Dans un peu moins de deux mois j’aurai 82 ans. Mes petits-enfants diraient : « Du coup, ça fait quoi 82 ans ? »
Les années des 80 ans, pour un individu, c’est la survenance organique de la faiblesse. Et la faiblesse c’est, dans tous les cas, l’antichambre de la mort. Qu’elle survienne accidentellement plus tôt, qu’elle soit personnelle ou collective, elle est un accroc dans la force, dans la vie.
En ce qui me concerne, parmi toutes les faiblesses qui se pointent aujourd’hui, la plus mortelle est mon combat contre le fisc. Combat que j’ai engagé en toute bonne foi, face aux mensonges des agents du fisc et parce que je me sentais fort de n’avoir jamais triché économiquement, plus particulièrement fiscalement.
J’ai eu tort, je n’avais pas pris la mesure du pillage fiscal, de son implication sociétale largement majoritaire. Dans mon état de faiblesse actuel, Bercy va me tuer. Amen.
Ce qui nous amène au pillage et à la mort en règle générale.
Tant que la mort parait lointaine, les actes qui la provoquent paraissent insignifiants. C’est la que l’idée de relativité, chère à Einstein, trouve sa plus puissante application.
Alors, satisfaire une pulsion, même destructrice à terme, parait acceptable.
Par exemple, nul vigneron n’ignore que sa production va détruire ceux qui la consommeront. Et pourtant le vigneron vinifie et a pignon sur rue. Je ne cherche pas ici à ostraciser les vignerons, j’adore le bon vin. Néanmoins cela image parfaitement mon propos.
Si nous revenons objectivement à l’économie qui gouverne le vivant, qui est le rapport coût-résultat dont le terme est la vie ou la mort, qui s’applique à l’individu et par extension à son groupe d’appartenance, nous ne pouvons pas éviter d’évoquer le pillage.
Le pillage consiste à déposséder autrui par la force. C’est un moyen de pourvoir à ses besoins économiques. Il ne faut pas le confondre avec le vol crapuleux, rejeté par toutes les formes d’organisation sociale.
Le pillage est toujours précédé d’un motif, le plus souvent il s’agirait d’apporter assistance, voire simplement félicité, au plus faible. C’est en cela que Patrick Bruel n’est qu’un simple pillard, ni plus ni moins. Il est victime de son orgueil sexuel, persuadé de détenir la clef du paradis sexuel. On peut comprendre les quiproquos…
Le pillage existe depuis toujours, il est si ancré dans l’esprit des hommes qu’il est souvent invisible au plus grand nombre. Il peut être pratiqué directement par la violence, la force, ce fut le cas de la noblesse. Il peut être pratiqué par la ruse, c’est le cas des religions qui pillent depuis des temps immémoriaux en prétendant assurer le confort dans l’au-delà.
L’innovation des temps modernes c’est la fiscalité.
Elle pratique le pillage par la ruse et la force conjointes. La ruse c’est l’idée de solidarité, la force ce sont les tribunaux qui couvrent intégralement les pillards.
Pourquoi la fiscalité est-elle un pillage ? Parce qu’elle détourne le capital, qui est une partie intégrante de l’économie, sans lequel cette dernière ne peut pas exister.
Ce détournement tue l’économie, dont nous savons que sans elle rien ne peut vivre.
Une fois détourné de l’économie, le capital va errer de ci de là, pour finir par disparaître sans trace et sans explication.
Le pillage fiscal est quasi unanimement accepté.
Au point que ce que l’on appelle « les nations », ne sont le plus souvent que de simples machines à lever l’impôt.
C’est particulièrement frappant avec l’Europe des nations, qui n’est qu’une colossale machine à imposer, dont les fonctionnaires n’ont pas d’autre activité que de lever l’impôt, de prélever sur le capital économique des adhérents, et de le faire disparaître sans profit à venir. C’est le comble d’une idée immense et généreuse qui était la paix dans le respect de chacun. C’est la mort de nos sociétés par ruine annoncée du fait du perfectionnement du système.
A ce sujet, mention spéciale pour Mélenchon. Qui ne se cache pas d’être à la tête d’une bande de pillards, parfaitement identifiables, non dissimulés, ce qui ne choque personne. Il faut dire que ceux qui ont peaufiné l’outil qu’il va se contenter d‘utiliser sont bien mal placés pour le critiquer de vouloir faire en très grand ce qu’ils font déjà en grand.
Notre société a traversé des siècles de pillage au cours desquels elle avait conclu qu’il n’y a qu’un seul antidote au pillage : la propriété privée. Cela n’a pas changé.
Mais, aujourd’hui, la propriété privée est le réflexe à abattre en priorité. La boucle est bouclée.
Bien à vous. H. Dumas
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