Il est clair que les deux films sur l’épopée de De Gaulle interpellent.
« L’âge de fer » et « j’écris ton nom » font partie de ces œuvres où chacun peut puiser leçons ou convictions en si grand nombre qu’il est peu probable que l’auteur des œuvres les y ait glissées en toute lucidité. C’est en cela qu’il s’agit probablement de chefs-d’œuvre.
En ce qui me concerne, j’ai vu une œuvre sur la résistance et non sur la vie de De Gaulle. Ici comme ailleurs, la vie de De Gaulle reste discrète, voire inexistante, il n’est que l’incarnation de la résistance, il n’est même pas cette résistance active.
Il est l’incarnation qui dissimule la lâcheté de la population, donc de la nation, alors qu’il prétend représenter la résistance de cette population, de cette nation.
Il est, dans ces films, l’otage permanent, le sacrifié perpétuel, mais le sauveur final. Il n’est pas étonnant qu’il ait engendré une sorte de religiosité autour de sa personne.
Il est présenté comme sûr de son choix et subissant les outrages liés à ce choix complètement décalé par rapport à la réalité.
Ses stratégies sont esquissées, mais à peine, alors qu’il était avant tout un stratège, un intuitif particulièrement affuté. Sa vie au pouvoir, volontairement retardée pour être libre, prouvera de façon indéniable ses qualités de stratège, aussi bien dans ses réussites que dans ses échecs, les deux ne devant rien au hasard.
En fait tout amène à réfléchir à la résistance à la fin des films, pas à De Gaulle.
On y voit qu’il s’agit d’une posture de principe. Que les principes mis en œuvre sont simples, la liberté, le courage et la responsabilité pouvant aller rapidement jusqu’à la mort, qui paradoxalement reste ressentie comme improbable par le résistant.
La résistance aurait selon le film, où ce que j’en ai retiré, deux pôles, l’un théorique qui s’exprime par la volonté inébranlable mais impuissante, l’autre pratique qui s’exprime par l’action souvent irrationnelle mais toujours décisive. C’est la réunion des deux qui emporte la victoire. L’une sans l’autre est inopérante.
Enfin le désordre, sous la forme du refus de l’ordre, qui n’est pas exactement la désobéissance, est inévitable.
Je suis rentré en résistance fiscale il y a vingt ans.
Oserai-je comparer ces deux résistances ? Oui.
Quand en 1940 la France s’abandonne, se laisse envahir et fuit, un certain nombre de Français se révoltent. Mais très vite ils se heurtent à la masse qui alors a perdu de vue la liberté, la responsabilité envers soi-même que personne ne peut abandonner sans préjudice.
Aujourd’hui la masse des Français ne résiste pas, elle réclame, cela n’a rien à voir. Elle a perdu sa soif de liberté et n’envisage aucune responsabilité personnelle face aux problèmes de sa décrépitude, que pourtant tout le monde, sans exception, constate et clame haut et fort.
Bercy, avec la complicité du système, est le bras armé qui dépossède les Français de leurs biens, des fruits de leur travail, donc de leur liberté.
Comment fonctionne le processus ?
C’est très simple. Des techniciens, surinformés, sur-compétents, ont complexifié notre environnement. L’instruction égalitaire et laïque a failli à sa tâche qui est de permettre à la population d’accéder à la compréhension de son environnement.
Donc nous sommes arrivés à une nation composée d’une élite informée dominant une population infantilisée, illettrée en quelque sorte.
L’organisation législative a entériné cette situation en donnant aux élus un pouvoir apparent incompatible avec leur compétence, les livrant ainsi à une dépendance totale aux techniciens.
Les élus sacrifiés à l’apparence sont devenus des experts en mensonge et racolage, bénéficiant à ce sujet des largesses financières des techniciens à travers Bercy et ses délires fiscaux, leur assurant l’achat des suffrages par la redistribution et les cadeaux personnels ou catégoriels, par une corruption électorale à très grande échelle.
La démocratie n’existe plus, elle n’est qu’une apparence. Pour qu’elle revive, pour que le peuple reprenne le pouvoir, la résistance passe par le démantèlement de l’organisation actuelle de Bercy et de son pouvoir, comme la résistance militaire passait par la neutralisation des chars de Rommel.
Mais la population ne le souhaite pas.
Dans le deuxième film, à la fin, les images historiques chevauchent celles du film, mais peut-on oublier que beaucoup de ceux qui acclamaient la Libération avaient auparavant applaudi Pétain. Les foules changent plus vite que les convictions.
Bien à vous. H. Dumas
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