanic, continue à foncer droit devant !
Un Etat bureaucratique qui méconnait les règles du marché concurrentiel, qui n’obéit qu’à ses propres impératifs sans relâche et sans se préoccuper de la réalité va fatalement entrainer le pays à sa perte !
Car, il est évident que tout cela va bien se terminer … Mais, bien entendu, on vous expliquera que la faute en incombera à ces vilains gaulois récalcitrants qui ne comprennent rien et ne voient pas tout le bien qu’on leur veut !
Bien cordialement à tous !
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